28 juin 2017

Classe 2016-17: un bilan

L'exercice est en train de devenir une tradition. En effet, ces dernières années, j'ai publié des billets dans lesquels je passais en revue mon année scolaire afin d'évaluer ce que j'ai fait de bien et ce que j'aurais pu faire mieux. L'objectif n'est donc pas de me péter les bretelles, mais de jeter un regard aussi juste et impartial que possible sur mon travail. Cela me semble être la meilleure façon de progresser et de m'améliorer.

Pour les curieux, les bilans précédents sont ici: 2013-14, 2014-15, 2015-16.

Vous remarquerez que dans mes commentaires, je parle assez peu de l'aspect académique de mes élèves. Ce n'est pas que je ne m'y intéresse pas, mais plutôt qu'à mon avis, mon véritable défi n'est pas là. N'importe qui peut expliquer des fractions et des accords de participe passé. Mon approche est fondée sur la création de liens avec les jeunes et mon objectif est toujours de créer une atmosphère de respect, de camaraderie, de collaboration et de liberté dans ma classe. Je veux que les jeunes s'épanouissent, qu'ils apprennent à se connaître, qu'ils réveillent leur propre créativité et qu'ils élargissent leurs horizons sur le vaste univers qui les entoure. Je veux aussi qu'ils apprennent à se connaître et à s'accepter. Je veux qu'ils se sentent appréciés et acceptés. Pour moi, tout cela passe d'abord et avant tout par une relation positive avec le prof. Une relation de respect mutuel, de taquineries amicales, de liberté et de partage. C'est assez ambitieux, peut-être trop. Et ce n'est pas facile à atteindre et à gérer. Clairement, une approche autoritaire et sévère est bien plus facile à mettre en place, mais ce n'est pas moi. Ça me pue au nez.

Évidemment, les noms des élèves ont été modifiés et les photos proviennent de Google et sont d'enfants que je ne connais pas du tout.

Magdalène: Il m'est souvent arrivé dans ma carrière de me demander pourquoi certains enfants prenaient des médicaments. Mais pas dans son cas. J'ai rarement vu un enfant qui en avait autant besoin qu'elle. Lorsque Magdalène prenait son médicament, elle était le Docteur Jekyll: calme, concentrée, efficace mais très lente. Lorsqu'elle oubliait de le prendre, elle était méconnaissable. Une véritable Mrs. Hyde: surexcitée, rires incontrôlables, sautait partout, complètement incapable de faire le focus sur quoi que ce soit, un vrai petit kangourou. Mais comme elle oubliait rarement sa médication, j'ai passé une belle année avec elle. Puisque sa mère a le même nom de famille que moi, je l'appelait ma cousine et elle adorait ça. Elle a eu des notes du tonnerre, mais elle avait besoin de beaucoup de temps supplémentaire pour compléter ses tâches. Moi, je n'ai jamais eu d'objection à lui en donner, évidemment. Ce que je veux par dessus tout, c'est de réunir toutes les conditions qui favorisent la réussite de mes élèves. J'espère seulement que le secondaire se montrera aussi accommodant.

Filippe: Ma petite noix de Grenoble! Maudit que j'ai travaillé fort pour faire craquer sa coquille à celui-là! Au début de l'année, il était très distant et froid. Il ne m'adressait jamais la parole et me regardait avec soupçon. Je pense que c'est un p'tit gars qui, comme tant d'autres, avait appris que les profs ne sont pas des alliés mais des gardiens sévères dont il faut se méfier. C'était le genre d'enfants à faire mille niaiseries dès que j'avais le dos tourné. Comme je n'ai pas une approche autoritaire fondée sur la coercition, je ne l'ai jamais engueulé, j'ai simplement discuté calmement avec lui afin de le raisonner. Je lui parlais sur un ton amical et, éventuellement, ça a porté fruit. Il a compris que je n'étais pas là pour jouer à la police. Il s'est mis à me jaser, à me sourire et on s'est mis à se taquiner. Une belle complicité s'est établie avec le temps. Je suis vraiment fier de ce que j'ai accompli avec lui. Je crois que s'il avait eu un enseignant autoritaire, il se serait complètement rebellé et ça aurait été l'enfer. Les enseignantes qu'il a eu ces dernières années le détestaient, elles le trouvaient hypocrite et baveux, mais moi je l'aimais bien et je l'aurais gardé une autre année sans hésiter. Je crois que si j'avais eu plus de temps, j'aurais même pu en faire un leader positif dans la classe.

Martine: Quand je parlais de petite fille que j'ai du mal à rejoindre, elle en est un excellent exemple. Bon, elle a bien réussi son année (étonnamment bien en fait, ses notes de fin d'année étaient en hausse, à ma grande surprise), mais elle n'a pas très bien répondu à mon approche. Elle avait l'air de carrément s'emmerder en fait. Aucun de mes projets n'a eu l'air de l'intéresser. Elle n'écoutait pas vraiment et les seules fois qu'elle levait la main, c'était pour aller aux toilettes. On n'avait vraiment aucun, mais alors là aucun atome crochu. Très ado, elle ne me trouvait ni drôle, ni intéressant et ni divertissant. Il faut dire que ses centres d'intérêts étaient assez limités: maquillage, magasinage, cheveux... quand je dis qu'on n'avait rien en commun! Si ça avait été elle en avant à parler de ce qui l'intéresse, je me serais emmerdé autant qu'elle. J'ai beaucoup de mal à aller chercher des filles comme elle. Pourtant, il me semble que j'aborde beaucoup de sujets qui seraient susceptibles de les intéresser comme l'amitié, l'estime de soi, les relations gars-filles, l'adolescence, etc. Mais avec Martine, tout est tombé à plat. Mais bon, elle a bien réussi académiquement, c'est ce qui compte au fond. J'imagine que certains enfants ont besoin d'un lien privilégié avec leur enseignant et d'autres peut-être pas.

