17 mai 2017

Le cinquième commandement: «Honore ton père et ta mère»

Ce billet s'inscrit dans une série de textes que je publie en réplique à des vidéos de Dennis Prager qui chantent les louanges des dix commandements.

Le premier commandement: «Je suis le Seigneur ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage.»

Le second commandement: «Tu n’auras pas d’autres dieux que moi...»

Le troisième commandement: «Tu n’invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal...»

Le quatrième commandement: «Tu feras du sabbat un mémorial, un jour sacré...»

Passons maintenant au cinquième commandement, que voici dans son intégralité:

«Honore ton père et ta mère, afin d’avoir longue vie sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.»

Quiconque lit ceci sans trop réfléchir se dira peut-être qu’il s’agit d’un commandement bénéfique. Or, comme pour tous les autres, il n’en est rien.

Premièrement, pour un commandement qui prétend venir tout droit d’un être suprême infiniment sage et intelligent, on est bien obligés de constater qu’il est d’un simplisme désarmant. L’absence de sophistication devrait immédiatement nous faire douter de son origine divine.

En effet, nul besoin d’être un génie pour comprendre que ce ne sont pas tous les parents qui méritent notre respect. Des parents toxiques, cruels et dangereux qui abusent, maltraitent et torturent leurs enfants, ça existe bel et bien et ces gens ne méritent que notre plus total mépris. Les enfants qui ont souffert sous leur joug auront suffisamment de mal à soigner les blessures qu'on leur a infligés, ils n'ont pas besoin EN PLUS de se sentir coupables de ne pas les "honorer". Un être soi-disant suprême devrait le savoir.

Deuxièmement, remarquez cette étrange et ridicule promesse de «longue vie sur la terre» pour ceux qui obéiront à ce commandement. Est-ce à dire que les gens qui refusent de s’assujettir aveuglément dans une obéissance totale à leurs parents seront systématiquement condamnés à une mort précoce? Quelle farce…

Évidemment, M. Prager se rend bien compte que cette partie du commandement est insensée, alors comme à son habitude, il détourne le sens du texte original et déclare qu’il ne s’agit pas d’une «promesse», mais plutôt d’une «raison»:



«The society in which children honor their parents, your society will long survive. And the corollary is that the society in which children do not honor their parents is doomed to self-destruction.»

Et pendant qu’il prononce ces mots, une petite animation d’une extraordinaire puérilité illustre des enfants obéissants qui disent : « Oui papa, oui maman » et ensuite, des enfants rebelles qui virent au rouge, qui gesticulent et qui hurlent: « Je n’ai pas à t’écouter! Tu ne peux pas m’y forcer! »

Non seulement cette interprétation de M. Prager est bien loin d’être une évidence (elle tient davantage de son ardent désir de justifier ce commandement plutôt que de la signification originale du texte), mais elle est tout aussi risible.

Je ne peux pas m’empêcher de constater comment M. Prager s’exprime en utilisant des absolus. Chacune de ses phrases constitue une généralisation abusive qui est complètement dénuée de nuance et de sophistication. Cela est caractéristique des croyants, d’ailleurs.

Voyez par vous-même: comment une société peut-elle être entièrement constituée d’enfants obéissants? Et de la même manière, comment une société peut-elle ne compter que des enfants désobéissants? C’est caricatural. Ça n’a tout simplement aucun sens.

De plus, M. Prager a-t-il un seul exemple de société qui s’est « auto-détruite » (toujours cette éternelle menace de destruction et de souffrance pour quiconque OSE désobéir) à cause de la désobéissance des enfants, n'importe quand dans l’histoire du monde?

Non?

Pas une seule?

Pas étonnant. De telles sociétés n'existent pas.

Comme c’est le cas pour la plupart des croyants, M. Prager est lui-même la victime de ce qu’il promeut. S’il avait passé moins de temps à obéir et plus de temps à réfléchir, alors ses arguments seraient beaucoup plus sophistiqués et convaincants.

M. Prager ajoute, non sans mépris:

"Many of the best educated parents do not believe that their children need to show them honor since "honoring" implies an authority figure and that is a status many modern parents reject."

