31 mai 2017

BFF: Patrick et Melania

Récemment, quelqu'un me demandait pourquoi je n'écrivais plus à propos de Trump et s'il s'agissait d'auto-censure.

Ben non, dis-je. J'en ai juste marre de ce shit show. D'un côté, on a Trump qui multiplie les conneries insipides et de l'autre, on a des médias qui le haïssent tellement et si viscéralement que leur crédibilité est sérieusement entachée.

T'sais, je parle de ce type de couverture médiatique:


Non, ce n'est pas une farce. Ils ont vraiment fait un reportage là-dessus. Comme si Trump ne faisait pas assez de conneries sérieuses et importantes pour les occuper 24 heures par jour et 7 jours par semaine...

Un autre bel exemple de ce type de couverture merdique est cette récente chronique de Patrick Lagacé dans laquelle il prétend lire dans les pensées de Melania Trump.

Je ne vous niaise pas.

Il a écrit une chronique complète comme s'il était la première dame des États-Unis.

On frôle peut-être le trouble psychiatrique.

En voici quelques insupportables extraits:

Désolée, mais ça ne faisait pas partie du deal. Le deal ? Celui que j’ai scellé en épousant Donald. L’entente était pourtant simple.

Moi, la belle. Moi, la sculpturale Slave qui fait tourner toutes les têtes dans les salons mondains et les bals de charité et qui fait bander d’envie tous ses amis dégoûtants.

Lui, la bête. Lui, la bibitte vulgaire mais ultra-riche qui m’assure une vie douillette et dorée à New York. Champagne, hélicoptères, American Express Platine et domestiques qui se précipitent à mes pieds quand je sonne la clochette en or massif dans notre penthouse qui surplombe la ville qui ne dort jamais.

Tiens donc... M. Lagacé assigne toutes les vertus à la femme et tous les vices à l'homme. M'semble que j'ai déjà vu ça quelque part. M. Lagacé doit être un féministe.

Vérification faite, ma théorie se confirme:

LES FÉMINISSS EXTRÉMISSS
Un mot sur tous ceux qui sont venus à la défense de Mme Thériault en prêtant à son propos une épaisseur qu’elle n’avait pas, à tous ceux qui sont venus dire je-ne-me-reconnais-pas-dans-le-féminisme-d’aujourd’hui, en évoquant les torts de telle féministe, de telle organisation…

(...) je comprends que le Québec est une société progressiste où les femmes ont fait des gains de géante depuis quelques décennies, mais il y a encore du chemin à faire.

J’expliquais aux hommes que s’ils veulent saisir l’ampleur du problème des agressions non dénoncées, ils n’ont qu’à demander à leurs blondes, à leurs mères, à leurs sœurs, à leurs amies : rares sont les femmes qui n’ont jamais subi, par exemple, de gestes sexuels non sollicités. C’est une réalité qui échappe aux hommes (...)

J’ai été élevé par une mère féministe. On parle beaucoup de consentement aujourd’hui – la notion n’existait pas quand j’étais jeune – et ma mère me l’a entrée dans la tête avec un marteau-piqueur.

Hahaha! La notion de consentement n'existait pas! Quel connerie!

J'ai très exactement le même âge que Lagacé et je peux vous affirmer de source très sûre qu'il dit n'importe quoi.

Idéalisation de la femme, diabolisation de l'homme, déni de la réalité... on a clairement affaire à un féministe.

Mais retournons à l'analyse de son vil torchon:

Seul Donald est vulgaire, pas elle. Seul Donald a des amis dégoûtants, pas elle. Seul Donald est superficiel, pas elle. Seul Donald est snob, pas elle.

Les femmes ne peuvent avoir que des qualités, tout le monde sait ça.

Et sur quoi se base ti-Pat pour affirmer ça? Connaît-il Melania Trump personnellement? Lui a-t-il déjà parlé? A-t-il mis la main sur son journal intime? A-t-il enquêté auprès de ses amis et de sa famille?

Non? Ah? Alors il sort ça directement de son propre rectum? Et on appelle ça du journalisme de nos jours? Hum... triste époque...

Bref, je vous parle du deal typique et implicite qui unit toutes les top-modèles du monde qui choisissent d’épouser un milliardaire bedonnant qui a l’âge de leur père.

Et dis-moi, mon ti-Pat, pourquoi c'est seulement le milliardaire bedonnant qui mérite ton mépris? Pourquoi ce n'est pas le plantureux mannequin?

En quoi son choix à lui est-il plus répréhensible que son choix à elle?

Parce qu'il est riche, il a une armée de poupounes superficielles avides de luxe et de notoriété qui se jettent à son cou et il décide d'en marier une. Ce faisant, il prend un risque colossal car si elle demande le divorce, cela va lui coûter une véritable fortune. Malgré ce risque, il l'aime suffisamment pour l'épouser.

Mais elle, qu'a-t-elle à perdre? À part la possibilité de baiser quelqu'un de plus jeune et de plus beau? Elle n'a rien à perdre et tout à gagner. Sans travailler et sans effort, elle devient automatiquement milliardaire. Tout ce qu'elle a à faire, c'est écarter les cuisses de temps en temps. Elle était majeure quand elle a fait ce choix et ce n'est pas un mariage forcé. Elle a décidé que ça en valait le coup.

Alors, je le répète mon ti-Pat, en quoi son choix à lui est-il si répugnant à tes yeux et son choix à elle si admirable? Explique-moi ça mon coco...

Et s'ils se méritaient ces deux zigotos-là? Ça ne t'est jamais passé par la tête?

Mais personne ne m’avait jamais parlé d’aller vivre à Washington ! Washington est le Hollywood des gens laids, comme l’a dit Roger Stone, le sinistre stratège de mon mari, dans le documentaire qui lui est consacré (1). L’avez-vous vu, ce documentaire ? Vous devriez.

Je me fous de la politique. Ça ne m’intéresse pas, ça ne m’a jamais intéressée.

Mais Donald a insisté : « Je vais me présenter à la présidence, babe, on verra ce qui va arriver. It’ll be super wooooonderfuuuul ! », m’avait-il assuré…

Moi, je ne voulais rien savoir.

Pauvre princesse! Tout ce qu'elle voulait, c'était bénéficier de la fortune de son mari et vivre dans le luxe le plus décadent sans jamais avoir à lever le petit doigt ou à faire le moindre effort!

Comment ce salopard de Donald OSE-T-IL avoir des aspirations politiques? Comment OSE-T-IL faire un choix de carrière qui déplaît à Madame la marquise? Ah, le salaud!

Je ne voulais rien savoir d’être épiée par les journalistes 24 heures sur 24, sept jours sur sept, de faire des sourires et des saluts comme si j’étais une version plus jeune et plus grande de la reine d’Angleterre.

Ok mon ti-Pat... voyons voir si j'ai bien compris.

Melania est mannequin, mais faire des sourires et des saluts est une ignominie pour elle?

Melania est mannequin et elle a marié l'un des hommes les plus célèbres des États-Unis, mais l'idée d'être prise en photo par des journalistes lui répugne à ce point?

Est-ce que tu sais ce que c'est un mannequin, Pat?

« Donald, si tu te lances en politique, lui ai-je dit, je me casse chez ma mère ! »

Pour m’amadouer, il m’a acheté un tigre en diamants, je n’avais jamais demandé un tigre en diamants, je ne savais même pas qu’une telle chose existait, il a pensé me faire plaisir, j’imagine, j’ai dû faire une tête bizarre parce qu’il a dit que je pourrais toujours le vendre sur Kijiji, un jour.

J’ai rechigné, j’ai bougonné, j’ai même pleuré…

Mais Donald a insisté.

Est-il nécessaire de spécifier que Lagacé délire complètement ici?

On nage en pleine fiction.

Dans quel univers parallèle ceci constitue-t-il du journalisme?

Et essayez d'imaginer un journaliste qui écrirait une raclure pareille à propos de la femme de n'importe quel autre politicien. N'importe lequel. Impensable, pas vrai? Ah! mais quand il est question de Trump, tous les coups sont permis, tous les principes journalistiques sont suspendus et on frappe toujours plus bas.

Ce sont des hit jobs comme celui-ci qui rendent Trump si sympathiques auprès de tant de gens...

Il insiste toujours, Donald. Qui a dit que la bêtise insiste toujours, au fait ? Ah, oui, c’est Camus qui a dit ça. Je le cite au texte (Camus, je le précise) : « La bêtise insiste toujours, on s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi… »

Vous pensez que Camus pensait à mon Donald quand il a écrit La peste ? Ne me répondez pas, c’est une question rhétorique.