Nathan: Tout le contraire de Martine. Nathan buvait mes paroles. Il a tripé toute l'année, chaque mot qui sortait de ma bouche semblait le fasciner complètement. Il m'a confié que, pour la première fois, il avait adoré les cours d'histoire et d'ECR, des cours qu'il avait toujours détestés avant. Il a ri toutes mes jokes, même les plus plates. Il a vraiment eu une très belle année. C'est également un des p'tits gars les plus "équilibrés" que j'ai connu. Ce que je veux dire par là c'est qu'il investit autant dans sa vie intellectuelle que dans sa vie sportive. Il joue au hockey et lit des briques qui sont destinées à des ados plus âgés que lui. De plus, c'est la première fois que j'ai un élève qui est élevé par deux femmes, mais il faut dire que son grand-père joue un rôle prédominant dans sa vie. Il ne parle que de lui, il l'idolâtre complètement. C'est peut-être ce besoin de figures masculines significatives qui explique en partie son intérêt pour mes cours. Quoi qu'il en soit, il a vraiment passé une super année.

Flo: C'était une de mes "princesses" celle-là. Un peu comme Martine, elle avait des intérêts assez limités et confinés au monde du magasinage, des produits de beauté et de la mode. Mais contrairement à Martine, elle était tout de même attentive dans mes cours. Elle était chaleureuse, amicale et possédait un excellent sens de l'humour. C'était vraiment agréable de la taquiner parce qu'elle ne s'en offusquait jamais. Cela étant dit, la deuxième moitié de l'année a été plutôt lourde avec elle. Elle a développé une maudite attitude d'ado exécrable qui chiâle tout le temps, qui déteste tout, qui a l'esprit fermé à double tour et qui trouve que tout est con. Comme elle n'était pas la seule, c'est devenu très, très pénible et ça sapait sérieusement ma motivation. Je pense que j'ai été trop tolérant avec ça, j'aurais dû la prendre à part et en discuter avec elle. J'ai probablement jeté l'éponge trop vite. J'ai pris pour acquis qu'elle détestait mes cours, mais dans les derniers jours, à mon grand étonnement, c'est elle qui a semblé la plus triste de quitter. Et j'ai failli tomber en bas de ma chaise quand elle m'a dit, les larmes aux yeux, que j'avais été son prof préféré. Je n'aurais jamais pensé ça. Avec le recul, je me dis que c'est peut-être pour ça qu'elle était si désagréable. Parfois, les enfants qui s'attachent à moi et qui anticipent une séparation douloureuse tentent de saboter le lien afin de prévenir le coup. C'est peut-être ce qu'elle faisait. J'aurais pu être plus clairvoyant et mieux gérer cette situation.

Justinien: Un autre beau succès au point de vue du lien et de la motivation. Il a vraiment adoré son année et aimait bien mes cours. Toutefois, Justinien est un de ces enfants qui semblent se saouler de cette soudaine liberté qui existe dans ma classe et qui ont du mal à trouver les limites en ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il manquait un peu de maturité et n'était pas toujours très raisonnable. Il était comme un poulain qu'on sort de la grange pour la première fois et qu'on laisse gambader dans le pâturage. Il était fou comme d'la marde. Ils sont tous un peu comme ça au début, mais habituellement, ça se tasse avec le temps. Lui, il est resté sur son "high" toute l'année. Encore une fois, je crois que j'aurais pu mieux gérer cette situation. J'ai bien eu quelques conversations avec lui, mais j'aurais dû le faire plus souvent. Ses notes ont pogné une débarque, mais il n'a pas coulé son année. Quand je suis tombé sur sa mère vers la fin de l'année, j'étais sûr qu'elle allait me ramasser. Elle est reconnue pour varloper les profs, tout le monde sait qu'elle déteste l'ancien prof de 5e de son fils, qu'elle haït le prof d'éducation physique... elle ne s'est jamais gênée pour le dire. Mais à ma grande surprise, elle n'avait que des compliments à me faire. Elle m'a dit qu'elle n'avait jamais vu son fils aussi motivé et avoir aussi hâte de venir à l'école. Ben coudonc...

Alexandre: Ma deuxième petite noix de Grenoble. Je pourrais presque réécrire tout ce que j'ai déjà écrit à propos de Filippe et ça demeurerait pertinent. Très froid et distant au début, il a été très difficile et long à apprivoiser. Ça lui a pris beaucoup de temps à accepter que je n'étais pas un policier sévère qui balance des punitions et des contraventions à la tête de tout le monde, mais plutôt un allié. J'ai finalement réussi. Avec lui, ça a été notre amour partagé des super-héros qui s'est avéré l'atout majeur. C'était la première fois qu'il rencontrait quelqu'un qui en savait plus que lui sur les personnages de Marvel et je pense que ça l'a beaucoup impressionné. J'ai acheté des BD de super-héros pour la classe et il les a littéralement dévorées. C'est formidable parce que, contrairement à Filippe qui a des notes quasi-parfaites, Alex a beaucoup de difficulté à l'école. Mais comme il a trouvé mes cours et mes projets emballants, il s'est investi plus que d'habitude et ses résultats se sont améliorés. Un beau succès celui-là.

