9 octobre 2016

Jean-François Lisée à la tête du PQ

Le PQ a son nouveau chef.

Je n'ai pas voté cette fois-ci puisque je ne suis plus membre du parti. Si j'avais pu, j'ignore ce que j'aurais fait de mon vote. Comme je l'ai écrit dans les dernières semaines, je préférais la position claire et assumée de Ouellet à propos de la souveraineté. Toutefois, je lis Lisée depuis des années et j'ai énormément de respect pour son intelligence. C'est d'ailleurs dans le but de voter pour lui que j'étais devenu membre la dernière fois.

Je suis absolument convaincu qu'il ferait un extraordinaire premier ministre.

Mais je crois également que sa stratégie à propos de la souveraineté n'est pas la bonne.

Premièrement, les libéraux ne vont pas arrêter leur campagne de peur à propos du référendum simplement parce que Lisée affirme qu'il n'y en aura pas dans un premier mandat. Depuis quand les libéraux s'embarrassent-ils des faits?

Deuxièmement, lorsque les souverainistes semblent craindre leur propre option, ça fait mal à la souveraineté et c'est contre-productif.

Troisièmement, d'autres ont attendu ou tenté de créer les conditions gagnantes avant Lisée... Bouchard, Landry, Marois... sans succès. Je ne vois pas pourquoi ça marcherait cette fois-ci.

Quatrièmement, un long passage au pouvoir est la meilleure façon de s'aliéner une partie de l'électorat. Quand on gère et qu'on prend des décisions, on ne peut pas plaire à tout le monde. Donc, loin d'élargir ses appuis, je pense qu'il risque plutôt d'en perdre.

Mais bon... je ne suis pas Nostradamus. Je peux me tromper.

Dans les circonstances, réussirais-je à résister à la tentation de voter Option nationale aux prochaines élections? C'est ce que nous verrons... d'ici là, j'écoute.



3 commentaires:

Guillaume a dit…

Jean-François Lisée est réaliste et honnête sur la question du référendum: s'il y avait un enthousiasme pour la souveraineté, on le saurait. Ça ne donnerait rien de se lancer dans une fuite en avant et s'aveugler en présumant d'un engouement qui n'est simplement pas là. Et puis les libéraux peuvent bien projeter l'épouvantail du référendum, la position de Lisée est claire et sans ambiguité et donc beaucoup plus difficile d'attaque que le flou de tous les autres candidats... Ou l'aveuglement d'une partie des militants péquistes. Lisée a ses défauts, il peut être mesquin et arrogant, mais il est aussi sans doute le meilleur stratège du monde politique québécois et il sait mettre les Libéraux sur la défensive. Avant de faire un référendum et de le gagner, il faut après tout gagner une élection et regagner la confiance des Québécois.

Prof Solitaire a dit…

Avec tout mon respect, quelques réflexions:

1- Enthousiasme: Et si le PQ jouait un rôle de leadership à propos de la souveraineté plutôt que d'attendre que l'enthousiasme populaire s'emballe? Et si le PQ arrêtait de se comporter comme un surfer qui attend une vague et qui est à la merci de la mer? Et si le PQ prenait la tête, assumait son rôle de leadership, s'il incarnait avec confiance ses convictions et disait: SUIVEZ-MOI! Ça ne serait pas préférable à une interminable attente, ça?

2- Libéraux: Peu importe ce que dit le PQ, les libéraux vont les accuser d'être des crapules qui tentent de se faire élire sous de faux prétextes. Et en tentant de fuir le référendum, le PQ se discrédite lui-même. Si le PQ répondait: OUI, ON EN VEUT UN RÉFÉRENDUM ET AU PLUS SACRANT! Voilà qui serait clair et qui déculotterait les libéraux.

3- Confiance: L'exercice du pouvoir est très ingrat et en cour de route, un PM va inévitablement briser des promesses, dire non à certains groupes d'intérêt et se mettre du monde à dos. Plus tu es longtemps au pouvoir, plus tu accumules des adversaires et des gens déçus. Ce n'est pas comme ça que tu construits une coalition pour la souveraineté.

À mon humble avis.

J'ai peut-être tort, je l'espère en fait.

Mais j'en doute. Les 25 dernières années semblent confirmer ceci...

Guillaume a dit…

1)Non. L'enthousiasme envers la souveraineté se ferait en vase clos. En fait c'est le concept même d'identité nationale qui est malmené et doit être réhabilité. Sans compter que trop de gens sont hostiles à l'idée même d'un référendum.
2)Plus difficile de porter des accusations sur une position claire que sur le flou qu'on a eu sous Marois. Ou leur donner le prétexte qu'ils veulent pour ne pas parler de bilan.
3)C'est un risque certain... Mais moindre et surtout moins dommageable à long terme que des Libéraux au pouvoir ad vitam et ad nauseam.