4 février 2017

Le Québec est islamophobe, antisémite et fasciste!

Appelez-moi Profstradamus.

Quelques heures seulement après la tuerie de Québec, j'ai publié un billet dans lequel j'ai dit que les idéologues allaient récupérer ces événements pour étayer leur narratif et leur habituel biais idéologique.

J'ai écrit que des zigotos blâmeraient la charte des valeurs, le nationalisme, la droite, Trump et l'Occident au grand complet.

J'avais raison.

J'ai également écrit ceci: "Les anglos fédéralistes anti-Québec diront: "Vous voyez? C'est la preuve que cette minable petite tribu québécoise est raciste, xénophobe et que leur nationalisme est dangereux!"

Et voyez-vous ça? J'avais encore raison.

Il faut dire que j'ai peu de mérite. Une fois qu'on parvient à cerner les dogmes fondamentaux d'une idéologie, c'est un jeu d'enfant de prédire à l'avance les propos de ceux qui y souscrivent puisqu'ils répètent toujours et inlassablement les mêmes âneries.

Voici quelques extraits de cet article paru dans le Washington Post! Rien de moins! Pourquoi salir le Québec localement quand on peut le diaboliser sur la scène internationale?

Commençons avec le titre:


Remarquez l'usage des guillemets pour encadrer le mot "progressiste". L'intention est, évidemment, de faire comprendre au lecteur que derrière de telles prétentions, la réalité est toute autre. Et donc, que le Québec n'est pas progressiste du tout. Voyons si l'auteur de ce papier, un certain J.J. McCullough, appuie son affirmation sur autre chose que ses propres préjugés.

As Canadian politicians and journalists scramble for tidy, ideologically pleasing narratives in the wake of this week’s senseless slaughter at a Quebec City mosque, one disturbing fact has gone conspicuously unmentioned: A disproportionate share of the country’s massacres occur in the province of Quebec.

Première affirmation: un nombre disproportionné de massacres ont lieu au Québec. Est-ce vrai? J'ai fait des petites recherches (notamment ici, ici et ici) et voici ce que j'ai trouvé (je n'inclus pas les assassins dans le décompte des morts):

1873 en Saskatchewan: Massacre de Cypress Hills. Vingt-trois morts.
1880 en Ontario: Massacre de Black Donnellys. Cinq morts.
1885 en Alberta: Massacre de Frog Lake. Neuf morts.
1956 en Ontario: Meutres de Peter Woodcock. Quatre morts.
1960 au Québec: Meurtres de Pont-Rouge. Quatre morts.
1965 en Colombie-Britannique: Massacre de Leonard Hogue. Sept morts.
1965 en Colombie Britannique: Meurtres de Gilbert Paul Jordan. Au moins huit morts.
1967 en Saskatchewan: Massacre de Shell Lake. Neuf morts.
1968 en Ontario: Meurtres de Wayne Boden. Quatre morts.
1969 en Saskatchewan: Massacre de Buffalo Narrows. Sept morts.
1970 en Colombie-Britannique: Massacre de Dale Nelson. Huit morts.
1972 en Colombie-Britannique: Massacre de William Bernard Lepine. Six morts.
1972 au Québec: Massacre du Blue Bird Café. Trente-sept morts.
1975 en Ontario: Massacre de l'école Brampton Centennial. Trois morts.
1975 en Ontario: Attaque de l'école St. Pius X High. Deux morts.
1979 au Québec: Meurtres de William Patrick Fyfe. Au moins cinq morts.
1980 en Colombie-Britannique: Meurtres de Clifford Robert Olson. Onze morts.
1983 en Colombie-Britannique: Meurtres de Robert Pickton. Au moins six morts.
1984 au Québec: Massacre de l'Assemblée nationale. Trois morts.
1985 en Nouvelle-Écosse: Meurtres de Michael Wayne McGray. Au moins sept morts.
1985 au Québec: Massacre de Lennoxville. Cinq morts.
1986 au Nouveau-Brunswick: Meurtres de Allan Legere. Au moins cinq morts.
1989 au Québec: Massacre de Polytechnique. Quatorze morts.
1990 en Ontario: Meurtres de Paul Bernardo. Au moins trois morts.
1992 au Québec: Massacre de Concordia. Quatre morts.
1992 en Nouvelle-Écosse: Massacre du McDonald's de Sydney River. Trois morts.
1992 dans les Territoires du Nord-Ouest: Massacre de Giant Mine. Neuf morts.
1996 en Colombie-Britannique: Massacre de Vernon. Neuf morts.
1996 au Manitoba: Meurtres de John Martin Crawford. Trois morts.
1999 en Ontario: Massacre de OC Transpo. Quatre morts.
1999 en Alberta: Attaque de l'école W. R. Myers. Un mort.
2002 en Ontario: Massacre de la famille Cruse. Quatre morts.
2005 en Alberta: Massacre de Mayerthorpe. Quatre morts.
2006 au Québec: Attaque du collège Dawson. Un mort.
2006 en Ontario: Massacre de Shedden. Huit morts.
2006 en Alberta: Massacre de la famille Richardson. Trois morts.
2009 en Colombie-Britannique: Meurtres de Cody Legebokoff. Quatre morts.
2011 en Alberta: Massacre de Claresholm. Trois morts.
2012 au Québec: Attaque de Richard Bain au Métropolis. Deux morts.
2014 au Nouveau-Brunswick: Massacre de Moncton. Trois morts.
2014 en Alberta: Massacre d'Edmonton. Huit morts.
2016 en Saskatchewan: Massacre de La Loche. Quatre morts.
2016 en Ontario: Massacre de Scarborough. Trois morts.
2017 au Québec: Massacre de Ste-Foy. Six morts.

