30 juin 2017

Premier chèque

Voici les premiers sous que je reçois pour mon livre! J'étais tout excité. Vous devinerez que ce n'est pas le montant, évidemment. Mais c'est plutôt ce sentiment que ce que j'ai à dire existe dans le vrai monde, que mes mots se promènent, qu'il y a du monde qui les lisent, que mes idées circulent.

Que je n'ai peut-être pas subi tout ça pour rien.

C'est ça qui me fait triper.



28 juin 2017

Classe 2016-17: un bilan

L'exercice est en train de devenir une tradition. En effet, ces dernières années, j'ai publié des billets dans lesquels je passais en revue mon année scolaire afin d'évaluer ce que j'ai fait de bien et ce que j'aurais pu faire mieux. L'objectif n'est donc pas de me péter les bretelles, mais de jeter un regard aussi juste et impartial que possible sur mon travail. Cela me semble être la meilleure façon de progresser et de m'améliorer.

Pour les curieux, les bilans précédents sont ici: 2013-14, 2014-15, 2015-16.

Vous remarquerez que dans mes commentaires, je parle assez peu de l'aspect académique de mes élèves. Ce n'est pas que je ne m'y intéresse pas, mais plutôt qu'à mon avis, mon véritable défi n'est pas là. N'importe qui peut expliquer des fractions et des accords de participe passé. Mon approche est fondée sur la création de liens avec les jeunes et mon objectif est toujours de créer une atmosphère de respect, de camaraderie, de collaboration et de liberté dans ma classe. Je veux que les jeunes s'épanouissent, qu'ils apprennent à se connaître, qu'ils réveillent leur propre créativité et qu'ils élargissent leurs horizons sur le vaste univers qui les entoure. Je veux aussi qu'ils apprennent à se connaître et à s'accepter. Je veux qu'ils se sentent appréciés et acceptés. Pour moi, tout cela passe d'abord et avant tout par une relation positive avec le prof. Une relation de respect mutuel, de taquineries amicales, de liberté et de partage. C'est assez ambitieux, peut-être trop. Et ce n'est pas facile à atteindre et à gérer. Clairement, une approche autoritaire et sévère est bien plus facile à mettre en place, mais ce n'est pas moi. Ça me pue au nez.

Évidemment, les noms des élèves ont été modifiés et les photos proviennent de Google et sont d'enfants que je ne connais pas du tout.

Magdalène: Il m'est souvent arrivé dans ma carrière de me demander pourquoi certains enfants prenaient des médicaments. Mais pas dans son cas. J'ai rarement vu un enfant qui en avait autant besoin qu'elle. Lorsque Magdalène prenait son médicament, elle était le Docteur Jekyll: calme, concentrée, efficace mais très lente. Lorsqu'elle oubliait de le prendre, elle était méconnaissable. Une véritable Mrs. Hyde: surexcitée, rires incontrôlables, sautait partout, complètement incapable de faire le focus sur quoi que ce soit, un vrai petit kangourou. Mais comme elle oubliait rarement sa médication, j'ai passé une belle année avec elle. Puisque sa mère a le même nom de famille que moi, je l'appelait ma cousine et elle adorait ça. Elle a eu des notes du tonnerre, mais elle avait besoin de beaucoup de temps supplémentaire pour compléter ses tâches. Moi, je n'ai jamais eu d'objection à lui en donner, évidemment. Ce que je veux par dessus tout, c'est de réunir toutes les conditions qui favorisent la réussite de mes élèves. J'espère seulement que le secondaire se montrera aussi accommodant.

Filippe: Ma petite noix de Grenoble! Maudit que j'ai travaillé fort pour faire craquer sa coquille à celui-là! Au début de l'année, il était très distant et froid. Il ne m'adressait jamais la parole et me regardait avec soupçon. Je pense que c'est un p'tit gars qui, comme tant d'autres, avait appris que les profs ne sont pas des alliés mais des gardiens sévères dont il faut se méfier. C'était le genre d'enfants à faire mille niaiseries dès que j'avais le dos tourné. Comme je n'ai pas une approche autoritaire fondée sur la coercition, je ne l'ai jamais engueulé, j'ai simplement discuté calmement avec lui afin de le raisonner. Je lui parlais sur un ton amical et, éventuellement, ça a porté fruit. Il a compris que je n'étais pas là pour jouer à la police. Il s'est mis à me jaser, à me sourire et on s'est mis à se taquiner. Une belle complicité s'est établie avec le temps. Je suis vraiment fier de ce que j'ai accompli avec lui. Je crois que s'il avait eu un enseignant autoritaire, il se serait complètement rebellé et ça aurait été l'enfer. Les enseignantes qu'il a eu ces dernières années le détestaient, elles le trouvaient hypocrite et baveux, mais moi je l'aimais bien et je l'aurais gardé une autre année sans hésiter. Je crois que si j'avais eu plus de temps, j'aurais même pu en faire un leader positif dans la classe.

Martine: Quand je parlais de petite fille que j'ai du mal à rejoindre, elle en est un excellent exemple. Bon, elle a bien réussi son année (étonnamment bien en fait, ses notes de fin d'année étaient en hausse, à ma grande surprise), mais elle n'a pas très bien répondu à mon approche. Elle avait l'air de carrément s'emmerder en fait. Aucun de mes projets n'a eu l'air de l'intéresser. Elle n'écoutait pas vraiment et les seules fois qu'elle levait la main, c'était pour aller aux toilettes. On n'avait vraiment aucun, mais alors là aucun atome crochu. Très ado, elle ne me trouvait ni drôle, ni intéressant et ni divertissant. Il faut dire que ses centres d'intérêts étaient assez limités: maquillage, magasinage, cheveux... quand je dis qu'on n'avait rien en commun! Si ça avait été elle en avant à parler de ce qui l'intéresse, je me serais emmerdé autant qu'elle. J'ai beaucoup de mal à aller chercher des filles comme elle. Pourtant, il me semble que j'aborde beaucoup de sujets qui seraient susceptibles de les intéresser comme l'amitié, l'estime de soi, les relations gars-filles, l'adolescence, etc. Mais avec Martine, tout est tombé à plat. Mais bon, elle a bien réussi académiquement, c'est ce qui compte au fond. J'imagine que certains enfants ont besoin d'un lien privilégié avec leur enseignant et d'autres peut-être pas.

Nathan: Tout le contraire de Martine. Nathan buvait mes paroles. Il a tripé toute l'année, chaque mot qui sortait de ma bouche semblait le fasciner complètement. Il m'a confié que, pour la première fois, il avait adoré les cours d'histoire et d'ECR, des cours qu'il avait toujours détestés avant. Il a ri toutes mes jokes, même les plus plates. Il a vraiment eu une très belle année. C'est également un des p'tits gars les plus "équilibrés" que j'ai connu. Ce que je veux dire par là c'est qu'il investit autant dans sa vie intellectuelle que dans sa vie sportive. Il joue au hockey et lit des briques qui sont destinées à des ados plus âgés que lui. De plus, c'est la première fois que j'ai un élève qui est élevé par deux femmes, mais il faut dire que son grand-père joue un rôle prédominant dans sa vie. Il ne parle que de lui, il l'idolâtre complètement. C'est peut-être ce besoin de figures masculines significatives qui explique en partie son intérêt pour mes cours. Quoi qu'il en soit, il a vraiment passé une super année.

