14 mars 2017

Walter Sickert était-il Jack l'éventreur?

Pour la seconde fois, Patricia Cornwell affirme avoir démasqué Jack the Ripper. Et pour la seconde fois, à mon avis, elle échoue.


Extraits de la nouvelle:

After an investigation that has cost her millions, author Patricia Cornwell believes she has settled the Jack the Ripper mystery once and for all. And she is certain the finger of blame points squarely at Walter Sickert, a renowned British Impressionist painter.

Ce n'est pas la première fois que Mme Cornwell l'affirme. En effet, elle a publié un livre en 2002 qui disait précisément la même chose. J'en ai lu des bouts et il tient davantage de la fiction que de la science. Si vous souhaitez en lire une critique exhaustive, cliquez ici.

Patricia, 60, says: “You can’t raise the Titanic for free. I spent about $7million [£5.7million] overall in my investigation, including employing some of the best and brightest experts in the world. “A lot of people couldn’t have done what I have because they wouldn’t have the money. I am trying to do the right thing. If someone proves me wrong, bring it.”

La thèse de Mme Cornwell a déjà été anéantie. On dirait qu'elle n'a pas lu ses critiques. Dommage.

(...) “I am a relentless person. Most people who know me will unfortunately say that. I wear people out pretty quickly. But I was determined to prove my case and I believe I’ve done it.”

Il est précisément là le problème.

Au lieu de se baser sur les preuves et de les laisser la guider vers la résolution, Mme Cornwell fait le contraire. Elle échafaude une théorie et, après, elle choisit les éléments de preuve qui l'appuient. Elle ne cherche pas la vérité, elle cherche à prouver qu'elle a raison.

And she says the proof is in her new book Ripper : The Secret Life of Walter Sickert.

Et elle veut nous vendre un autre livre... quelle surprise!

Sickert was born in Germany, but settled in England with his family at the age of six. He married three times and died in Bath in 1942, at the age of 81.

D'où ma première objection.

Lorsqu'on étudie les meurtres de Jack, on est immédiatement frappé par l'abominable escalade de violence. À chaque fois, les sévices infligés aux victimes sont pires que la fois précédente (à l'exception d'Elizabeth Stride dans quel cas on soupçonne que l'assassin a été interrompu). La dernière victime, Mary Jane Kelly, a été complètement charcutée avec une violence tout simplement inouïe.

Et Mme Cornwell voudrait nous faire croire qu'après un tel carnage, Sickert aurait tout simplement continué à mener une vie normale pendant 54 ans? Ben voyons...

Selon John Douglas, ancien spécialiste du profilage pour le FBI qui a interviewé, étudié et traqué de nombreux tueurs en série, l'assassin n'aurait pas pu être fonctionnel en société après un tel acte. Selon Douglas, il aurait été réduit à l'état de fou délirant, complètement incapable de la moindre apparence de normalité.

De plus, Douglas affirme que Jack n'aurait pas été capable de s'arrêter de tuer par lui-même, mais que des circonstances externes ont dû mettre fin à son règne de terreur, comme sa mort ou son internement dans un asile psychiatrique.

Or, ce n'est pas le cas de Sickert.

Patricia believes the artist, who once painted Winston Churchill’s portrait, is the only credible suspect for the murders of Mary Ann Nichols, Annie Chapman, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes, and Mary Jane Kelly – and maybe up to 15 more victims – in the late 1880s.

Le seul suspect crédible? Ha! Même pas proche!

De plus, on peut soupçonner que certains meurtres commis avant celui de Nichols l'aient été par Jack, mais fort probablement pas après Kelly. Cela fait peut-être un ou deux meurtres de plus... pas quinze!

Mme Cornwell est clairement portée sur l'exagération.

Sickert’s painting Putana a Casa shows a prostitute with bizarre black brush strokes on her face, which are eerily similar to the savage cuts on the postmortem picture of Catherine Eddowes’ face.

Mme Cornwell a déjà présenté les tableaux de Sickert comme des "preuves" en 2002. Or, ceux-ci ne sont pas plus convaincants qu'il y a 15 ans.

Voyez par vous-mêmes. Voici le fameux tableau Putana a Casa, peint en 1903 ou 1904:


Mme Cornwell affirme qu'il y a un "étrange coup de pinceau" dans le visage de la femme du tableau et que ce dernier évoque les coupures infligées au visage de Catherine Eddowes en 1888.