Les propos sont accompagnés d'une petite animation stupide dans laquelle on voit un petit garçon qui donne un coup de pied à son père et se moque de lui.

Encore cette vision manichéenne. Encore cette perception du monde dépourvue de nuances. Il n'y a que le bien et le mal. Le noir et le blanc. Les gentils et les méchants. L'enfant obéissant et soumis ou le petit morveux insupportable qui frappe ses parents.

Ridicule.

M. Prager devrait regarder le film Dead Poet Society, il apprendrait beaucoup:



M. Prager a tout faux. L'approche éducative qui refuse de perpétrer le modèle "dominant-dominé" n'est pas fondée sur un rejet de l'autorité parentale.

J’enseigne depuis 20 ans et je suis papa de deux jeunes garçons. Je suis donc plutôt bien placé pour affirmer qu’une éducation basée sur l’obéissance n’est tout simplement pas une éducation valable. Car il faut éduquer les enfants, pas les dresser. Nous sommes des êtres humains, pas des chiens ou des chevaux.

J'exerce mon autorité parentale ou mon autorité d'enseignant au besoin. Je ne la rejette pas. Mais je l'exerce non pas pour écraser, pour humilier ou pour terroriser les enfants. Je l'exerce lorsque cela est nécessaire pour les guider, les aider et les rappeler à l'ordre.

Je n'exige pas qu'ils soient soumis et obéissants. J'exige qu'ils soient raisonnables et raisonnés.

Bien sûr, certains comportements ne sont pas acceptables et les enfants doivent parfois être disciplinés. Mais l’objectif ne devrait jamais être de les humilier ou de les réduire à la plus abjecte des soumissions ou à une obéissance aveugle. Les enfants sont des êtres doués de raison et ils ont besoin de savoir pourquoi on leur demande d’agir comme ceci ou comme cela. Ils sont capables d’être raisonnables et c’est en les traitant comme tel qu’on favorise le développement de leurs facultés cognitives et, ultimement, leur épanouissement.

Pensez-y, quel est le meilleur environnement pour favoriser l'évolution saine d'un enfant? Celui qui ressemble à la Corée du nord, avec son dictateur tout-puissant et ses sujets soumis? Ou celui qui ressemble à un système dans lequel chacun a le droit de s'exprimer en respectant certains paramètres, et dans lequel l'adulte, en bout de ligne, écoute les suggestions de chacun et prend la décision en expliquant pourquoi il juge que cela est la meilleure option?

Les enfants sont plus heureux et épanouis dans le deuxième système. Une famille ou une classe qui suit le modèle de l'armée ou d'une dictature n'a rien d'enviable.

Les enfants sont des êtres humains à part entière et ils ont le droit d'avoir leur propre couleur, leurs propres passions, leur propre personnalité et le droit de l'exprimer. L'abjecte soumission à l'autorité parentale ou religieuse étouffe l'originalité et brime la liberté des individus.

Tous les progrès que réalise une société passent nécessairement par un rejet des modèles anciens, par une transgression des anciens tabous et par une remise en question de l'autorité des parents. Sans cela, une société est condamnée à l'immobilisme.

C'est vrai! À bien des égards, nos sociétés modernes horrifieraient nos lointains ancêtres. Nous avons rejetés leur code vestimentaire et leurs préjugés. Nous nous sommes affranchis de leurs interdits, de leurs superstitions et de leurs tabous. Nous avons réinventé le monde, tout comme eux l'avaient fait avec le monde qu'ils avaient hérité de leurs ancêtres à eux. Ainsi va la vie. Sans cela, nous vivrions encore comme à l'époque de la rédaction de la bible dans des communautés primitives, fermées, étouffantes, ignorantes et oppressives.

Ce commandement ne constitue donc absolument pas une quelconque forme de sagesse ou de guide pour l'éducation des enfants ni pour la santé d'une société.

Si c'est une perle de sagesse que cherche M. Prager, il devrait laisser sa vieille bible de côté et se tourner vers d'autres sources, comme par exemple Khalil Gibran:



Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de vie en lui-même. 