Flo: C'était une de mes "princesses" celle-là. Un peu comme Martine, elle avait des intérêts assez limités et confinés au monde du magasinage, des produits de beauté et de la mode. Mais contrairement à Martine, elle était tout de même attentive dans mes cours. Elle était chaleureuse, amicale et possédait un excellent sens de l'humour. C'était vraiment agréable de la taquiner parce qu'elle ne s'en offusquait jamais. Cela étant dit, la deuxième moitié de l'année a été plutôt lourde avec elle. Elle a développé une maudite attitude d'ado exécrable qui chiâle tout le temps, qui déteste tout, qui a l'esprit fermé à double tour et qui trouve que tout est con. Comme elle n'était pas la seule, c'est devenu très, très pénible et ça sapait sérieusement ma motivation. Je pense que j'ai été trop tolérant avec ça, j'aurais dû la prendre à part et en discuter avec elle. J'ai probablement jeté l'éponge trop vite. J'ai pris pour acquis qu'elle détestait mes cours, mais dans les derniers jours, à mon grand étonnement, c'est elle qui a semblé la plus triste de quitter. Et j'ai failli tomber en bas de ma chaise quand elle m'a dit, les larmes aux yeux, que j'avais été son prof préféré. Je n'aurais jamais pensé ça. Avec le recul, je me dis que c'est peut-être pour ça qu'elle était si désagréable. Parfois, les enfants qui s'attachent à moi et qui anticipent une séparation douloureuse tentent de saboter le lien afin de prévenir le coup. C'est peut-être ce qu'elle faisait. J'aurais pu être plus clairvoyant et mieux gérer cette situation.

Justinien: Un autre beau succès au point de vue du lien et de la motivation. Il a vraiment adoré son année et aimait bien mes cours. Toutefois, Justinien est un de ces enfants qui semblent se saouler de cette soudaine liberté qui existe dans ma classe et qui ont du mal à trouver les limites en ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il manquait un peu de maturité et n'était pas toujours très raisonnable. Il était comme un poulain qu'on sort de la grange pour la première fois et qu'on laisse gambader dans le pâturage. Il était fou comme d'la marde. Ils sont tous un peu comme ça au début, mais habituellement, ça se tasse avec le temps. Lui, il est resté sur son "high" toute l'année. Encore une fois, je crois que j'aurais pu mieux gérer cette situation. J'ai bien eu quelques conversations avec lui, mais j'aurais dû le faire plus souvent. Ses notes ont pogné une débarque, mais il n'a pas coulé son année. Quand je suis tombé sur sa mère vers la fin de l'année, j'étais sûr qu'elle allait me ramasser. Elle est reconnue pour varloper les profs, tout le monde sait qu'elle déteste l'ancien prof de 5e de son fils, qu'elle haït le prof d'éducation physique... elle ne s'est jamais gênée pour le dire. Mais à ma grande surprise, elle n'avait que des compliments à me faire. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais vu son fils aussi motivé et avoir aussi hâte de venir à l'école. Ben coudonc...

Alexandre: Ma deuxième petite noix de Grenoble. Je pourrais presque réécrire tout ce que j'ai déjà écrit à propos de Filippe et ça demeurerait pertinent. Très froid et distant au début, il a été très difficile et long à apprivoiser. Ça lui a pris beaucoup de temps à accepter que je n'étais pas un policier sévère qui balance des punitions et des contraventions à la tête de tout le monde, mais plutôt un allié. J'ai finalement réussi. Avec lui, ça a été notre amour partagé des super-héros qui s'est avéré l'atout majeur. C'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui en savait plus que lui sur les personnages de Marvel et je pense que ça l'a beaucoup impressionné. J'ai acheté des BD de super-héros pour la classe et il les a littéralement dévorées. C'est formidable parce que, contrairement à Filippe qui a des notes quasi-parfaites, Alex a beaucoup de difficulté à l'école. Mais comme il a trouvé mes cours et mes projets emballants, il s'est investi plus que d'habitude et ses résultats se sont améliorés. Un beau succès celui-là.

Bill: Il serait facile pour moi de dire que celui-là est un échec, mais ce serait irréaliste et défaitiste. En fait, quand on compare sa 6e année à celles qui ont précédé, on voit bien que mon approche a été extrêmement fructueuse avec lui. Bill était un élève universellement détesté tant par les profs que par les élèves. Il faisait chier tout le monde, se faisait foutre à la porte de la classe constamment, était impliqué dans d'interminables conflits, était impoli avec les adultes, etc. Mais en arrivant chez nous, c'est comme si mon approche avait subitement mis fin à l'affrontement. Sans autorité écrasante et coercitive, il s'est transformé. Sa rébellion a pris fin. Il s'est fait quelques amis, il a cessé d'affronter les adultes, je ne l'ai pas mis à la porte de la classe une seule fois. Lorsqu'il vivait des conflits, au lieu de choisir l'escalade, il venait me voir pour que je l'aide à trouver une solution. Alors cet aspect-là est très positif. Surtout quand je repense au drame qu'a vécu sa famille cette année. À l'automne, l'ex-conjoint de sa mère (qui n'est pas le père des enfants) est revenu chez eux pendant la journée et il s'est suicidé dans le sous-sol. Par chance, ce ne sont pas les enfants qui l'ont trouvé, mais quand même. On comprend facilement que ça a affecté Bill et je me préparais à gérer une crise majeure. Finalement, avec l'aide des services sociaux, ça s'est plutôt bien passé. Évidemment, Bill reste Bill. Il fallait que je le rappelle à l'ordre souvent, que je m'implique dans ses innombrables conflits, il m'a pris beaucoup d'énergie. Il travaillait assez peu, mais il a réussi à passer son année par la peau du cul. Je suppose que, lorsqu'on connait son histoire et qu'on se donne des objectifs atteignables et réalistes, il tombe dans la colonne des réussites.

Marilou: Je suis très content du travail accompli avec cette élève. Elle avait beaucoup de difficultés en maths et, comme je le fais avec tous mes élèves, je l'ai invitée à se présenter en récupération. Pour moi, il est très important que les périodes de récup ne soient pas imposées, sans quoi elles deviennent des punitions et cela est contre-productif. Le jeune ne veut pas être là, il entend ses potes jouer dans la cour d'école, il boude et ça ne donne rien. Mais j'ai finalement réussi à convaincre Marilou de se présenter en récup et le résultat a été mirobolant. Elle a eu la meilleure note de la classe dans une de mes évaluations de maths! J'étais tellement fier d'elle et je n'ai pas manqué de le lui dire. Elle était radieuse quand elle a reçu son test, c'était beau à voir. Avec sa permission, je l'ai citée en exemple afin de montrer aux élèves l'impact réel qu'a la récup sur les résultats. Après ça, quelques filles ont suivi son exemple et se sont présentées en récup, ça m'a valu beaucoup d'heures de bénévolat, mais j'étais super content. Je pense que Marilou a pris beaucoup d'assurance dans ma classe. Surtout, elle a compris l'importance de demander de l'aide et elle a bien vu que le succès est à sa portée si elle y investit le temps et les efforts nécessaires. C'est un héritage qui lui sera très utile au secondaire et je suis très fier d'être celui qui le lui aura donné.

Alfred: Ça a tout de suite cliqué avec celui-là. On était vraiment faits pour s'entendre. Dès les premiers jours d'école, j'aime donné des surnoms à mes élèves afin de donner le ton à l'année. Évidemment, au début, c'est une espèce de négociation parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les offenser, alors je leur demande toujours s'ils ont une objection ou s'ils aiment. Alfred se roulait à terre pendant que je faisais ça. Quand son tour est venu, il m'a dit que je pouvais lui donner n'importe quel surnom, que ça ne le dérangerait pas. J'ai dit: "Vraiment? Je pourrais même t'appeler Morceau d'asphalte trouvé dans la cour d'école?" Il se tordait de rire et a dit: "Absolument!" Alors je l'ai appelé "Morceau" toute l'année. Vraiment un gars hyper-sympathique. Il aimait bien mes cours, mais il ne s'est pas trop défoncé dans les travaux que je lui ai donnés. Disons qu'il donnait le minimum requis. J'aurais peut-être pu faire plus pour l'encourager à s'investir davantage.

