28 mars 2017

Les Québécois sont des petites fleurs ultra-sensibles!

Dans mon dernier billet, je répliquais à l'article délirant d'Andrew Potter dans lequel il déclarait que les Québécois sont essentiellement des gens socialement aliénés complètement dépourvus de solidarité et dont l'ordre social est en train de s'écrouler.

Le problème avec sa thèse n'était pas tant le fait qu'il critiquait le Québec, mais plutôt que ses affirmations étaient injustifiées, diffamatoires et qu'elles ne s'appuyaient sur rien d'autre que les préjugés négatifs et les stéréotypes idiots de l'auteur.

Depuis la publication de l'article, Potter s'est rétracté et il a démissionné de son poste de directeur du McGill Institute for the Study of Canada. Le bonhomme aura au moins eu l'intelligence de réaliser, un peu tard, que son article était une vomissure innommable.

Croyez-vous que les médias anglo-canadiens en sont venus à la même conclusion? Ha! C'est bien mal les connaître! Au contraire, plusieurs ont sauté sur l'occasion pour planter du Québécois, une fois de plus.

Chris Selley a publié un texte dans le National Post dont voici quelques extraits:

Until Thursday morning, McGill University and Andrew Potter, director of the McGill Institute for the Study of Canada and former editor of the Ottawa Citizen, were stumbling down a rocky but well-worn path of scandal and outrage. 

Toute la thèse de Chris est là: McGill et Potter sont les nouvelles victimes d'un scandale comme tous ces autres braves journalistes qui ont eu le courage de critiquer le Québec.

Qui sont ces autres preux chevaliers de la justice, de la veuve et de l'orphelin, me demanderez-vous? Ce cher Chris a la réponse:

Like Jan Wong did in the Globe on the topic of alienated minorities and mass shootings, and Martin Patriquin did in Maclean’s on the topic of rampant corruption, Potter wrote something critical about Canada’s delicate flower province: he attempted to link last week’s blizzard, and an ensuing hours-long standstill on a major highway, to a “malaise eating away at the foundations of Quebec society.” And he and his employer were reaping the whirlwind.

Wow. Tu vis dans une fascinant univers parallèle, mon p'tit Chris.

Premièrement, Jan Wong n'est pas une pauvre victime. Son article à propos de l'attentat du collège Dawson était un chiffon diffamatoire et ridicule. Elle y affirmait que la raison qui a poussé Gill, Lépine et Fabrikant à tuer du monde, c'est qu'ils étaient marginalisés à cause du fait qu'ils n'étaient pas des "purs laines". En d'autres termes, c'est le racisme des Québécois qui a fait d'eux des assassins.

Sur quelles preuves se basait-elle pour l'affirmer? Aucune. Les tueurs eux-mêmes l'ont-ils exprimé oralement ou par écrit avant ou après leur crime? Pas du tout. Mme Wong n'a jamais eu la moindre preuve pour étayer sa thèse. Elle n'avait que ses propres préjugés négatifs à l'endroit du Québec, c'est tout. Voilà pourquoi les propos de Mme Wong sont inacceptables. Ils sont non seulement mensongers, mais également biaisés et n'ont pour objectif que de dénigrer le Québec.

Deuxièmement, Martin Patriquin n'est pas une pauvre victime non plus. Son article était une vomissure de mépris qui laissait entendre que la corruption est inscrite dans l'ADN des Québécois. Vous pouvez cliquer ici pour lire ma réaction à cet article pitoyable.

Bref, dans les deux cas (les trois si on compte l'article de Potter), on est face à des soi-disant "journalistes" qui profitent d'un événement de l'actualité (un attentat, une scandale de corruption et une tempête de neige) pour dégobiller des articles dans lesquels ils dépeignent la société québécoise comme un endroit tout simplement monstrueux, raciste, corrompu et aliéné.

Et dans les trois cas, on a des médias canadiens anglais qui acceptent sans hésiter de publier de tels articles, ce qui serait tout simplement impensable s'il s'agissait ne n'importe quelle autre communauté. Au Canada, la haine du Québec est la dernière qui soit encore socialement acceptable.

Et si les Québécois ont le malheur de protester, s'ils OSENT s'indigner face à des propos aussi diffamatoires et méprisants, alors on affirme que ce sont eux qui se comportent comme des petites fleurs ultra-sensibles incapables d'accepter la moindre critique!

Hallucinant.

Imaginez si, suite à la publication d'un article raciste à l'égard des Noirs, le National Post publiait un article qui blâmait les Noirs offensés d'êtres trop sensibles!

Imaginez si, suite à la publication d'un article diffamatoire à l'égard des Juifs, le National Post publiait un article qui blâmait les Juifs offensés d'être des petites fleurs délicates et incapables d'accepter la critique!

Complètement impensable.

Ah! Mais s'il est question du Québec, alors là, c'est parfaitement normal.

There was predictable outrage in the nationalist tabloid Journal de Montréal (“Encore du Quebec bashing!”), and from the Premier and opposition leaders at the National Assembly. 

Selon ce cher Chris, le Journal de Montréal est un "tabloïd nationaliste"... l'équivalent francophone du National Enquirer. Et c'est à cause du JdM et de l'Assemblée nationale que l'article de Potter a fait scandale. Les frogs nationalistes sont, selon lui, tellement prévisibles!

Il est également intéresant de noter que ce que les anglos qualifient de "nationalisme" serait appelé du "patriotisme" s'il s'agissait de défendre les intérêts du Canada. Mais voilà, l'appartenance au Québec ne peut pas être du patriotisme, il faut y voir quelque chose d'inquiétant, de sombre et de tribal.

Mépris, mépris, mépris.

(...) Potter will retain his professorship in the Faculty of Arts, as opposed to his administrative role at MISC, and if the McGill administration wanted to compound its disgrace it could attempt to cast that as a defence of academic freedom. It would be better off hiding under the bed. And outraged Quebecers would do well to take a look in the mirror.

Oui, oui, vous avez bien lu.

Vomir son mépris pour le Québec dans un article diffamatoire et sans offrir la moindre preuve solide pour étayer ses dires n'est pas un geste détestable, condamnable et profondément contraire à tous les principes du journalisme et de la recherche scientifique. Non! C'est un geste de academic freedom, de "liberté académique"!

Essayez de faire publier un article anti-canadien dans le National Post sous prétexte qu'il s'agit d'un simple exercice de liberté académique pour voir. Vous croyez que vous serez publié? Ha!

(...) Quebec is Canada’s most sensitive province (as Maclean’s might put it). Academic freedom ain’t what it used to be. That much, we knew. But this is a whole new disturbing mashup of the two. Under its next director, the McGill Institute for the Study of Canada might usefully inquire into what just happened here — though it might not survive the publication of its findings.

Vous savez pourquoi le Québec est sensible à ce typre d'opération diffamatoire?

Parce que ça fait plus de deux siècles que ça dure.

Aucune autre province n'a été la cible d'un tel mépris.

Trevor Hanna l'explique magnifiquement bien dans cet article.

Vous devriez aller le lire. Un anglophone qui dit du bien de nous et qui se montre empathique et compréhensif à notre égard, c'est plutôt rare!



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