31 mai 2017

BFF: Patrick et Melania

Récemment, quelqu'un me demandait pourquoi je n'écrivais plus à propos de Trump et s'il s'agissait d'auto-censure.

Ben non, dis-je. J'en ai juste marre de ce shit show. D'un côté, on a Trump qui multiplie les conneries insipides et de l'autre, on a des médias qui le haïssent tellement et si viscéralement que leur crédibilité est sérieusement entachée.

T'sais, je parle de ce type de couverture médiatique:


Non, ce n'est pas une farce. Ils ont vraiment fait un reportage là-dessus. Comme si Trump ne faisait pas assez de conneries sérieuses et importantes pour les occuper 24 heures par jour et 7 jours par semaine...

Un autre bel exemple de ce type de couverture merdique est cette récente chronique de Patrick Lagacé dans laquelle il prétend lire dans les pensées de Melania Trump.

Je ne vous niaise pas.

Il a écrit une chronique complète comme s'il était la première dame des États-Unis.

On frôle peut-être le trouble psychiatrique.

En voici quelques insupportables extraits:

Désolée, mais ça ne faisait pas partie du deal. Le deal ? Celui que j’ai scellé en épousant Donald. L’entente était pourtant simple.

Moi, la belle. Moi, la sculpturale Slave qui fait tourner toutes les têtes dans les salons mondains et les bals de charité et qui fait bander d’envie tous ses amis dégoûtants.

Lui, la bête. Lui, la bibitte vulgaire mais ultra-riche qui m’assure une vie douillette et dorée à New York. Champagne, hélicoptères, American Express Platine et domestiques qui se précipitent à mes pieds quand je sonne la clochette en or massif dans notre penthouse qui surplombe la ville qui ne dort jamais.

Tiens donc... M. Lagacé assigne toutes les vertus à la femme et tous les vices à l'homme. M'semble que j'ai déjà vu ça quelque part. M. Lagacé doit être un féministe.

Vérification faite, ma théorie se confirme:

LES FÉMINISSS EXTRÉMISSS
Un mot sur tous ceux qui sont venus à la défense de Mme Thériault en prêtant à son propos une épaisseur qu’elle n’avait pas, à tous ceux qui sont venus dire je-ne-me-reconnais-pas-dans-le-féminisme-d’aujourd’hui, en évoquant les torts de telle féministe, de telle organisation…

(...) je comprends que le Québec est une société progressiste où les femmes ont fait des gains de géante depuis quelques décennies, mais il y a encore du chemin à faire.

J’expliquais aux hommes que s’ils veulent saisir l’ampleur du problème des agressions non dénoncées, ils n’ont qu’à demander à leurs blondes, à leurs mères, à leurs sœurs, à leurs amies : rares sont les femmes qui n’ont jamais subi, par exemple, de gestes sexuels non sollicités. C’est une réalité qui échappe aux hommes (...)

J’ai été élevé par une mère féministe. On parle beaucoup de consentement aujourd’hui – la notion n’existait pas quand j’étais jeune – et ma mère me l’a entrée dans la tête avec un marteau-piqueur.

Hahaha! La notion de consentement n'existait pas! Quel connerie!

J'ai très exactement le même âge que Lagacé et je peux vous affirmer de source très sûre qu'il dit n'importe quoi.

Idéalisation de la femme, diabolisation de l'homme, déni de la réalité... on a clairement affaire à un féministe.

Mais retournons à l'analyse de son vil torchon:

Seul Donald est vulgaire, pas elle. Seul Donald a des amis dégoûtants, pas elle. Seul Donald est superficiel, pas elle. Seul Donald est snob, pas elle.

Les femmes ne peuvent avoir que des qualités, tout le monde sait ça.

Et sur quoi se base ti-Pat pour affirmer ça? Connaît-il Melania Trump personnellement? Lui a-t-il déjà parlé? A-t-il mis la main sur son journal intime? A-t-il enquêté auprès de ses amis et de sa famille?

Non? Ah? Alors il sort ça directement de son propre rectum? Et on appelle ça du journalisme de nos jours? Hum... triste époque...