Bill: Il serait facile pour moi de dire que celui-là est un échec, mais ce serait irréaliste et défaitiste. En fait, quand on compare sa 6e année à celles qui ont précédé, on voit bien que mon approche a été extrêmement fructueuse avec lui. Bill était un élève universellement détesté tant par les profs que par les élèves. Il faisait chier tout le monde, se faisait foutre à la porte de la classe constamment, était impliqué dans d'interminables conflits, était impoli avec les adultes, etc. Mais en arrivant chez nous, c'est comme si mon approche avait subitement mis fin à l'affrontement. Sans autorité écrasante et coercitive, il s'est transformé. Sa rébellion a pris fin. Il s'est fait quelques amis, il a cessé d'affronter les adultes, je ne l'ai pas mis à la porte de la classe une seule fois. Lorsqu'il vivait des conflits, au lieu de choisir l'escalade, il venait me voir pour que je l'aide à trouver une solution. Alors cet aspect-là est très positif. Surtout quand je repense au drame qu'a vécu sa famille cette année. À l'automne, l'ex-conjoint de sa mère (qui n'est pas le père des enfants) est revenu chez eux pendant la journée et il s'est suicidé dans le sous-sol. Par chance, ce ne sont pas les enfants qui l'ont trouvé, mais quand même. On comprend facilement que ça a affecté Bill et je me préparais à gérer une crise majeure. Finalement, avec l'aide des services sociaux, ça s'est plutôt bien passé. Évidemment, Bill reste Bill. Il fallait que je le rappelle à l'ordre souvent, que je m'implique dans ses innombrables conflits, il m'a pris beaucoup d'énergie. Il travaillait assez peu, mais il a réussi à passer son année par la peau du cul. Je suppose que, lorsqu'on connait son histoire et qu'on se donne des objectifs atteignables et réalistes, il tombe dans la colonne des réussites.

Marilou: Je suis très content du travail accompli avec cette élève. Elle avait beaucoup de difficultés en maths et, comme je le fais avec tous mes élèves, je l'ai invitée à se présenter en récupération. Pour moi, il est très important que les périodes de récup ne soient pas imposées, sans quoi elles deviennent des punitions et cela est contre-productif. Le jeune ne veut pas être là, il entend ses potes jouer dans la cour d'école, il boude et ça ne donne rien. Mais j'ai finalement réussi à convaincre Marilou de se présenter en récup et le résultat a été mirobolant. Elle a eu la meilleure note de la classe dans une de mes évaluations de maths! J'étais tellement fier d'elle et je n'ai pas manqué de le lui dire. Elle était radieuse quand elle a reçu son test, c'était beau à voir. Avec sa permission, je l'ai citée en exemple afin de montrer aux élèves l'impact réel qu'a la récup sur les résultats. Après ça, quelques filles ont suivi son exemple et se sont présentées en récup, ça m'a valu beaucoup d'heures de bénévolat, mais j'étais super content. Je pense que Marilou a pris beaucoup d'assurance dans ma classe. Surtout, elle a compris l'importance de demander de l'aide et elle a bien vu que le succès est à sa portée si elle y investit le temps et les efforts nécessaires. C'est un héritage qui lui sera très utile au secondaire et je suis très fier d'être celui qui le lui aura donné.

Alfred: Ça a tout de suite cliqué avec celui-là. On était vraiment faits pour s'entendre. Dès les premiers jours d'école, j'aime donné des surnoms à mes élèves afin de donner le ton à l'année. Évidemment, au début, c'est une espèce de négociation parce que je ne les connais pas et je ne veux pas les offenser, alors je leur demande toujours s'ils ont une objection ou s'ils aiment. Alfred se roulait à terre pendant que je faisais ça. Quand son tour est venu, il m'a dit que je pouvais lui donner n'importe quel surnom, que ça ne le dérangerait pas. J'ai dit: "Vraiment? Je pourrais même t'appeler Morceau d'asphalte trouvé dans la cour d'école?" Il se tordait de rire et a dit: "Absolument!" Alors je l'ai appelé "Morceau" toute l'année. Vraiment un gars hyper-sympathique. Il aimait bien mes cours, mais il ne s'est pas trop défoncé dans les travaux que je lui ai donnés. Disons qu'il donnait le minimum requis. J'aurais peut-être pu faire plus pour l'encourager à s'investir davantage.