Bilan: Sur 43 massacres, 10 ont eu lieu au Québec. Cela représente environ 23% des cas, pour une population qui représente environ 24% du pays. Ce pourcentage était plus élevé au début de la fédération (nous étions 34% de la population canadienne en 1871) et est baisse continue depuis. Il est donc plus bas que ce à quoi on pourrait s'attendre. Ce n'est pas un "nombre disproportionné" comme le prétend l'auteur de l'article.

I was born in 1984. Since then, Quebec has experienced at least six high-profile episodes of attempted public mass murder.

Si on regarde juste les massacres depuis 1984, on compte 25 événements au Canada, dont 7 au Québec. Cela représente un pourcentage de 28%. C'est légèrement supérieur à la proportion de la population québécoise, mais ce nombre n'est pas "disproportionné".

De plus, si on enlève de la liste les attaques expressément anti-québécoises de Lortie (un soldat canadien anti-séparatiste) et de Bain (un anglophone anti-séparatiste), on se retrouve avec 5 événements, ce qui représente 20% des attaques.

Je vais sauter par dessus une partie du texte de mon ami Jay-Jay parce qu'il fait simplement la liste d'atrocités commises au Québec. Elles sont incluses dans la liste ci-dessus. Je soupçonne que le seul et unique but de l'auteur ici est de tracer le portrait d'une société que le lecteur ne pourra pas s'empêcher de trouver malade et tordue. Ça met la table pour ce qui suit.

In short, my lifetime has overlapped with at least one spectacular act of Quebec public violence every five years or so. No other province can claim the same.

Voyons voir. Il s'est écoulé 33 ans depuis 1984. Sept événements violents au Québec, ça fait en moyenne un massacre à tous les 4,7 ans. Pour une fois, il est pas mal sur la coche.

Est-il vrai qu'aucune autre province ne s'approche de ce nombre?

Pour l'Ontario, ça fait un événement tous les 6,6 ans en moyenne. C'est un peu plus bas qu'au Québec. Compte tenu que la population du Québec est moindre que celle de l'Ontario, c'est le contraire que ce à quoi on pourrait s'attendre.

Même chose pour l'Alberta, un événement violent tous les 6,6 ans. Mais dans ce cas-là, le nombre étonne parce que la population albertaine est à peu près la moitié de celle du Québec. Si je jouais la même game que l'auteur de cet article, je dirais que la société albertaine est plus violente que la québécoise, mais je ne joue pas à ces petits jeux-là.