Bref, je vous parle du deal typique et implicite qui unit toutes les top-modèles du monde qui choisissent d’épouser un milliardaire bedonnant qui a l’âge de leur père.

Et dis-moi, mon ti-Pat, pourquoi c'est seulement le milliardaire bedonnant qui mérite ton mépris? Pourquoi ce n'est pas le plantureux mannequin?

En quoi son choix à lui est-il plus répréhensible que son choix à elle?

Parce qu'il est riche, il a une armée de poupounes superficielles avides de luxe et de notoriété qui se jettent à son cou et il décide d'en marier une. Ce faisant, il prend un risque colossal car si elle demande le divorce, cela va lui coûter une véritable fortune. Malgré ce risque, il l'aime suffisamment pour l'épouser.

Mais elle, qu'a-t-elle à perdre? À part la possibilité de baiser quelqu'un de plus jeune et de plus beau? Elle n'a rien à perdre et tout à gagner. Sans travailler et sans effort, elle devient automatiquement milliardaire. Tout ce qu'elle a à faire, c'est écarter les cuisses de temps en temps. Elle était majeure quand elle a fait ce choix et ce n'est pas un mariage forcé. Elle a décidé que ça en valait le coup.

Alors, je le répète mon ti-Pat, en quoi son choix à lui est-il si répugnant à tes yeux et son choix à elle si admirable? Explique-moi ça mon coco...

Et s'ils se méritaient ces deux zigotos-là? Ça ne t'est jamais passé par la tête?

Mais personne ne m’avait jamais parlé d’aller vivre à Washington ! Washington est le Hollywood des gens laids, comme l’a dit Roger Stone, le sinistre stratège de mon mari, dans le documentaire qui lui est consacré (1). L’avez-vous vu, ce documentaire ? Vous devriez.

Je me fous de la politique. Ça ne m’intéresse pas, ça ne m’a jamais intéressée.

Mais Donald a insisté : « Je vais me présenter à la présidence, babe, on verra ce qui va arriver. It’ll be super wooooonderfuuuul ! », m’avait-il assuré…

Moi, je ne voulais rien savoir.

Pauvre princesse! Tout ce qu'elle voulait, c'était bénéficier de la fortune de son mari et vivre dans le luxe le plus décadent sans jamais avoir à lever le petit doigt ou à faire le moindre effort!

Comment ce salopard de Donald OSE-T-IL avoir des aspirations politiques? Comment OSE-T-IL faire un choix de carrière qui déplaît à Madame la marquise? Ah, le salaud!

Je ne voulais rien savoir d’être épiée par les journalistes 24 heures sur 24, sept jours sur sept, de faire des sourires et des saluts comme si j’étais une version plus jeune et plus grande de la reine d’Angleterre.

Ok mon ti-Pat... voyons voir si j'ai bien compris.

Melania est mannequin, mais faire des sourires et des saluts est une ignominie pour elle?

Melania est mannequin et elle a marié l'un des hommes les plus célèbres des États-Unis, mais l'idée d'être prise en photo par des journalistes lui répugne à ce point?

Est-ce que tu sais ce que c'est un mannequin, Pat?

« Donald, si tu te lances en politique, lui ai-je dit, je me casse chez ma mère ! »

Pour m’amadouer, il m’a acheté un tigre en diamants, je n’avais jamais demandé un tigre en diamants, je ne savais même pas qu’une telle chose existait, il a pensé me faire plaisir, j’imagine, j’ai dû faire une tête bizarre parce qu’il a dit que je pourrais toujours le vendre sur Kijiji, un jour.

J’ai rechigné, j’ai bougonné, j’ai même pleuré…

Mais Donald a insisté.

Est-il nécessaire de spécifier que Lagacé délire complètement ici?

On nage en pleine fiction.

Dans quel univers parallèle ceci constitue-t-il du journalisme?

Et essayez d'imaginer un journaliste qui écrirait une raclure pareille à propos de la femme de n'importe quel autre politicien. N'importe lequel. Impensable, pas vrai? Ah! mais quand il est question de Trump, tous les coups sont permis, tous les principes journalistiques sont suspendus et on frappe toujours plus bas.