Il y a plusieurs problèmes avec cette affirmation.

1- Le coup de pinceau n'est pas "bizarre". Le personnage de la toile est plongé dans l'ombre, voilà tout. L'interprétation de Cornwell n'est pas une évidence, loin de là.

2- Eddowes a été assassinée en pleine nuit dans un coin sombre de Mitre Square. C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus ahurissants de ce meurtre: comment le tueur a-t-il pu retirer certains des organes de l'abdomen de la victime dans la noirceur totale? Un chose est certaine, si Sickert avait tué Eddowes, il aurait travaillé à l'aveuglette et n'aurait eu aucune idée de l'apparence de son visage.

3- Il semblerait que la femme qui a servi de modèle pour ce tableau est une prostituée vénitienne surnommée La Giuseppina. Sickert l'a peinte à maintes reprises. Toute ressemblance avec Eddowes est donc probablement fortuite.

4- Cornwell affirme que le tableau rappelle les photos de l'autopsie d'Eddowes. Or, les photos avaient effectivement été reproduites dans un ouvrage français publié en 1899. Il est donc tout à fait possible que Sickert, amateur avoué des histoires de meurtres insolubles et tout particulièrement de ceux de Jack l'éventreur, ait vu ces photos et peut-être même qu'il s'en soit inspiré pour certains de ses tableaux, mais cela ne signifie nullement qu'il est l'auteur des meurtres. N'importe qui aurait pu faire la même chose.

Sickert’s 1906 painting Le Journal shows a woman wearing a tight necklace, with her heard thrown back and mouth open. It is strikingly similar to the photo of Eddowes with her neck cut open. 

Voici le tableau en question:


Cornwell affirme que ce tableau rappelle une des photos de l'autopsie d'Eddowes. Je ne la reproduirai pas ici pour épargner les sensibilités de certains lecteurs, mais vous pouvez la voir en cliquant ici.

Y a-t-il une ressemblance? Peut-être, mais on peut facilement argumenter que n'importe quelle modèle serait similaire à une autre sous cet angle.

Le collier est au même endroit que la blessure au cou d'Eddowes? Ouais, et alors? Lorsque le modèle s'est étendu sur le dos, ce qui est clairement le cas ici, le collier de perles a tout naturellement glissé dans cette position, gravité oblige.

Et même si on pouvait démontrer hors de tout doute que le modèle utilisé par Sickert pour ce tableau est la photo d'autopsie d'Eddowes, cela ne prouverait toujours pas qu'il est l'assassin puisque les photos avaient déjà été rendues publiques.

And Sickert’s Nuit d’été – or summer night – evokes Mary Kelly’s death bed scene.

Voici le tableau en question:


Il y a effectivement quelques similitudes entre ce tableau et la scène du meurtre de Kelly, mais il y a également d'importantes différences.

Notons tout d'abord que Sickert a peint de nombreux tableaux de femmes nues étendues dans un lit. Celui-ci est bien loin d'être unique.

Lorsqu'on y regarde de plus près, on s'aperçoit rapidement que les ressemblances sont superficielles. La position de la femme n'est pas du tout celle du cadavre de Kelly, ni pour les jambes, ni pour les bras. De plus, Kelly n'était pas nue lorsqu'elle a été assassinée. Elle portait une chemise de nuit.

Encore une fois, toute ressemblance est fortuite et ne prouve rien du tout.

Je trouve également étrange que Cornwell parle de ce tableau-ci alors qu'il y en a un autre qui ressemble beaucoup plus à la scène de crime. Il s'intitule What Shall We Do for the Rent? et vous pouvez le voir en cliquant ici. Je ne suis pas en train de dire que c'est une preuve de la culpabilité de Sickert, je dis seulement que si j'étais Cornwell, c'est de ce tableau-là que je parlerais.

Patricia says: “You can never convict anyone of a crime based on a painting. But Sickert’s paintings are chilling in their resemblance to the photos of the victims.”

Les ressemblances sont-elles renversantes au point de donner des frissons?

Je ne vois pas comment. Mme Cornwell a l'imagination très fertile.

Et, comme je l'ai déjà dit, même si les tableaux ressemblaient effectivement aux photos, cela ne signifierait pas que Sickert est l'assassin, mais simplement qu'il a vu les photos. C'est tout.

