20 novembre 2016

Une "power pitoune" à la Maison-Blanche

La personne qui a eu le plus grand impact sur moi dans la deuxième moitié de ma vie, c'est sans contredit ma femme. Imaginez, quand je l'ai rencontrée il y a 20 ans, j'étais un chrétien croyant et un féministe! Le chemin que j'ai parcouru et les chaînes que j'ai brisées grâce à elle! Pas pour rien que je l'adore.

Depuis que je la connais, elle m'a toujours répété que lorsque les femmes se maquillent et se "poupounent", ce n'est généralement pas pour plaire aux hommes, mais plutôt par désir de compétition avec les autres femmes. Elle se tord de rire quand elle entend parler "d'objectification patriarcale". Elle m'a aussi souvent dit que les pires méchancetés qui se disent à propos de l'apparence des femmes proviennent toujours d'autres femmes.

Au début, j'étais sceptique. Plus maintenant. En voici un excellent exemple.

De tous les aspects intéressants et inquiétants qui m'ont traversé l'esprit depuis l'élection américaine, je dois vous avouer que l'apparence de la future première dame ne m'a jamais même passé par la tête. Peut-on imaginer préoccupation plus superficielle, futile et stupide?

Le sujet semble toutefois suffisamment pertinent pour motiver Chantal Lamarre de La Presse à y consacrer tout un article, ce que ne manque pas de dénoncer l'excellente Sophie Durocher:

Ce matin, dans La Presse, Chantal Lamarre s’en prend à Melania Trump. Pas pour ses idées, pas pour son comportement, pas pour ses prises de position. À cause de son linge.

Extraits de la chronique de l’Agent Lamarre, police de la mode.

«Je suis littéralement flabbergastée par l’idée que la prochaine première dame américaine sera une power pitoune»

«Même lorsque Melania porte une robe John Galliano valant quelque 100 000 $US (...), elle n’est jamais chic»

 «Toujours en robe moulante et décolletée, chaussures stilettos, un peu de fourrure, un peu de dentelle, zéro signature. (...) De cette beauté rigide qui demande un entretien maniaque et un contrôle absolu pour répondre à toutes les convenances. C’est d’un triste et c’est, ultimement, mauvais pour nos filles.»

J’avoue que je me suis un peu étouffée dans mon café au lait pas du tout bio ni local ni équitable, ce matin, en lisant ça.

En quoi est-ce mauvais pour les filles que la First Lady porte des décolletés et des talons hauts?
Est-ce un crime de porter des robes moulantes quand on a un corps sublime?

Il faudrait qu’elle porte des ballerines et des cols roulés pour que la Fashion Police de Chantal Lamarre ne lui donne pas de contravention?

Chantal Lamarre pense-t-elle que Michelle Obama ne fréquentait pas les coiffeurs, esthéticiennes et autres manifestations d’un « entretien » nécessaire à l’apparence exemplaire d’une femme qui est à la Maison-Blanche? Michelle Obama se laissait-elle pousser les poils sur les jambes, se laissait-elle aller le cheveu blanc sans teinture, se laissait-elle allègrement aller au gras de bras ? Bien sûr que non!

Je me demande, Mme Lamarre, traiter une autre femme de «pitoune», est-ce bien «féministement  correct»?


Dans sa chronique, Lamarre écrit: «Je ne suis même pas choquée qu’elle soit «ostentatoirement» sexy et qu’elle ait posé nue sur des peaux de bêtes ou avec des armes à feu»

Hé la la, même pas choquée? Merci de faire preuve de tant de magnanimité!

Alors on résume: on a ici quelqu’un qui attaque une femme sur son apparence; quelqu’un qui rend une femme responsable des agissements de son mari; quelqu’un qui est incapable de concevoir une femme mariée à un homme riche autrement que comme une potiche vide; et quelqu’un qui réduit l’existence d’une femme à rien d’autre que «la femme de...».

Maintenant, imaginez si c’était un gars qui avait écrit ça!

Et vlan! Dans les palettes! :-)

Et après ça, ces mêmes féministes viendront nous dire que les maudits médias masculins sexistes ne s'intéressent à l'apparence des politiciens que lorsque ce sont des femmes et, ce faisant, qu'ils les réduisent à l'état "d'objets"...

Plus hypocrite que ça, tu meurs...