Ce sont des hit jobs comme celui-ci qui rendent Trump si sympathiques auprès de tant de gens...

Il insiste toujours, Donald. Qui a dit que la bêtise insiste toujours, au fait ? Ah, oui, c’est Camus qui a dit ça. Je le cite au texte (Camus, je le précise) : « La bêtise insiste toujours, on s’en apercevrait si l’on ne pensait pas toujours à soi… »

Vous pensez que Camus pensait à mon Donald quand il a écrit La peste ? Ne me répondez pas, c’est une question rhétorique.

Oui, Melania est définitivement le genre de grande intellectuelle francophile qui a lu Camus, évidemment.

Les femmes sont vraiment extraordinaires, j'vous dit. Elles sont parfaites! Des déesses! On ne les mérite pas, nous, misérables mortels mâles répugnants, sales et visqueux.

Alors il s’est lancé en politique, ce con. Évidemment, il fallait que je sois là, à ses côtés. Au début, c’est l’instinct du métier de mannequin qui m’a permis d’avoir l’air de prendre mon pied quand il faisait le pitre dans des hangars d’aéroport à emberlificoter des Américains désœuvrés qui croyaient vraiment qu’un milliardaire new-yorkais né dans la richesse allait les sortir de leur merde socio-économique s’il devenait POTUS…

Encore une fois, Lagacé dit n'importe quoi.

Dans les faits, on sait très peu de choses sur les convictions politiques de Melania. Tout semble indiquer qu'elle n'est qu'une potiche apolitique qui n'a absolument aucun intérêt pour ce genre de trucs trop compliqué pour elle. Elle est davantage passionnée par ses cheveux, ses ongles et sa garde-robe que par les grands enjeux de notre époque.

Les rares fois où elle a parlé de politique, c'était pour endosser son mari sans réserve.

Ah, mais j'oubliais, Patrick Lagacé sait qu'elle fait semblant parce qu'il est capable de lire dans les pensées!

(...) Je tenais donc le coup… Jusqu’à ce que le Washington Post déterre les commentaires de Donald à propos des femmes qu’on peut « agripper par la chatte », j’imagine que vous n’avez pas oublié ça, vous non plus…

Oui, oui, je sais, ce sont des propos indignes qui décrivent une agression sexuelle. J’ai tiqué là-dessus. Mais moi, ce qui m’a un peu, beaucoup, furieusement fait capoter, c’est LA DATE où il s’est vanté d’agripper des femmes par la chatte…

Nous étions DÉJÀ mariés, quand il s’est vanté de faire ça, en 2005, vous saurez.

Ce soir-là, j’ai vidé une bouteille de chardonnay et je lui ai dit que c’était fini-f-i-n-iiiiii, lui et moi.

Ouais, parce qu'elle ne savait pas que le gros tata qu'elle a marié fait ce genre de jokes épaisses. Elle avait besoin du Washington Post pour le lui apprendre!

J'sais pas pour toi mon ti-Pat, mais dans mon cas, ma femme connaît très bien mes jokes plates. Elle les a toutes entendues. À plus d'une reprise.

Et tu sais quoi? Elle ne les rit peut-être pas, mais elle sait que ce sont des jokes. C'est sans doute la même chose pour Melania.

Ah mais j'oubliais, toi ti-Pat, t'es un féministe. Des jokes de cul, tu ne fais jamais ça, toi. C'est pas bien. Quand on fait une joke de cul, on se rend responsable de toutes les injustices dont souffrent les femmes dans l'univers. C'est pire que tuer des chatons, ça, des jokes de cul...

Pardonnez-moi... je ne suis qu'un pauvre pécheur écervelé...

Peut-on larguer un président désigné des États-Unis ? Non. On ne peut pas.

Pourquoi pas?

En quoi cette femme est-elle une prisonnière de cette relation? En quoi son sort est-il si terrible?

Tu veux vraiment que de mon p'tit semi-détaché à essayer de rejoindre les deux bouts avec un salaire de merde de p'tit prof de primaire, je ressente de la pitié pour cette pétasse qui a une armée de domestiques à son service, qui se ballade en limo et en avion privé, qui vit dans le luxe jusqu'aux oreilles et qui voit tous ses caprices et tous ses désirs comblés?