Orphélie: Pas toujours facile celle-là. Généralement, je crois que ça allait quand même bien. Elle a eu des résultats extraordinaires et elle était très serviable. Mais elle était une de mes deux filles explosives. Très sportive, pas princesse du tout, mais vraiment pas toujours facile à gérer. Elle était très, très susceptible. Lorsque je la rappelais à l'ordre parce qu'elle déconnait pendant mes cours, elle devenait furieuse, me faisait les gros yeux et boudait tout le reste de la journée. Généralement, je restais de glace et je l'ignorais complètement, ce genre de petit chantage ne m'affecte pas du tout. Réagir à ce genre d'enfantillage, c'est le valider, donner du pouvoir au jeune et encourager le mauvais comportement, ce que j'évite toujours de faire. Une seule fois, j'ai élevé la voix. Elle était en équipe avec une autre élève (France) avec qui elle ne voulait pas travailler et elle l'ignorait complètement. J'ai perdu patience et je lui ai dit que cette élève avait vraiment besoin de son aide et qu'elle se devait de collaborer avec elle. Je l'ai immédiatement regretté, pensant qu'elle le ferait payer à sa coéquipière, mais finalement non, elle l'a aidée. C'est ben pour dire. J'ai souvent fait appel à sa serviabilité pour gérer la situation, faisant d'elle mon assistante dans différents contextes. Lorsque je l'investissais d'une responsabilité, elle se comportait beaucoup mieux et prenait ça très au sérieux.

Karine: Difficile à cerner celle-là. Elle avait de la difficulté en maths et elle était une de celles qui est venue me voir en récup après que j'ai cité Marilou en exemple, ce qui l'a beaucoup aidée. Mais elle semblait être perpétuellement fâchée après tout et rien. Mes cours ne semblaient pas l'intéresser particulièrement. Elle ne posait jamais de questions en classe. Elle chiâlait à haute voix quand venait le temps de travailler. Mais une fois qu'elle se mettait au travail, elle faisait de son mieux. J'ai beaucoup de mal à la définir. On n'a jamais été proche et je sais très peu de choses sur elle. Et ce n'est pas parce que je n'ai pas essayé. J'aurais peut-être pu en faire plus, mais je ne sais sincèrement pas comment j'aurais pu. Ses extérieurs grognons ne donnaient vraiment pas envie d'essayer. J'aurais peut-être dû passer par-dessus ça. Mais en même temps, elle faisait le travail que je lui donnais et elle a atteint les objectifs de la 6e en demandant de l'aide au besoin. Dans son cas, l'établissement d'un lien plus amical avec le prof n'était peut-être ni un besoin, ni une nécessité.

Maxwell: Lui, il a changé de classe au mois de novembre. Je ne veux pas être méchant, mais j'étais vraiment bien content de le voir partir. La mère a demandé qu'il change de classe, non pas parce qu'elle était insatisfaite de moi (ce qu'elle n'a pas manqué de souligner à la directrice), mais plutôt parce qu'elle affirmait que son fils avait des conflits avec plusieurs des élèves de ma classe qu'elle décrivait comme des bourreaux. Moi, je n'ai jamais observé d'agression verbale ou physique à son endroit, mais les autres enfants ne l'aimaient clairement pas. Ils l'ignoraient complètement et personne ne voulait jamais travailler en équipe avec lui. Il faut dire qu'il avait une large part de responsabilité dans cela, il n'adressait la parole à personne et refusait aussi de travailler en équipe avec les autres. En fait, il traitait parfois les autres comme s'ils étaient des pestiférés. Son comportement était vraiment étrange. Il ne regardait jamais les gens dans les yeux et longeait les corridors de l'école dans l'espoir de passer inaperçu. J'avais entrepris des démarches auprès de la direction pour qu'il reçoive de l'aide parce que, de toute évidence, il me semblait profondément troublé et malheureux. Mais finalement, elle l'a changé de classe alors je n'ai pas eu besoin d'investir davantage de temps et d'énergie sur son cas. Son départ a été comme si on retirait un épine du pied de tout le monde. Il était la source principale de tension et l'atmosphère de la classe s'est détendue. Lorsque je l'ai croisé dans les mois suivants, il ne m'a ni regardé, ni adressé la parole. Cet enfant-là a clairement besoin d'aide psychologique, mais je ne crois pas que ma merveilleuse collègue ait fait quoi que ce soit pour lui venir en aide. Pour elle comme pour tant d'autres enseignantes, tant que l'élève est assis en silence et qu'il ne dérange pas, elle ne voit pas de problèmes.

Julie: J'ai adoré travailler avec cette élève-là. Je me souviens qu'au début de l'année, sa mère est venue me voir en pleurant pour me dire que sa fille détestait l'école, qu'elle ne réussissait pas bien, mais qu'elle était intelligente et capable. J'ai vite compris à quel type d'enfant j'avais à faire puisqu'elle m'a beaucoup fait penser à moi quand j'avais cet âge. Très marginale, très artistique, elle éprouvait très peu d'intérêt pour les tâches ennuyeuses et routinières. Mais lorsqu'il était question de faire appel à sa créativité, elle explosait. Or, ça tombe bien, cette année elle est tombée sur un prof qui a laissé beaucoup plus de place à la libre expression et à la créativité que les enseignants traditionnels. Elle m'a pondu des textes tout simplement hilarants, je riais à haute voix en la corrigeant et je n'ai pas manqué de le lui dire. Elle adorait dessiner et comme c'est également là une de mes passions, elle a adoré mes cours d'art et adorait que je la complimente sur ses oeuvres. Je pense qu'elle s'est vraiment beaucoup épanouie dans ma classe. Très effacée et isolée au début de l'année, elle est devenue un membre à part entière du groupe. Je l'ai aidée à prendre sa place et en me voyant faire, les autres enfants ont appris à la connaître et à apprécier son humour, qu'ils percevaient initialement comme bizarre. Julie est la preuve vivante que mon approche est bénéfique. Cette fille-là avait besoin de sortir du modèle traditionnel basé sur le conformisme et l'obéissance aveugle, elle avait désespérément besoin d'un espace pour s'exprimer et embrasser son originalité. Cette année, elle l'a eu et les résultats ont été formidables. Je suis vraiment fier de ce que j'ai accompli avec elle.

