18 février 2017

Elpistostege watsoni II


D'autres détails à propos de cet extraordinaire fossile québécois:

Le site gaspésien nous a donné il y a quelques années un fossile considéré comme un des 10 spécimens les plus significatifs de la planète en paléontologie. Les trésors extraits de la falaise de Miguasha ne cessent de nous en apprendre sur l'évolution des espèces.

L'Elpistostege watsoni, qui vivait il y a 380 millions d’années, marque la transition entre la vie aquatique et terrestre, puisqu'il présente à la fois des caractéristiques d'un poisson et d'un vertébré à pattes.

La découverte de ce fossile complet, long de près de 1,6 mètre, avait créé une onde de choc dans le monde de la paléontologie en 2013, puisqu’il apportait un nouvel éclairage sur ce moment charnière dans l’évolution des vertébrés. Mais voilà que d’autres détails émergent sur « Elpi » – qui est devenu depuis l’emblème du parc de Miguasha.

« C’est vraiment le dernier poisson juste avant les premiers tétrapodes, les animaux à quatre pattes. À l’époque [en 2013], on estimait que c’était un poisson très important, mais maintenant on n’en a aucun doute. Il nous renseigne sur une foule de transformations au niveau des membres, du crâne [...] C’est une source d’information incroyable », explique le paléontologue Richard Cloutier, de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), qui en a fait l’examen détaillé.

Ses collègues et lui font actuellement le recensement de dizaines de formes de poissons qui se rapprochent d’Elpistostege, pour savoir où il se situe exactement dans le grand arbre de la vie. Des publications sont prévues au printemps.

« On est en train de calculer à quelle vitesse s’est faite cette évolution, parce que c’est un des grands passages évolutifs [celui entre la vie aquatique et terrestre]. On veut savoir si c’est un passage rapide et si c’est tout l’organisme qui a évolué en fonction de nouveaux environnements. »

D’autres espèces retiennent aussi l’attention du chercheur et de ses collègues.

« À Miguasha, dans un horizon fossilifère, une couche de roches de 30 cm d’épaisseur, on a trouvé en quelque sorte une pouponnière fossilisée. On a des représentants de larves, des juvéniles et des adultes, et on est capable de reconstituer, pour plusieurs espèces, la séquence exacte du développement : tous les changements de forme, comment se sont formés chacun des os dans les squelettes de ces espèces. »


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