Oui, Melania est définitivement le genre de grande intellectuelle francophile qui a lu Camus, évidemment.

Les femmes sont vraiment extraordinaires, j'vous dit. Elles sont parfaites! Des déesses! On ne les mérite pas, nous, misérables mortels mâles répugnants, sales et visqueux.

Alors il s’est lancé en politique, ce con. Évidemment, il fallait que je sois là, à ses côtés. Au début, c’est l’instinct du métier de mannequin qui m’a permis d’avoir l’air de prendre mon pied quand il faisait le pitre dans des hangars d’aéroport à emberlificoter des Américains désœuvrés qui croyaient vraiment qu’un milliardaire new-yorkais né dans la richesse allait les sortir de leur merde socio-économique s’il devenait POTUS…

Encore une fois, Lagacé dit n'importe quoi.

Dans les faits, on sait très peu de choses sur les convictions politiques de Melania. Tout semble indiquer qu'elle n'est qu'une potiche apolitique qui n'a absolument aucun intérêt pour ce genre de trucs trop compliqué pour elle. Elle est davantage passionnée par ses cheveux, ses ongles et sa garde-robe que par les grands enjeux de notre époque.

Les rares fois où elle a parlé de politique, c'était pour endosser son mari sans réserve.

Ah, mais j'oubliais, Patrick Lagacé sait qu'elle fait semblant parce qu'il est capable de lire dans les pensées!

(...) Je tenais donc le coup… Jusqu’à ce que le Washington Post déterre les commentaires de Donald à propos des femmes qu’on peut « agripper par la chatte », j’imagine que vous n’avez pas oublié ça, vous non plus…

Oui, oui, je sais, ce sont des propos indignes qui décrivent une agression sexuelle. J’ai tiqué là-dessus. Mais moi, ce qui m’a un peu, beaucoup, furieusement fait capoter, c’est LA DATE où il s’est vanté d’agripper des femmes par la chatte…

Nous étions DÉJÀ mariés, quand il s’est vanté de faire ça, en 2005, vous saurez.

Ce soir-là, j’ai vidé une bouteille de chardonnay et je lui ai dit que c’était fini-f-i-n-iiiiii, lui et moi.

Ouais, parce qu'elle ne savait pas que le gros tata qu'elle a marié fait ce genre de jokes épaisses. Elle avait besoin du Washington Post pour le lui apprendre!

J'sais pas pour toi mon ti-Pat, mais dans mon cas, ma femme connaît très bien mes jokes plates. Elle les a toutes entendues. À plus d'une reprise.

Et tu sais quoi? Elle ne les rit peut-être pas, mais elle sait que ce sont des jokes. C'est sans doute la même chose pour Melania.

Ah mais j'oubliais, toi ti-Pat, t'es un féministe. Des jokes de cul, tu ne fais jamais ça, toi. C'est pas bien. Quand on fait une joke de cul, on se rend responsable de toutes les injustices dont souffrent les femmes dans l'univers. C'est pire que tuer des chatons, ça, des jokes de cul...

Pardonnez-moi... je ne suis qu'un pauvre pécheur écervelé...

Peut-on larguer un président désigné des États-Unis ? Non. On ne peut pas.

Pourquoi pas?

En quoi cette femme est-elle une prisonnière de cette relation? En quoi son sort est-il si terrible?

Tu veux vraiment que de mon p'tit semi-détaché à essayer de rejoindre les deux bouts avec un salaire de merde de p'tit prof de primaire, je ressente de la pitié pour cette pétasse qui a une armée de domestiques à son service, qui se ballade en limo et en avion privé, qui vit dans le luxe jusqu'aux oreilles et qui voit tous ses caprices et tous ses désirs comblés?

Non mais tu te fiches de ma gueule, là?

Alors je suis là, de Mar-a-Lago à Rome, à ses côtés, je suis là, mais je le déteste. Et il le sait…

La pauvre!

Un instant, je dois essuyer une larme...

Ma haine, je ne peux pas la crier. Ce ne serait pas très protocolaire, pas très first lady-like.

Alors ma haine, je la communique subtilement, mais je la communique au monde entier.

Je ne connais rien à la politique, mais les caméras, doux Jésus, ça je connais, championne du monde…

Mon sourire qui s’évapore dès qu’il ne me regarde plus, comme lors de sa prestation de serment ?

J’avais fait un nano-pas de côté, juste pour être certaine qu’une caméra capterait mon visage. C’est devenu un GIF : je n’en demandais pas tant…

Et à Rome, quand il a tenté de me prendre la main en sortant d’Air Force One et que je l’ai levée pour replacer ma frange, vous pensiez que c’était juste du mauvais synchronisme ?

Voilà d'autres merveilleux exemples des conneries qui sont véhiculées dans les médias.

Tu vois Pat, si à la place de nous parler du nombre de boules de crème glacée que mange Donald ou des simagrées insignifiantes de sa femme, si vous nous offriez plutôt des analyses solides des enjeux actuels et des politiques du président des États-Unis, peut-être qu'on pourrait se faire une opinion par nous-mêmes.

Si vous analysiez intelligemment avec justesse et profondeur les décisions de Trump, sans tomber dans la diabolisation et la caricature, peut-être que cela permettrait à vos lecteurs de bien comprendre les conséquences parfois très graves que celles-ci risquent d'avoir.

Si vous nous offriez un peu de substance, peut-être que les gens pourraient se forger une opinion du bonhomme qui a un tantinet de valeur.

Mais non.

Comme Melania, tu préfères la superficialité. Les apparences. Les frivolités.

Elle est une mannequin, ça n'a rien d'étonnant.

Toi, tu es un journaliste.

Tu devrais avoir honte.



30 mai 2017

«Wonder Woman» pour femmes seulement

Les féministes nous répètent sans cesse qu'elles sont pour l'ÉGALITÉ entre les hommes et les femmes.

Voici une preuve de plus qu'elles mentent:


Vous avez vu le petit sous-titre?

Ça, mes amis, ça s'appelle du mépris.

Wonder Woman, dont la sortie est prévue le 2 juin prochain au Québec, fait déjà beaucoup jaser. Premier film blockbuster d’été réalisé par une femme (Patty Jenkins) à mettre en vedette une superhéroïne, les fans ont déjà remarqué que la promotion autour du film est nettement insuffisante. C’est au tour d’un cinéma d’Austin d’être au centre de la tourmente.

La promotion est nettement insuffisante? Et c'est probablement un complot du patriarcat misogyne, c'est ça?

C'est clairement ce que laisse entendre l'auteure de ce papier. Le film ne bénéficie pas d'une promotion adéquate PARCE QUE la réalisatrice est une femme et PARCE QUE le film met en vedette une super-héroïne.

À chaque fois, sa petite controverse féministe à propos du film de l'heure. Comme je l'ai déjà dit: JAMAIS CONTENTES.

J'ai parfois l'impression que c'est moi qui suis prisonnier d'un mauvais film qui se répète inlassablement...

L’Alamo Drafthouse à Austin a décidé de programmer une soirée de projection de Wonder Woman exclusivement pour femmes et personnes s’identifiant comme femmes, une chose fortement répréhensible selon certains.

Selon certains?

Les féministes ne sont-elles pas pour l'égalité entre les hommes et les femmes?

Ceci n'est-il pas un exemple patent d'inégalité et de discrimination basée sur le sexe?

Croyez-vous que cette journaliste réagirait de la même façon si le cinéma avait décidé de programmer une soirée pour hommes seulement?

Croyez-vous qu'elle ferait preuve du même mépris à l'égard de celles qui s'en indigneraient?

Il faut savoir tout d’abord que les Alamo Drafthouse sont des cinémas bien particuliers. On peut y consommer de la bière et y manger quelques plats. Ils organisent régulièrement des événements spéciaux autour de films spécifiques.

Comprenons-nous bien, je me fiche complètement de cette histoire. Qu'un commerce décide d'organiser une soirée exclusive pour les femmes, pour les Noirs, pour les gays, pour les handicapés ou pour les mormons, je m'en fiche complètement. C'est une entreprise privée et elle peut bien faire toutes les gimmicks qu'elle veut pour attirer de la clientèle, je m'en fous.

Ce qui me fait chier ici, c'est la réaction des féministes. C'est leur mépris.

Ce qui m'écoeure, c'est leur hypocrisie et leur malhonnêteté.