France: Pauvre cocotte. Elle n'aurait jamais dû être placée dans ma classe. Pourtant, au début de l'année, tous les acteurs concernés semblaient être très réalistes à propos de ses capacités. La directrice et la mère (une collègue, je déteste ce genre de situations) m'ont carrément dit qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'elle réussisse sa 6e année et qu'elle était placée dans ma classe en espérant qu'elle ait accès à une classe d'aide spéciale l'an prochain, au secondaire. J'étais ravi d'entendre ça, mais la suite des choses a démontré que le deuil de la mère n'était pas aussi accompli que ce qu'elle prétendait. La petite avait évidemment des notes abyssales et n'arrivait pas à suivre le rythme de la classe. La mère n'a eu de cesse de me bombarder de demandes spéciales toute l'année. Moi, j'ai bien voulu être aussi accommodant que possible, mais comme la petite n'avait pas de bulletin adapté, je devais l'évaluer comme les autres. Sa place n'était clairement pas dans une classe régulière et contrairement à ce qu'elle avait affirmé au départ, la mère ne l'avait pas vraiment compris. Ça a été très, très pénible... pas tant avec la petite, mais surtout avec la mère. Je n'aidais jamais assez sa fille, je ne l'encadrais jamais assez, je ne la soutenais jamais assez. La petite ne demandait jamais d'aide et quand je lui en offrais, elle me répondait qu'elle n'en avait pas besoin. Un vrai casse-tête. Mais bon, si je regarde dans la colonne du positif, elle a adoré l'atmosphère de la classe et avait souvent le sourire aux lèvres. Assez isolée et rejetée au début de l'année, mes taquineries à son égard, sa bonne humeur et son sourire ont fini par faire fondre les réticences de plusieurs élèves qui se sont liés d'amitié avec elle. C'est déjà ça, je suppose... mais je ne peux pas m'empêcher de ressentir un sentiment d'échec en repensant à elle. Ma tête me dit que ses difficultés étaient telles qu'il m'était impossible de l'aider davantage dans le cadre d'une classe régulière, mais mes tripes me disent que j'aurais peut-être pu en faire plus. Je ne sais pas comment ça aurait été humainement possible. Ça mérite réflexion...

Josette: Ma deuxième fille explosive. Avec Orphélie, c'était les gros yeux et la bouderie. Avec Josette, c'était la colère et les larmes. Lorsqu'elle obtenait un résultat qui lui déplaisait, c'était immédiatement les larmes. Ce qui, malheureusement pour elle, ne m'émeut pas du tout. Les larmes utilisées comme chantage émotif ne m'atteignent pas. Puis, elle protestait et habituellement, mes explications ne la satisfaisaient pas, alors c'était les coups de pied sur le bureau, les grognements, les sanglots redoublés. Règle générale, comme je l'ai déjà dit, j'ignore ces comportements afin de montrer à l'enfant qu'elle perd son temps et qu'ils n'ont aucun effet. Habituellement, elle se calmait d'elle-même. À quelques reprises, l'escalade m'a forcé à lui demander de se calmer et de ne pas faire une tempête dans un verre d'eau. Évidemment, elle n'était pas comme ça seulement avec moi. À l'éducation physique, c'était l'hécatombe à chaque fois qu'elle perdait. Par dessus le marché, elle n'était pas souriante et me faisait la gueule à longueur de journée. J'ai essayé de la taquiner là-dessus pour lui faire réaliser qu'elle avait l'air bête, mais ça n'a rien donné. Alors ma stratégie globale a été de l'ignorer pour lui montrer que ses comportements ne lui donnaient pas l'attention qu'elle cherchait. Je ne sais pas si c'était la bonne chose à faire. Je ne suis pas psychologue après tout. Mais force est d'admettre que ses petites crises sont devenues plus rares avec le temps. Elle a gardé son air de boeuf par exemple. Pas fâché de la voir partir pour le secondaire celle-là...

Lianne: Nouvelle à l'école, elle a réussi à rapidement se faire quelques amies. Elle était généralement souriante et sympathique. Je sais que sa situation familiale n'était pas facile. Son frère était en 4e année et c'est un enfant très troublé. Possiblement atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, il est parfois verbalement et physiquement violent. Il a même frappé son prof cette année et a été mis à la porte de la classe et suspendu à plusieurs reprises. Je vous en reparlerai peut-être si j'en hérite en 6e année, mais je ne le souhaite pas trop. Bref, la petite vit avec lui, ce qui n'est évidemment pas de tout repos. Je crois que pour elle, ma classe était une espèce de refuge où elle se sentait bien, où elle savait que personne ne risquait de péter les plombs à n'importe quel moment. J'avais une bonne relation avec elle. Lorsque je surveillais aux récréations à l'extérieur, elle me suivait partout et me racontait toutes sortes d'affaires. Je l'aimais bien. Comme elle avait toujours chaud et qu'elle se promenait en t-shirt quand tout les autres étaient gelés, je l'appelait "Micro-ondes". Elle a tellement aimé le surnom que c'est ce qu'elle écrivait comme nom sur ses examens! 😉