Ils viennent par vous mais non de vous, et bien qu’ils soient avec vous, ce n’est pas à vous qu’ils appartiennent. 

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, car ils ont leurs propres pensées. 

Vous pouvez loger leurs corps mais non leurs âmes, car leurs âmes habitent la demeure de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves. 

Vous pouvez vous efforcer de leur ressembler, mais ne tentez pas de les faire comme vous. Car la vie ne retourne pas en arrière ni ne s’attarde à hier. 

Vous êtes les arcs qui projettent vos enfants telles des flèches vivantes. 

L’archer voit la cible sur le chemin de l’infini et il vous tend de sa puissance pour que ses flèches puissent voler vite et loin. 

Que votre tension par la main de l’archer soit pour la joie car de même qu'il aime la flèche qui vole, il aime aussi l’arc qui est stable.

Et une fois de plus, un simple mortel nous offre plus de sagesse, de profondeur et de vérité que ce soi-disant dieu et son vieux livre dépassé et puérile.

Mais revenons aux élucubrations de ce bon vieux Dennis:

"In addition, many parents seek to be loved, not honored by their children."

Fausse dichotomie. Il est tout à fait possible d'être à la fois aimé et respecté. D'ailleurs, n'est-ce pas là l'idéal qu'il faut souhaiter atteindre?

Qu'y a-t-il de mal à être aimé de ses enfants? Évidemment que je veux que mes enfants m'aiment. Mais contrairement à ce que sous-tend la petite animation qui accompagne ces propos, je n'achète pas l'amour de mes enfants avec des cadeaux. Je mérite cet amour en étant présent pour eux et en m'investissant dans leur vie. Je passe du temps avec mes enfants, je les écoute, je joue avec eux, je les taquine, je leur fait sentir qu'ils ont de la valeur et que je les aime tels qu'ils sont. Où est le mal?

M. Prager, en bon conservateur judéo-chrétien, semble vivre encore dans les années 50. C'est assez pitoyable.

Mais pour une fois, il fait preuve d'une honnêteté désarmante lorsqu'il affirme:

"Honoring parents is how nearly all of us come to recognise that there is a moral authority above us to whom we are morally accountable."

Le chat sort du sac.

Cette autorité dont parle M. Prager, c'est bien évidemment son dieu. Or, des gens qui auront été soumis à une sévère et stricte autorité parentale dans leur enfance seront effectivement des moutons plus obéissants pour les curés, les rabbins, les imams et les pasteurs lorsqu'ils deviendront des adultes.

Il a tout à fait raison là-dessus.

Toutefois, posez-vous la question: ce résultat que M. Prager considère souhaitable l'est-il vraiment?

La réponse, bien évidemment, est NON.

Les grandes révolutions et les progrès de l'humanité et du monde moderne n'ont pas été réalisés par des croyants obéissants et fanatiquement soumis à une autorité religieuse toute-puissante. Ils sont l'oeuvre des libres penseurs, des génies et des gens marginaux qui ont refusé de faire comme les autres et de suivre le troupeau. Ils ont brisé la routine, transgressé les règles, réfléchi autrement, remis en question les vieilles certitudes et repoussé les frontières de l'ignorance. Ce sont ces gens-là qui changent le monde pour le mieux.

Regardez ce que nous aura amené la soumission et l'obéissance de nos ancêtres à l'autorité de l'Église catholique. Le MOYEN-ÂGE dans lequel les gens étaient maintenus dans un état de servitude et de quasi-esclavage, dans l'ignorance et la pauvreté la plus abjecte, terrorisés par les pronostics apocalyptiques et les menaces de supplices éternels de la religion, rongés par la honte et le mépris de soi, enchaînés aux coutumes inviolables d'une société qui punit l'originalité, la marginalité, qui brûle les hérétiques et qui bafoue la liberté.

Sous le règne de l'Église, nos ancêtres vivaient encore en 1930 essentiellement de la même manière qu'en 1630. C'est en brisant ce carcan de la soumission et de l'obéissance aveugle que nous avons enfin pu pénétrer dans la modernité.