Tu ne peux pas prétendre être en croisade pour l'égalité et, dans un cas comme celui-ci, vomir ton mépris à la gueule de ceux qui dénoncent une inégalité. Ça n'a pas de sens.

Crisse, faites au moins semblant d'être cohérentes!

Bref, ils font pas mal ce qu’ils veulent avec leur programmation. Et c’est dans cet esprit que le personnel du Drafthouse d’Austin a décidé de faire une soirée Wonder Woman 100% féminine le 6 juin prochain. Non seulement l’auditoire sera-t-il de sexe féminin (ou s’identifiant comme femme), mais tout le personnel travaillant à cette projection le sera également.

 Comme je le disais, jolie gimmick.

Alors que les publications Facebook de l'Alamo Drafthouse Austin généraient habituellement 2-3 commentaires et une poignée de «likes», celle-ci a plus 5300 «likes» (ou d’autres réactions), plus de 2000 commentaires et presque 1700 partages!

La gimmick a fonctionné. Tant mieux pour eux.

(...) Alors que toutes les autres projections dans toutes les autres salles de cinéma de la planète seront mixtes, pourquoi une (et maintenant deux, puisque la demande était très forte) soirée exclusivement féminine fait autant rager quelques hommes?

Mais qu'est-ce que c'est que cet argument ridicule?

Toujours deux poids, deux mesures avec nos amies féministes.

La discrimination contre les femmes, c'est monstrueux. Celles qui la dénoncent sont des héroïnes.

La discrimination contre les hommes, c'est drôle. Ceux qui la dénoncent dont des braillards fragiles.

Ou encore des trolls:

La directrice créative de l’Alamo Drafthouse, Morgan Hendrix, en entrevue avec Mashable, a offert une réponse éclairante: «Si offrir une expérience où les femmes sentent qu’elles règnent attise la colère des trolls, ça ne fait que confirmer qu’on est en train de faire les choses correctement.»

Imaginez l'inverse.

Imaginez qu'on organise une soirée pour hommes seulement et que le directeur du cinéma déclarait: "Si offrir une expérience où les hommes sentent qu’ils règnent attise la colère des trolls, ça ne fait que confirmer qu’on est en train de faire les choses correctement."

Imaginez l'hécatombe. Imaginez l'indignation féministe sur toutes les tribunes. Imaginez les émeutes.

Ça ressemblerait à ça:



Ah! Mais lorsque ce sont des hommes qui dénoncent une inégalité, ce sont des cons fragiles qu'il faut mépriser! Évidemment!

Wonder Woman est le premier long métrage pour cette superhéroïne qui existe depuis pourtant 80 ans et qui a inspiré des millions de femmes à être plus badass à chaque jour, alors que Batman compte une bonne vingtaine de films pour lui seul, et Superman, une dizaine. Une soirée juste entre femmes est la moindre des choses.

La seule raison pour laquelle Wonder Woman existe encore, c'est parce que des bédéistes masculins lui ont donné vie et parce que des lecteurs masculins achètent ses comics depuis des décennies. Ce sont les hommes qui achètent des comic-books, ce n'est un secret pour personne.

Je n'ai jamais rencontré une femme qui se sentait inspirée par Wonder Woman. Jamais.

De plus, j'ignore comment l'auteure arrive à ce décompte pour Batman et Superman, mais elle exagère.

Conclusion: les féministes se contre-câlissent de l'égalité entre les hommes et les femmes.

Elles n'en ont absolument rien à foutre.



27 mai 2017

Mon syndicat s'attaque aux VRAIS problèmes!

Si vous me demandiez quel est le plus gros problème du système d'éducation actuellement, je vous répondrais sans hésiter que c'est le dossier des garçons.

Ils réussissent moins bien que les filles. Ils sont davantage gavés de médicaments que les filles. Ils décrochent plus que les filles. Ils sont presque devenus une espèce en voie d'extinction dans la plupart des facultés universitaires. J'en passe et des meilleures.

Cette situation catastrophique sautera aux yeux de n'importe quelle personne qui se donne la peine de regarder.

Ben... pas exactement. Je devrais spécifier que cela sautera aux yeux de n'importe quelle personne qui n'est pas atteinte de cette maladie mentale qu'on appelle le féminisme.

Car malheureusement, les gens qui sont atteints de cette terrible maladie sont complètement incapables de discerner les enjeux qui touchent les hommes et les garçons. Ils ne perçoivent tout simplement pas ces problèmes-là. Seules les filles sont précieuses et importantes. Tant que les filles vont bien, tout va bien.

C'est certainement le cas de mon syndicat.

Ainsi, dans la dernière édition de ma merveilleuse publication syndicale "Nouvelles CSQ" (volume 37, No. 4, été 2017), on a droit à ce merveilleux article qui s'attaque au VRAI problème de notre système d'éducation: LES STÉRÉOTYPES SEXISTES!


En grand épais idéaliste que je suis, lorsque j'ai lu le sous-titre de cet article et que j'y ai vu le mot "garçons", j'ai cru pendant une fraction de seconde que ceci ne serait peut-être pas de la merde. Je me suis dit que pour une fois, on s'intéresserait peut-être aussi au sort des garçons.

Immédiatement après, j'ai su que mes espoirs étaient vains et que j'étais un grand naïf idiot.

La première auteure, Diane Courchesne, est la vénérable responsable du Réseau de la Condition des Femmes de la CSQ. La deuxième auteure, Julie Rouleau, est la très honorable responsable des Dossiers Rapports Égalitaires au Secrétariat à la Condition Féminine.

Vous croyez vraiment que ces deux grandes féministes vont s'intéresser une seule petite seconde à la catastrophe nationale qui affecte tant de garçons présentement? Ha!


C'est simple, pour nos valeureuses auteures féministes, les stéréotypes sexistes sont responsables de tous les maux.

Ben, de tous les maux qui affectent les femmes. Ce qui affecte les hommes, ça, elles s'en crissent.

Ainsi, elles affirment que les stéréotypes sexistes ont un impact sur la réussite scolaire. Là-dessus, elles ont parfaitement raison. Toutefois, contrairement à ce qu'elles croient, l'impact est surtout ressenti par les garçons:

Bienvenue à l'école féministe
Les notes des garçons
La discrimination envers les garçons
La guerre aux garçons
Discrimination des élèves masculins
Les enseignantes évaluent-elles injustement les garçons?
“Girls are Smart, Boys are Stupid”
L'école hostile aux garçons

Le temps est peut-être venu d'affirmer que si le système d'éducation féministe ne nourrissait pas de si puissants stéréotypes sexistes à l'égard des garçons, si on cessait de voir les petits garçons comme des êtres humains défectueux et si on cessait la discrimination persistante qu'ils subissent depuis leur plus jeune âge, peut-être que cela aurait des impacts positifs sur leur réussite scolaire.

Mais ne vous en faites pas trop, la réussite scolaire des garçons n'intéresse pas du tout nos deux auteures féministes.

Elles affirment ensuite que les stéréotypes sexistes ont un impact sur le choix de carrière. Évidemment, lorsqu'on connaît les discours et les lubies féministes, on sait de quoi elles parlent ici.

Pour les féministes, le fait que les hommes soient majoritaires dans certaines professions est le résultat des maudits stéréotypes misogynes du patriarcat!

Moins de femmes dans la construction? C'est la faute des stéréotypes et du sexisme!

Moins de femmes mécaniciennes? C'est la faute des stéréotypes et du sexisme!

Moins de femmes en science, en technologie et en ingénierie? C'est la faute des stéréotypes et du sexisme!

Moins de femmes en politique? C'est la faute des stéréotypes et du sexisme!

Or, ne leur en déplaise, c'est de la foutaise. La réalité, c'est que les femmes et les hommes ont des intérêts différents. Généralement, les deux sexes ne s'intéressent tout simplement pas aux mêmes carrières. Ce n'est pas principalement une question de stéréotypes sexistes, c'est simplement une question de préférence.

Les hommes ne sont pas des femmes et les femmes ne sont pas des hommes. On peut être égaux sans être pareils, qu'y a-t-il de si difficile à comprendre là-dedans?

Sur ce blogue, j'ai récemment partagé un fascinant documentaire sur cette question, je vous invite à cliquer sur le lien ci-dessous pour le voir, il vaut vraiment la peine:

"Hjernevask" (Brainwash)

Les auteures affirment ensuite que les stéréotypes sexistes ont un impact sur l'appréciation de l'image corporelle.