Bref, concédons que les événements violents sont plus fréquents ici que dans les autres provinces. Comment l'explique-t-il?

French-speaking Quebec is often held up (and certainly holds itself up) as Canada’s most essential region, home to a precious set of particularities that help make Canada the marvelous place it is.

Le Québec est-il souvent décrit comme la région la plus essentielle du Canada? Je vois ça assez rarement, en fait. Le love-in de Montréal date de 1995. Depuis, le Canada anglais n'a pas vraiment eu de raisons de nous lécher le cul.

Remarquez les parenthèses. L'auteur affirme que les Québécois se considèrent eux-mêmes comme la région la plus essentielle du Canada. Bref, que nous sommes vaniteux, prétentieux et méprisants. C'est la première généralisation qu'il fait à propos de la population québécoise, mais malheureusement pas la dernière.

Le jugement est gratuit. Y a-t-il des gens comme ça au Québec? Évidemment, comme partout ailleurs. Mais ce qui caractérise davantage les Québécois, c'est la bien piètre opinion qu'ils ont d'eux-mêmes. S'ils avaient davantage confiance en eux, ils seraient un pays souverain depuis longtemps.

On such issues as postsecondary education, child care and (ironically enough) gun control, progressive Canadians laud its social-democratic policies as moral exemplars, and the province has played an outsize role in pushing Canadian politics to the left.

J'ai effectivement entendu à quelques reprises des politiciens anglo-canadiens de gauche, notamment les néo-démocrates et les libéraux, vanter les mérites du système de garderie québécois. Pour ce qui est du "gun control", c'est également vrai que le registre des armes à feu québécois a été vu comme une initiative positive par la gauche. Je n'ai toutefois jamais entendu les anglophones vanter notre système d'éducation postsecondaire. Ça n'a pas dû arriver très souvent.

Pour ce qui est du rôle "démesuré" du Québec pour pousser la politique canadienne plus à gauche, l'accusation est risible. L'influence québécoise sur la politique canadienne est négligeable. Les politiciens fédéraux veulent plaire à la majorité afin de gagner des élections et cette majorité est canadienne-anglaise. Les intérêts nationaux du Québec sont donc systématiquement bafoués depuis le début.

Criticism of Quebec, meanwhile, is deeply taboo. 

Tabou?

HAHAHAHAHAHAHA!

Si la critique du Québec est un tabou, ce doit être le tabou le plus transgressé de l'histoire de l'humanité! Vous n'avez qu'à cliquer sur l'onglet "Anglo hate" qui figure au bas de ce billet pour voir la pluie d'injures, d'insultes, de propos diffamatoires et racistes qui ont été vomis sur le Québec ces dernières années! Il y en a une autre jolie collection ici. Tabou mon oeil, ouais!

In a 2006 essay, Globe and Mail columnist Jan Wong posited a theory that Quebec’s various lone nuts, many of whom were not of pure French-Canadian stock, were predictably alienated from a province that places such a high premium on cultural conformity.

Reportons-nous à ce que Mme Wong a vraiment écrit dans les pages du Globe & Mail le 16 octobre 2006, tout juste après la fusillade du collège Dawson, perpétrée par Kimveer Singh Gill, un Québécois d'origine punjabie:

«Les Montréalais se demandent: Pourquoi nous? (...) Les gens de l’extérieur du Québec ne réalisent pas à quel point, depuis des décennies, les batailles linguistiques ont marqué cette ville autrefois cosmopolite. Cela n’a pas seulement affecté les vieilles familles anglophones, cela affecte les immigrants aussi. Il est vrai que les trois fusillades ont été le fait d’individus mentalement dérangés. Mais il est tout aussi vrai que dans les trois incidents, l’auteur de la fusillade n’était pas un pure laine, l’argot désignant un pur francophone. Ailleurs, il serait répugnant de parler de pureté de la race. Pas au Québec. (...) Certes, Lépine haïssait les femmes, Fabrikant haïssait ses collègues de l’école d’ingénieurs, et Gill haïssait tout le monde. Mais tous les trois avaient été marginalisés par une société qui valorise davantage les pure laine.» 