Samson: J'ai déjà parlé de lui l'an dernier puisqu'il était dans ma classe. C'était la première fois que je faisais doubler un élève. En fait, c'était la décision de la direction, pas vraiment la mienne. J'étais très sceptique. Mais finalement, je suis bien obligé de constater que cela lui a été très bénéfique. Il a bien travaillé cette année et il a réussi sa sixième année. On a vraiment démarré l'année sur les chapeaux de roues. Il n'y avait pas de timidité entre nous, le lien était déjà en place, on s'est taquiné allègrement dès le début. Il a rapidement pris sa place dans la classe. En fait, il était méconnaissable là-dessus. Le petit bonhomme timide, effacé et isolé de l'an dernier s'est transformé en gars bien dans sa peau, qui prend sa place et qui se fait des amis. C'était vraiment l'fun de le voir aller. Ses notes demeurent faibles et je ne sais pas trop comment il va s'en sortir l'an prochain, mais j'ai vraiment travaillé fort pour lui inculquer des méthodes de travail, d'étude et d'organisation efficace. Il n'en tient qu'à lui pour les mettre en pratique. Il faut dire que les services sociaux ont également été impliqués dans le dossier et du travail a été fait avec la mère, une dame pleine de bonne volonté mais un peu dépourvue, qui est devenue beaucoup efficace pour encadrer son fils. Bref, un beau bout de chemin accompli avec cet enfant-là, même si mes inquiétudes subsistent pour l'an prochain. Quand on est si intensément impliqué auprès d'un enfant pendant deux ans, il est difficile de lâcher prise...

Kléa: Voilà une élève très performante mais beaucoup trop perfectionniste. Ça n'avait aucun sens, j'ai rarement vu une enfant aussi stressée qu'elle. Lors des évaluations, elle était tellement tendue qu'elle en tremblait. Elle faisait tellement pitié. J'ai recommandé à la mère de la faire voir par quelqu'un qui pourrait lui venir en aide, mais je ne sais pas si elle l'a fait. Il faut bien dire que, à ce qu'on me dit, c'était bien pire avant qu'elle arrive dans ma classe. Il paraît que dans certaines situations, elle devait physiquement quitter la classe parce que son stress devenait ingérable et la faisait éclater en sanglots. Cette année, c'est juste arrivé une fois, à l'examen du ministère de maths. Je crois que l'atmosphère dans ma classe est beaucoup plus décontractée et j'essaie autant que possible de dédramatiser. Mais dès que je parlais d'une évaluation importante qui se pointait à l'horizon, je la voyais devenir tendue comme une barre de fer. J'ai essayé de lui donner des trucs de relaxation, j'ai lu sur le sujet pour trouver des idées, mais son problème est beaucoup trop sévère pour que mes p'tits trucs épais aient un impact majeur. Elle a vraiment besoin de l'aide d'un professionnel et j'espère que ma suggestion à la mère n'est pas tombée dans l'oreille d'un sourd. À part son problème d'anxiété, c'était une élève modèle. Elle avait plusieurs amies et semblait généralement heureuse.

Abigail: Une élève assez faible et qui traverse la vie avec une certaine insouciance. Je ne crois pas que la famille accorde très peu d'importance à l'école et aux résultats scolaires, alors ses notes basses ne semblaient pas la déranger. Elle se pointait occasionnellement en récup, mais pas régulièrement. Elle demandait de l'aide de temps en temps. Pendant les cours, elle était attentive. Ses travaux étaient toujours faits, mais elle n'y investissait pas d'effort majeur. Je crois vraiment que le qualificatif qui la décrit le mieux est insouciante. Ce qui l'intéressait, c'était ses amies et le soccer. Le reste avait bien peu d'importance à ses yeux. Dans ce contexte, il aurait été difficile d'en exiger plus. J'ai bien essayé de la convaincre de s'investir davantage, mais j'avais sincèrement l'impression qu'elle n'y voyait pas l'intérêt. Je ne peux pas dire qu'elle ne travaillait pas et qu'elle n'écoutait pas en classe, mais l'école n'occupait tout simplement pas une place prioritaire dans sa vie. Il me semble que, peu importe les efforts du prof, la famille aura toujours un impact bien plus grand, pour le meilleur et pour le pire.

Carmen: Pas grand-chose à dire sur cette élève. Elle était attentive, discrète, travaillait bien et avait d'excellents résultats. Je pense que même si on m'avait remplacé par une chèvre, elle aurait tout de même bien réussi sa 6e année. Elle était toujours souriante, mais ne me parlait pas vraiment. Mes tentatives d'engager la conversation ont été vaines. J'ai d'abord interprété cela comme un malaise ou une certaine antipathie à mon égard, mais ce n'était pas le cas finalement. J'ai croisé ses parents et ses grands-parents et ils étaient tous emballés de me serrer chaleureusement la main et de me dire que Carmen m'appréciait beaucoup et qu'elle leur racontait toujours ses journées avec beaucoup d'enthousiasme. J'étais soulagé de l'entendre. Je me dis que c'est bien de laisser aux jeunes la liberté de choisir comment ils veulent entrer en contact avec moi. Au fond, mon rôle c'est peut-être juste de me montrer disponible et de respecter leur choix.