Mais pas selon M. Prager:

"Honoring parents is the best antidote to totalitarism. One of the first things totalitarian movements seek to do is to break the child-parent bond. The child's allegiance is shifted from parents to the state."

Est-il nécessaire de dire que cette remarque tient davantage des fantasmes de M. Prager que de la réalité?

Sans blague... comme si les religions ne se plaçaient pas elles-mêmes au-dessus de toutes les autres autorités, y compris parentales!

N'importe quoi.

Le non-respect des parents n'est pas du tout une caractéristique fondamentale des régimes totalitaires. Au contraire. Les régimes totalitaires instrumentalisent les parents afin que ceux-ci deviennent des courroies de transmission de l'idéologie dominante. Souvenez-vous de cette médaille nazie dont j'ai déjà parlé sur ce blogue. Elle avait été remise à... une mère. Tiens donc.

À la fin, Prager reconnaît enfin que certains parents ont été si cruels qu'ils ne méritent pas qu'on les honore.

Mais il ajoute que ces cas sont très rares.

Pas aussi rares que tu crois, mon Dennis. Malheureusement.

Mais, au moins, en l'admettant, tu démontres que même toi, mon cher, tu es capable de rendre ce commandement plus nuancé et moins stupide qu'il ne l'est dans sa forme originale.

Comment cela serait-il possible s'il était réellement d'origine divine?



11 commentaires:

Alex a dit…

Je trouve que tu démontres une immense mauvaise-foi par ton billet.

Si le commandement était aussi dépourvu de nuance il aurait été écrit comme suit "Enfants obéissez aveuglément en tout points à vos parents peu importe ce qu'ils vous demandent" or ce n'est pas le cas.

Le commandement est très nuancé à la base.

Premièrement il y a certainement une autorité parentale à respecter, le fait que le parent soit en position d'autorité est normal et sain. Ceci ne veux pas dire que le parent est en droit d'abuser cette autorité, mais qu'elle est nécessaire au bon développement des enfants. Elle permet à ce que les parents, qui ont plus d'expérience, restreignent la liberté de leurs enfants à commettre des actes nocifs, soit pour eux-mêmes ou envers les autres.
Un parent qui veux à tout prix être aimé de son enfant, être son ami, aura tendance à ne pas exercer son autorité parentale, ce qui nuit au développement de l'enfant. On pourrait résumer cela par la phrase dite à un enfant récalcitrant "Je suis ton père, pas ton chum! Je t'aime mais la réponse est non."

Ce n'est pas tout l'un ou tout l'autre, mais bien le centre.
Trop autoritaire et cela va nuire à l'enfant et à la relation avec son parent.
Pas assez d'autorité et cela va aussi nuire à l'enfant et à la relation avec son parent.

Honorer ne veux pas dire vouer une obéissance absolue, au contraire on ne peux honorer ce qu'on ne connait pas. Honorer son père et sa mère revient à accepter qu'ils ne seront pas parfaits, il vont faire des erreurs, mais ils seront toujours tes parents et pour ce simple fait tu leur dois un minimum de respect.

Dans son contexte la promesse "afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne" est une promesse collective pour l'obéissance individuel à un commandement donné au peuple.

En gros, si on re-formule l'idée pour une bonne compréhension en français moderne on pourrait dire "Traitez collectivement vos parents avec déférence, ainsi votre société sera prospère et stable." Comme commandement singulier, donné à un groupe c'est plutôt excellent. Y aura-t-il des exceptions? Malheureusement oui. Mais ces exceptions n'invalident pas la règle.

fylouz a dit…

Luc 14 25
De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur dit:
26 Si quelqu'un vient à moi, et s'il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple.
27 Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple.…

Il est intéressant de voir comment les cathos essayent de se dépatouiller de ça.

En ce qui concerne la médaille, je viens de finir un livre dont je reparlerais bientôt "Les bienveillantes". Il y est fait mention du programme de natalité nazi durant la guerre : le "lebensborn".