Orphélie: Pas toujours facile celle-là. Généralement, je crois que ça allait quand même bien. Elle a eu des résultats extraordinaires et elle était très serviable. Mais elle était une de mes deux filles explosives. Très sportive, pas princesse du tout, mais vraiment pas toujours facile à gérer. Elle était très, très susceptible. Lorsque je la rappelais à l'ordre parce qu'elle déconnait pendant mes cours, elle devenait furieuse, me faisait les gros yeux et boudait tout le reste de la journée. Généralement, je restais de glace et je l'ignorais complètement, ce genre de petit chantage ne m'affecte pas du tout. Réagir à ce genre d'enfantillage, c'est le valider, donner du pouvoir au jeune et encourager le mauvais comportement, ce que j'évite toujours de faire. Une seule fois, j'ai élevé la voix. Elle était en équipe avec une autre élève (France) avec qui elle ne voulait pas travailler et elle l'ignorait complètement. J'ai perdu patience et je lui ai dit que cette élève avait vraiment besoin de son aide et qu'elle se devait de collaborer avec elle. Je l'ai immédiatement regretté, pensant qu'elle le ferait payer à sa coéquipière, mais finalement non, elle l'a aidée. C'est ben pour dire. J'ai souvent fait appel à sa serviabilité pour gérer la situation, faisant d'elle mon assistante dans différents contextes. Lorsque je l'investissais d'une responsabilité, elle se comportait beaucoup mieux et prenait ça très au sérieux.

Karine: Difficile à cerner celle-là. Elle avait de la difficulté en maths et elle était une de celles qui est venue me voir en récup après que j'ai cité Marilou en exemple, ce qui l'a beaucoup aidée. Mais elle semblait être perpétuellement fâchée après tout et rien. Mes cours ne semblaient pas l'intéresser particulièrement. Elle ne posait jamais de questions en classe. Elle chiâlait à haute voix quand venait le temps de travailler. Mais une fois qu'elle se mettait au travail, elle faisait de son mieux. J'ai beaucoup de mal à la définir. On n'a jamais été proche et je sais très peu de choses sur elle. Et ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé. J'aurais peut-être pu en faire plus, mais je ne sais sincèrement pas comment j'aurais pu. Ses extérieurs grognons ne donnaient vraiment pas envie d'essayer. J'aurais peut-être dû passer par-dessus ça. Mais en même temps, elle faisait le travail que je lui donnais et elle a atteint les objectifs de la 6e en demandant de l'aide au besoin. Dans son cas, l'établissement d'un lien plus amical avec le prof n'était peut-être ni un besoin, ni une nécessité.

Maxwell: Lui, il a changé de classe au mois de novembre. Je ne veux pas être méchant, mais j'étais vraiment bien content de le voir partir. La mère a demandé qu'il change de classe, non pas parce qu'elle était insatisfaite de moi (ce qu'elle n'a pas manqué de souligner à la directrice), mais plutôt parce qu'elle affirmait que son fils avait des conflits avec plusieurs des élèves de ma classe qu'elle décrivait comme des bourreaux. Moi, je n'ai jamais observé d'agression verbale ou physique à son endroit, mais les autres enfants ne l'aimaient clairement pas. Ils l'ignoraient complètement et personne ne voulait jamais travailler en équipe avec lui. Il faut dire qu'il avait une large part de responsabilité dans cela, il n'adressait la parole à personne et refusait aussi de travailler en équipe avec les autres. En fait, il traitait parfois les autres comme s'ils étaient des pestiférés. Son comportement était vraiment étrange. Il ne regardait jamais les gens dans les yeux et longeait les corridors de l'école dans l'espoir de passer inaperçu. J'avais entrepris des démarches auprès de la direction pour qu'il reçoive de l'aide parce que, de toute évidence, il me semblait profondément troublé et malheureux. Mais finalement, elle l'a changé de classe alors je n'ai pas eu besoin d'investir davantage de temps et d'énergie sur son cas. Son départ a été comme si on retirait un épine du pied de tout le monde. Il était la source principale de tension et l'atmosphère de la classe s'est détendue. Lorsque je l'ai croisé dans les mois suivants, il ne m'a ni regardé, ni adressé la parole. Cet enfant-là a clairement besoin d'aide psychologique, mais je ne crois pas que ma merveilleuse collègue ait fait quoi que ce soit pour lui venir en aide. Pour elle comme pour tant d'autres enseignantes, tant que l'élève est assis en silence et qu'il ne dérange pas, elle ne voit pas de problèmes.

Julie: J'ai adoré travailler avec cette élève-là. Je me souviens qu'au début de l'année, sa mère est venue me voir en pleurant pour me dire que sa fille détestait l'école, qu'elle ne réussissait pas bien, mais qu'elle était intelligente et capable. J'ai vite compris à quel type d'enfant j'avais à faire puisqu'elle m'a beaucoup fait penser à moi quand j'avais cet âge. Très marginale, très artistique, elle éprouvait très peu d'intérêt pour les tâches ennuyeuses et routinières. Mais lorsqu'il était question de faire appel à sa créativité, elle explosait. Or, ça tombe bien, cette année elle est tombée sur un prof qui a laissé beaucoup plus de place à la libre expression et à la créativité que les enseignants traditionnels. Elle m'a pondu des textes tout simplement hilarants, je riais à haute voix en la corrigeant et je n'ai pas manqué de le lui dire. Elle adorait dessiner et comme c'est également là une de mes passions, elle a adoré mes cours d'art et adorait que je la complimente sur ses oeuvres. Je pense qu'elle s'est vraiment beaucoup épanouie dans ma classe. Très effacée et isolée au début de l'année, elle est devenue un membre à part entière du groupe. Je l'ai aidée à prendre sa place et en me voyant faire, les autres enfants ont appris à la connaître et à apprécier son humour, qu'ils percevaient initialement comme bizarre. Julie est la preuve vivante que mon approche est bénéfique. Cette fille-là avait besoin de sortir du modèle traditionnel basé sur le conformisme et l'obéissance aveugle, elle avait désespérément besoin d'un espace pour s'exprimer et embrasser son originalité. Cette année, elle l'a eu et les résultats ont été formidables. Je suis vraiment fier de ce que j'ai accompli avec elle.

France: Pauvre cocotte. Elle n'aurait jamais dû être placée dans ma classe. Pourtant, au début de l'année, tous les acteurs concernés semblaient être très réalistes à propos de ses capacités. La directrice et la mère (une collègue, je déteste ce genre de situations) m'ont carrément dit qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle réussisse sa 6e année et qu'elle était placée dans ma classe en espérant qu'elle ait accès à une classe d'aide spéciale l'an prochain, au secondaire. J'étais ravi d'entendre ça, mais la suite des choses a démontré que le deuil de la mère n'était pas aussi accompli que ce qu'elle prétendait. La petite avait évidemment des notes abyssales et n'arrivait pas à suivre le rythme de la classe. La mère n'a eu de cesse de me bombarder de demandes spéciales toute l'année. Moi, j'ai bien voulu être aussi accommodant que possible, mais comme la petite n'avait pas de bulletin adapté, je devais l'évaluer comme les autres. Sa place n'était clairement pas dans une classe régulière et contrairement à ce qu'elle avait affirmé au départ, la mère ne l'avait pas vraiment compris. Ça a été très, très pénible... pas tant avec la petite, mais surtout avec la mère. Je n'aidais jamais assez sa fille, je ne l'encadrais jamais assez, je ne la soutenais jamais assez. La petite ne demandait jamais d'aide et quand je lui en offrais, elle me répondait qu'elle n'en avait pas besoin. Un vrai casse-tête. Mais bon, si je regarde dans la colonne du positif, elle a adoré l'atmosphère de la classe et avait souvent le sourire aux lèvres. Assez isolée et rejetée au début de l'année, mes taquineries à son égard, sa bonne humeur et son sourire ont fini par faire fondre les réticences de plusieurs élèves qui se sont liés d'amitié avec elle. C'est déjà ça, je suppose... mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir un sentiment d'échec en repensant à elle. Ma tête me dit que ses difficultés étaient telles qu'il m'était impossible de l'aider davantage dans le cadre d'une classe régulière, mais mes tripes me disent que j'aurais peut-être pu en faire plus. Je ne sais pas comment ça aurait été humainement possible. Ça mérite réflexion...

