13 mai 2017

«Vide épouvantable» dans les services de santé pour les hommes

Extraits de ce bouleversant article:

«Il existe un vide épouvantable dans l'offre de services de santé pour les hommes. Le gouvernement a la mauvaise philosophie, il a du mal à s'adapter aux réalités masculines.»

Chaque semaine, dans son cabinet de Québec, le Dr Guillaume Painchaud reçoit en consultation d'un à quatre patients référés par des organismes comme Autonhommie, le Centre de prévention du suicide et GAPI (Groupe d'aide aux personnes impulsives). «Je dois les ramasser à la petite cuillère. Plusieurs sont complètement détruits.»

À l'occasion d'un atelier présenté jeudi, à la baie de Beauport, dans le cadre du 3e Rendez-vous national en santé et en bien-être des hommes, le Dr Painchaud a fait état de son expertise auprès des mâles en difficulté. Dans la salle, des travailleurs sociaux, des représentants gouvernementaux, des membres d'organismes communautaires. Au total, quelque 150 personnes ont participé à cette journée au cours de laquelle plusieurs thématiques - pauvreté, agressions sexuelles dans l'enfance, violence familiale - ont été abordées sous l'angle masculin.

Depuis trois ans, le Dr Painchaud, spécialisé en psychothérapie, a choisi d'exercer prioritairement auprès des hommes présentant des troubles de comportement, ballottés dans un maelström émotionnel, coincés dans des ruptures conjugales douloureuses ou des litiges de garde d'enfants.

Le mâle qui s'enferme dans le silence, refusant de s'ouvrir à un spécialiste, le Dr Painchaud ne connaît pas. «On dit que les hommes ne parlent pas, c'est faux. Quand je suis capable de terminer ma rencontre en bas d'une heure, je suis content. Disons que je n'ai pas de belles statistiques de production à fournir au Dr Barrette...»

Souvent, déplore-t-il, les hommes avouent être victimes de discrimination et déplorent de voir leurs droits bafoués. «Les hommes sont souvent dévalorisés dans les cas de la garde d'enfants. Deux fois sur trois, c'est la mère qui les prend avec elle à temps plein. Un père peut être privé de contact avec ses enfants pendant un an ou deux. Mais ils ne veulent pas les abandonner, ils veulent s'en occuper.»

Dans sa pratique quotidienne, le Dr Painchaud note que les femmes ne voient pas toujours d'un bon oeil que leurs conjoints s'impliquent dans l'éducation et les soins des enfants, de peur d'avoir à composer avec un «partage des droits» si les choses venaient à mal tourner.

Une attitude relevée par une participante à l'atelier. «Pendant mon congé de maternité, j'entendais des femmes dire à une amie qu'elle était folle de donner son congé parental à son mari, que s'il prenait trop de place, il demanderait la garde partagée en cas de divorce.»

Pour le Dr Painchaud, même si les hommes ont appris à s'impliquer auprès de leur progéniture, cela ne signifie pas que la cour penchera en leur faveur à la suite d'une séparation. Et le médecin d'amener à titre d'exemple celui d'un infirmier travaillant dans une pouponnière et dont les aptitudes n'ont pas été reconnues. «Pourtant, c'était difficile d'être plus compétent.»

De l'avis du Dr Painchaud, un meilleur soutien aux hommes ne peut se faire sans l'implication de l'autre sexe. «Si on augmente la qualité de vie d'un homme, on augmente celle de sa famille. C'est l'avenir de la société. [...] Ça prend des hommes pour parler pour les femmes, mais aussi des femmes pour parler pour les hommes.»




Aucun commentaire: