23 mai 2017

LES BIENVEILLANTES de Jonathan Littel - quatrième partie

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SARABANDE

Partie I : Le corbeau à trois yeux

Aue a été gravement blessé d'une balle entre les deux yeux. Selon toute logique il devrait être mort. Transporté à l'hôpital de Goumrak, puis, alors que l'avance russe progresse, évacué sur Stalingradski il est miraculeusement admis dans l'un des derniers avions à décoller.

Rétabli et de retour à Berlin, il se persuade que sa blessure s'est ouverte sur un troisième œil, un œil pinéal, non tourné vers le soleil, (...) mais dirigé vers les ténèbres, doué du pouvoir de contempler le visage nu de la mort, et de le saisir, ce visage, derrière chaque visage de chair, sous les sourires, à travers les peaux les plus blanches et les plus saines, les yeux les plus rieurs.

Thomas, qui a également réchappé à l'enfer de Stalingrad lui demande de sortir avec une jeune femme, secrétaire du Führer, qui lui raconte l'intimité de celui-ci : chaque soir, il discourait durant des heures, et ses monologues étaient si répétitifs, si ennuyeux, si stériles, que les secrétaires, les assistants et les adjudants avaient établi un système de rotation pour l'écouter : ceux dont c'était le tour ne se couchaient qu'à l'aube.

A son hôtel, son sommeil est dérangé par une fête bruyante se déroulant à l'étage en-dessous. Il s'empare de son pistolet de service, appelle Thomas puis descend frapper à la porte des fauteurs de trouble : Je m'inclinai légèrement et débitai d'un ton le plus neutre possible : « J'habite la chambre au-dessus de la vôtre. Je reviens de Stalingrad où j'ai été grièvement blessé et où presque tous mes camarades sont morts. Vos festivités me dérangent. J'ai voulu descendre vous tuer, mais j'ai téléphoné à un ami qui m'a conseillé de venir vous parler d'abord. Alors, voilà, je suis venu vous parler. Il vaudrait mieux pour nous tous que je n'aie pas à redescendre. »

En mars, le Dr Mandelbrod, un ancien compagnon de son père, qui lui sert de protecteur, riche industriel qui – avec son associé Herr Leland – semble disposer d'une grande influence jusqu'à la chancellerie du Führer, l'invite à prendre le thé. Aue est reçu par une, puis une deuxième femme vêtues de façon identique de vêtements anthracite sans insignes, mais taillés comme un uniforme, avec une culotte d'homme et des bottes plutôt qu'une jupe. On les croirai sorties de « Ilsa, louve des SS ». Il découvrira plus tard qu'elles sont trois, quasi identiques, presque des triplés (toujours la symbolique des Parques), et aucune n'hésitera à s'offrir à lui, suivant ainsi la politique de natalité allemande de l'époque basée sur la fécondité et la qualité raciale sur « le front du rendement ». Aue présente par ailleurs toutes les apparences du parfait candidat pour « l'élevage humain de la SS ».

Mandelbrod lui-même, semble sorti d'un film de la saga « James Bond » : obèse mais doté d'une belle voix mélodieuse, il ne se déplace que dans un fauteuil circulaire monté sur une petite plate-forme et est entouré de chats, dont il est pourtant allergique. Il représente pour Aue, une sorte de guide, voir de marionnettiste. La marionnette étant comme une réalité vivante, selon Platon, qui n'est pas, par nature, guidée par la raison, justifie le rôle de la politique. (Wikipedia)

Mandelbrod évoque le grand-père, puis le père de Aue : « En Allemagne, ton père fut parmi les premiers à comprendre qu'il fallait un rôle égal, avec un respect mutuel pour tous le membres de la nation, mais seulement au sein de la nation. »

Nullement découragé par l'échec de Stalingrad, il évoque déjà le futur conflit qui opposera l'Allemagne, dans cent ou deux-cent ans, à la Chine et l'importance, entre-temps « de les garder faible et de les empêcher si possible de comprendre le national-socialisme et de l'appliquer à leur propre situation. »