Non mais tu te fiches de ma gueule, là?

Alors je suis là, de Mar-a-Lago à Rome, à ses côtés, je suis là, mais je le déteste. Et il le sait…

La pauvre!

Un instant, je dois essuyer une larme...

Ma haine, je ne peux pas la crier. Ce ne serait pas très protocolaire, pas très first lady-like.

Alors ma haine, je la communique subtilement, mais je la communique au monde entier.

Je ne connais rien à la politique, mais les caméras, doux Jésus, ça je connais, championne du monde…

Mon sourire qui s’évapore dès qu’il ne me regarde plus, comme lors de sa prestation de serment ?

J’avais fait un nano-pas de côté, juste pour être certaine qu’une caméra capterait mon visage. C’est devenu un GIF : je n’en demandais pas tant…

Et à Rome, quand il a tenté de me prendre la main en sortant d’Air Force One et que je l’ai levée pour replacer ma frange, vous pensiez que c’était juste du mauvais synchronisme ?

Voilà d'autres merveilleux exemples des conneries qui sont véhiculées dans les médias.

Tu vois Pat, si à la place de nous parler du nombre de boules de crème glacée que mange Donald ou des simagrées insignifiantes de sa femme, si vous nous offriez plutôt des analyses solides des enjeux actuels et des politiques du président des États-Unis, peut-être qu'on pourrait se faire une opinion par nous-mêmes.

Si vous analysiez intelligemment avec justesse et profondeur les décisions de Trump, sans tomber dans la diabolisation et la caricature, peut-être que cela permettrait à vos lecteurs de bien comprendre les conséquences parfois très graves que celles-ci risquent d'avoir.

Si vous nous offriez un peu de substance, peut-être que les gens pourraient se forger une opinion du bonhomme qui a un tantinet de valeur.

Mais non.

Comme Melania, tu préfères la superficialité. Les apparences. Les frivolités.

Elle est une mannequin, ça n'a rien d'étonnant.

Toi, tu es un journaliste.

Tu devrais avoir honte.



18 commentaires:

fylouz a dit…

Oh la la, un peu d'humour et de recul, Prof.
Non, Lagacé n'accorde pas toutes les vertus à l'une et tous les défauts à l'autre. Quand il écrit : "Moi, la belle. Moi, la sculpturale Slave qui fait tourner toutes les têtes dans les salons mondains et les bals de charité et qui fait bander d’envie tous ses amis dégoûtants." C'est clairement de la satyre. Comment une femme pourrait-elle se décrire ainsi sans être complètement narcissique et stupide ? En plus, il parle de "deal", en d'autres termes de transaction financière, ce qu'il confirme ensuite lorsqu'il parle du "du deal typique et implicite qui unit toutes les top-modèles du monde qui choisissent d’épouser un milliardaire bedonnant qui a l’âge de leur père." Et qui se résume à l'expression "Trophy Wife".
Ben oui, tu crois qu'elle l'aurait épousé s'il avait vécu du B.S. dans un trailer ? Tu crois qu'il l'aurait épousée si elle n'avait été aussi jeune et top modèle ?
Quand elle l'a épousé, il avait 54 ans, elle 25. Tu crois que c'était pour ses beaux yeux ? Alors oui, c'est un deal et non, Lagacé n'affranchit pas Mélania Trump de toute responsabilité. Je dirais plutôt qu'il en fait un portrait au vitriol.
Les mannequins sont des travailleurs indépendants aux revenus irréguliers. A 25 ans, elle était en fin de carrière. D'après Wikipedia, "Elle défile pour la fabrique où travaille sa mère, poussée par ses parents. Au lycée, elle suit des cours de photographie, et fait du tricot à la maison. Elle aimerait devenir styliste et pose en 1987 pour le photographe Stane Jerko, qui la repère dans la rue et lui offre ses premiers shootings. Elle parle couramment le slovène, l'anglais, l'italien, le serbe et l'allemand."
Donc, question études, c'était pas brillant, à moins de se reconvertir dans la traduction, avec sans doute, d'importantes pertes de revenus.
"Peut-on larguer un président désigné des États-Unis ? Non. On ne peut pas."
Je dirais plutôt, "Peut-on larguer un milliardaire entouré d'une armée d'avocats ?"
Tu paries qu'elle a du signer un contrat de mariage hyper contraignant qui lui retirerait la garde de son fils et la jetterait à la rue en cas de divorce ?
Trump a épousé précédemment Ivana Zelníčková, mannequin et athlète (3 enfants, 15 ans de mariage, le record), il a prétendu avoir eu une liaison avec Carla Bruni (imagine en passant la conversation entre premières dames si Sarko avait été réélu), il a ensuite été marié à Marla Maples, présentatrice TV et actrice (6 ans de mariage, une fille), et enfin Mélania (7 ans de mariage, un fils).
Effectivement, Lagacé dérive un peu par moment : "Mon sourire qui s’évapore dès qu’il ne me regarde plus, comme lors de sa prestation de serment ?" Apparemment, c'était une réaction à une remarque que Trump faisait à leur fils.
Quand aux deux fois où elle a refusé de lui prendre la main et à son refus de vivre à la Maison Blanche, ça me fait penser au coup où Cécilia Sarkozy a refusé de prendre la main que son mari (de l'époque lui tendait) et celui où elle a prétendu être grippée pour ne pas rencontrer George W. Bush. Cinq mois plus tard, divorce.