Je cite ici un extrait qui parle de Bormann, le secrétaire privé de Hitler : "Bormann, il poursuivait une petite actrice. Tu sais que c'est un homme à tempérament, le premier étalon à secrétaires du Reich. Schellenberg l'appelle le "Fouteur de dactylos". Bref, il l'a eue. Mais ce qui est superbe, c'est qu'il l'a écrit à sa femme, qui est la fille de Buch, tu vois, le chef de la cour du Parti ? Elle lui a déjà fait neuf ou dix gosses, je ne sais plus. Et là elle répond, en gros : C'est très bien, je ne suis pas en colère, je ne suis pas jalouse. Et elle lui propose de faire venir la fille à la maison. Et puis elle écrit : "Vu la baisse terrible de la production d'enfants à cause de cette guerre, nous mettrons en place un système de maternité par rotation, pour que tu aies toujours une femme en état de servir." (...)"Oh, il l'a félicitée, bien sûr. (...)Je crois qu'il l'a traitée d'"enfant pure du national-socialisme."

L'homme qui raconte ça, Thomas, se vante d'ailleurs d'avoir mis enceintes deux de ses maîtresses et avoir reçu les félicitations de Himmler pour cela. Tandis que son interlocuteur, Max Aue - le narrateur -, est plutôt mal vu car il demeure célibataire.

En fait, l'Allemagne nazie était une véritable usine à faire des bébés, peu importe avec qui (pourvu que ce soient de pures aryennes) et dans quelles conditions.

Prof Solitaire a dit…

Je suis de mauvaise foi parce que je refuse de reconnaître les ajouts imaginaires qui sont faits à ce commandement et qui sortent tout droit de l'imagination des croyants?

Ben voyons.

Ce commandement, dans sa forme originale, valide complètement les gestes des parents autoritaires, écrasants, tyranniques et cruels et exige que leurs enfants les honore, ce qui est encore plus fort que le respect.

Il n'exige aucunement que les parents aient ne serait-ce qu'un soupçon de respect en retour pour leurs enfants ou qu'ils les traitent avec un minimum de dignité.

C'est ridicule et inacceptable.

Prof Solitaire a dit…

Fylouz, ça a l'air passionnant, j'espère que tu en feras un billet!

fylouz a dit…

Ça vient, ça vient ! Garde ta petite culotte !

(Pas de malentendu, c'est une citation de "Abyss")

Prof Solitaire a dit…

Hahaha, merci de spécifier! ;-)

Alex a dit…

Ceux qui se serviraient de ce commandement pour se justifier d'être autoritaires, écrasants, tyranniques et cruels passent largement à côté de la track.

Au fait, ton interprétation de ce texte relève d'une mauvaise herméneutique. En gros, si tu sors des versets de leur contexte tu peux t'en servir pour dire pratiquement n'importe-quoi, ce qui n'est évidemment pas ce que texte dit réellement mais cela permet à certaines personnes de se complaire dans la pensée que la bible est d'accord avec eux sur toute la ligne et/ou cela permet à d'autres personnes de diaboliser la bible en entier. Le tout basé seulement sur quelques textes complètement sortis de leur contexte.

C'est semblable aux vidéos d'Infoman quand ils vont mixer toutes les fois qu'une personnalité publique a utilisé une phrase/mot particulier en entrevue/discours pour faire paraître comme si la personne ne sait pas ce qu'elle dit, qu'elle est confuse ou bien juste pour rire d'elle. Sauf que dans le cas d'Infoman l'auditoire est au courant de ce qui a été fait et ne prend pas ça pour du cash tandis qu'envers le Christianisme les gens ont souvent des perceptions malsaines:

1 - Beaucoup de gens croient que la personne qui cite le texte biblique connaît bien le texte et le cite honnêtement dans son contexte.
2 - Les gens pensent souvent que le contexte du texte cité n'est pas du tout important, l'important c'est s'il est présent. Mais cette idée-même est illogique dans la réalité, si quelqu'un m'entends dire "J'ai donné toute une volée aue petit morveux de 12 ans hier soir" il pourrait croire que j'ai littéralement battu un enfant, par contre le contexte de la conversation étant le nouveau jeu vidéo sorti la semaine précédente peint une toute autre image de la situation. Il en est de même pour n'importe-quel texte, le contexte fait intégralement parti du propos lui-même puisque la langue n'est qu'un véhicule pour exprimer une idée.