Comme Aue lui-même, en d'autres circonstances, il effectue un rapprochement entre le nazisme et le judaïsme : « Sais-tu d'ailleurs, que le terme de « national-socialisme » a été forgé par un Juif, un précurseur du sionisme, Moïse Hess ? (...) Comme nous, ils ont reconnu qu'il ne peut y avoir de Volk et de Blut sans Boden, sans terre, et donc qu'il faut ramener les Juifs à la terre, Eretz Israël pure de toute autre race. Bien sûr, ce sont d'anciennes idées juives. Les Juifs sont les premiers vrais nationaux-socialistes, depuis près de six mille ans déjà, depuis que Moïse leur a donné une Loi pour les séparer à jamais des autres peuples. »

Il lui fait ensuite lire un passage d'un texte de Disraeli : « C'est un fait physiologique ; une simple loi de la nature, qui a mis en échec les rois égyptiens et assyriens, les empereurs romains, et les inquisiteurs chrétiens. Aucune loi pénale, aucune torture physique, ne peut faire qu'une race supérieure soit absorbée par une race inférieure, ou détruite par elle. Les races persécutrices mélangées disparaissent ; la pure race persécutée demeure. »

« Par amour et par respect pour ton père, Max, je t'ai aidé, j'ai suivi ta carrière, je t'ai soutenu quand je l'ai pu. Tu te dois de lui faire honneur, et à sa race et à la tienne. Il n'y a de place sur cette terre que pour un seul peuple choisi, appelé à dominer les autres : ou ce sera eux, comme le veulent le Juif Disraeli et le Juif Herzl, ou ce sera nous. »

« Nous... nous nous tenons aux côtés du Führer. Vois-tu, le Führer a eu le courage et la lucidité de prendre cette décision historique, fatale : mais, bien entendu, le côté pratique des choses ne le concerne pas. Or, entre cette décision et cette réalisation qui a été confiée au Reichsführer SS, il y a un espace immense. Notre tâche à nous consiste à réduire cet espace.

Au travers de cette rhétorique,  Mandelbrod enjoint Aue de participer activement à la « solution finale. »

A la suite de cet entretien, Aue retrouve Thomas qui l'encourage à répondre favorablement à cette offre, quoi que pour d'autres  motifs : « Vois-tu (...) pour beaucoup, l'antisémitisme est un instrument. Comme c'est un sujet qui tient le Führer particulièrement à cœur, c'est devenu un des meilleurs moyens de se rapprocher de lui : si tu arrives à jouer un rôle par rapport à la solution de la question juive, ta carrière avancera beaucoup plus vite que si tu t'occupes, disons, des Témoins de Jéhovah ou des homosexuels. (...) Dorénavant, les choses seront faites correctement. Ça fait des années qu'on pousse pour une solution globale. Maintenant, on pourra la mettre en œuvre. Proprement, efficacement. Rationnellement. On va enfin pouvoir faire les choses comme il faut. »

Le 21 mars, jour du souvenir des héros, il assiste au discours du Führer. Il semble alors victime d'une singulière hallucination, ou est-ce son œil pinéal qui lui révèle une vérité que tout le monde ignore et lui permet de voir à travers l'opacité des choses ? Je voyais nettement sa casquette ; mais en-dessous, je croyais distinguer de longues papillotes, déroulées le long de ses tempes, par-dessus ses revers, et sur son front, les phylactères de cuir ; et sous son veston, n'étaient-ce pas les franges blanches de ce que les Juifs nomme le petit talit qui pointaient ? (...) Peut-être, me dis-je, affolé que c'est l'histoire de l'empereur nu : tous le monde voit ce qu'il en est, mais le cache, comptant sur son voisin pour faire de même.