Jules: L'ultime échec de mon année, c'est lui. Je ne sais même pas par où commencer pour le décrire. Disons d'abord que le coeur du problème dans ce cas-ci, ce sont les parents. Ils ont élevé leur fils en faisant tout à sa place, en le surprotégeant et en blâmant toujours les autres pour ses échecs et ses mauvais comportements. L'an dernier a très mal été et ils ont blâmé l'enseignante avec véhémence. Il se comporte de façon exécrable sur la cour d'école et ils ont blâmé les surveillantes et la TES. C'est toujours, toujours, toujours la faute des autres.

Alors le ti-cul arrive dans ma classe et je me rends immédiatement compte qu'il est complètement passif. Il ne fait absolument rien, il se pogne le cul. J'ai donc vu venir le coup et je suis allé voir la directrice. Je lui ai expliqué qu'il fallait rencontrer les parents avant qu'ils ne se déchaînent contre moi afin de leur faire comprendre que leur fils ne fait tout simplement pas le travail demandé. J'ai documenté mon affaire et on a rencontré les parents. On a même invité la psychologue de la CS a la réunion. Elle avait préalablement étudié le dossier du jeune. La mère a bien essayé de me blâmer, mais elle a frappé un mur. J'ai contré tous ses arguments en lui expliquant que j'avais rempli mon devoir d'enseignant. La psychologue a martelé que je n'étais pas à blâmer et que leur fils ne souffrait d'aucun problème d'apprentissage majeur. Que le problème, c'est qu'il ne voulait pas travailler. Qu'il est complètement passif et qu'il attend qu'on fasse le travail à sa place. Qu'il ne fait preuve d'aucune autonomie et que C'EST SON CHOIX. Je pense qu'ils ont peut-être commencé à réaliser qu'ils ont sérieusement foiré avec leur fils et qu'ils ne l'ont pas élevé adéquatement.

Sur les conseils de la psychologue, différents systèmes ont été mis en place sans donner le moindre résultat. Il termine donc l'année avec des notes qui tournent autour de 20%. Il va évidemment redoubler et j'ai demandé à la directrice qu'il ne soit pas placé à nouveau dans ma classe. J'en ai assez bavé avec ce jeune-là et surtout avec ses parents, je ne veux pas subir ça une année de plus. J'ai tellement perdu de temps et d'énergie avec cet enfant-là, c'est pas croyable. Mais au moins, j'aurai réussi à briser le cycle malsain des parents et à les mettre sur la voie d'une éventuelle solution. S'ils faisaient suivre leur fils en psychologie, cela pourrait être bénéfique, mais ce n'est pas mon rôle de le leur suggérer. J'espère qu'ils vont lire entre les lignes et en venir à cette conclusion par eux-mêmes.

Dans les derniers jours de l'année scolaire, je jasais avec une mère d'un autre élève qui me disait qu'elle connait la famille de Jules depuis des années et qu'il est le parfait exemple de l'enfant-roi qui fait tout ce qu'il veut, qui considère que le monde entier est à son service, qui ne prend jamais la responsabilité de ses actes et qui a toujours été détestable. Si c'est vrai, alors ses parents récoltent maintenant ce qu'ils ont semé. Sachant tout ce que je sais aujourd'hui, je ne vois pas ce que j'aurais pu faire différemment. La directrice voit le chemin parcouru par les parents comme un grand succès.

Oprah: Quelle petite cocotte sympathique. Hyper-attachante, toujours le sourire aux lèvres, toujours de bonne humeur, toujours enthousiaste et avec un sens de l'humour extraordinaire par dessus le marché. C'était vraiment un réel plaisir de travailler avec elle. Comme Lianne, elle aussi me suivait partout lorsque je surveillais dans la cour et j'appréciais vraiment sa présence. Elle égayait ces longues surveillances plates à mort. On a beaucoup jasé et j'ai appris à bien la connaître. Son surnom était "Roger", ne me demandez pas pourquoi, j'ai oublié. Et c'était évidemment un surnom absolument hilarant puisqu'il ne convenait pas du tout à cette jolie cocotte blonde aux yeux bleus qui n'avait absolument rien d'un Roger. Elle adorait le surnom et l'écrivait sur tous ses examens. Elle n'aimait pas vraiment l'école avant, mais je crois lui avoir fait vivre une belle année. J'ai vraiment eu beaucoup de fun avec cette élève-là. Un vrai petit rayon de soleil, elle va me manquer.

Émilie: Voilà mon autre "princesse". Une autre fillette qui ne s'intéresse à rien à part le magasinage, la mode et les produits de beauté. Elle trouve que tout est con et que tout est nul. Elle n'écoute pas, elle est dans la lune ou fait des simagrées à ses amies. Un vrai boulet. Sa mère est une ancienne collègue, ce qui est rarement une bonne chose. Mais au moins, dans ce cas-ci, la mère était réaliste et voyait bien que sa fille était démotivée et ne s'intéressait à rien. Il faut dire que la petite souffre d'embonpoint et a une très mauvaise estime d'elle-même, ce qui n'aide évidemment pas. J'ai vraiment travaillé fort pour essayer de la motiver et pour l'amener à s'investir davantage, mais les résultats sont médiocres. C'est vraiment le type de petite fille que j'ai énormément de difficulté à aller chercher. On n'a vraiment rien en commun. Je suis habituellement assez doué pour communiquer mon enthousiasme à mes élèves, mais ces filles-là sont comme entourée d'une muraille d'ennui blasé que je n'arrive tout simplement pas à transpercer.