Josette: Ma deuxième fille explosive. Avec Orphélie, c'était les gros yeux et la bouderie. Avec Josette, c'était la colère et les larmes. Lorsqu'elle obtenait un résultat qui lui déplaisait, c'était immédiatement les larmes. Ce qui, malheureusement pour elle, ne m'émeut pas du tout. Les larmes utilisées comme chantage émotif ne m'atteignent pas. Puis, elle protestait et habituellement, mes explications ne la satisfaisaient pas, alors c'était les coups de pied sur le bureau, les grognements, les sanglots redoublés. Règle générale, comme je l'ai déjà dit, j'ignore ces comportements afin de montrer à l'enfant qu'elle perd son temps et qu'ils n'ont aucun effet. Habituellement, elle se calmait d'elle-même. À quelques reprises, l'escalade m'a forcé à lui demander de se calmer et de ne pas faire une tempête dans un verre d'eau. Évidemment, elle n'était pas comme ça seulement avec moi. À l'éducation physique, c'était l'hécatombe à chaque fois qu'elle perdait. Par dessus le marché, elle n'était pas souriante et me faisait la gueule à longueur de journée. J'ai essayé de la taquiner là-dessus pour lui faire réaliser qu'elle avait l'air bête, mais ça n'a rien donné. Alors ma stratégie globale a été de l'ignorer pour lui montrer que ses comportements ne lui donnaient pas l'attention qu'elle cherchait. Je ne sais pas si c'était la bonne chose à faire. Je ne suis pas psychologue après tout. Mais force est d'admettre que ses petites crises sont devenues plus rares avec le temps. Elle a gardé son air de boeuf par exemple. Pas fâché de la voir partir pour le secondaire celle-là...

Lianne: Nouvelle à l'école, elle a réussi à rapidement se faire quelques amies. Elle était généralement souriante et sympathique. Je sais que sa situation familiale n'était pas facile. Son frère était en 4e année et c'est un enfant très troublé. Possiblement atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, il est parfois verbalement et physiquement violent. Il a même frappé son prof cette année et a été mis à la porte de la classe et suspendu à plusieurs reprises. Je vous en reparlerai peut-être si j'en hérite en 6e année, mais je ne le souhaite pas trop. Bref, la petite vit avec lui, ce qui n'est évidemment pas de tout repos. Je crois que pour elle, ma classe était une espèce de refuge où elle se sentait bien, où elle savait que personne ne risquait de péter les plombs à n'importe quel moment. J'avais une bonne relation avec elle. Lorsque je surveillais aux récréations à l'extérieur, elle me suivait partout et me racontait toutes sortes d'affaires. Je l'aimais bien. Comme elle avait toujours chaud et qu'elle se promenait en t-shirt quand tout les autres étaient gelés, je l'appelait "Micro-ondes". Elle a tellement aimé le surnom que c'est ce qu'elle écrivait comme nom sur ses examens! 😉

Samson: J'ai déjà parlé de lui l'an dernier puisqu'il était dans ma classe. C'était la première fois que je faisais doubler un élève. En fait, c'était la décision de la direction, pas vraiment la mienne. J'étais très sceptique. Mais finalement, je suis bien obligé de constater que cela lui a été très bénéfique. Il a bien travaillé cette année et il a réussi sa sixième année. On a vraiment démarré l'année sur les chapeaux de roues. Il n'y avait pas de timidité entre nous, le lien était déjà en place, on s'est taquiné allègrement dès le début. Il a rapidement pris sa place dans la classe. En fait, il était méconnaissable là-dessus. Le petit bonhomme timide, effacé et isolé de l'an dernier s'est transformé en gars bien dans sa peau, qui prend sa place et qui se fait des amis. C'était vraiment l'fun de le voir aller. Ses notes demeurent faibles et je ne sais pas trop comment il va s'en sortir l'an prochain, mais j'ai vraiment travaillé fort pour lui inculquer des méthodes de travail, d'étude et d'organisation efficace. Il n'en tient qu'à lui pour les mettre en pratique. Il faut dire que les services sociaux ont également été impliqués dans le dossier et du travail a été fait avec la mère, une dame pleine de bonne volonté mais un peu dépourvue, qui est devenue beaucoup efficace pour encadrer son fils. Bref, un beau bout de chemin accompli avec cet enfant-là, même si mes inquiétudes subsistent pour l'an prochain. Quand on est si intensément impliqué auprès d'un enfant pendant deux ans, il est difficile de lâcher prise...

Kléa: Voilà une élève très performante mais beaucoup trop perfectionniste. Ça n'avait aucun sens, j'ai rarement vu une enfant aussi stressée qu'elle. Lors des évaluations, elle était tellement tendue qu'elle en tremblait. Elle faisait tellement pitié. J'ai recommandé à la mère de la faire voir par quelqu'un qui pourrait lui venir en aide, mais je ne sais pas si elle l'a fait. Il faut bien dire que, à ce qu'on me dit, c'était bien pire avant qu'elle arrive dans ma classe. Il paraît que dans certaines situations, elle devait physiquement quitter la classe parce que son stress devenait ingérable et la faisait éclater en sanglots. Cette année, c'est juste arrivé une fois, à l'examen du ministère de maths. Je crois que l'atmosphère dans ma classe est beaucoup plus décontractée et j'essaie autant que possible de dédramatiser. Mais dès que je parlais d'une évaluation importante qui se pointait à l'horizon, je la voyais devenir tendue comme une barre de fer. J'ai essayé de lui donner des trucs de relaxation, j'ai lu sur le sujet pour trouver des idées, mais son problème est beaucoup trop sévère pour que mes p'tits trucs épais aient un impact majeur. Elle a vraiment besoin de l'aide d'un professionnel et j'espère que ma suggestion à la mère n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. À part son problème d'anxiété, c'était une élève modèle. Elle avait plusieurs amies et semblait généralement heureuse.

Abigail: Une élève assez faible et qui traverse la vie avec une certaine insouciance. Je ne crois pas que la famille accorde très peu d'importance à l'école et aux résultats scolaires, alors ses notes basses ne semblaient pas la déranger. Elle se pointait occasionnellement en récup, mais pas régulièrement. Elle demandait de l'aide de temps en temps. Pendant les cours, elle était attentive. Ses travaux étaient toujours faits, mais elle n'y investissait pas d'effort majeur. Je crois vraiment que le qualificatif qui la décrit le mieux est insouciante. Ce qui l'intéressait, c'était ses amies et le soccer. Le reste avait bien peu d'importance à ses yeux. Dans ce contexte, il aurait été difficile d'en exiger plus. J'ai bien essayé de la convaincre de s'investir davantage, mais j'avais sincèrement l'impression qu'elle n'y voyait pas l'intérêt. Je ne peux pas dire qu'elle ne travaillait pas et qu'elle n'écoutait pas en classe, mais l'école n'occupait tout simplement pas une place prioritaire dans sa vie. Il me semble que, peu importe les efforts du prof, la famille aura toujours un impact bien plus grand, pour le meilleur et pour le pire.

Carmen: Pas grand-chose à dire sur cette élève. Elle était attentive, discrète, travaillait bien et avait d'excellents résultats. Je pense que même si on m'avait remplacé par une chèvre, elle aurait tout de même bien réussi sa 6e année. Elle était toujours souriante, mais ne me parlait pas vraiment. Mes tentatives d'engager la conversation ont été vaines. J'ai d'abord interprété cela comme un malaise ou une certaine antipathie à mon égard, mais ce n'était pas le cas finalement. J'ai croisé ses parents et ses grands-parents et ils étaient tous emballés de me serrer chaleureusement la main et de me dire que Carmen m'appréciait beaucoup et qu'elle leur racontait toujours ses journées avec beaucoup d'enthousiasme. J'étais soulagé de l'entendre. Je me dis que c'est bien de laisser aux jeunes la liberté de choisir comment ils veulent entrer en contact avec moi. Au fond, mon rôle c'est peut-être juste de me montrer disponible et de respecter leur choix.