Guillaume a dit…

C'etait un texte satirique et ma foi assez bon. Et je suis d'accord avec Fylouz: Melania n'est pas decrite comme vertueuse mais comme une bimbo superficielle qui finalement se prostitue dans un mariage.

Prof Solitaire a dit…

Vous croyez vraiment que cet article ne fait pas une description dithyrambique de Melania? Vraiment? C'est à se demander si on a lu le même. Je ne vois pas une seule phrase qui soit critique à son égard, il me semble qu'elle est clairement décrite comme une pauvre victime éplorée qu'il faut plaindre.

En tous cas, vous conviendrez au moins que la description qui est faite d'elle est vraiment plus flatteuse que celle qui est faite de son mari!

Pour le reste, qu'il s'agisse de l'humour et de la satire, je veux bien... enfin, j'imagine que Lagacé n'a pas perdu la carte au point de prétendre sérieusement qu'il lit les pensées de Melania Trump... mais le fait que cela soit de la satire invalide-t-il ma critique? Je ne crois pas.

Par exemple, Lagacé utilise-t-il la satire pour décrire Melania comme une victime de manière sarcastique afin de communiquer le message contraire? Si c'est son intention, alors c'est raté.

Utilise-t-il la satire comme prétexte pour déverser son mépris de Trump dans une chronique? Si c'est là le seul objectif recherché, ben je ne suis pas son thérapeute personnel. Si son mépris sans s'appuyer des faits concrets, alors c'est sans intérêt et je ne vois pas très bien ce que ça vient faire dans un journal sérieux. Qu'il écrive pour Charlie Hebdo s'il veut verser dans la satire...

Il me semble évident que cet article est un hit piece assassin. Qu'on l'emballe dans la satire ou pas n'y change rien.

Et en bout de ligne, ce que je dis, c'est que moi, ce que je veux, c'est de l'information solide, des analyses étoffés. Pas de la satire. Il y a des raisons valides et graves de critiquer Trump. La crème glacée et les simagrées de sa femme n'en sont pas.

Demandez aux gens autour de vous ce qu'ils pensent de Trump. Ils vont probablement tous vous dire qu'ils le détestent, mais il ne seront probablement pas en mesure de vous donner de bonnes raisons. Ben moi, je blâme les médias pour ça.

Cela étant dit, je suis peut-être dans le champ, j'sais pas. Mais je sais que vous détestez tous les deux viscéralement Trump, alors la question que je vous pose à tous les deux, c'est: est-ce que cette haine vient colorer votre jugement de cet article?

Si c'était à propos de la femme d'un politicien que vous aimez bien, défendriez-vous l'article de la même façon que vous le faites présentement?

Est-ce que, lorsqu'il est question de Trump et seulement dans son cas à lui, tous les coups sont permis? Même les plus gratuits?

fylouz a dit…

"Vous croyez vraiment que cet article ne fait pas une description dithyrambique de Melania?"
Absolument pas, c'est carrément l'inverse.

