24 novembre 2016

Bannir le cours d'ECR

Je me souviens encore du jour où, assis avec mes collègues de l'époque, une conseillère pédagogique est venue nous présenter le nouveau cours d'éthique et culture religieuse.

J'étais horrifié par ce que j'entendais. Et j'étais renversé de voir mes collègues accepter ceci sans rechigner, sans exprimer la moindre objection.

Je dénonce ce cours sur mon blogue depuis des années. Enfin, il semblerait que certaines personnes commencent à se réveiller.

Des gens comme Mathieu Bock-Côté:

ECR : il faut l’abolir

(...) Qu’est-ce que le cours ECR?

À ce qu’on veut nous faire croire, c’est un cours censé instruire la jeune génération sur les différentes traditions religieuses et spirituelles qui existent dans le monde.

S’il faisait vraiment cela, il faudrait l’en féliciter. Qu’on les aime ou qu’on ne les aime pas, les religions façonnent notre monde et mieux vaut les connaître qu’ignorer leur histoire et ce qu’elles représentent.

Mais ce n’est pas ce que fait ECR. Au contraire: son objectif, c’est de présenter une vision fondamentalement positive des religions.

Il se donne une mission: faire accepter, tout accepter, au nom de la diversité. Niqab, hidjab, burqa, burkini, etc.: il est interdit de juger. Ou plutôt, il faut juger positivement! On désamorce­­ l’esprit critique!

On ne se surprendra pas que les jeunes, aujourd’hui, adhèrent au multiculturalisme­­: on les y endoctrine pendant tout leur passage à l’école. Ils répètent ce qu’on leur a appris en classe.
Dans Le Nouvelliste, le 8 septembre, un étudiant, Jeremy Normand, témoignait à propos de son passage dans le cours ECR. Il l’accusait de militer pour le relativisme culturel et de toujours pousser les étudiants à imaginer de nouveaux «accommodements raisonnables­­».

Ce n’est pas surprenant. Certains des concepteurs de ce cours l’ont déjà avoué: quand tous les Québécois auront passé par ECR, ils seront favorables à la logique des accommodements raisonnables.

On imagine la scène: l’enfant est à l’école. On lui pose une question. Par exemple, est-ce qu’une éducatrice en garderie peut porter le niqab? Réponse. Il faut accommoder. Toujours accommoder.
Pour avoir une bonne évaluation dans ce cours, il faut faire preuve d’une bonne attitude devant la «diversité» et les religions. Ce n’est pas l’esprit­­ critique qu’on y cultive, mais l’esprit béat.

ECR ne vise pas à transmettre des connaissances, mais une idéologie et un programme politique. À défaut de convaincre les parents des bien-fondés du multiculturalisme, on décide de laver le cerveau des jeunes générations.

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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Bon, je dois à l'occasion et encore cettte année enseigner ce cours pour compléter ma tâche dans une école où on ne donne jamais un cours 2 fois au secondaire. Honnêtement, ce cours est assez emmerdant, car j'enseigne aussi 2 niveaux de français et un cours de maths, tout ça au premier cycle du secondaire. Bref, c'est ma dernière priorité. En plus, les manuels et méthodes sont mal foutus, pas vraiment conçus pour des jeunes de 12-13 ans. Honnêtement, je ne vois pas ce qui peut m'empêcher de dire ce que je pense sur des questions éthiques et sur les religions et je ne m'en prive pas. Je ne me prive pas de dire mon opinion sur une religion qui nie le droit des femmes, qui justifient des régimes de terreurs et des coup de fouets et j'en passe. Je ne me prive pas de parler des chasses aux sorcières et des buchers non plus, ni des délires karmiques qui empêchent de tuer une mouche et autres fadaises. L'éthique dans l'examen de la religion, tissu de faussetés et de principes très discutables, justifie très bien que je le fasse peu importe ce qu'en pense les fameux concepteurs. Ma seule limite est de jauger l'aspect politique de mes interventions (des parents nous observent via les propos des enfants qui les déforment très souvent). Après, le programme est vaste et je choisis mes sujets et des démarches que je juge moins débiles que les autres pour tenter de produire un enseignement utile dans un souci d'économie de mon temps parce que je n'ai pas que ça à faire. Je me suis étendu sur la notion d'autonomie au menu pendant l'étape et puisqu'il faut faire du religieux j'utiliserai les objectifs qui tournent autour de l'examen des mythes pour leur faire explorer les dieux olympiens, histoire de faire un lien interdisciplinaire avec leur cours d'histoire qui verra d'ici peu l'empire grec et romain. Mes jeunes sont dans l'amorce d'une certaine capacité de penser par eux-mêmes. Ce cours peut permettre de travailler certains concepts assez abstraits et développer une certaine intelligence en essayant d'expliquer une idée au moyen d'exemples ou de la comprendre au travers d'exemple. Il était très intéressant de réfléchir avec eux à l'autonomie psychologique pour des jeunes encore très dépendants de l'opinion des autres...
Ça al'air incroyable, mais c'est souvent encore loin d'être gagné pour bien des jeunes de ces âges.

Bref, dans le principe, c'est un cours débile, mais, vu que c'est un fameux foutoire, on peut distiller son cours de ecr pour conduire une pédagogie utile dans un certain esprit justifiable et faire acte utile pour le civisme général, mais bon vu que beaucoup de cons peuvent enseigner et ils ne s'en privent pas, il vaudrait mieux revoir ce cours pour le penser correctement dans un sens plus moderne. Cependant, tout cours qui touchera les valeurs, peu importe, comportera toujours un aspect ingérable pour les concepteurs et l'autorité pédagogique, on ne peut empêcher quiconque de révéler ces convictions et d'influencer les jeunes dans ce genre de contexte. Il faudra assumer ce fait un moment donné... Enfin, un jeune croise dans son cheminement plein d'adultes avec des valeurs différentes et ça le marquera bien plus que la connaissance des autres religions...

Finalement je dois être un idéaliste pragmatique, je cherche à faire de l'éducation libérale (dans le sens qui libère et non politique) en dépit des programmes débiles qu'on nous a mis dans les pattes depuis 20 ans... Plus idéaliste, je ne serais plus là... Jo