Jules: L'ultime échec de mon année, c'est lui. Je ne sais même pas par où commencer pour le décrire. Disons d'abord que le coeur du problème dans ce cas-ci, ce sont les parents. Ils ont élevé leur fils en faisant tout à sa place, en le surprotégeant et en blâmant toujours les autres pour ses échecs et ses mauvais comportements. L'an dernier a très mal été et ils ont blâmé l'enseignante avec véhémence. Il se comporte de façon exécrable sur la cour d'école et ils ont blâmé les surveillantes et la TES. C'est toujours, toujours, toujours la faute des autres.

Alors le ti-cul arrive dans ma classe et je me rends immédiatement compte qu'il est complètement passif. Il ne fait absolument rien, il se pogne le cul. J'ai donc vu venir le coup et je suis allé voir la directrice. Je lui ai expliqué qu'il fallait rencontrer les parents avant qu'ils ne se déchaînent contre moi afin de leur faire comprendre que leur fils ne fait tout simplement pas le travail demandé. J'ai documenté mon affaire et on a rencontré les parents. On a même invité la psychologue de la CS a la réunion. Elle avait préalablement étudié le dossier du jeune. La mère a bien essayé de me blâmer, mais elle a frappé un mur. J'ai contré tous ses arguments en lui expliquant que j'avais rempli mon devoir d'enseignant. La psychologue a martelé que je n'étais pas à blâmer et que leur fils ne souffrait d'aucun problème d'apprentissage majeur. Que le problème, c'est qu'il ne voulait pas travailler. Qu'il est complètement passif et qu'il attend qu'on fasse le travail à sa place. Qu'il ne fait preuve d'aucune autonomie et que C'EST SON CHOIX. Je pense qu'ils ont peut-être commencé à réaliser qu'ils ont sérieusement foiré avec leur fils et qu'ils ne l'ont pas élevé adéquatement.

Sur les conseils de la psychologue, différents systèmes ont été mis en place sans donner le moindre résultat. Il termine donc l'année avec des notes qui tournent autour de 20%. Il va évidemment redoubler et j'ai demandé à la directrice qu'il ne soit pas placé à nouveau dans ma classe. J'en ai assez bavé avec ce jeune-là et surtout avec ses parents, je ne veux pas subir ça une année de plus. J'ai tellement perdu de temps et d'énergie avec cet enfant-là, c'est pas croyable. Mais au moins, j'aurai réussi à briser le cycle malsain des parents et à les mettre sur la voie d'une éventuelle solution. S'ils faisaient suivre leur fils en psychologie, cela pourrait être bénéfique, mais ce n'est pas mon rôle de le leur suggérer. J'espère qu'ils vont lire entre les lignes et en venir à cette conclusion par eux-mêmes.

Dans les derniers jours de l'année scolaire, je jasais avec une mère d'un autre élève qui me disait qu'elle connait la famille de Jules depuis des années et qu'il est le parfait exemple de l'enfant-roi qui fait tout ce qu'il veut, qui considère que le monde entier est à son service, qui ne prend jamais la responsabilité de ses actes et qui a toujours été détestable. Si c'est vrai, alors ses parents récoltent maintenant ce qu'ils ont semé. Sachant tout ce que je sais aujourd'hui, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire différemment. La directrice voit le chemin parcouru par les parents comme un grand succès.

Oprah: Quelle petite cocotte sympathique. Hyper-attachante, toujours le sourire aux lèvres, toujours de bonne humeur, toujours enthousiaste et avec un sens de l'humour extraordinaire par dessus le marché. C'était vraiment un réel plaisir de travailler avec elle. Comme Lianne, elle aussi me suivait partout lorsque je surveillais dans la cour et j'appréciais vraiment sa présence. Elle égayait ces longues surveillances plates à mort. On a beaucoup jasé et j'ai appris à bien la connaître. Son surnom était "Roger", ne me demandez pas pourquoi, j'ai oublié. Et c'était évidemment un surnom absolument hilarant puisqu'il ne convenait pas du tout à cette jolie cocotte blonde aux yeux bleus qui n'avait absolument rien d'un Roger. Elle adorait le surnom et l'écrivait sur tous ses examens. Elle n'aimait pas vraiment l'école avant, mais je crois lui avoir fait vivre une belle année. J'ai vraiment eu beaucoup de fun avec cette élève-là. Un vrai petit rayon de soleil, elle va me manquer.

Émilie: Voilà mon autre "princesse". Une autre fillette qui ne s'intéresse à rien à part le magasinage, la mode et les produits de beauté. Elle trouve que tout est con et que tout est nul. Elle n'écoute pas, elle est dans la lune ou fait des simagrées à ses amies. Un vrai boulet. Sa mère est une ancienne collègue, ce qui est rarement une bonne chose. Mais au moins, dans ce cas-ci, la mère était réaliste et voyait bien que sa fille était démotivée et ne s'intéressait à rien. Il faut dire que la petite souffre d'embonpoint et a une très mauvaise estime d'elle-même, ce qui n'aide évidemment pas. J'ai vraiment travaillé fort pour essayer de la motiver et pour l'amener à s'investir davantage, mais les résultats sont médiocres. C'est vraiment le type de petite fille que j'ai énormément de difficulté à aller chercher. On n'a vraiment rien en commun. Je suis habituellement assez doué pour communiquer mon enthousiasme à mes élèves, mais ces filles-là sont comme entourée d'une muraille d'ennui blasé que je n'arrive tout simplement pas à transpercer.

Élie: Sur le coup, je pensais que ça ne cliquerait pas entre lui et moi. La seule catégorie de p'tits gars que j'ai du mal à rejoindre, ce sont les fanatiques de hockey qui sont obsédés par ce sport. C'était clairement son cas et j'ai d'abord craint le pire. Mais finalement, mes craintes étaient infondées. Oui, Élie tripe hockey comme ça ne se peut pas, mais il n'est pas fermé au reste de l'univers pour autant. Il a beaucoup de difficultés à l'école et a besoin d'une aide soutenue, mais il est curieux, travaillant et enthousiaste. Quand c'est le temps de travailler, il donne tout ce qu'il a. Il ne baisse pas les bras et ne se décourage jamais. Ses amis ont bien compris que lorsque c'est le temps de travailler, Élie ne perd pas son temps et s'y met à fond. Cela fait de lui un exemple des plus positifs pour ses chums. C'est vraiment un élève en or. Il parlait très peu mais son sourire était très expressif. Je pense qu'il a passé une très belle année dans ma classe. Sa mère, qui sait que son fils est un être de très peu de mots, m'a dit qu'il a beaucoup apprécié. Il faut dire qu'avec une telle attitude de gagnant, il aurait sans doute réussi avec n'importe qui. Mon mérite est donc limité.

Alors voilà une autre année scolaire qui entre dans les souvenirs... je pense qu'en général, je m'en suis plutôt bien sorti.



26 juin 2017

Le réchauffement climatique n'existe pas?

Le Youtubeur potholer54 est l'un des meilleurs pour donner la réplique aux climatosceptiques. J'en ai déjà partagé un bon exemple avec vous ici.

Dans celui-ci, il anéantit complètement les pseudo-arguments d'un certain Bill Whittle:





21 juin 2017

PUNISHER: THE END de Ennis et Corben



J'adore Richard Corben. Pour moi, Richard Corben est... Dieu. Enfin, bon, je prends mes pilules et je me calme.

Je l'ai découvert pour la première fois au travers du film « Heavy Metal » de Gerald Potterton qui présentait une adaptation fort réussie des aventures de « Den », un jeune nerd qui se retrouve propulsé dans l'univers fabuleux de « Neverwhere ».