She says a Sickert painting is even hanging in Scotland Yard. It depicts a frightened-looking woman with a “weird” band around her neck. Patricia says: “It is Impressionism – or something else more sinister. 

Je ne sais pas de quel tableau elle parle ici, alors je ne peux pas vous le montrer. Toutefois, comme on l'a vu avec les tableaux précédents, les interprétations de Mme Cornwell tiennent davantage de ses propres lubies que de la réalité.

Both Sickert and the Ripper’s letters had strange doodles and characters among the text. On a postcard mailed to James Fraser, the commissioner of the City of London police, the Ripper drew a cartoon head with a cut-throat. It was just after the murder of Annie Chapman, who had her throat and abdomen slit. Patricia says: “The cartoon face resembles a Sickert doodle on a letter he wrote in 1893 to the artist William Rothenstein.”

Vraiment?

Voici les gribouillis présents sur une des lettres signées par Jack the Ripper:


Et voici les petits dessins de Sickert:


Vous y voyez une ressemblance évidente?

Moi non plus.

De plus, il est important de mentionner que la plupart des gens qui se sont intéressés à l'affaire de Jack l'éventreur s'entendent sur un point: la vaste majorité des lettres contemporaines envoyées à la police et signées "Jack the Ripper" sont des fausses. Des canulars écrits par des quidams en manque d'attention.

Alors même si on pouvait établir un lien entre l'une de ces lettres et Sickert, cela signifierait qu'il est un des idiots qui ont inondé la police de fausses lettres, rien de plus.

La seule lettre qui pourrait avoir véritablement été écrite par le tueur, la fameuse lettre avec l'en-tête "From Hell", ne comportait aucun dessin.

Patricia believes Sickert is still being protected by shadowy figures even today.

Euh...

Hum...

Ça va la tête, Mme Cornwell?

C'est du délire, là...

She says: “I have people who will not allow me to quote from archival sources because their ancestor said something that was incriminating about him.”

Qui?

Et depuis quand avez-vous besoin de la permission des descendants d'une personne pour la citer?

She also recalls an episode which she believes suggests she was being monitored.

Évidemment... racontez-nous ça, Mme Cornwell.

“I flew to London after Cornwall and immigration officers said we entered the country illegally as we never cleared Customs in Cornwall. “I said we did as there was a man in military uniform who looked at our passports. They didn’t have anyone that fitting that description.”

Et, si cela s'est effectivement produit, la seule explication possible est qu'un groupe de personnes anonymes l'espionne pour l'empêcher de démasquer un type qui est mort depuis 1942?

C'est de la paranoïa...

During her probe, Patricia flew to Cornwall to stay at the Lizard guesthouse, now the Top House Inn. Sickert had links to the area and the hotel was frequented in the Ripper era by artists, writers and even MPs. The author believes a guestbook from the 1880s was vandalised by someone whose drawing style was similar to Sickert’s sketches and the Ripper’s letters.

Le livre a été "vandalisé" par quelqu'un qui a fait des dessins semblables à ceux de Sickert?

Les dessins ne sont pas reproduits dans l'article, mais s'il sont aussi "semblables" que les petits dessins dont il est question plus haut, alors laissez-moi rire!

Doodles are eerily similar in both the guestbook and the Ripper letters. One part of the guestbook is even signed Jack the Ripper, Whitechapel.

Et alors? N'importe quel zigoto aurait pu écrire ça!

Si je signe "Elvis Presley" dans un livre d'or lors de mes prochaines vacances, est-ce que cela constituera une preuve valide que le King est toujours vivant et qu'il vit incognito au Québec?

Patricia says: “I stayed up until 3am with the wind howling around me reading the guestbook.

Quelle description théâtrale...

Comme je le disais au début, ceci tient davantage de la fiction que de la réalité.

“I couldn’t believe it. I saw this guy’s hands all over this book. I gave the guesthouse owner £10,000 for the book. I thought she was going to have a heart attack. "Then when it turned out to be so good, I gave her another £10,000. It was an amazing find. It’s now in the New York public library.”

Elle a vu des traces de ses mains partout sur le livre?

Quelle imagination!

An operation for a penis fistula may have left Sickert psychologically scarred. Patricia says: “Charles Dickens had one and said it was the most painful ever. You can imagine a little boy with no anaesthesia.” She says it could have caused “sexual dysfunction”, and adds: “The question is what this did to him psychologically.”