"Vraiment? C'est à se demander si on a lu le même."
Là, je suis d'accord. Ton manque de recul et ton énervement sont flagrants et perturbent ton jugement.

"Je ne vois pas une seule phrase qui soit critique à son égard, il me semble qu'elle est clairement décrite comme une pauvre victime éplorée qu'il faut plaindre."
- "Désolée, mais ça ne faisait pas partie du deal. Le deal ? Celui que j’ai scellé en épousant Donald. L’entente était pourtant simple."
Elle présente son mariage plus comme une entente commerciale qu'une histoire d'amour.
- "Moi, la belle. Moi, la sculpturale Slave qui fait tourner toutes les têtes dans les salons mondains et les bals de charité et qui fait bander d’envie tous ses amis dégoûtants. Lui, la bête."
Là, elle apparaît condescendante et méprisante envers son mari. Elle semble aussi vouloir dire que son unique rôle dans ce mariage est de jouer les belles plantes.
- "Lui, la bibitte vulgaire mais ultra-riche qui m’assure une vie douillette et dorée à New York. Champagne, hélicoptères, American Express Platine et domestiques qui se précipitent à mes pieds quand je sonne la clochette en or massif dans notre penthouse qui surplombe la ville qui ne dort jamais."
Description d'une femme qui a épousé un homme uniquement pour les avantages corporels et financiers qui vont avec.
- "Bref, je vous parle du deal typique et implicite qui unit toutes les top-modèles du monde qui choisissent d’épouser un milliardaire bedonnant qui a l’âge de leur père."
Plus méprisant que ça, je ne connais pas. Il laisse carrément entendre que le but des top-modèles est de finir toutes en "trophy wife" avec un riche mari."
- "Mais personne ne m’avait jamais parlé d’aller vivre à Washington ! Washington est le Hollywood des gens laids"
Mépris pour les New-Yorkais.
- "Je me fous de la politique. Ça ne m’intéresse pas, ça ne m’a jamais intéressée."
Là, ça sent un peu la pitoune qui ne s'intéresse à rien, sinon elle-même.
- "Je ne voulais rien savoir d’être épiée par les journalistes 24 heures sur 24, sept jours sur sept, de faire des sourires et des saluts comme si j’étais une version plus jeune et plus grande de la reine d’Angleterre."
Personnalité égoïste et bornée.
- "J’ai rechigné, j’ai bougonné, j’ai même pleuré…"
Madame fait un gros caprice.
- "Alors oui, j’avais L’AIR heureuse, en jouant la future première dame. Je faisais comme quand des publicitaires utilisaient mon visage pour vendre de tout, même des condos en time sharing à Orlando : je faisais… semblant. Là, mon visage servait simplement à vendre un autre type de produit, un futur président. Comme pour les condos à Orlando, je faisais semblant que c’était un produit que j’aimais."
Madame n'a aucune sincérité, elle joue un rôle.
- "Je jouais donc mon rôle sans me plaindre, certaine que Donald perdrait, comme un peu tout le monde…"
Tiens ? Qu'est-ce que je disais ? En plus comme soutien à son mari, on repassera. Egoïste jusqu'au bout des ongles (manucurés).
- "Oui, oui, je sais, ce sont des propos indignes qui décrivent une agression sexuelle. J’ai tiqué là-dessus. Mais moi, ce qui m’a un peu, beaucoup, furieusement fait capoter, c’est LA DATE où il s’est vanté d’agripper des femmes par la chatte…
Nous étions DÉJÀ mariés, quand il s’est vanté de faire ça, en 2005, vous saurez."
Donc, ce n'est pas le fait qu'il ait dit cette saloperie, c'est qu'il l'ait dit alors qu'ils étaient déjà mariés.

fylouz a dit…


"Demandez aux gens autour de vous ce qu'ils pensent de Trump. Ils vont probablement tous vous dire qu'ils le détestent, mais il ne seront probablement pas en mesure de vous donner de bonnes raisons. Ben moi, je blâme les médias pour ça."
Je ne sais pas quels médias tu regarde ou lis (à part La Presse et CNN, de toute évidence) mais il est temps que tu élargisse un peu tes sources.

