15 octobre 2016

Si Kennedy avait survécu...

Je viens de terminer le livre If Kennedy Lived de Jeff Greenfield. Il s'agit d'une uchronie qui raconte les deux mandats d'une administration Kennedy dans un monde où le président survit à l'attentat de Dallas.

L'élément qui sauve la vie de JFK est... la météo. Contrairement aux éclaircies du 22 novembre 1963, ici la pluie persiste, ce qui oblige l'utilisation de la bulle de Plexiglas pour recouvrir la limousine présidentielle. Cette dernière est suffisante pour dévier les balles d'Oswald qui blessent sérieusement Kennedy sans le tuer.

Ainsi, dans ce monde, Johnson ne devient jamais président des USA. D'ailleurs, des scandales de corruption le poussent à quitter son poste de vice-président. Kennedy entreprend de se désengager du Viêt Nam et de calmer les tensions de la guerre froide entre son pays, l'URSS et la Chine. Il affronte également les ségrégationnistes afin d'adopter des lois pour émanciper les Noirs. Ces politiques viennent radicalement modifier le climat social des années 60. JFK affronte et défait le candidat Barry Goldwater aux élections de 1964. Son deuxième mandat est menacé par la révélation de scandales sexuels et des tensions grandissantes avec les médias. Sa santé défaillante lui cause également de sérieux ennuis.

Le livre se termine peu avant une élection de 1968 méconnaissable dans laquelle s'affrontent un jeune Ronald Reagan et le démocrate Hubert Humphrey.

À mon avis, la force de ce livre est sa plausibilité. En effet, l'auteur s'appuie sur des faits historiques connus afin de tisser un récit tout à fait vraisemblable et complètement dénué d'éléments saugrenus. La fiction s'appuie donc toujours sur l'histoire.

Toutefois, je dois dire qu'à mesure que l'on progresse dans notre lecture, cette force devient progressivement une prison. À force de vouloir tout justifier, l'auteur se voit sans cesse forcé de replonger plusieurs années en arrière pour justifier telle ou telle décision de JFK. Dans le troisième tiers du livre, cela vient sérieusement entraver la fluidité du récit. De plus, ces sauts chronologiques deviennent un peu agaçants.

Je crois que mes connaissances plutôt limitées de la politique américaine des années 60 a été un handicap dans mon cas. Je connais les acteurs principaux, mais pas les différents congressistes, sénateurs et gouverneurs dont parle le livre. Toutefois, cela a été un prétexte qui m'a permis de lire sur ces personnages et d'apprendre à les connaître.

Bref, j'ai bien apprécié ma lecture, surtout dans les deux premiers tiers.



1 commentaire:

Hans Georg Lundahl a dit…

Et si Kennedy n'avait pas été assassiné ce jour là, la grande nouvelle de cette date aurait été les morts de C. S. Lewis et d'Aldous Huxley. On aurait eu un duel de fans littéraires autour des livres des deux défunts.

Et ceux de C. S. Lewis auraient fortement prôné le Christianisme.

Avec le décès du président, on a eu droit à conspirationnismes divers à propos qui aurait voulu sa peau et pour quel mobile politique.