Quand on veux réellement comprendre un texte biblique il est très important d'avoir de la rigueur et d'utiliser une bonne herméneutique, sinon on tombe trop facilement dans le piège d'interpreter le texte selon nos propres préjugés soit avec de l'aveuglement, dans ce cas on ignore les passages avec lesquels nous sommes en désaccord et on se sert d'autres passages pour confirmer nos opinions; soit avec trop de mauvaise foi, dans ce cas on fait le contraire et on se concentre sur les passages avec lesquels nous sommes en désaccord pour confirmer nos opinions négatives.

Peu importe le texte, que ce soit La Bible, La Torah, Kant, Nietzsche, Descartes, Hume ou Voltaire; Si nous n'usons pas de rigueur intellectuelle dans la lecture il nous sera possible de passer complètement à côté de l'idée exprimée.

Guillaume a dit…

L'ennui, c'est que ce commandement comme tous les autres se fout de tout contexte et n'essaie meme pas de se justifier ou s'argumenter: c'est obeis a tes parents, point final. n'y a aucune nuance que celle fabulee par les apologistes. On aurait pu ajouter: "tant que leur autorite est intelligente et raisonnable". Ce n'est pas le cas et tel qu'ecrit le parent croyant y peut trouver une justification pour tout comportement abusif. J'ajouterais qu'obeir a Dieu, s' il existait, devrait aussi etre conditionnel a l'intelligence et la raison des ordres qu'il donnerait. Mais encore une fois Dieu tel que decrit ne se soucie pas de pareilles conditions. Il les interdit carrement.

Prof Solitaire a dit…

Mais enfin, Alex... herméneutique tant que tu veux, où est le contexte dans lequel cette phrase est supposée trouvée tout son sens? L'ancien testament est un ramassis d'horreurs qui dépeint dieu comme un être monstrueux, jaloux, cruel, revanchard, égocentrique, égoïste et génocidaire. C'est ça le contexte qui est sensé nous faire comprendre la beauté de ce commandement?

Lorsqu'on cite des politiciens, des auteurs ou des philosophes, évidemment que là, il y a un contexte précis qui est l'oeuvre ou la pensée de la personne qui est connue. Mais dans le cas de la bible, les auteurs ne sont pas connus... pire, on voudrait nous faire croire qu'il s'agit de la parole d'une divinité.

Or, pour le prouver, il faudrait que le texte soit si extraordinaire qu'il n'aurait pas pu émaner d'un simple être humain. Et ce que je démontre, à mon avis assez efficacement, c'est que ce n'est pas le cas.

Je ne me concentre pas sur des petits passages sans importance que j'isole de leur contexte et que je cite malhonnêtement. Je parle des dix commandements, probablement le passage le plus important de tout l'ancien testament! Et moi, je trouve que ces commandements sont à tout le moins imparfaits et parfois carrément médiocres et risibles.

Dis-moi, quel est le contexte ou l'herméneutique qui pourrait bien venir confirmer ton interprétation de ce commandement ou celle de Prager?

S'agit-il vraiment d'un contexte clairement établi ou simplement de l'interprétation de croyants qui cherchent désespérément un message grandiose dans des lignes aussi sottes?

fylouz a dit…

Je comparerait les commandements de la Bible aux règles d'un jeu de société à la fois vagues et sujettes à multiples interprétations, d'où des heures de disputes en famille, alors qu'on est censé se détendre et communier.

Guillaume a dit…

Ah l'herméneutique! Et la théologie! Et les autres "sciences" pour comprendre tout la subtilité et la profondeur des paroles divines! Pourtant, celles-ci prétendent être universelles et donc comprises par le plus commun des mortels. Même un mortel analphabète et vivant à l'Age de Bronze. Le contexte, s'il y en a, c'est celui-là: une société primitive, superstitieuse et fanatisée. Et les Commandements qu'ils suivent seraient paraît-il intemporels. Il ya un terme pour ce genre de contorsions et de contradictions faites par le croyant pour justifier l'injustifiable: double pensée.