Voilà la traduction de ce que Wong a écrit en 2006. Elle affirme que la raison qui a poussé non seulement Gill, mais également Lépine et Fabrikant, à tuer du monde, c'est qu'ils étaient marginalisés à cause du fait qu'ils n'étaient pas des "purs laines". C'est le racisme des Québécois qui a fait d'eux des assassins.

Sur quoi se basait-elle pour l'affirmer?

Absolument rien.

Les tueurs eux-mêmes l'ont-ils affirmé? L'ont-ils exprimé oralement ou par écrit avant ou après leur crime? Pas du tout.

Mme Wong n'a jamais eu la moindre preuve pour étayer sa thèse. Elle n'avait que ses propres préjugés négatifs à l'endroit du Québec, c'est tout.

Voilà pourquoi les propos de Mme Wong sont inacceptables. Ils sont non seulement mensongers, mais également biaisés et n'ont pour objectif que de dénigrer le Québec, de cracher sur cette province qui refuse si obstinément de s'assimiler et d'être comme les autres. C'est le même cirque depuis 258 ans maintenant.

She was denounced by a unanimous vote in the Canadian Parliament and sank into a career-ruining depression. 

Si un journaliste écrivait des conneries pareilles à propos de n'importe quelle minorité dans ce pays, sa carrière serait également finie.

De plus, il est tout simplement inimaginable qu'un article pareil à propos des Noirs, des Juifs ou de n'importe quelle autre minorité soit publié. Seuls les préjugés anti-Québec sont considérés suffisamment acceptables pour être publiés dans les pages d'un des journaux les plus lus au Canada.

Mais voilà, pour notre ami Jay-Jay, Wong serait une tragique héroïne, injustement honnie pour avoir osé dire la vérité? Balivernes.

The current events magazine Maclean’s ran a cover story in 2010 arguing that Quebec, where old-fashioned mafia collusion between government contractors, unions and politicians is still common, was easily “the most corrupt province in Canada.” That, too, was denounced by a unanimous vote of Parliament.

Jay-Jay semble accorder vraiment beaucoup trop d'importance aux votes symboliques du Parlement canadien.

J'ai écrit à propos de ces articles du Maclean's à l'époque. Il s'agissait de textes extrêmement hostiles et biaisés qui affirmaient que la corruption faisait carrément partie de l'ADN des Québécois. Des liens douteux étaient établis entre des événements survenus à des décennies d'intervalle. Et, évidemment, les autres provinces ne sont jamais placés sous la loupe de la même façon. Il faut souligner que ce qui attire l'attention sur ce problème, ce sont des tentatives répétées d'éradiquer le problème, ce qui démontre bien que les gens le trouvent inacceptable.

Il est également ironique de souligner que les politiciens corrompus dont il est question sont tous des libéraux et des conservateurs fédéralistes. Je n'ai aucune objection à ce qu'on traite ces gens de crosseurs invétérés, mais on n'a pas à généraliser leur corruption à toute la société.

Privately, English Canadians are far less defensive. They grumble about Quebec’s dark history of anti-Semitism, religious bigotry and pro-fascist sentiment, facts which are rarely included in otherwise self-flagellating official narratives of Canadian history. 

Merci mon Jay-Jay!

Depuis le temps que je vous dis que la haine anglo-canadienne à l'égard du Québec est bien réelle et qu'elle est répandue dans une portion importante de la population! Depuis le temps que je vous dis que les propos haineux formulés envers la société québécoise n'émanent pas seulement que d'une infime partie de la population du Canada, mais qu'ils sont très largement répandus et jugés acceptables et factuels au Canada anglais! Voilà Jay-Jay qui me donne raison! Thanks man!

Maintenant, voyons les accusations une par une.

Le Québec a-t-il une histoire d'antisémitisme? Absolument, comme tout l'Occident, malheureusement. Chez nous, ce sentiment émanait principalement des enseignements de l'Église catholique. Les provinces anglophones du Canada n'auraient-elles rien à se reprocher à cet égard? LOIN DE LÀ!

Si vous êtes intéressés à connaître les résultats d'une étude universitaire sérieuse à propos de cette question, cliquez ici.