" Mais je sais que vous détestez tous les deux viscéralement Trump, alors la question que je vous pose à tous les deux, c'est: est-ce que cette haine vient colorer votre jugement de cet article?"
Je ne déteste pas Trump, je le trouve très, très con et dangereux et je pense que ton propre jugement est coloré par les problèmes avec tes collègues féminines que tu as eu ces dernières années. C'est comme si tu voyais tout à travers des lunettes aux verres sales et pas du tout accommodés à ta vision.

"Si c'était à propos de la femme d'un politicien que vous aimez bien, défendriez-vous l'article de la même façon que vous le faites présentement?"
Déjà, il faudrait que j'en trouve un que j'aime bien. Je suis peut-être cynique mais j'ai tendance à vouloir me tirer une balle dans la tête quand je les entend parler ou que je lis un article à leurs sujets.

"Est-ce que, lorsqu'il est question de Trump et seulement dans son cas à lui, tous les coups sont permis? Même les plus gratuits?"
Non, pas du tout, ça ne fait qu'affaiblir le débat et noyer les critiques constructives et basées sur des faits établis, comme celui-ci :
http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/31/le-clan-trump-outre-apres-une-representation-du-president-decapi_a_22119046/?utm_hp_ref=fr-homepage

Guillaume a dit…

J'ajouterais à ce que dit Fylouz 1)que la seule qualité qu'il donne à Melania Trump c'est d'être une belle plante manipulatrice et 2)que Patrick Lagacé est chroniqueur: il écrit une chronique d'opinion dans ce cas-ci forcément spéculative. Et des pitounes superficielles qui finissent par quitter leur sugar daddy et ensuite parlent en mal de lui publiquement pour régler des comptes, ben ça arrive assez souvent et ça ressemble à ça quand ça commenceà ne pas tourner rond. Lady Di l'a fait, et je n'ai de la sympathie ni pour elle ni pour le Prince Charles. Julie Couillard a fait la même chose avec Maxime Bernier et tu liras mon blogue (ça date de 2008) si tu savoir ce que je pense d'eux.

Prof Solitaire a dit…

"je pense que ton propre jugement est coloré par les problèmes avec tes collègues féminines que tu as eu ces dernières années. C'est comme si tu voyais tout à travers des lunettes aux verres sales et pas du tout accommodés à ta vision."

Elle fait mal celle-là, sincèrement...

Je la mérite peut-être, j'sais pas... je vais y penser... mais là, ça pince, vieux!

fylouz a dit…

Désolé, sincèrement. Il y a pas mal de choses très vraies que tu dénonce à propos des féministes sur ton blogue, mais parfois (comme ici) tu pète une coche pour rien et je trouve ça inquiétant. Ca dénote un ressentiment profond, je pense. Peut-être devrais tu prendre tes distances avec ce sujet pour un moment au moins, comme tu l'a fait pour les "fanas du mois".

fylouz a dit…

Tiens, un prix de consolation (avec photo de panda) :
http://www.lemonde.fr/big-browser/article/2017/06/01/justin-trudeau-et-l-art-de-la-propagande-emotive_5137072_4832693.html