Cet enjeu est un problème sérieux qui est relié à l'estime de soi. Cette dernière est probablement l'élément le plus fondamental et le plus essentiel à l'épanouissement des enfants. De nombreux facteurs ont un impact sur l'estime de soi d'un enfant et il est vrai que dans le cas des filles, certains stéréotypes peuvent être toxiques.

Certaines petites filles et adolescentes souffrent-elles d'une mauvaise estime d'elles-mêmes à cause des images de poupounes sexy qui sont véhiculées dans les médias? Bien sûr et il faut aborder ce problème avec les jeunes, ce que je fais moi-même depuis de nombreuses années (comme en atteste ce billet que j'ai publié en 2008 ou celui-ci en 2012). Il faut encourager les filles à ne pas être obsédées par leur apparence et à valoriser des aspects de leur identité qui sont moins superficiels.

Cela étant dit, on remarque bien que nos deux auteures féministes ne s'intéressent qu'à l'aspect féminin du problème, comme d'habitude.

La réalité, c'est que de nombreux stéréotypes sexistes et misandres ont des effets dévastateurs sur les garçons et anéantissent leur estime d'eux-même, mais pas nécessairement en affectant leur "image corporelle".

Les garçons et les hommes souffrent de se faire dire qu'ils doivent être des gros durs qui ne peuvent jamais exprimer la moindre émotion. Mais ça, les féministes s'en balancent.

Ils souffrent de se faire dire qu'ils sont des cons et des perdants. Mais ça, les féministes s'en moquent.

Les garçons et les hommes souffrent de se faire dire qu'ils sont violents, qu'ils sont tous des violeurs potentiels et des prédateurs dangereux. Et ce stéréotype-là, les féministes l'adorent et le crient sur tous les toits, sans la moindre considération pour les impacts que cela peut avoir sur l'estime de soi des petits garçons:

Enseignons aux petits garçons à ne pas violer!


Les impacts de ces stéréotypes-là sont beaucoup plus dévastateurs qu'une simple mauvaise perception de l'image corporelle. Mais ça, les féministes s'en câlissent.

Nos deux valeureuses auteures féministes affirment ensuite que les stéréotypes sexistes sont responsables "du partage des tâches à la maison". Cette obsession féministe est bien connue. Car, voyez-vous, les féministes considèrent que les femmes sont trop connes pour négocier elles-mêmes ce genre de chose avec leur conjoint. Elles ont besoin que les féministes viennent à leur secours, qu'elles viennent s'immiscer dans leur vie privée pour leur dire ce que devrait être le partage des tâches dans leur maison!

Toutes les tâches traditionnellement associées aux femmes (et seulement celles-là) doivent être partagées! Les hommes doivent faire la vaisselle, préparer les repas, faire le ménage, changer les couches et faire la lessive! Les femmes qui ne partagent pas ses tâches avec leur conjoint sont opprimées et victimes du patriarcat et on va leur enseigner ça à l'école, dès la tendre enfance! Il faut leur faire comprendre le plus tôt possible qu'elles sont opprimées et que les maudits hommes sont des esclavagistes! Fuck les relations harmonieuses entre les sexes, on est en guerre et il faut recruter des nouvelles guerrières!


Il y a un fond de vérité là-dedans, c'est le détournement féministe qui est le problème.

Premièrement, le seul stéréotype qui est cité par les auteurs en est un qui affecte les filles. Ce n'est pas un hasard. Les féministes ne s'intéressent qu'à ceux-là. Les stéréotypes sexistes qui affectent les garçons ne les intéressent pas du tout. Certaines iront même jusqu'à affirmer qu'ils n'existent pas! Seules les filles peuvent êtres des victimes, c'est bien connu!

Deuxièmement, c'est vrai que certains stéréotypes ont des effets dévastateurs sur les enfants. J'ai bien connu ça quand j'étais ti-cul dans les années 70. Au grand désespoir de mes parents, je n'aimais pas les sports. Je n'avais aucun intérêt pour les sports. On m'a inscrit au hockey, au soccer, au baseball, rien à faire. Je pleurais pour ne pas y aller. Moi, ce qui m'intéressait, c'était la BD, le dessin, les arts, la musique, etc. Alors j'étais décrit comme une mauviette, une femmelette, un fif... probablement une tapette. Je me suis fait insulter, rejeter, ridiculiser et même battre à cause de ça. Je ne peux pas vous exprimer les effets dévastateurs que ces préjugés de merde ont eu sur mon estime de moi-même et mon développement.

Alors oui, bien sûr, certains stéréotypes sont toxiques. Et il est également vrai qu'il faut arrêter de perpétuer des mythes stupides qui commencent par "Tous les garçons aiment..." ou "Toutes les filles aiment..." Il faut le faire pour des enfants comme celui que j'étais et qui n'ont pas à souffrir comme j'ai souffert simplement parce qu'ils ne sont pas comme les autres ou parce qu'ils ne sont pas comme ce qu'on voudrait qu'ils soient.

Mais cela étant dit, les féministes vont beaucoup trop loin et on le verra bien dans la suite de l'article. La solution qu'elles vont proposer est de carrément bannir toutes les activités "genrées". C'est du délire.

Non, je n'aime pas le hockey, mais la plupart des p'tits gars adorent ça et je ne voudrais pas qu'il soit banni des écoles!

Non, toutes les petites filles n'aiment pas les poupées, mais le fait qu'une minorité de fillettes ne s'y intéresse pas ne signifie pas qu'il faille bannir les poupées des garderies et des classes de maternelle!

Il est tout à fait possible de respecter les enfants dans ce qu'ils sont, de respecter leurs intérêts et leurs passions et de se débarrasser des stéréotypes sexistes sans tomber dans l'extrémisme et se mettre à bannir tous les jouets ou les passe-temps qu'on juge "sexués"! J'y reviendrai plus bas.


Premièrement, les auteures féministes de ce texte affirment que "LES ÉTUDES LE DÉMONTRENT". Or, lorsqu'on regarde la référence en bas de page, on constate qu'il ne s'agit en fait que D'UNE étude:


Mais bon, rien d'étonnant ici, les féministes sont davantage reconnues pour leur fanatisme idéologique que pour leur intégrité intellectuelle.

Ce que les féministes refusent de voir, c'est que les garçons et les filles sont différents. Ils ont des intérêts différents et cela fait partie de leur identité. C'est tout simplement la nature humaine. Et c'est correct ainsi.

Plusieurs études le démontrent, mais celles-là, les féministes ne veulent pas les voir:

C'est inné...

Infants prefer toys typed to their gender, says study

Hormones Explain Why Girls Like Dolls & Boys Like Trucks


Bref, câlissez donc patience aux enfants et laissez-les jouer avec ce qui les intéresse! Donnez-leur accès à une vaste variété de jouet et laissez-les choisir! M'semble que ce n'est pas compliqué!

Apparemment, c'est trop compliqué pour les féministes:


Non, non, non! Mais elles ne comprennent absolument RIEN ces harpies, ma parole!

1- NE CHOISISSEZ PAS DES THÈMES D'ACTIVITÉS ASEXUÉS! Choisissez des thèmes diversifiés et laissez les enfants choisir ce qui les intéresse, indépendamment de leur sexe, mais pleinement conscients que certains thèmes vont plaire davantage aux filles et que d'autres vont surtout intéresser des gars! CE N'EST PAS GRAVE!

2- Ne pas séparer les aires de jeux selon les sexes? Ça, ok, j'veux bien... mais les chance sont que les p'tits gars vont aller jouer d'un côté et les filles de l'autre de toute façon. CE N'EST PAS GRAVE!

3- N'ENCOURAGEZ PAS LES ENFANTS À CHOISIR DES JOUETS NON ASSOCIÉS À LEUR SEXE! Et ne les encouragez pas à choisir des jouets traditionnellement associés à leur sexe non plus! CÂLISSEZ-LEUR PATIENCE! Laissez-les jouer avec ce qu'ils ont envie de jouer! Assurez-vous qu'une grande variété de jouets sont à leur disposition et fichez-leur la paix!

Arrêtez de jouer à l'ingénierie sociale avec les enfants! Arrêtez de faire sentir aux enfants que leurs préférences sont malsaines ou mauvaises! LAISSEZ-LES JOUER TRANQUILLES TABARNAK!


Le primaire, j'y enseigne depuis 20 ans. Là, elles sont sur mon territoire ces deux-là.

1- Encourager les élèves de façon égale? Je suppose que ces deux féministes croient que les filles sont moins encouragées que les garçons? Si c'est le cas, elles se fourrent le doigt dans l'oeil jusqu'au coude! Je l'ai observé à de multiples reprises, je peux affirmer sans la moindre hésitation que les filles sont systématiquement davantage encouragées et généralement mieux traitées que les garçons. Les exemples abondent et j'en ai parlé sur ce blogue dans de nombreux billets.

