21 mars 2017

Le multiculturalisme en action à Birmingham


Extraits de cette chronique de Martineau:

Vendredi dernier, Le Figaro a publié un long reportage sur Birmingham.

Deuxième ville d’Angleterre après Londres, Birmingham compte un million d’habitants – dont 250 000 musulmans.

Contrairement à ce qui se passe en France, en Angleterre, on est cool. On laisse les gens faire ce qu’ils veulent. «Vivre et laisser vivre.»

De dire Aïssa, une enseignante rencontrée par la correspondante du Figaro: «L’Angleterre n’est pas la France. La laïcité, dans votre pays, est un prétexte pour s’en prendre aux musulmans, La France est une dictature.»

Preuve qu’on est ouvert, au pays des Beatles et du punk: Aïssa, qui porte une tunique noire, un niqab et des lunettes fumées pour cacher ses yeux («ce voile est un commandement de Dieu et me préserve du regard des hommes»), enseigne à l’école publique.

(...)  Philippe Couillard et Charles Taylor seraient émerveillés. «Quel pays ouvert, diraient-ils en applaudissant. Quelle contrée accueillante, généreuse et tolérante! Pas de PQ, ici, pas de charte à Drainville!» Le paradis du multicultura­lisme, je vous dis. Justin en pleurerait de joie.

Et attendez, vous n’avez encore rien lu...

Dans le quartier de Small ­Heath, on trouve deux écoles privées pour enfants de 6 à 16 ans. L’enseignement de la musique et du dessin (deux arts dont la pratique est considérée comme un péché) y est strictement interdit.

Sur la rue principale, la majorité des femmes portent le voile intégral, les librairies ne vendent que des livres religieux, les restaurants pratiquent tous la ségrégation des sexes (les femmes et les enfants mangent dans une section cachée par un voile aux regards masculins) et les boutiques sont fermées pendant les heures de prière.

Quant aux pubs anglais traditionnels qui avaient pignon sur rue sur cette artère hyper fréquentée, ils sont tous fermés et placardés. Tous. Imaginez comment Philippe Couillard triperait!

Extrait du reportage du Figaro: «À Birmingham, certaines écoles publiques organisent pour leurs élèves des visites au sein de différents lieux de culte comme les mosquées, où les imams inculquent les rudiments de la prière et quelques sourates à tous les écoliers, fussent-ils de confession chrétienne.»

Ça, c’est du vivre-ensemble, les amis! Ça, c’est de l’ouverture!

En Angleterre, la charia est tolérée. Une centaine de tribunaux islamiques sont répertoriés dans le pays. Ces tribunaux parallèles qui placent la loi d’Allah au-dessus de la loi du pays statuent sur des affaires courantes: les héritages, les divorces, les mariages...

«Affaires courantes» qui avantagent systématiquement les hommes, bien sûr. Mais, bof, ça ne semble pas déranger les féministes anglaises outre mesure... Après tout, il faut respecter la culture des autres, pas vrai?

En passant, une petite note pour les bienpensants qui voient des racistes partout: le reportage du Figaro est signé Rachida Samouri.

Je suis sûr qu’un jour, en Angleterre, un politicien a fait comme Philippe Couillard: il a refusé d’imposer des balises à la religion sous prétexte que ces discussions sur les accommodements étaient inutiles, vu que jamais au grand jamais des enseignantes, des juges ou des policières anglaises ne demanderont un jour de porter le voile intégral.

Oh yeah?

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2 commentaires:

Loup Kibiloki a dit…

On appelle ça de l'ethno-stratégie, je crois. En tout cas, c'est fou comme ça y ressemble.

(je sens que mon commentaire va être long.. ))

Les minorités sont toujours potentiellement sujettes à l' "inquiétude." Les pouvoirs en choisissent une. Ce n'est pas nécessairement une minorité ethnique, comme au Rwanda, la minorité toutsie choisie par les Belges avant de partir ( ... ***avant de partir*** ...).

C'est aussi très souvent une minorité religieuse, comme en Iraq : minorité sunnite (Saddam Hussein était sunnite). Parfois religion et ethnie coïncident.

Ensuite on rend détestable cette minorité par des "privilèges", du favoritisme, etc. On la rend "inquiétante" et haïe, donc inquiète.

Cette minorité devenue "inquiète", et qui devient maintenant inquiétante, en un sens, et enviée, et détestée, a maintenant de plus en plus besoin de la protection des pouvoirs qui l'ont intallée sur son trône clouté.

Généralement, on procède ainsi dans les pays conquis afin de contrôler la minorité en question qu'on destine à .. gouverner éventuellement la majorité du pays conquis, surtout si on a l' intention de donner à ce pays un semblant d' indépendance (ça pourrait arriver au Québec - d'où l'insistance, plus haut : sur "... ***avant de partir*** ..." - c'est juste une hypothèse en passant).

La majorité haïra les privilèges de cette minorité. Cette minorité "inquiète" le sera plus que jamais et aura toujours besoin d'être rassurée. Elle comptera de plus en plus sur la protection du "bienfaiteur". Elle ne pourra s'en passer. Et ces pouvoirs "bienfaiteurs" pourront contrôler et utiliser à dessein cette minorité détestée à toutes fins qui pourraient convenir à ces pouvoirs bienfaiteurs.

La question ("hallucinante", comme vous diriez) est ici de savoir : qu'entendent faire les pouvoirs avec la minorité musulmane ainsi "moulée" par ethno-stratégie ?

Lui donner le pouvoir politique? Ou une sorte de pouvoir quelconque. Peut-être une forme de domination religieuse (la minorité en question étant proxy des pouvoirs) - un peu comme les Britanniques l'ont fait, dit-on, avec l'Église du Bas-Canada, ou comme ils l'ont fait aussi avec les Sunnites en Iraq, ou comme les Belges l'ont fait avec l'ethnie toutsie au Rwanda, ou encore comme la France l'avait fait avec les Juifs en Tunisie (Albert Memmi était, par défaut, membre de cette caste gouvernante et le mentionne dans ses écrits), etc., etc.

Bref, je vais prier. Ça aide à traverser l'chaos, et on y est plongé depuis un bon bout d'temps.

Prof Solitaire a dit…

Commentaire intéressant qui mérite réflexion... merci!