« Neverwhere » est une série (malheureusement, à ce jour, inachevée) qui se déroule dans un univers peuplé de toutes sortes de créatures fabuleuses : dragons, sorciers, monstres divers et surtout des femmes fabuleusement belles. A l'origine de cette fabuleuse saga se trouve un court-métrage en dessin-animé intitulé « Neverwhere ». Le comic-book en est la suite. Inspiré des œuvres de Edgard Rice Burroughs (« Barsoom »), Robert Erwin Howard (« Conan ») et H. P. Lovecraft, l'histoire tourne autour d'un jeune homme du nom de David Ellis Norman qui se retrouve propulsé dans un univers parallèle après avoir construit une machine à partir de notes laissées par son oncle qui l'a probablement précédé mais que l'on ne rencontrera jamais, à moins que Dan et Den ne soient la même personne, sachant que le second semble avoir partiellement perdu la mémoire au cours de son voyage.

En dehors de cela, Richard Corben est l'auteur d'innombrables récits dont « Bloodstar » d'après Howard, « Rip in time », « The Arabian nights » (en fait une suite aux aventures de Sinbad le marin, qui n'est pas un personnage des « 1001 nuits » contrairement à la croyance populaire),  « Vic and Blood » avec Harlan Ellison (qui est à la fois l'adaptation et la conclusion du film « A boy and his dog » sorti en 1975 avec un jeune Don Johnson dans le rôle de Vic), « The Bodissey » (qui est une sorte de parodie de « Den »), ainsi que d'un grand nombre de récits « underground ».

Il a également réalisé pour Marvel, en outre « Punisher : The end », « Marvel Max's Cage », « Ghost Rider : Johnny Blaze, de vie à trépas » « Starr the slayer » et « The Hulk : Banner ».

Richard Corben a en outre illustré plusieurs pochettes d'albums : « Bat out of Hell » de Meat Loaf, « Bad for good » pour Jim Steinman et « Livin' in Hysteria » pour « Heaven's Gate ». Il a également réalisé l'affiche du film de Brian de Palma : « Phantom of the paradise », en plus de co-réaliser le long-métrage : « The Dark Planet » avec Christopher Wheate.

Et je n'ai fait là qu'égratigner la surface.

Cela fait des années que je tente de mettre la main sur tout ce qu'il a fait et je suis encore très loin du but.

Mais revenons à « The end ». Cette mini-série écrite par Garth Ennis, parue en 2004, fait partie d'une collection Marvel qui s'attache à montrer les derniers jours de différents super-héros de l'univers Marvel : « Fantastic Four », « Hulk », « Iron Man », « Spider Girl », « Wolverine », « X-Men » et « Marvel » qui met en scène la fin de l'univers sous les yeux de Thanos.

Mais que peut être la fin pour le Punisher, cette arme vivante, serviteur de la mort, peut-être presque amoureux de celle-ci comme Thanos ? Que peut représenter la fin pour un homme dont la fonction unique est de tuer tous les criminels, tous les « coupables » qu'il croise, alors que cette population se renouvelle sans cesse ?

Castle est tel Sisyphe, poussant éternellement son rocher au sommet d'une colline, dans le Tartare. « On perçoit l'absurdité du personnage tant dans le désespoir de tenter d'échapper à une mort inévitable, que dans la tentative d'achever un travail interminable. »
(Source : Wikipedia)

Mais il est aussi Thanatos, « ennemi implacable du genre humain. » (Source : Wikipedia)

Son cas semble correspondre également à celui des névrosés de guerre tels que décrits par Freud : «Freud, dans Au-delà du principe de plaisir, parvient à la conclusion paradoxale que principe de plaisir et pulsion de mort ne s'opposent pas, ne sont pas contraires : dans la mesure en effet où le plus bas niveau de tension (niveau que le principe de plaisir veut atteindre) correspond en définitive à l'état de repos du non-vivant, le principe de plaisir est au service de la pulsion de mort. »
(Source Wikipedia)

Pour résumer, le Punisher ne peut atteindre le repos tant que l'humanité perdurera. « La fin » est donc non seulement la sienne, mais celle du monde.

L'histoire débute « D'ici peu ». La troisième guerre mondiale s'apprête à prendre un tour dramatique. Après avoir commencé en Irak, au Pakistan et en Corée du Nord, elle s'est étendue à la Chine et à la Birmanie. Des pourparlers de paix à Dublin ont échoué. Ce sera la guerre nucléaire sous huit jours maximum, les missiles sont peut-être déjà en route.

Au pénitencier de Sing-Sing, le directeur prend son téléphone sous les yeux de son adjoint et donne l'ordre de distribuer les armes à tous les gardes. L'ordre émane d'Albany, la situation est bel et bien irréversible et il est exclu de relâcher des criminels dans un monde irradié : « Ça ferait désordre. » Le ciel est traversé de nuages sombres, le soleil se couche sur l'humanité.

Dans les couloirs de la prison, aux cellules désormais pleines de cadavres sanglants, cinq gardes errent encore. Les autres se sont enfuis, mais il n'est pas dans l'intention du capitaine qui dirige cette tuerie de masse de les suivre. Comme il en informe ses derniers adjoints, il existe dans le sous-sol du pénitencier un abri antinucléaire parfaitement approvisionné.

En attendant, il leur reste un dernier boulot à effectuer. Ils doivent s'occuper du bâtiment D, celui qui abrite les pires raclures de l'établissement, et parmi eux « un fils de pute qui aurait tué tous nos détenus s'ils l'avaient pas bouclé ici. ». 

Cet homme, vous l'aurez deviné, c'est Frank Castle, dit « le Punisher ».

Pendant « trente ou quarante ans il a sévi, tuant à tour de bras... » 

On peut donc estimer son âge actuel à une soixantaine d'année. C'est pour cela qu'il a fini par être arrêté et envoyé ici. Mais pour lui ce fut « un vrai cadeau de Noël. (...) D'un seul coup, il avait un public captif. »

Résultat : « Trente-six trous du cul à la morgue un mois après son arrivée. »

« Un an après, un juge a dit qu'expédier un homme à Sing-Sing, c'était comme de filer de la barbaque à un tigre. »

Les hommes arrivent devant la cellule du Punisher, prêts à le mettre une bonne foi hors d'état de nuire. C'est à ce moment que l'attaque survient, précédée d'une pulsion électromagnétique qui a pour effet de griller toutes les installations électriques des environs. Y compris de neutraliser les portes des cellules. Dans l'obscurité, les cinq gardes sont livrés à leur pire cauchemar.

Dix hommes se sont réfugiés dans le bunker lorsque les missiles ont atteint leurs cibles. Près d'un an plus tard, deux hommes émergent d'un tunnel : Frank Castle et un petit escroc du nom de Paris Peters. Ils vont marcher dans les ruines d'un monde mort. « Il ne reste même pas un rat ou une mouche. » Les scènes que Richard Corben dessine là sont absolument époustouflantes. Les nuages sont en feu, le paysage qui se révèle à eux dans ce clair-obscur est terrifiant. Je doute qu'un autre dessinateur eut été capable de rendre l'horreur de celui-ci avec une telle maestria. Il est impossible de déterminer avec certitude si c'est le jour ou la nuit.

Ces hommes sont déjà morts et ils le savent : « Il faut mille ans pour que la radioactivité retombe à un niveau négligeable. » En conséquence, ils n'ont que soixante-douze heures à vivre.

L'un des survivants du bunker, William Teacher, a révélé un secret à Castle avant de mourir. Un secret qui l'a emmené croupir à Sing-Sing. Castle a donc un but, le Punisher a encore des gens à tuer. Peters, lui, se contente de le suivre pour ne pas mourir seul : « C'est la fin du monde. Et j'ai rien de mieux à faire. »

Les deux hommes se dirigent vers New York, environ quarante miles à pied dans un désert irradié, peuplé de fantômes, des squelettes abandonnés dans des voitures bloquées dans des kilomètres de bouchons, aussi loin que le regard porte dans cette nuit éternelle.