Les enseignantes crient après les petits gars, rarement après les petites filles. Les enseignantes foutent les p'tits gars à la porte de la classe plus souvent que les petites filles. Elles leur arrachent les casquettes de la tête mais laissent les filles porter ce qu'elles veulent. Les enseignantes sont beaucoup moins tolérantes des spécificités des garçons que de celles des filles. Les enseignantes décrivent habituellement les petits gars comme des casse-pieds indisciplinés et impolis qui ne tiennent pas en place et les petites filles comme des jolis petits anges mignons et dociles. Comme le prouvent les liens que j'ai partagés plus haut dans ce billet, plusieurs études démontrent que les enseignantes donnent systématiquement des notes plus basses aux garçons même quand leur travail est meilleur. Mon blogue déborde d'exemples!

2- Pas de problème avec cette proposition, évidemment, mais ce n'est pas ce que les auteures proposaient dans l'extrait précédent. Elles parlaient alors d'encourager les enfants à jouer avec des jouets associés au sexe opposé. Auraient-elles mis de l'eau dans leur vin en plein milieu de la rédaction de leur article? Peu importe, je prendrai toujours la tolérance de l'autre avant l'imposition autoritaire...

3- Il faut toujours favoriser l'estime de soi et l'acceptation de soi et des autres lorsqu'on travaille avec des enfants. Cela ne se limite pas aux stéréotypes sexistes. Et si les auteures croient que ceci n'affecte que les filles, elles sont encore une fois dans le champ.


1- Beaucoup trop extrême. Pourquoi ne faudrait-il plus complimenter les élèves sur leur apparence? C'est ridicule! Si un élève a une nouvelle coiffure, il ne faut pas le complimenter? On a ici un autre bel exemple de la pensée manichéenne féministe. Le problème n'est pas de complimenter l'apparence des élèves, mais il ne faut pas complimenter QUE ÇA!

2- Je ne m'opposerai jamais à l'enseignement de la pensée critique, mais on devine ici que l'objectif est moins ça que l'endoctrinement féministe. On veut que les jeunes arrivent à la conclusion qu'ils vivent dans une société patriarcale sexiste, raciste et misogyne. C'est ça la réalité. Quand on enseigne la pensée critique, on ne peut pas déterminer à l'avance à quelle conclusion le jeune va parvenir!

La réalité, c'est qu'il y a des gens vraiment beaux et des gens vraiment laids. La majorité de la population se situe entre ces deux extrêmes. C'est plate, c'est pas juste, mais c'est comme ça. Il faut amener les jeunes à être moins superficiels et à comprendre que l'apparence physique n'est pas l'ultime critère pour juger de la valeur d'un être humain. Mais cela ne signifie pas qu'il faille nier que la beauté existe. Nier la réalité, c'est le propre des idéologues et des fanatiques.

3- Le respect des gens, oui. Les respect des idées des autres, ABSOLUMENT PAS. Bannir l'humour qui offusque, JAMAIS! Il faut enseigner le respect de la LIBERTÉ D'EXPRESSION, il faut enseigner le débat franc et honnête qui permet de débusquer et de dénoncer les mauvaises idées, il faut enseigner que personne n'a le droit d'empêcher quelqu'un de faire des blagues sous prétexte qu'elles nous offusquent. Les blagues "sexualisées" ne font pas exception. Tu n'es pas obligé de rire, tu peux exprimer ton désaccord, vous pouvez en débattre, mais tu laisses les autres s'exprimer, point final.

Mais encore une fois, on sait que les féministes ne sont pas des grandes défenseures de la liberté d'expression...


La deuxième adresse se termine par le nom de dossier "femmes". On voit bien où est le focus des féministes. J'irai peut-être visiter ces ressources éventuellement... pour l'instant, ma limite de stupidité est atteinte.

Et n'allez pas croire une seule seconde que cet article n'est qu'un cas isolé, un simple délire anecdotique écrit par deux timbrées marginales. Il n'en est rien. Cet article est parfaitement symptomatique de ce qui se passe actuellement en éducation. Ce sont des gens comme elles qui prennent les décisions et leur idéologie misandre souille tout. Les preuves abondent, voyez par vous-mêmes:

Prioriser les filles!?!

Syndicat féministe




"L’Ontario et la réussite des garçons"

De moins en moins de profs masculins



"La nouvelle extrême gauche"

Aux États-Unis, ont les appelle les "SJW" (social justice warriors). Mathieu Bock-Côté les appelle la nouvelle extrême gauche.

Extraits de son excellent article:

Il y a quelques jours, Le Journal a fait écho aux conférences de plus en plus fréquemment annulées dans nos universités. Des groupuscules anarchistes ne tolèrent pas la présence, dans les universités, de personnes associées à un courant idéologique qu’ils réprouvent.

Ils veulent décider qui aura droit de parole et qui ne l’aura pas. Ils promettent des perturbations.
C’est une forme de terrorisme intellectuel. On ne critique pas les idées avec lesquelles on est en désaccord: on les empêche de s’exprimer.

Décryptons la vision du monde qui alimente ce fanatisme. C’est celui de la nouvelle extrême gauche.
Et contrairement à ce qu’on pense, elle n’est pas marginale.

Elle couve dans nos universités. J’ajoute que plusieurs professeurs qui font passer leur militantisme idéologique pour du travail académique encouragent son développement.

Sa vision du monde est bizarrement structurée. La nouvelle extrême gauche voit du racisme et du sexisme partout.

Au centre de son univers fantasmé, il y a l’homme blanc hétérosexuel. C’est le vilain absolu. Le salaud intégral. Le méchant universel. Il se serait approprié le monde. Il serait bardé de privilèges.
L’heure serait venue de le renverser. Contre lui, tout est permis et il ne devrait jamais s’en désoler. Ceux qui se font censurer ne devraient pas s’en plaindre, parce que ce sont des dominants.

Il faudrait voir dans la protestation contre leur prise de parole une résistance des dominés. En gros, pour peu que vous teniez un discours victimaire, vous serez encensé lorsque vous ferez taire vos contradicteurs.

Inversement, l’heure serait venue des minorités-victimes qui devraient justement se libérer de l’emprise de l’homme blanc dominant. À ceux qui se réclament de ces minorités-victimes, on pardonnera tout.

Par exemple, la nouvelle extrême gauche se réclame de l’antiracisme. Mais c’est une fraude intellectuelle. Elle est la première à enfermer les gens dans leur origine «raciale» et à penser la société en termes de «races».

D’autres, dans la nouvelle extrême gauche, se réclament d’une version extrémiste du féminisme et jouent à la guerre des sexes. Sa stratégie préférée, c’est l’injure. 

Si vous critiquez le multiculturalisme, on vous traitera de raciste.

Si vous critiquez le féminisme radical, on vous accusera de défendre le patriarcat.

On pourra aussi vous coller des phobies: xénophobe, islamophobe, homophobe, transphobe. Et ainsi de suite.

Dans l’université, ceux qui s’opposent à la nouvelle extrême gauche sont diabolisés.

De peur de subir une campagne de salissage de sa part, ils sont nombreux à développer des réflexes d’autocensure.

Ils se taisent. Ils ont appris que, pour faire carrière, il faut réciter les bonnes prières.

L’heure est venue de contre-attaquer intellectuellement et de faire cesser l’intimidation idéologique. Il ne faut pas se soumettre aux délires de la nouvelle extrême gauche.

Il est temps de s’opposer à elle frontalement pour regagner notre liberté d’expression.

Il est temps de dénoncer la complaisance médiatique à son endroit.

Il faut rappeler les vertus de la tolérance, accepter la diversité des idées, condamner la censure.




"Trudeau donne raison aux souverainistes"

Ce n'est pas un souverainiste qui le dit, c'est Mario Dumont:

Un des arguments des souverainistes, c’est que le Canada dépouille le Québec de tout ce qui est financier et économique pour le concentrer vers Toronto. La décision du gouvernement Trudeau d’implanter la nouvelle banque de l’Infrastructure à Toronto leur donne un nouvel argument.

Philippe Couillard avait l’air bien déçu et embarrassé hier de commenter cet échec de son gouvernement. Le gouvernement du Québec avait exprimé son désir de voir de nouveau un siège social être implanté à Montréal. Il avait certainement fait ses représentations en privé auprès des libéraux d’Ottawa.