Voulant en être sûr, il se rend au cinéma pour assister aux bandes d'actualité. Le discours est retransmis, mais les images sont floues. Il lui semble toujours voir le grand châle rayé sur la tête et les épaules du Führer.

Aue s'enfonce dans le doute, non pas sur les valeurs auxquelles ils croit toujours mais sur leur application chaotique : J'avais l'impression, après mes expériences à l'Est, que les idéalistes du SD s'étaient fait déborder par les policiers, les fonctionnaires de la violence. Ses convictions lui (filent) entre les doigts, comme une anguille nerveuse et musclée.

Ses doutes sont confirmés lors d'une rencontre avec Werner Best, chef de l'Amt II (administration et économie) connu sous le surnom de « boucher de Paris ». Toute la construction de la politique nazie en pays occupés est fragilisée par l'absence d'implication directe du Führer : « Les vrais nationaux-socialistes sont incapables de faire leur travail, qui d'orienter et de guider le Volk ; à la place, ce sont les Parteigenossen, les hommes du Parti, qui se taillent des fiefs puis les gouvernent comme cela les amuse. »

Que doit-il faire alors ? Il aimerait bien se voir affecter en France, mais cela semble hors de portée. Rejoindre Best au Danemark ? Ou répondre au souhait de Mandelbrod ?

Partie II : Miroir

Soudain, comme sortie du néant, Una réapparait dans sa vie. Ses rapports avec Frau von Uxküll restent distants, presque froids. Elle lui demande de lui parler de la guerre dans l'Est. « Je suis heureuse de ne pas être un homme. » - « Et moi, j'ai souvent souhaité avoir ta chance. »

Ils éprouvent des divergences quand à leur père et elle lui demande d'accepter sa mort, ce qui le met en rage. Elle cite alors un passage de La tempête de Shakespeare : Full fathom five thy father lies ;

Dans la pièce, ces vers sont prononcés par Ariel, un esprit, c'est-à-dire, en anglais, une référence à la conscience ou à la personnalité, et fut au cours des siècles alternativement représenté sous la forme d'un homme ou d'une femme. De fait, Una se veut la conscience de Max, ce qui déclenche sa colère. Déjà, la dernière fois qu'ils s'étaient vus, en 1934, après sept ans de séparation; elle avait tenté de le prévenir : « Je ne suis pas certaine de partager ton enthousiasme pour ce Hitler (…). Il me semble névrosé, bourré de complexes non résolus, de frustrations et de ressentiments dangereux. »

Au service du mage Prospero, c'est lui/elle qui rapporte à celui-ci le succès de  la tempête du titre, provoquée par Prospero pour couler le navire du roi de Naples... Ariel – utilisé comme autre nom pour qualifier Jérusalem – est mentionné dans la Bible de Genève sous le titre de « lion de Dieu ». Ces vers, rapportés à Ferdinand, fils du roi Alonso, laissent entendre que celui-ci est mort noyé. Par extension, c'était à l'époque une métaphore pour indiquer la perte irrémédiable d'un objet disparu à cette profondeur.

Au dîner, elle lui rapporte en riant le harcèlement des matrones du Parti au cours des réceptions auxquelles, elle et son mari handicapé ont assisté à Berlin, décriant les déserteurs sur le front de la reproduction, les femmes sans enfants coupables de trahison contre la nature pour leur grève du ventre. Une grosse épouse de Gauleiter lui a même suggéré de se trouver un homme « décent, dolichocéphale, porteur d'une volonté volkisch, physiquement et psychiquement sain. Qu'un bureau SS se charge même de cela, de l'assistance eugénique. Aue confirme, c'est le Lebensborn.

