21 mars 2017

Le Québec et les chemises brunes nazies

Comparer le Québec aux nazis?

Une bonne façon de s'assurer que Philippe Couillard et Jean-Marc Fournier bondiront sur leurs pieds pour applaudir à tout rompre!

Extrait de cette chronique de Michel David:

En novembre 2013, Jean-Marc Fournier s’était attiré de nombreuses critiques pour avoir fait un rapprochement entre la charte de la laïcité du gouvernement Marois et le régime nazi, en évoquant les propos tenus par un rabbin montréalais à l’occasion d’une cérémonie commémorative du 75e anniversaire de la Nuit de cristal, le 9 novembre 1938, quand des milliers de commerces appartenant à des juifs et quelque 200 synagogues avaient été saccagés en Allemagne.

M. Verboczy assistait à cette cérémonie au Centre commémoratif de l’Holocauste, à Côte-des-Neiges, où il accompagnait la ministre péquiste de l’Immigration et des Communautés culturelles, Diane De Courcy, qui avait été accueillie avec une extrême froideur, alors que la délégation libérale, dont faisaient partie MM. Couillard et Fournier, avait eu droit à l’enthousiasme qu’on manifeste à une armée de libération.

Pour respecter la solennité du moment, on avait demandé à l’assistance de garder le silence durant la cérémonie. Le rabbin avait raconté l’histoire d’un homme tué à Berlin durant la Nuit de cristal, après avoir refusé d’enlever sa kippa devant les chemises brunes nazies. À l’instar de cet homme, le rabbin avait déclaré qu’entre les interdictions de la charte de la laïcité et la mort, il choisirait cette dernière.

«Philippe Couillard et consorts ont brisé le silence prescrit, se levant d’un bond pour applaudir ce choix qu’ils considéraient [comme] plein de bon sens. Ils savaient mieux que quiconque que la mort ne figurerait pas sur le bulletin de vote, contrairement à leurs noms», écrit M. Verboczy.

Il aurait sans doute été délicat d’interrompre le rabbin au beau milieu de son discours. De là à se lever pour applaudir, il y a toutefois une limite qu’un aspirant au poste de premier ministre du Québec n’aurait pas dû franchir. Il est vrai que la charte du gouvernement Marois ratissait inutilement large, mais la comparaison avec le régime nazi était si grossièrement injuste qu’elle tenait de l’élucubration. Il est même étonnant qu’un rabbin perde le sens de la mesure au point de banaliser de la sorte les atrocités nazies.

Quand Bernard Drainville avait présenté son projet de loi, M. Couillard avait crié à la trahison de l’héritage de René Lévesque. En point de presse, il avait fallu lui rappeler que le «grand Québécois» dont il évoquait la mémoire avait lui-même été traité de nazi pour avoir présenté la loi 101, contre laquelle le PLQ avait mené une lutte sans merci.

Le futur premier ministre avait répondu qu’il n’était pas là à l’époque. Soit, mais il était bel et bien là au Centre de l’Holocauste en novembre 2013 et il a applaudi des propos qui étaient non seulement absurdes, mais injurieux pour le Québec. S’il est incapable de le défendre, M. Couillard pourrait au moins s’abstenir d’encourager ceux qui l’accablent.



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