Lorsqu'ils atteignent New York, c'est pour découvrir une cité totalement dévastée. « Brooklyn a été frappé de plein fouet. » La « mégalopolis » n'a jamais autant mérité son surnom. C'est ce que nous découvrons sur une superbe et irréelle double-page.

L'état des deux hommes se dégrade rapidement. Du liquide leur coule des yeux et du coin de la bouche. Ils souffrent de desquamation. Mais Castle est au bout de son voyage : là où se trouvait les tours jumelles, un bunker à quatre-vingt-dix étages de profondeur, soit près de trois-cent mètres. Tout au fond, un ascenseur avec un digicode. Castle possède le code, offert par Teach. Il sait aussi ce qui les attend lorsque les portes se refermeront.

Réveil dans une chambre d'hôpital aseptisée dans des cases à dominante verte. Une docteure en combinaison antiradiations le soigne. A l'extérieur, deux gardes dans le même accoutrement attendent, l'arme au poing. « On a eu des suicides. Mais aussi quelques meurtres. » lui dit-elle. D'autres bunkers existent ou existaient. Ils sont sans nouvelles de Washington, Dallas, Los Angeles.

Elle lui fait une piqûre d'adrénaline pour tenir le coup. Erreur fatale. Castle est prêt à accomplir la tâche qui l'a mené jusque-là. Il lui donne l'ordre de réveiller Paris.

Et c'est parti. « Il était une fois une bande d'enculés. (…) Ils pouvaient vendre n'importe quoi à n'importe qui. (...) Et un jour... inévitablement... Ils sont allés trop loin avec la planète. » Sur une pleine page, Castle, vêtu de noir, le visage grimaçant, les yeux rouges sang décharge ses fusils d'assaut. En arrière-plan, on peut voir la Terre, dans l'obscurité de l'espace. Les deux Amériques piquetées de points rouges, manifestations des impacts nucléaires.

Et puis Castle et Peters atteignent leur but, tenant à peine debout, perdant leurs cheveux, du sang dégoulinant par tous leurs orifices et pris de tremblements incontrôlables : le Saint Graal, le COVEN. « C'est l'heure. » La vengeance de « Teach » a sonné.

Un homme tente de négocier : ils ont perdu tout contact avec Washington depuis cinq mois, ceux de Los Angeles se sont entretués, d'autres, à travers le monde se sont tus au bout de trois mois. Ils sont les derniers, les seuls qui puissent encore perpétuer la race humaine à l'aide d'embryons congelés. Ils doivent donc vivre. Les cases qui montrent la salle de communication sont teintées de bleu-vert, mais tandis que l'homme parle, Corben nous présente le visage du Punisher en gros plan sur fond rouge sang, à demi obscurci et les yeux rougeoyants comme ceux du Terminator.

« Des vendeurs hors pair. 
Capables de vendre n'importe quoi à n'importe qui. 
Sauf moi. »

Quand tout est fini, Castle quitte le bunker. Des flammes s'en échappent, semblant se propager partout, mettant le feu aux immeubles en ruine et aux monceaux d'ossements.

« On est en 1976. »

Castle s'en va rejoindre sa famille. Il espère arriver à temps pour les sauver.



Les Québécois sont-ils des immigrants?

Dans ce billet, je dénonçais les propos d'Obama qui a déclaré à Montréal que nous sommes "un pays d'immigrants".

Voici quelques autres articles qui s'attaquent à cette notion ridicule.

D'abord, le maître, Mathieu Bock-Côté:

Une fraude historique

Le 375e anniversaire de Montréal nous rappelle à quel point l’histoire est l’objet d’immenses manipulations idéologiques. L’une d’entre elles cherche à nous faire croire que nous serions tous des immigrants, mis à part les Amérindiens, seuls vrais fondateurs de la ville et du pays. Les Français? Ils n’auraient été qu’une vague migratoire parmi bien d’autres dans l’histoire de Montréal. Ensuite seraient venues d’autres vagues, les Anglais, les Écossais, les Irlandais, les Italiens, les Grecs et tant d’autres.

Il faut dire que ce n’est pas vraiment nouveau. Même au ministère de l’Éducation, on tient aussi ce discours à propos du Québec. On déclasse symboliquement la Nouvelle-France d’un trait de plume. On fait disparaître la France et son effort de colonisation. On réécrit l’histoire. On en invente une nouvelle, mensongère, mais conforme aux canons de la rectitude politique. C’est une histoire multiculturaliste. Une histoire fabulée.

On comprend l’enjeu politique de cette réécriture. Il s’agit de nier aujourd’hui que la majorité historique francophone soit le cœur de la nation. On veut en faire une communauté parmi d’autres, ayant le même statut que n’importe quelle communauté immigrée­­.

Cette thèse a des conséquences identitaires. On justifie historiquement un nouveau droit fondamental, celui de ne pas s’intégrer à la nation d’accueil. On veut transformer les Québécois­­ francophones en étrangers­­ chez eux.

Prétendre que nous sommes tous des immigrants, c’est insulter l’histoire de ceux qui ont fondé, défriché et inventé ce pays. C’est humilier la mémoire de la Nouvelle-France. C’est mépriser sa grandeur mystique et conquérante. C’est nier nos racines françaises. C’est nier notre identité et ridicu­liser nos combats pour la préserver.

Redisons-le: nous ne sommes pas tous des immigrants. Nous voulons bien accueillir dans des proportions raisonnables ceux qui veulent s’ajouter à nous pour peu qu’ils s’intègrent. Nous ne voulons­­ pas pour autant nous effacer­­ et disparaître.

Denise Bombardier:

Immigrants, nous?

Rien ne nous sera épargné­­. Montréal est en fête et cette commémoration de la fondation de Ville-Marie par nos ancêtres français permet au maire Denis Coderre de conclure que «nous sommes tous des immigrants». Tous, mais d’abord et avant tout les Canadiens français de souche. On a bien compris­­ le message.

Le maire n’en est pas à un raccourci près lorsqu’il veut nous faire part de la réflexion qui inspire ses initiatives. Pour comprendre sa vision orthodoxe du multiculturalisme, ne l’oublions pas, puisque Denis Coderre­­ a été dans une vie antérieure ministre libéral à Ottawa. Le multiculturalisme s’est développé et s’est épanoui, si l’on peut dire, pour en arriver à cette création surprenante qu’est le Canada post national tant vanté et incarné par Justin Trudeau. Dans ses voyages à l’étranger, il commande l’admiration­­ de nombre de gens qui ignorent par ailleurs ce qu’est le Canada­­ en dehors des clichés. Et c’est à l’initiative de Pierre-Elliot Trudeau, père de la Charte des droits que le multiculturalisme, cette réponse au nationalisme québécois, s’est imposé. Que Denis Coderre prenne ses aises avec l’histoire et nos ancêtres français ne devrait donc pas nous surprendre.

(...) Le procès du colonialisme de ces grands empires a déjà été fait. Avec raison, d’ailleurs. Mais on ne peut pas réécrire l’histoire selon les critères moraux d’aujourd’hui. Les idéologues qui plaquent notre réa­lité actuelle à la lecture de celle du passé en arrivent, eux, à conclure que nous, les Blancs, sommes criminels de tous les malheurs du monde. En prenant possession de la Nouvelle­­-France, nous serions devenus­­ les initiateurs du génocide des autochtones et à ce jour, nous en demeurons les coupables.

Cette petite phrase prononcée par le maire Coderre pour bien montrer son ouverture aux communautés culturelles du Québec d’aujourd’hui est une façon de dénoncer insidieusement les Québécois qui se revendiquent de leur histoire, de leur culture propre et de leurs ancêtres, qui ont bâti ce pays. C’est une invitation à un déracinement collectif de la majorité francophone. Quel paradoxe tout de même de lancer le message aux immigrants de conserver leur culture d’origine et d’exiger des Québécois de souche qu’ils se fondent, eux, dans cette diversité culturelle canadienne en marche.