Après le départ des époux Uxküll, Aue, en congé de convalescence, décide de se rendre en France. En visitant une exposition, à Paris, il se retrouve étrangement fasciné par un Apollon citharède de Pompéi, un grand bronze, maintenant verdâtre. Selon le Dictionnaire des symboles, « Il se révèle tout d'abord sous le signe de la violence et d'un fol orgueil (…) mais il se révèle « le symbole d'une victoire sur la violence, d'une maitrise de soi dans l'enthousiasme, de l'alliance de la passion et de la raison ». Est-ce pour cela que, quelque fût l'angle sous lequel je regardais ses yeux, peints de manière réaliste à même le bronze, lui ne me regardait jamais dans les yeux ?

A Je suis partout, il retrouve Rebatet, de venu un écrivain célèbre après la publication de son livre « Les décombres » « où il désigne le Juifs, les politiques et les militaires comme responsables de la débâcle de 1940 – sans pour autant épargner les autorités de Vichy. Il y explique que la seule issue  pour la France est de s'engager à fond dans la collaboration avec l'Allemagne nazie. » (Wikipedia)

L'emmenant au Flore - « Ça m'amuse toujours d'aller mater la sale gueule de nos antifascistes de service, surtout quand ils me voient » - il lui dresse un portrait au vitriol de la situation politique : « Ils sont tous comme des chiens affamés, à se disputer les bouts du cadavre de la République. Pétain est sénile. Laval se comporte pire qu'un Juif, Déat veut faire du national-fascisme. Doriot du national-bolchévisme. Une chienne n'y retrouverait plus ses chiots. Ce qui nous a manqué, c'est un Hitler. Voilà le drame. (...) Pas un vichyste qui n'ait un résistant ou un Juif chez lui, comme assurance-vie. (...) Moi, tu sais, j'admire les bolchéviques. Eux, c'est pas de la soupe aux cafards. C'est un système d'ordre. Tu te plies ou tu crèves. Staline, c'est un type extraordinaire. S'il n'y avait pas Hitler, je serais peut-être communiste, qui sait ? »

Dans la nuit, il ramène un jeune homme dans sa chambre, lui demandant de le prendre debout, appuyé sur la commode, face à l'étroit miroir qui dominait la chambre.

Lorsque le plaisir me saisit, je gardais les yeux ouverts, je scrutai mon visage empourpré et hideusement gonflé, cherchant à y voir, vrai visage emplissant mes traits par-derrière, les traits du visage de ma sœur. Mais alors il se passa ceci d'étonnant : entre ces deux visages et leur fusion parfaite vint se glisser, lisse, translucide comme une feuille de verre, un autre visage, le visage aigre et placide de notre mère, infiniment fin mais plus opaque, plus dense que le plus épais des murs. Saisi d'une rage immonde, je rugis et fracassais le miroir d'un coup de poing.

C'est que la mère représente un symbole ambivalent : « La mère, c'est la sécurité de l'abri, de la chaleur, de la tendresse et de la nourriture ; - mais il se trouve que Aue fut, enfant, allergique au lait de sa génitrice -  c'est aussi, en revanche, le risque d'oppression par l'étroitesse du milieu et d'étouffement par une prolongation excessive  de la fonction de nourrice et de guide : la genitrix dévorant le futur genitor, la générosité devenant captatrice et castratrice. » (Source : Dictionnaire des symboles)

Partie IV : Antibes

Au matin, il descend en train vers le sud et se rend à la Gestapostelle de Marseille pour s'enquérir des conditions de passage en zone italienne où un jeune Obersturmführer lui décrit celle-ci comme un véritable paradis pour les Juifs. Il lui délivre néanmoins une lettre demandant aux autorités italiennes de faciliter mes déplacements pour raisons personnelles.