Mais on pourrait difficilement parler d’une bataille rangée sur la place publique. Nous les avons à peine entendus. Comme si au PLQ on anticipait la défaite en se disant qu’on aura l’air moins fou si l’on n’a pas fait trop d’esclandre.

Je n’ose plus répéter ma déception à l’endroit des quarante députés libéraux élus sous la bannière de Justin Trudeau lorsque vient le temps de défendre les dossiers du Québec. L’un d’eux a-t-il mis le poing sur la table pour défendre les intérêts québécois? Dans le cas de la Banque des infrastructures, ceux de la grande région de Montréal ont-ils mis leur poids sur la table? Pas convaincant.

Je suis aussi déçu du maire de Montréal Denis Coderre. Lui qui est un batailleur instinctif et efficace pour attirer des projets dans sa ville. Lui qui a un devoir de promouvoir Montréal sur toutes les tribunes. Lui qui est censé avoir des connexions au plus haut niveau du Parti libéral du Canada, sa famille naturelle, un atout qu’il n’hésite pas à mettre de l’avant en général.

Denis Coderre a fait des interventions discrètes dans le dossier de la Banque des infrastructures. Son silence sur la place publique nous donne l’impression que quelqu’un au gouvernement Trudeau lui a passé le message «Oublie ça, mon Denis, ça s’en va à Toronto, ne perd pas ton temps». Et il se serait soumis, s’associant à la mobilisation montréalaise, mais sans risquer de trop se mouiller publiquement.

Ce qui me paraît pire, c’est que Denis Coderre aurait joué dans le film de la remise de notre prix de consolation sans rien dire. Je crois vraiment que cette annonce d’un Institut du Développement international faite vendredi dernier s’apparente à un prix de consolation pour Montréal.

Je ne minimise pas l’importance de l’aide internationale. Mais la symbolique est quand même forte. Le développement international pour Montréal. Mais la finance, les gros dollars et les gros projets, les vraies affaires, quoi, c’est à Toronto!

Le plus énergique défenseur de la candidature de Montréal dans les dernières semaines fut le président de la Chambre de commerce de Montréal, Michel Leblanc. Il n’a pas mâché ses mots en apprenant la décevante décision. «Qui défendait Montréal? (...) qui est la voix du Québec à Ottawa? Pour l’instant, personne.» Voilà comment il résume la situation.

Je partage son inquiétude.




L'évolution humaine et l'alcool

Extraits de l'étonnante découverte publiée par Sciences et Avenir:

Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'ivresse a précédé la culture du raisin et du blé et même… l'apparition d'Homo sapiens. Nos très lointains aïeux avaient déjà, en effet, un vrai penchant pour l'alcool, comme le rapporte une nouvelle étude. "Il y a dix millions d'années, une mutation est survenue chez l'ancêtre africain des humains et des grands singes. Elle lui a permis de métaboliser l'éthanol — ou alcool éthylique— quarante fois plus rapidement !", a ainsi calculé le généticien Matthew Carrigan, du Santa Fe College (Gainesville, États-Unis). 

Une mutation qui a eu lieu au moment où ces primates arboricoles et frugivores étaient contraints de descendre des arbres nourriciers, ceux-ci se raréfiant en raison d'un assèchement climatique. "Ils ont alors commencé à se nourrir de fruits tombés au sol… qui étaient parfois fermentés", poursuit l'expert. Et ils y ont pris goût! D'autant que l'ingestion d'éthanol a bien des avantages : elle ralentit le métabolisme, facilite la digestion et favorise le stockage des graisses. Il fallait toutefois à nos lointains ancêtres dégrader rapidement l'éthanol "pour éviter de succomber trop vite à l'ébriété, poursuit Matthew Carrigan. Car dégringoler, ivre, des arbres ou s'assoupir dans un environnement où rôdaient les prédateurs leur aurait été fatal".

(...) "En revanche, il est difficile de savoir quand nos ancêtres ont commencé à conserver ou fabriquer des breuvages enivrants", souligne Patrick McGovern. Les outres de peau, les bols de bois ou les paniers tressés se conservent mal… Et aucune pierre creusée n’a livré de traces chimiques d’alcool. 

À propos de l'image:

La corne que tient la célèbre Vénus de Laussel (Dordogne), sculptée dans la pierre il y a 25.000 ans serait une corne à boire. Ce qui ferait de ce bas relief la plus ancienne scène de libation connue.




THE TRIAL OF HENRY KISSINGER de Christopher Hitchens





L'histoire du monde selon Bill Wurtz

Et si les États-Unis n'avaient jamais existé?





La sagesse d'Anakin

GUWEIZ

igreeny III



D'autres oeuvres ici et ici.

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ali özer

Mikhaela Tullip

Lora-Vysotskaya

26 mai 2017

Solidaires... à eux-mêmes!

Extrait de cet édito de Robert Dutrisac:

En refusant les alliances stratégiques avec le PQ, QS mine ses chances de conquérir certaines circonscriptions. Il réduit la probabilité que le PQ forme le prochain gouvernement. Ce faisant, il éloigne la réforme du mode de scrutin qu’il appelle de tous ses voeux. Et il affaiblit le mouvement souverainiste.

Extrait de cet article de Josiane Lavallée:

Cette tendance des identités multiples éloigne la formation politique de la souveraineté du Québec. Car ce qui devient important pour les membres issus des groupes stigmatisés, ce n’est pas la souveraineté, mais avant tout de faire avancer leur dossier respectif en tant que groupe particulier dans la société. En conséquence, les intérêts collectifs de la société québécoise, comme la défense des services publics (santé, éducation, services sociaux), ainsi que la promotion de la langue française, de l’histoire et de son identité québécoise passe au second plan. Donc, devant cette tendance individualiste des divers groupes en présence au sein de QS, il n’est vraiment pas surprenant qu’en fin de semaine les délégués aient voté en majorité pour le rejet de toute alliance électorale avec le Parti québécois, un parti qui se préoccupe davantage des intérêts collectifs de la nation québécoise.

À voir absolument:

Falardeau à propos de Québec Solidaire



LES BIENVEILLANTES de Jonathan Littel - septième partie

La première partie est ici.

La seconde partie est ici.

La troisième partie est ici.

La quatrième partie est ici.

La cinquième partie est ici.

La sixième partie est ici.



GIGUE

Partie I : Trahison

Nous en arrivons au dernier chapitre, le plus dantesque de tous, sans doute. Nous sommes en plein Götterdämmerung, ou « crépuscule des dieux », traduction en allemand du nordique Ragnarök.

Thomas, accompagné de Piontek, est venu chercher Aue qui a outrepassé son congé. Il est question de le faire passer en conseil de guerre et « Ces jours ci les conseils de guerre durent cinq minutes. »

Ils tentent de regagner Berlin, mêlés à des colonnes de réfugiés. De temps en temps, un T-34 apparaît, broyant tout sur son passage – véhicules, chevaux, hommes - . Dans les villages abandonnés, un spectacle macabre les attend, tel ce cadavre ligoté à un chêne, en hauteur, les boyaux dégoulinant de son ventre fendu, à moitié arraché par les chiens. Thomas traduit le texte hâtivement badigeonné en russe sur un écriteau : « Tu avais une maison, des vaches, des boîtes de conserve. Qu'est-ce que tu es venu foutre chez nous, pridourak ? » Piontek revient blême, avec quelques provisions, il ne voulait pas nous dire ce qu'il avait vu dans les maisons...

Tous les bourgs sont occupés par les Russes et ils sont contraints d'errer dans la campagne, sans pouvoir faire de feu. Les cadavres se ramassent à la pelle : ceux distordus de femmes, souvent dénudées, même des vieilles ou des gamines de dix ans, avec du sang entre les jambes. Mais aussi, des grappes de pendus, le plus souvent des Völksturm, mornes ballots victimes de Felgendarmes zélés.

Parfois, ils croisent des soldats Allemands isolés, mais ceux-ci refusent de se joindre à eux, craignant d'être pris en compagnie d'officiers SS. Le bon sens les pousse alors à détruire leurs papiers et arracher leurs insignes.