Le très honorable Governor of Canada a poussé cet argument idiot à son ultime extrême et ça lui a pété au visage:

Le gouverneur général David Johnston s'est excusé publiquement lundi pour avoir qualifié les membres des Premières Nations d'immigrants lors d'une récente entrevue.

(...) Dans une entrevue radio diffusée samedi à CBC, le gouverneur général mentionnait que l'immigration canadienne puisait ses racines si loin qu'elle incluait également les Autochtones.

Ces commentaires ont fait jaillir une pluie de critiques sur les médias sociaux, de nombreux Canadiens déplorant la mentalité coloniale inhérente à ce type d'interprétation de l'histoire.

Alors consolons-nous chers amis! Dans 13 000 ans, nos descendants pourront enfin être considérés comme n'étant pas des immigrants eux non plus!



"Le Québec n’est ni raciste ni islamophobe"

C'est ce qu'affirme Nadia El-Mabrouk dans ce texte:

En tant que néo-Québécoise d’origine tunisienne, je trouve profondément injuste que le Québec qui m’a accueillie à bras ouverts soit devenu la cible d’accusations de racisme et d’islamophobie. L’intégration à une nouvelle société est évidemment un défi pour tout immigrant, et les chances d’y parvenir ne sont pas les mêmes pour tous. Mais parler de l’islamophobie comme d’un mal qui rongerait le Québec est parfaitement injustifié.

L’islamophobie et le racisme ont tellement envahi le discours qu’ils font même avorter des projets de convergence politique. Ils sont utilisés comme des mots-matraques pour calomnier son adversaire.

(...) Les musulmans seraient-ils particulièrement touchés par les crimes haineux au Canada ? Selon des données de 2013 de Statistique Canada, les juifs seraient trois fois plus touchés que les musulmans, avec 181 crimes contre les juifs, 65 contre les musulmans et 29 contre les catholiques. En dehors de l’horrible attentat de la mosquée de Québec qui soulève encore de nombreuses questions, les chiffres ne révèlent pas une flambée de violence envers les musulmans. D’ailleurs, l’élan de solidarité qui s’est manifesté à la suite de cet attentat représente bien le Québec généreux que je connais.

Il est cependant évident que les innombrables actes de terreur commis presque quotidiennement partout sur la planète au nom de l’islam suscitent des propos haineux, de l’aversion et des réactions de rejet envers l’islam. La seule façon d’arrêter cette barbarie et de redorer le blason de l’islam est de s’attaquer à l’islam politique. C’est ce qu’explique l’islamologue Noomane Raboudi dans un article paru en mai et intitulé « S’engager contre l’islamisme ne peut que servir les musulmans au Québec et ailleurs ».

Mais au lieu de s’en prendre à l’islamisme, la volonté politique est plutôt d’endiguer tout discours critique envers l’islam et l’islamisme. À ce chapitre, les initiatives ne manquent pas. En témoigne la motion contre l’islamophobie adoptée à l’Assemblée nationale du Québec en 2015, la motion 103 adoptée en mars 2017 visant à endiguer l’islamophobie au Canada, le projet de loi 59 qui s’apparentait à une loi contre le délit de blasphème et, plus récemment, la création au Québec d’un comité-conseil en vue d’une commission sur le racisme et la discrimination systémique. L’éducation à l’autocensure est également présente dans le cours Éthique et culture religieuse, où les enseignants sont appelés à sensibiliser les élèves aux discours islamophobes, mais sans jamais les mettre en garde contre les dérives intégristes des religions.

Faire de l’islamophobie le problème à combattre a pour effet de faire porter la faute au citoyen, qui serait coupable, par ses propos, de provoquer la radicalisation. Ainsi, ce concept est bien souvent utilisé pour justifier la censure, et même camoufler des actes et discours répréhensibles.

On se souviendra de la sociologue Valérie Amiraux qui, agissant comme témoin expert en mai 2016 dans le procès de deux jeunes accusés d’avoir planifié un attentat terroriste à Montréal, recommandait qu’une partie de la preuve soit cachée au public pour ne pas attiser « l’islamophobie » !

Au chapitre de la censure, l’annulation à Québec de la pièce Djihad du réalisateur Ismaël Saidi est particulièrement choquante. Considérée en Europe comme un outil pédagogique unique de sensibilisation à la radicalisation, elle est ici censurée de peur de stigmatiser l’islam. N’y aurait-il que les islamistes à être autorisés à parler de l’islam au Québec ?

Par ailleurs, il est navrant de constater que les concepts d’islamophobie et de racisme sont utilisés à des fins politiques pour manipuler un électorat sensible à un discours de victimisation. En témoigne l’épisode du congrès de QS où certains membres influents ont violemment dénoncé le projet de laïcité du PQ. Pourtant, affirmer une laïcité de fait et d’apparence est en continuité avec la marche du Québec, amorcée depuis la Révolution tranquille, vers une neutralité complète de l’État à l’égard des religions. La défense de la liberté de conscience contre tout prosélytisme, principalement à l’école, est une condition essentielle permettant de freiner la montée des intégrismes religieux et de favoriser l’intégration de tous.

Finalement, ce concept d’islamophobie conduit à camper les musulmans dans une posture de victimes qui ne fait que ralentir le combat contre l’islamisme et favoriser la radicalisation. De plus, il offre une vision erronée du Québec et ne contribue pas à faire naître un débat d’idées sain entre les citoyens. Le Québec ne se divise pas entre musulmans et non-musulmans, mais plutôt entre partisans d’un communautarisme prônant un retour à des valeurs patriarcales conservatrices et un « nous » rassembleur de citoyens, de toutes les origines, soucieux de préserver des valeurs progressistes d’égalité, de liberté et de laïcité.



La radioactivité et la vie extra-terrestre?

Voici une nouvelle théorie fort intrigante:

A new study published in the Astrophysical Journal Letters examines whether radioactive decay could support life on ocean worlds like Jupiter’s moon Europa.

In the icy planetary bodies around the Solar System, radiation emitted by long-lived radionuclides contained in rocky cores could break up water molecules and support hydrogen-eating microorganisms.

To address this possibility, the study’s authors modeled a natural water-cracking process called radiolysis, and applied the model to several known or suspected ocean worlds: Enceladus, Ceres, Europa, Titania, Oberon, Pluto, and Charon.

(...) Ocean water permeating the porous rock of the core could be exposed to ionizing radiation and undergo radiolysis, producing molecular hydrogen and reactive oxygen compounds.

“Microbial communities sustained by H2 have been found in extreme environments on Earth,” Bouquet said.

“These include a groundwater sample found nearly 2 miles (3.2 km) deep in a South African gold mine and at hydrothermal vents on the ocean floor.”

(...) While hydrothermal activity can produce considerable quantities of hydrogen, in porous rocks often found under seafloors, radiolysis could produce copious amounts as well.

Radiolysis may also contribute to the potential habitability of ocean worlds in another way.

In addition to molecular hydrogen, it produces oxygen compounds that can react with certain minerals in the core to create sulfates, a food source for some kinds of microorganisms.

“Radiolysis in an ocean world’s outer core could be fundamental in supporting life,” Bouquet said.

“Because mixtures of water and rock are everywhere in the outer solar system, this insight increases the odds of abundant habitable real estate out there.”



Magnifique trilobite d'Anticosti

Le réchauffement climatique s'est-il arrêté en 1998?

Après avoir récemment répliqué à ce zigoto, voici que Thunderf00t s'y remet pour notre plus grand plaisir:





Dale Chihuly





Yehuda Adi Devir

Cet artiste israélien illustre les réalités quotidiennes de la vie de couple à travers ces très amusantes petites BD:





Silvio dB

Ehsan S. Azzuz

Elizabeth Beals

John Gallagher II












D'autres oeuvres ici.

Trouvé ici.