A Antibes, il se présente finalement à la propriété de son beau-père - en uniforme de la SS - dans laquelle il retrouve également sa mère, mais aussi deux jeunes garçons jumeaux que celle-ci présente comme « Les enfants d'une amie » mais qu'ils appellent « tante ». « Je te présente Tristan et Orlando (...) mais je les confonds toujours. Eux, ils adorent se faire passer l'un pour l'autre. On n'est jamais très sûr. » - « C'est parce qu'il n'y a pas de différence entre nous, tante, (...) Un nom suffirait pour les deux. »

En ancien cornouaillais, gallois ou breton, Tristan aurait pour signification « cliquetis d'épées de fer », et en néo-latin « tristesse », c'est aussi l'amant d'Yseult dont l'amour représente un désir destructeur. Orlando est la version latine du personnage du chevalier Franc, Roland, neveu de l'empereur Charlemagne mais pourrait être ici une référence au roman de Virginia Woolf : « Orlando, a biography » paru en 1928. Orlando y est un noble anglais né sous le règne d'Elizabeth. Harcelé par l'androgyne Archiduchesse Harriet, il se fait appointer ambassadeur à Constantinople par le Roi Charles II. Il s'y transforme après plusieurs nuits de coma en femme. Fuyant la ville pour retourner en Angleterre, elle s'écrie « Dieu merci je suis une femme ». De retour, elle se voit de nouveau poursuivie par l'Archiduchesse qui se révèle être un homme. Fuyant ses avances, elle passe les trois siècles qui suivent alternativement déguisée en homme ou en femme et finit par épouser un commandant de navire, Marmaduke Bonthrop Shelmerdine, qui partage ses goûts pour le transformisme.

Cela fait neuf ans qu'ils ne se sont pas vus et ces retrouvailles sont difficiles. Aue provoque Moreau à plusieurs reprises et, dans un entretien privé avec sa mère, celle-ci lui en fait le reproche. Et puis, il y a l'ombre du père disparu. C'est comme si tu l'avais tué, lui dit-il. « Il s'est tué lui-même, Max. C'était son choix. Cela, tu dois le comprendre. » Les mots de la mère se confondent avec ceux de la fille.

Explorant le grenier, le lendemain, Aue retrouve de nombreux souvenirs du passé : cartons remplis de jouets, carnets de notes, livres, lettres ; lettres de sa sœur du temps de leur séparation. (...) quand je recevais une de ses lettres, je devais l'ouvrir devant l'un des curés et la lui donner à lire avant de pouvoir faire de même ; elle aussi, je m'imagine. La nuit, en secret, il déchiffrait le véritable contenu du courrier, écrit à l'encre sympathique. L'une de ces lettres contenait un appel au secours. Il s'échappa, fut rattrapé, et après ça, il n'y eut plus de lettres.

Sa mère lui demande d'aller couper du bois. Il lui demande qui sont ces enfants ? Elle lui demande que font-ils des Juifs, des enfants Juifs ? Il lui rappelle que les Français collaborent aux déportations. « Vous êtes complètement fous. Va couper le bois. »

En travaillant, je pensais : au fond, le problème collectif des Allemands, c'était le même que le mien ; eux aussi, ils peinaient à s'extraire d'un passé douloureux, à en faire table rase pour pouvoir commencer des choses neuves. C'est ainsi qu'ils en étaient venus à la solution radicale, le meurtre, l'horreur pénible du meurtre. (...) Et si le meurtre n'était pas une solution définitive, et si au contraire ce nouveau fait, encore moins réparable que les précédents, ouvrait à son tour de nouveaux abîmes ?

Plus tard, en promenade, en costume civil, il songe à sa dernière rencontre avec sa sœur, avant leurs retrouvailles à Berlin. C'était 1930 et il s'accordaient encore pour penser leur père bien vivant. Il achète un billet de train pour le lendemain.

De retour à la maison, sans croiser personne, il monte se coucher tout habillé. Durant la nuit, un événement horrible survient et il repart au matin, comme il est venu. Le drame, comme dans la tragédie grecque, s'est déroulé hors scène et on laissera au lecteur le soin d'arriver à ses propres conclusions. De retour à Berlin, il informe sa sœur des derniers événements, puis rappelle Mandelbrod. Sa décision est prise.


La suite demain...



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