OK, je ne sais absolument pas de quoi elle parle, alors voyons voir...

Après vérification, elle parle de l'hypospadias, une malformation du pénis. En effet, chez les gens qui en sont atteints, l'ouverture de l'urètre ne se situe pas au bout du pénis, mais plus bas, le long de la verge.

Cornwell a-t-elle des preuves irréfutables que Sickert en était atteint et qu'il a subi une intervention chirurgicale pour le corriger?

Et même si c'est bien le cas, alors en quoi cela signifie qu'il en aurait été irrémédiablement traumatisé? Plusieurs personnes subissaient des interventions chirurgicales à froid à cette époque et ils ne devenaient pas des tueurs en série pour autant.

Patricia’s analysis matched paper used by Sickert to some of the letters the Ripper sent to the police. Three Sickert letters and two Ripper ones came from a paper run of just 24 sheets.

(...) A Ripper letter postmarked October 31, 1888, had the same watermark – Gurney Ivory Laid – as several Sickert letters.

Mme Cornwell affirme que le même filigrane est visible sur deux lettres envoyées à la police par Jack ainsi que sur trois lettres écrites par Sickert.

Deux photos accompagnent l'article. Voici la première qui serait en possession des archives de Londres (je suppose qu'il s'agit d'une des lettres signées Jack the Ripper):


Et voici la deuxième, clairement signée "Jack the Ripper", qui provient de la collection de l'auteure:


Le filigrane est effectivement le même.

Mais comme je l'ai déjà dit, la vaste majorité des gens qui s'intéressent à cette affaire sont catégoriques: ces lettres sont des canulars. Alors, au mieux, Mme Cornwell démontre que Sickert est l'un des nombreux auteurs de ces fausses lettres. Rien de plus.

Patricia backs up the claims of the late picture-framer Joseph Gorman, who insisted he was Sickert’s illegitimate son and said the artist had confessed gory details about the Ripper to him. While Gorman was dismissed as a fantasist, Patricia says she has evidence he inherited Sickert’s publishing royalties following the artist’s death in 1942.

Intéressant... et quelle est cette preuve?

She found evidence in Joseph’s papers of a £154.88 payment made to him by a publisher for a collection of Sickert’s writings.

J'ignore comment Gorman s'est retrouvé en possession des écrits de Sickert. Peut-être était-il le fils illégitime de l'artiste, peut-être pas. Mais même si c'était le cas, cela ne prouve rien.

Gorman a fort probablement menti à propos de la soi-disant confession de Sickert.

Lorsqu'on regarde l'histoire de Gorman (cliquez ici), on voit bien qu'on a affaire à une fable sans queue ni tête. Des membres de la famille royale, des francs-maçons, une tentative de chantage, des meurtres pour faire taire des témoins gênants... n'importe quoi...

Les meurtres de Jack the Ripper sont des "lust murders", c'est-à-dire des meurtres sexuels. La définition de ce type de crime s'applique parfaitement au cas de Jack l'éventreur: "Le meurtre sexuel est synonyme du terme paraphilique érotophonophilie qui est, par définition, l'excitation sexuelle ou la gratification provoquée par la mort d'un être humain. Communément, ce type de crime se manifeste par un meurtre durant un rapport sexuel ou une mutilation des organes génitaux ou des zones du corps de la victime. La mutilation de la victime peut inclure éventration ou déplacement de l'appareil reproducteur."

Ces crimes ont été perpétrés par un individu profondément malade et troublé. Un dangereux maniaque obsédé par des fantaisies malsaines et animé par des pulsions monstrueuses qui le poussaient périodiquement à se jeter sur des victimes innocentes pour les massacrer. Jack ne connaissait pas les femmes qu'il a tuées, ce sont des meurtres d'opportunité.

Il n'y a pas de préméditation là-dedans, pas de complot et pas de témoins qu'on souhaite faire taire. D'ailleurs, si on avait voulu clouer le bec de ces femmes, les autorités auraient pu le faire beaucoup plus discrètement, sans que personne n'en fasse grand cas, ce qui aurait été beaucoup plus logique.

Bref, Gorman disait n'importe quoi.

