31 mars 2017

Sam Harris annihile le christianisme





6 commentaires:

Alex a dit…

Ses arguments semblent bons en surface, mais il lui manque un contexte important, celui de la relation entre l'être humain et Dieu.

Prenons, par exemple, la relation entre un programmeur et un monde virtuel qu'il construit à l'intérieur de son ordinateur. L'ordinateur n'a aucune morale, aucun sens de ce qui est bien ou non, c'est un objet inerte.
Puis le programmeur se met à coder, il code tout le monde naturel et toutes les créatures etc.
Tout fonctionne exactement comme il le veut et il aime voir se monde, il est fier de son oeuvre.
Éventuellement il en vient à coder une bibitte bien particulière, différente des autres, il met toute sa concentration et sa capacité pour venir à bout de coder une créature qui peut apprendre par elle-même, évoluer dans ce monde virtuel mais aussi interagir avec lui et ce de façon volontaire. Il décide de ce qui est bien et mal dans ce monde issu de son imagination et fait part de ses règles à cet être qu'il vient de coder, il met dans le code source de cet être un code moral qui lui convient selon ce qu'il trouve bien et mal, il insert donc le concept de moralité dans un monde virtuel qui n'en possède pas naturellement.
Puis, après un certain temps, cet être indépendant se rebelle contre lui, l'envoi promener et décide d'aller à l'encontre du code moral qu'il lui a donné tout en clamant que si son programmeur existait vraiment il ferait tout ce qu'il lui plait à lui et devrait être en accord avec sa rébellion.

Quel est donc la responsabilité du programmeur envers sa création?
Si il décide de tout effacer et recommencer en quoi est-ce que ce serait mal?
etc.

La relation entre l'être humain et Dieu est semblable à cette analogie imparfaite mais beaucoup plus complexe (évidemment).

Il dit, essentiellement "Je ne peut pas croire en l'existence d'un Dieu qui ne serait pas complètement d'accord avec moi. Et si un tel Dieu existe je ne veut rien savoir de lui puisque je juge qu'il doit être un monstre puisque je ne peux pas comprendre ce qu'il fait".
C'est, en fait, d'être son propre dieu et de n'accepter sur soi-même aucune autorité.

Prof Solitaire a dit…

Intéressante analogie.

Sauf qu'elle ne s'applique pas puisque, dans la réalité, il n'y a pas de programmeur. Ou du moins, rien n'indique qu'il existe, tout peut très bien s'expliquer sans lui. Et surtout, le portrait qu'en tracent les religions est incompatible avec la réalité du monde qui nous entoure.

Dawkins déconstruit une analogie semblable qu'il appelle celle du "blind watchmaker".

L'introduction du concept de dieu dans une conversation ou un débat est une fausse piste et ne mène nulle part. Il est insensé de se soumettre à la soi-disant autorité d'un improbable être suprême dont on ignore tout. C'est une perte de temps. L'humanité a perdu énergie et temps pendant des millénaires avec ça, il est temps de passer à autre chose.

Alex a dit…

Des grands penseurs scientifiques du passé ont utilisés leur foi en Dieu pour nourrir leur créativité et leur pensée scientifique, se disant quelque chose du genre "Dieu existe et est infiniment brillant et minutieux, voyons voir comment Il a fait ça/comment ceci fonctionne..."
Tandis que des grands penseurs scientifiques de notre époque se sont dit l'équivalent de "Puisque je ne crois pas que Dieu existe, comment expliquer tout ceci sans lui?"

Dans les deux cas des têtes brillantes se sont penchés sur les mystères de la nature, par contre une chose demeure inexplicable pour ceux qui ne croient pas dans un créateur quelconque: L'origine de la matière/énergie, des lois de la physique etc. C'est le point, hautement théorique, de départ auquel même les plus grand cerveaux doivent finir par dire "ben on ne saura jamais, c'est impossible à savoir pour l'instant"

Pour ce qui est du portrait de Dieu qu'en trace les religions étant incompatible avec le monde moderne ce ne pourrait être plus faux quand on considère le réel Christianisme tel que présenté par la Bible.

Le Christianisme Biblique n'est pas politique, au contraire il se concentre sur l'aspect moral et spirituel de l'individu et de la communauté de croyants mais jamais de la communauté non-croyante. De ce fait, le pire châtiment de l'église et d'être traité comme un non-croyant, c'est-à-dire de les aimer, leur partager la parole et les inciter par amour et charité à se joindre à nous. JAMAIS par la violence, c'est explicitement proscrit à maintes reprises.

Le problème est qu'au cours de l'histoire les gens on tenté d'en faire un système politique, ce qui cause des déviations majeures à la doctrine puisque le Christianisme a été conçu pour fonctionner à l'intérieur d'un système politique.

Notre époque est une époque de désespoir total; la moralité défaillante humaniste n'offre que cette vie pour s'épanouir avec aucun espoir futur, aucun espoir de justice. La société fait la promotion de la mort de tous les côtés, la vie n'a pratiquement aucune valeur. L'avortement libre et non-balisée indique dès la petite enfance à quel point la vie est sans valeur propre. Puis, récemment, l'aide à mourir vient indiquer que la vie n'a plus de valeur après un certain moment quand la mort devient prévisible. Encore plus récemment, le gouvernement veut l'élargir encore plus.
Les gens ne vivent plus pour quelque chose, pus ça va et plus les gens réalisent que la vie n'a aucun sens, aucune direction.

Socialement, mettant de côté pour l'instant le débat sur la véracité ou non, le Christianisme offre un sens, une direction précise à la vie, donne de l'espoir et, très important, quand il est pris à la lettre et à l’extrême, mènera les gens à être bons, pacifiques, généreux et charitables.

Juste sur se point il me semble qu'étant donné l'état du monde dans lequel nous vivons le Christianisme est plus d'actualité que jamais.

Prof Solitaire a dit…

Je ne saurais être plus en désaccord... mais je manque de temps pour te répondre correctement, je le ferai lorsque le temps me le permettra. Peut-être même y consacrerai-je un billet. À plus.

Alex a dit…

Merci de prendre le temps de lire et de répondre, cela démontre que deux personnes peuvent encore être en profond désaccord mais discourir poliment. À la prochaine.

Prof Solitaire a dit…

Si je ne voulais pas confronter mes idées à celles des autres, je tiendrais un journal intime, pas un blogue! ;-)

Merci de ta patience...