Dans un hameau, ils sont attiré par de la musique d'orgue en provenance d'une église. Là se trouve un vieillard portant monocle, en uniforme d'Obersleutnant de la Grande Guerre. Celui-ci joue « L'art de la fugue », de Johann Sebastian Bach, œuvre considérée comme inachevée et qui a inspiré Beethoven, Mozart et Alban Berg. Selon Martha Cook, musicologue et claveciniste américaine, l'oeuvre serait inspirée de l'Évangile de Luc, en particulier Luc 14 : 27 – 35 :

« 27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple 
28 Car, lequel de vous, s'il veut bâtir une tour, ne s'assied d'abord pour calculer la dépense et voir s'il a de quoi la terminer,
29 de peur qu'après avoir posé les fondements, il ne puisse l'achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler,
30 en disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n'a pu achever ?
31 Ou quel roi, s'il va faire la guerre à un autre roi, ne s'assied d'abord pour examiner s'il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l'attaquer avec vingt-mille ?
32 S'il ne le peut, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix.
33 Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple.
34 Le sel est une bonne chose, mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on ?
35 Il n'est bon ni pour la terre, ni pour le fumier, on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.

« On a souvent intitulé cette section : « Le coût de la vie de disciple. »
Devenir un disciple implique l’acceptation de placer les exigences du Maître au-dessus de celles de la famille. » (Source : ici)

Jésus appelle à un total renoncement de la part de ses disciples, à la famille, à soi-même, voire à sa propre vie.

« Ils peuvent tout détruire, me dit-il tranquillement, mais pas ça. C'est impossible, ça restera toujours : ça continuera même quand je m'arrêterai de jouer. »

La musique n'aide en rien à apaiser Aue qui se met à bouillir de rage. Il laisse le vieil homme achever le cinquième morceau dit fugue strette.

« Dans la musique classique, la strette (de l'italien stretta, « étreinte, resserrement ») peut désigner un procédé d'écriture en imitation, une partie caractéristique du finale d'un opéra ou d'une œuvre pour chœur, ou bien une indication d'accélération du tempo. » (Source : Wikipedia)

Enfin, il se lève et lui tire une balle dans la tête devant un Thomas indigné. « C'est à cause de ces Junkers corrompus que l'Allemagne perd la guerre. Le national-socialisme s'effondre et eux jouent du Bach. Ça devrait être interdit. » Se souvient-il alors de ce jeune juif, Yakov, virtuose des pièces de Bach, qu'il avait adopté et qui fut tué, devenu inutile ?

A l'aube, ils atteignent la mer et rampent à travers les dunes jusqu'à la plage. Le spectacle de désolation qui les attend pourrait rappeler Dunkerque, après la bataille.

Le lendemain, ils se réveillent entourés d'enfants par dizaines, vêtus de loques, de restes d'uniformes, portant qui, des outils agricoles, qui, des fusils et pistolets-mitrailleurs fait de fil de fer, de bois et de carton, la plupart semblent âgés de dix à treize ans, d'autres pas plus de six. Mais leurs regards sont fermés et menaçants. Le plus âgé s'avance et leur demande sans ménagement leurs identités, tout en se présentant lui-même comme le Kampfgruppe Adam, Generalmajor. Thomas leur répond calmement, Aue est terrifié, Piontek est prêt à leur donner une bonne fessée, mais avant qu'il ait pu esquisser un geste, Adam fait un signe et les enfants se ruent sur lui pour le massacrer. Les enfants continuèrent à frapper jusqu'à ce que sa tête ne soit plus qu'une bouillie rouge dans la neige.

Suit une scène totalement hallucinante où Thomas explique être en mission spéciale pour le Führer. Adam ordonne à un des gamins de demander confirmation par radio, mais celle-ci n'est qu'une boite de conserve sur le fond de laquelle étaient fixées plusieurs vis et cloués des cercles de carton colorié. Un vrai casque de radiophoniste y est reliée. Chacun joue son rôle dans cette « Guerre des boutons » sanglante. Thomas demande à se servir de l'appareil pour contacter Hitler en personne, soliloque, claque des talons et passe le casque à Adam... qui confirme, les yeux humides de larmes.

Dans les jours qui suivent, ils accompagnent cette « croisade des enfants », errant derrière les lignes Russes depuis des mois, tuant impitoyablement Russes et Allemands isolés, qu'ils (considèrent) comme des déserteurs.

Adam se faisait servir par une des filles les plus âgées, puis l'entraînait dans les bois ; les autres se battaient  pour des morceaux de pain et de saucisse, (...) deux ou trois des garçons prenaient une fillette par les cheveux, la jetaient à terre et la violaient devant les autres (…); des garçons se branlaient ouvertement en les regardant (…); plusieurs de ces fillettes à peine pubères paraissaient d'ailleurs enceintes.

Adam est le plus cruel de tous et bénéficie ainsi d'une autorité incontestée. Peut-être, me disais-je, fait-il tuer tous les adultes qu'il rencontre pour rester l'aîné.

Enfin, ils parviennent à rejoindre les lignes allemandes, accompagnés d'un soldat allemand et d'un autre Belge. Les enfants ont refusé de les suivre.

De retour à Berlin, les deux officiers bénéficient d'une mansuétude qui ne touche pas les simples soldats qui sont pendus ou fusillés sur un soupçon, sans ménagement. Aue a vite fait de rendre compte de la mort de Piontek, mais (dois) remplir de nombreux formulaires pour justifier la perte du véhicule.

A la Kurfüstenstrasse, on a installé un bureau qui délivre de faux papiers aux responsables du RSHA considérés comme compromis et Thomas s'en procure tout un jeu. Pour le moment, c'est encore gratuit, plus tard, un jeu complet de papiers en règle ira chercher dans les 80 000 reichmarks. Tout le monde fait n'importe quoi et n'obéit plus à personne. Goebbels promet que le Führer, dans sa grande sagesse prépare en cas de défaite, une mort facile, par le gaz, au peuple allemand. La seconde semaine d'avril, l'orchestre philharmonique donne un dernier concert – le dernier de aria de Brünnhilde, le Götterdämmerung bien entendu, et pour finir la Symphonie romantique de Bruckner. A la sortie, des Hitlerjugend distribuent des capsules de cyanure. Le jour même, meurt Roosevelt et Goebbels lance le mot d'ordre La tsarine est morte.

Ce mot d'ordre fait référence à la guerre de sept ans. En 1762, la Prusse de Frederic II est au plus mal face à une coalition comprenant la France, l'Autriche et la Russie. Seul un miracle peut lui permettre de s'en sortir. Celui-ci arrive avec l'annonce de la mort de la tsarine Élizabeth et le retrait de la Russie de la coalition. Ce 12 avril, Albert Speer est convoqué chez le Führer qu'il trouve dans un grand état d'excitation. « Le grand miracle, celui que j'ai toujours prédit. Qui avait raison ? La guerre n'est pas finie. »

Quoi qu'il en soit, les Berlinois sont désormais indifférents aux bombardements. Sous la Wilhelmplatz, un bunker a été transformé en boite de nuit. Aue y croise un soir Mihaï, un attaché de l'ambassade de Roumanie dont il a été l'amant. Celui-ci le drague ouvertement. Aue l'entraine aux toilettes et lui écrase la gorge à l'aide d'une serpillère.

La même nuit, il retrouve Thomas chez lui. Celui-ci lui délivre une vision prophétique de l'avenir : « L'alliance contre nature de nos ennemis tiendra jusqu'à leur victoire, mais pas beaucoup plus. Les puissances Occidentales auront besoin d'un bastion contre le Bolchevisme. Je leur donne trois ans, au plus. » Pour le reste, il y a des filières en Hollande, en Suisse, les meilleures sont à Rome. « L'Église n'abandonnera pas ses agneaux dans la détresse. (...) Tu sais qu'il y a des types de la Gestapo qui cherchent à se procurer des étoiles et des papiers juifs ? (...) Ils on du mal. Il n'y en a plus beaucoup sur le marché. »

Partout, lampadaires, arbres, ponts, voies aériennes du S-Bahn se voient décorer de pendus : soldats blessés, vétérans fatigués, civils, gamins de seize ans, réfugiés pris au hasard, tous porteurs de l'invariable panneau au cou : JE SUIS ICI POUR AVOIR QUITTE MON POSTE SANS ORDRES. Les loups se dévorent entre eux.

Le 20 avril, c'est l'anniversaire d'Hitler, on accroche des drapeaux à croix gammée sur les ruines et de grandes pancartes signées Goebbels : NOUS REMERCIONS NOTRE FUHRER POUR TOUT. DR. GOEBBELS. En guise de feux d'artifice, l'artillerie russe prend le relais des bombardiers Anglo-Américains.