After Sickert was raised as a suspect, the art world rallied round to claim he had an alibi as he was in France around the time of the murders. But Patricia found dated sketches that placed him in London music halls at the time of at least three of the killings. She says: “His music hall sketches are dated August, September, November. Mary Kelly, Elizabeth Stride, Catherine Eddowes... he was in a 24-hour striking zone of them. “He certainly wasn’t in France. It’s flat out not true.”

Bon, ok, supposons qu'il n'était pas en France... so what?

Franchement, je trouve ce type d'exercice malheureux.

Il y a des gens sérieux qui font des recherches à propos de cette série de crimes. Leurs travaux sont très intéressants et jettent une lumière fascinante sur une époque révolue et sur ces crimes monstrueux.

Mme Cornwell n'est manifestement pas de ceux-là...



8 commentaires:

Guillaume a dit…

Mes deux cents (deux pences?): 1)Pourquoi Jack l'éventreur serait-il une célébrité ou une semi-célébrité? Bon Sickert n'était pas une tête couronnée mais il a fait un portrait de Churchill. 2)Qu'ont donc certains auteurs de romans policiers à se croire de bons enquêteurs? Même le grand Arthur Conan Doyle s'est commis à ce genre de spéculations absurdes. Sans compter qu'il s'est fait avoir sur ce canular de fées gros comme le bras. Et en guise de PS: pourquoi on croit que les meurtres de Jack ont été couverts par une conspiration?

Prof Solitaire a dit…

1) À mon humble avis, parce que l'être humain préfère les explications extraordinaires à celles qui ne le sont pas. Une conspiration autour d'une célébrité est plus excitante qu'un pauvre paumé maniaque et déviant qui erre dans les rues et qui échappe à la police davantage par chance que par génie...

2) Canular de fées? M'smble que ma femme m'a déjà parlé de ça... as-tu un lien afin que m'éduque?

PS) Voir 1 ;-)

Hénèm a dit…

Que penses-tu de Charles Allen Lechmere? Je ne suis pas tant un connaisseur que toi, en avais-tu déjà parlé? Il a été vu sur la scène du 2e crime, il a menti à la police, il a utilisé le nom de famille de son beau-père, il connaissait les lieux des meurtres et comme boucher ambulant il était constamment couvert de sang sans attirer l'attention. L'émission que j'ai vu sur cette théorie m'apparaissait crédible, qu'en penses-tu? :)

Prof Solitaire a dit…

Théorie intéressante...

Il faut bien admettre que son comportement est effectivement très incriminant. Toutefois, les "preuves" mises de l'avant pour expliquer sa présence sur les autres scènes de meurtre sont des plus circonstancielles. Et on peut avoir de multiples raisons de mentir à la police.

Mais, ce qui me fait douter plus que tout, c'est le fait que Lechmere ait vécu longtemps et même prospéré après le meurtre de Mary Kelly, ce qui me semble pour le moins improbable. On ne charcute pas des gens de la sorte pour ensuite vivre une vie normale et prospère...

Guillaume a dit…

Pour le canular des fées le voilà: https://en.m.wikipedia.org/wiki/Cottingley_Fairies

Sans Conan Doyle ça serait plus ou moins passé inaperçu. Je crois en fait que sa crédulité ait même impressionné les deux filles qui ont cru leur propre mensonge. C'était le père du grand Sherlock Holmes après tout. Le vrai père du roman policier à mon avis. Et aussi admirable comme écrivain était-il c'était aussi un imbuvable superstitieux. Il a pondu une théorie fumeuse sur Jack l'éventreur aussi: Jack se déguisant en femme pour être proche de ses victimes.

Prof Solitaire a dit…

Cool, merci Guillaume, je vais y jeter un coup d'oeil.

J'avais entendu parler de la théorie de "Jill l'éventreuse" mais je ne savais pas qu'elle avait été créée par Doyle... et je n'y ai jamais vraiment cru. En effet, il est parfaitement inutile de se déguiser en femme pour attirer des prostituées destituées et désespérées dans un coin sombre...

Guillaume a dit…

Jill l'éventreuse c'est Jack qui était en fait une femme. Guère plus crédible, mais pas aussi tirée par les cheveux qu'un tueur travelo à Whitechapel à l'époque victorienne. Pas certain que ça aurait été aussi discret que Doyle le prétende.

Prof Solitaire a dit…

Ah, ben y'a deux théories de Jill dans ce cas. Dans celle que j'avais lue, c'était bel et bien une femme...