Il est également important de rappeler qu'en 1831, c'est Louis-Joseph Papineau, le premier grand chef patriotique démocratiquement élu de notre histoire, qui a fait voter une loi garantissant l'égalité politique de tous les citoyens, sans égard à la religion. Ceci permit aux Juifs de tenir des registres civils dans le pays et d'accéder aux fonctions publiques. C'était du jamais vu dans l'histoire de l'Empire britannique.

Jay-Jay accuse ensuite le Québec de "haine religieuse". L'accusation est vague et il est donc difficile d'y répondre. Il est vrai que la cohabitation entre les cathos et les protestants n'a pas toujours été facile, mais c'est certainement également vrai partout en Occident. D'ailleurs, les Québécois ont l'air de véritables enfants de choeur lorsqu'on regarde certaines des atrocités perpétrées ailleurs. De plus, les Québécois d'aujourd'hui se balancent royalement de la religion, beaucoup plus que leurs voisins anglophones du Canada et des USA.

S'il parle plus spécifiquement d'islamophobie, je le référerais simplement à ces textes:
"Islamophobie imaginaire" de Hassan Jamali
Le mythe de l'islamophobie de Claude Simard, Karim Akouche, Jérôme Blanchet-Gravel, Éric Debroise et Waleed Al-Husseini
Malheureusement, comme il ne parle probablement pas un putain de mot de français, cette sagesse est hors de portée pour lui. Rappelons-nous également de la couardise canadienne après l'attentat de Charlie Hebdo. Non, les anglos n'ont vraiment pas de leçons à nous donner à ce sujet. 

La troisième accusation en est une de sentiments pro-fascistes. J'imagine qu'il fait référence à Adrien Arcand, comme l'ont fait de nombreux zigotos avant lui. On peut facilement répliquer à cette accusation gratuite en rappelant, d'une part, que les Québécois ont historiquement été à la tête de toutes les luttes pour l'obtention de la démocratie et du gouvernement responsable dans ce pays et, d'autre part, que le mouvement d'Adrien Arcand était très marginal.

On pourrait également rappeler qu'à cette époque, les mouvements fascistes étaient très répandus dans le monde et n'étaient pas un phénomène typiquement québécois. C'était également le cas au Canada anglais. Notons, entre autres, la Canadian Union of Fascists.

Il affirme ensuite que le Canada s'adonne à "l'auto-flagellation" historique. C'est faux. Comme le fait ce cher Jay-Jay dans cet article même, les Canadiens anglais n'hésitent jamais à diaboliser le Québec tout en jetant un regard complaisant sur leur propre histoire. Ils oublient, par exemple, l'époque pas si lointaine où le Klu Klux Klan canadien s'en prenait aux francophones.

Oui, l'existence même de cet article vient anéantir l'argument de son auteur. Ironie, quand tu nous tiens!

They complain about the exaggerated deference the province gets from Ottawa as a “distinct society” and “nation-within-a-nation,” and its various French-supremacist language and assimilation laws, which they blame for creating a place that’s inhospitable, arrogant and, yes, noticeably more racist than the Canadian norm. 

Encore une fois, je ne peux que remercier Jay-Jay.

Je le dis également depuis des années. Les Canadiens anglais ne veulent rien savoir d'une quelconque reconnaissance officielle de la spécificité québécoise. L'idée leur donne la nausée. Il n'y a pas d'avenir pour notre peuple dans cette putain de fédération. Nos voisins se réjouissent de notre lente assimilation.

Jay-Jay n'aime pas les lois "French-supremacistes" du Québec. L'utilisation du terme "supremacist" n'est pas anodin. En anglais, et plus précisément pour des lecteurs américains, le terme rappelle les "White supermacists", les racistes du KKK qui considèrent que les Noirs sont des êtres inférieurs. On est dans la grosse diabolisation.

L'auteur exagère, mais je dois avouer que je ne tripe pas sur les lois linguistiques québécoises moi non plus. Mais voilà, tant que les Québécois s'entêteront à faire partie de ce putain de pays, ils auront besoin de lois pour maintenir leur langue en vie artificiellement et pour ralentir son inévitable déclin.