Gc a dit…

Bonjour Prof,

Perso, comme il m'arrive parfois/souvent je suis d'accord avec Filouz, je pense que tu devrais prendre un peu de recul sur les chroniques féministes. Pas que tu n'as pas raison. Tu as raison, le féminisme 2.0 est malsain. Tout le discours aussi sur les conflits de genres, etc. Tout ça fait parti de la globalisation. On oppose des Trump à des Macron ou Trudeau, mais ça ce ressemble pas mal.
Le féminisme 2.0, l'Islam "de l'Ouest", l'hypereligiosité partout, le multiculturalisme, c'est un grand tout qui vise à ébranler l'occident par la gauche regressive qui contrôle l'agenda médiatique via le politquement correcte.. D'où les chroniques du fana du mois, etc. C'est dit
Par contre, avant, tu écrivais pour toi. Je veux dire tu écrivais pour te vider, pour partager, etc. De temps à autres, tu avais des lecteurs qui interragissaient avec toi. Des habitués. Maintenant, tu écris pour tes lecteurs. Tu auras beau en avoir 100 000... Tu interragis avec combien.
Tu vois, moi j'aime bien Lauren Southern et Paul Joseph Waston, mais ils en ont fait un métier.
Je me souviens d'un texte touchant ou tu confais que ton gamin était autiste et où tu annonçais que ton blogue allait te permettre d'explorer le sujet. Ce n'est pas vraiment arrivé.
Là où je veux en venir, c'est que tu as beaucoup de chronique sur le féminisme. Il y en a que j'adore. Celle-là tu y apportes du neuf. Mais cassé du sucre juste pour cassé du sucre tu vas devenir amère.
Je dis ça, je dis rien.
P.s. Juste pour déranger Filouz, les fanas du mois ne me manque pas. lol

Gc a dit…

Tu vois ici, un nouvel angle. Lauren Southern vient de faire une "conférence" dans un collège américain sur la femme traditionnelle. C'est évidemment un critique du féminisme. ça apporte du neuf.
https://www.youtube.com/watch?v=HFW0z0Y5TR4&t=879s

fylouz a dit…

A Gc, où vois tu que "Les fanas du mois" me manquent ? Moi, je suis proactif. Le vendredi, je vais à la mosquée, le samedi à la synagogue, le dimanche à l'église traditionaliste, et le reste de la semaine j'envoie des chèques à l'église de scientologie.

Et quelques suggestions de médias sérieux :
http://www.legorafi.fr/2017/06/01/emmanuel-macron-a-telephone-avec-justin-trudeau-toute-la-nuit-car-il-narrivait-pas-a-dormir/

https://youtu.be/4cm4803WbuY

Kevin Macarry a dit…

Quelle genre de connerie incipide Trump fait il (je ne m'interesse pas trop à la politique je sais juste qu'il a voté une loi ou renforcé celle ci pour obligé les banques à accepter des crédits et les bombardement en syrie)

Prof Solitaire a dit…

Je vais tenter de vous répondre dans un futur billet, messieurs. Mais pas tout de suite parce que je suis très fatigué et je manque de temps. Et de plus, je veux réfléchir avant de répondre afin de ne pas dire n'importe quoi.

Merci de vos commentaires et merci de votre patience.

Olivier Kaestlé a dit…

Excellent et savoureux billet que tu nous offres là, cher collègue. Patrick Lagacé est au journalisme ce que la pneumonie est au sirop contre la toux. Tu l'as carrément remis à sa place. Ne perds pas ton temps à répondre aux quelques imbéciles qui s'en prennent à toi. Consacre plutôt tes énergies à tes prochains projets d'écritures. Dis-toi bien que plus de chacals se manifestent, plus c'est le signe que tu les déranges. Il s'agit d'une forme de reconnaissance inversée qu'il ne faut pas sous-estimer.

Guillaume a dit…

Des chacals? Sans blague! Patrick Lagace n'a pas toujours raison, mais on ne peut pas lui fabuler un texte qu'il n'a jamais ecrit!

fylouz a dit…

@Olivier Kaestlé, merci pour les imbéciles et les chacals. Je ne vois honnêtement pas à quel moment moi-même ou une autre personne s'en prend au prof, ni à quel moment j'exprime l'opinion qu'il me dérange. Vu le ton que vous prenez, je dirais que vous êtes le premier à qui vos propres commentaires s'appliquent. Comme disait Molière : "Qui se sent morveux, se mouche". Et comme on dit au Québec, quand quelqu'un vous balance : "Mange d'la marde !", "Dans ce cas, monsieur, je vous invite à souper." A bon entendeur...

Prof Solitaire a dit…

Je pense qu'Olivier vous prend pour des trolls malveillants. Il en a malheureusement connu plus que son lot... il a le coeur à la bonne place en prenant ainsi ma défense. Mais ces trois gars-là ne sont pas des trolls, Olivier. Ce sont des lecteurs de longue date avec qui j'ai un désaccord. Ce n'est pas la première fois et, je l'espère, pas la dernière.