Un régiment de Français de la division « Charlemagne » parvient à rentrer dans Berlin pour renforcer la « Nordland », et le centre administratif du Reich n'était presque plus défendu que par des Finlandais, des Estoniens, des Hollandais, et des petites frappes parisiennes. Par ailleurs, tout envoi de renforts par la voie des airs devient impossible.

Partie II : Chute

Le 27 avril, Aue a la surprise d'entendre son nom prononcé pour la remise de la Croix allemande en or, en même temps que Thomas et huit autres officiers du RSHA. Les décorations seront remises par le Führer lui-même dans son bunker. Les canalisations le long de la Wilhelmstrasse ont crevé et les tunnels menant au bunker sont partiellement inondés, l'eau atteint les chevilles. Les arrivants doivent remettre leurs armes.

Aue a la surprise d'y retrouver le docteur Hoenegg, devenu « médecin auxiliaire du Führer ». On lui a confié les enfants de Goebbels dont l'épouse a la ferme intention d'empoisonner ceux-ci avant de se donner la mort. Hoenegg l'invite ensuite à une fête organisée le soir même dans la Chancellerie : « Ce sera plein de jeunes vierges fougueuses qui préfèrent offrir leur pucelage à un Allemand, quelle que soit son apparence, plutôt qu'à un Kalmouk hirsute et puant. »

Puis on les fait pénétrer dans une pièce et aligner contre un mur, et entre le Führer : Jamais je n'avais vu le Führer d'aussi près. Il portait un simple uniforme gris et une casquette ; son visage paraissait jaune, hagard, gonflé, les yeux restaient fixes, inertes, puis se mettaient à ciller violemment ; une goutte de bave perlait au coin de sa bouche. L'un après l'autre, chaque officier se voit remettre sa médaille, puis vient le tour de Aue qui se permet alors un geste extraordinaire et complètement fou qui mène à son arrestation immédiate, avec promesse du peloton d'exécution.

Interrogé, torturé, il est enfin jeté dans un cul-de-basse-fosse dans lequel il est bientôt rejoint par « L'ex-Gruppenführer Fegelein ». Celui-ci se dit victime d'une machination de Bormann, mais ne s'inquiète guère : « (...)ma belle-sœur va arranger ça. » Aue n'a aucune idée de qui il parle et n'apprendra que bien des années plus tard le fin fond de cette histoire.

Extirpé de sa cellule et jeté dans un véhicule de la police, Aue profite de la chute d'un obus pour s'enfuir. Errant dans le métro inondé, le voilà qui retombe pour la dernière fois sur ses deux tourmenteurs : Clemens et Weser : « Mais qu'est-ce que vous voulez donc ? » - « On veut la justice. » Ils lui font un résumé de leur enquête et de leurs conclusions. « On t'a déjà jugé, fit Weser d'une voix si basse que j'entendais couler l'eau. On t'a jugé coupable. » - « Vous? Ricanais-je. Vous êtes des flics. Vous n'avez pas le droit de juger. » - «Vu les circonstances, roula la grosse voix de Clemens, on l'a pris, le droit. » - « Alors, dis-je tristement, même si vous avez raison, vous ne valez pas mieux que moi. »

Il n'a pas tort, ces deux hommes – membres d'un corps qui a lui-même sa responsabilité dans l'accomplissement de la Shoah - ne réclament pas la justice pour la complicité de Aue dans celle-ci, mais simplement pour le meurtre de deux personnes parmi des millions d'autres.

Pour autant, Max lui-même, ne s'était-il pas posé la question, en tant que juriste SS, de l'intérêt de sélectionner « des juristes pour assassiner des gens sans procès ? »

Un cri jaillit alors du fond du gouffre : « Les Russes ! Les Russes sont dans le tunnel ! » Weser est tué et Aue en profite encore pour s'échapper, Clemens sur ses talons. Dans la rue, quelques SS, des ruines et des cadavres, et deux vieillards qui déambulent, indifférents à tout. L'un d'eux portait le brassard des aveugles, l'autre le guidait. « Où allez-vous ? » demandai-je en pantelant. - « Nous ne le savons pas », répondit l'aveugle. - « D'où venez-vous ? » demandai-je encore. - « Nous ne le savons pas non plus. »

« Les vieillards aussi sont présents sous les traits de l'aveugle : il symbolise alors la sagesse du vieillard. (...) Les dieux aveuglent ou rendent fous ceux qu'ils veulent perdre, et parfois sauver. Mais, s'il plait aux dieux, le coupable recouvre la vue ; ils sont les maîtres de la lumière. » (Source : Dictionnaire des symboles)

Il parvient jusqu'à l'immeuble de Mandelbrod et Leland qu'il retrouve, biens vivants, attendant calmement l'arrivée des Russes, leurs (nombreuses) valises prêtes. Leurs trois amazones se sont suicidées : J'avais beau scruter leurs jolis visages, j'étais incapable de les distinguer l'une de l'autre, de reconnaître Hilde de Helga ou de Hedwig ; pourtant ce n'étaient pas des jumelles.

Les deux hommes ont conclu un accord avec les Soviétiques : « Le Führer a échoué, prononça froidement Leland. Mais la guerre ontologique qu'il a commencée n'est pas terminée. Qui d'autre que Staline pourrait achever le travail ? »

Aue repart à nouveau, cherchant à retrouver le domicile de Thomas. Il parvient jusqu'au zoo dans lequel les cadavres d'animaux se mêlent à ceux des Waffen-SS.

Le zoo est un symbole particulier. Il fait référence aux instincts des animaux que nous venons admirer. Il fait référence aussi à l'enfermement, à la cage qui retient les instincts qui sont en nous. (Source : http://tristan-moir.fr/zoo/)

Au loin, on distingue les barrissements d'un éléphant affolé. Pour Aristote, l'éléphant est symbole de chasteté et « serait même le vengeur de l'adultère ». (Ibid)

Mais on songe aussi à l'Ecclésiaste 3-19 : « Car le sort des fils de l'homme et celui de la bête sont pour eux un même sort; comme meurt l'un, ainsi meurt l'autre, ils ont tous un même souffle, et la supériorité de l'homme sur la bête est nulle; car tout est vanité. »

C'est là que se joue l'ultime confrontation. Oreste est rejoint par la dernière Érinye, ainsi que par Pylade. Quand tout est accompli, arrivent en trottant (...) un petit éléphant, suivi de trois chimpanzés et d'un ocelot.

Les trois singes représentent évidemment « Les célèbres singes du Jingoro, au temple de Nikko, qui se ferment, l'un les oreilles, le second les yeux, le troisième la bouche (...) (et) sont encore une expression de la sagesse et partant du bonheur ». Quand à l'ocelot, dans la mythologie aztèque, c'est une créature féline très souvent infidèle en amour mais qui peut être calmé en étant allié à un singe.

(...) je restais seul (...) avec le temps et la tristesse et la peine du souvenir, la cruauté de mon existence et de ma mort encore à venir. Les Bienveillantes avaient retrouvé ma trace.

Aue est désormais seul responsable de son destin : « Le destin, ce sont les paroles de trop ou de pas assez, les silences brisés, les secrets non descellés, les lapsus ou les mots manqués, qui font que l'homme est toujours responsable, et seul responsable de ce qui lui arrive : parce que nous sommes responsables de ce que nous avons dit comme de ce que nous n'avons pas dit, nous passons notre vie à répondre de nos paroles et de nos silences ; vivre, et mourir, c'est accomplir, en le choisissant, en le construisant, notre destin. » (Source : Wladimir Troubetzkoy – Les bienveillantes de Jonathan Littel : Etudes réunies par Murielle Lucie Clément)

En même temps, il n'est plus « personne ». « Si deux yeux pour l'humanité correspondent à l'état normal, trois à une clairvoyance surhumaine, un seul révèle un état assez primitif et sommaire des capacités de comprendre. » (Source : Dictionnaire des symboles). On songe ici au cyclope Polyphème qui, amoureux de Galatée – amante d'Icis, fils de Pan, dieu de la foule hystérique – projette un rocher de l'Etna, tuant Icis, exemple d'amour non partagé conduisant à la folie destructrice. Pan, celui qui rend fou celui qui le contemple est le père, et il est mort ; Icis est le fils et il est mort aussi. Mais en quittant les lieux sans laisser un regard en arrière, Aue devient « Personne », celui qui aveugle Polyphème et son propre vengeur. Le narrateur devenu bourgeois dans le nord de la France, n'a en effet pas de nom. La boucle est désormais bouclée. Ulysse ne rentrera jamais chez lui.

« Un homme sans divertissement est un homme plein de misères. » (Pascal - « Divertissement n°5/7 »)