Les autres propos sont des accusations gratuites: le Québec est inhospitalier, arrogant et raciste. Foutaises répétées ad nauseam dans les médias et les foyers canadiens anglais depuis des décennies:

Francophobie canadienne
"These bloody French Canadians!"
Crise d'Oka: 20 ans plus tard
Les Québécois, ces maudits intolérants...
"Hang the lot of them"
Maxime Bernier goûte à la haine canadienne

Tabou mon cul, oui!

And now, they have good reason to observe that the province seems to produce an awful lot of lunatics prone to public massacres, who often explicitly justify their violence with arguments of dissatisfaction towards Quebec’s unique culture.

Là, on plonge en plein délire.

Notre ami Jay-Jay affirme carrément que les fous qui massacrent des gens au Québec "justifient leur violence avec des arguments d'insatisfaction envers la culture unique du Québec".

Vous savez combien de fois c'est arrivé?

Aucune.

En fait, les deux seuls massacres qui ont été perpétrés expressément en réaction à des politiques du gouvernement du Québec sont ceux de Lortie et de Bain. Dans les deux cas, deux fédéralistes fanatiques qui voyaient les souverainistes comme l'incarnation du Mal, une vision déjantée qui est largement acceptée dans la société canadienne-anglaise et diffusée dans ses médias.

En d'autres termes, il s'agit d'une intolérance et d'une haine typiquement canadienne-anglaise qui s'est exprimée sur le territoire québécois contre des politiciens démocratiquement élus.

Et Jay-Jay a l'extraordinaire culot d'y voir une preuve que la culture québécoise est responsable de ces attentats violents?

C'est ça, mon Jay-Jay... si seulement on arrêtait d'exister, vous n'auriez plus de raisons de nous détester, pas vrai?

Quel sombre idiot...

The mosque shooting has been quickly politicized by the Canadian left who have seized upon its useful victims to say the sort of things they were going to say anyway: Canada is both a wicked Islamophobic place that must check its various privileges and a multicultural utopia whose pride and empathy for its Muslim community knows no bounds. Rather than drag the entire country along for this tendentious ride, it might be more useful to narrow the focus.

Pour Jay-Jay, il est inutile de traîner tout le Canada dans la boue. Le Canada est merveilleux, vertueux, ouvert, formidable et tolérant.

Seul le Québec mérite les accusations d'islamophobie, de racisme et de méchanceté.

Comme d'habitude. Rien de nouveau sous le Canadian sun...



2 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

A lire également:

http://whyquebecneedsindependence.blogspot.ca/2017/02/two-minutes-hate.html

Eric Belisle a dit…

Excellent comme d'habitude!

Juste un petit à côté : as-tu vu ça? On dirait que certaines politiciens commencent à utiliser la rhétorique des SJW maintenant...

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201702/06/01-5066799-amir-khadir-accuse-le-bureau-de-couillard-de-racisme-systemique.php

C'est vicieux, parce que le terme racisme systémique est une tactique codifiée (et, ironiquement, utilisée systématiquement sur les campus et sur les réseaux sociaux) par les départements d'études sociologiques pour dérailler la patriarchie masculine blanche.

En anglais, on appelle ça un strawman (pointer un problème qui n'existe pas pour l'attaquer plus facilement et montrer qu'on est vertueux ou compétent). Entre amis, ça arrive tout le temps, mais quand c'est utilisé en politique, c'est pas fort.

Tiré de Wikipédia: "The concept of institutional racism is not universally accepted and has been criticized from the political Right. In the U.S. David Horowitz has described institutional racism as a "fantasy of the Left"[270] which "allows Black leaders to avoid the encounter with real problems within their own communities".[271] In the UK, Michael Collins has problematized institutional racism as a construction of anti-racist special interests: "There are jobs in academia, the public sector, the consultancy sector, human rights law that depend on it. Racism in its truest form has diminished over the years, yet the campaign that emerged to tackle it has expanded into a billion-pound industry. The concept of racism continues to re-invent itself and expand its remit ad infinitum to justify the existence of this industry."

J'espère que les gens voient la malhonnêteté de la tactique. Mais sinon, que faire?