Élie: Sur le coup, je pensais que ça ne cliquerait pas entre lui et moi. La seule catégorie de p'tits gars que j'ai du mal à rejoindre, ce sont les fanatiques de hockey qui sont obsédés par ce sport. C'était clairement son cas et j'ai d'abord craint le pire. Mais finalement, mes craintes étaient infondées. Oui, Élie tripe hockey comme ça ne se peut pas, mais il n'est pas fermé au reste de l'univers pour autant. Il a beaucoup de difficultés à l'école et a besoin d'une aide soutenue, mais il est curieux, travaillant et enthousiaste. Quand c'est le temps de travailler, il donne tout ce qu'il a. Il ne baisse pas les bras et ne se décourage jamais. Ses amis ont bien compris que lorsque c'est le temps de travailler, Élie ne perd pas son temps et s'y met à fond. Cela fait de lui un exemple des plus positifs pour ses chums. C'est vraiment un élève en or. Il parlait très peu mais son sourire était très expressif. Je pense qu'il a passé une très belle année dans ma classe. Sa mère, qui sait que son fils est un être de très peu de mots, m'a dit qu'il a beaucoup apprécié. Il faut dire qu'avec une telle attitude de gagnant, il aurait sans doute réussi avec n'importe qui. Mon mérite est donc limité.

Alors voilà une autre année scolaire qui entre dans les souvenirs... je pense qu'en général, je m'en suis plutôt bien sorti.



4 commentaires:

fylouz a dit…

Félicitations ! Beau travail. Ça faisait un moment il me semble que tu ne nous parlait plus de ta carrière. Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ? Ça se passe bien avec tes collègues et ta directrice ?

Prof Solitaire a dit…

Je songe à écrire quelque chose à propos de mes collègues... peut-être... j'essaie de mettre mes idées en ordre à ce propos et je n'y arrive pas trop. Mes relations avec mes collègues sont une source d'anxiété pour moi et la tentation de ne pas affronter le problème et de simplement fuir est grande...

Anonyme a dit…

Bonjour, Prof Solitaire!

Je suis sincèrement désolé pour la longueur du message et du fait que le contenu n'a aucun rapport avec le bilan de ta classe, mais je voulais prendre le temps de bien exprimer ma pensée, surtout que c'est mon premier commentaire sur ce blog!

Pour te donner une idée de mon admiration de ce blog, sache que depuis un peu plus de 2 ans, j'avais 17 ans quand j'ai commencé à le lire, grâce à l'hyperlien du Prof Masqué. J'ai également acheté ton livre Un homme au primaire il y a 1 an jour pour jour. Je n'avais pas encore commenté dans ton blog, parce que crois-le ou non, j'étais gêné de le faire. Cela a un lien avec le fait que j'ai le syndrome d'Asperger, je pense. Ça fait longtemps que je voulais commenter, mais la, je me suis décidé!

Ce que je voulais dire depuis si longtemps, c'est que j'ai complètement changé ma façon de penser du féminisme depuis que je suis ce blog. J'ai découvert que plusieurs femmes pouvaient être ouvertement sexistes envers les hommes et que cela était TOLÉRÉ!!! J'ai été choqué car je ne pensais pas que certaines féministes pouvaient démontrer autant de haine envers les hommes et qu'elles s'en sortaient plus facilement que les hommes en cas de procès judiciaires ou des trucs du genre.

La ou je voulais en venir, c'est que j'ai une idée de sujet pour l'un de tes futurs billets sur le féminisme et cela me rendrait extrêmement heureux que tu en parles (un peu comme ton Nathan avec son grand-père). Il y a une série animée que j'aime bien écouter de temps en temps qui s'appelle Les Supers Nanas. Ça parle de trois jeunes filles super-héroïnes qui sauvent sans arrêt la ville de Townsville contre des monstres. Elles ont théoriquement 5 ans, mais à les écouter parler et agir, on dirait qu'elles ont en 12 (je dis ça juste de même pour que tu le saches, mais c'est souvent comme ça dans les dessins animés, je trouve).

Ça peut sembler enfantin, mais écoute! Il y a un épisode de cette série qui parle justement de la haine des hommes par les féministes et franchement, j'ai pensé à toi quand je l'ai réécouté. Le titre est «D'égales à égales», t'as juste à le taper sur Google. J'expliquerai pas en détail car le message est déjà assez long de même, mais en gros, les Supers Nanas doivent arrêter Femme Fatale, une grande cambrioleuse de banques. Elles y arrivent, mais en l'amenant en prison, Femme Fatale leur dit que en gros, les hommes dominent les femmes et que pour contrer ce sexisme, elles doivent la relacher. C'est ce qu'elles font, et elles se mettent à hair les garçons de leur école, leur père (en passant, elles n'ont pas de mère), le maire (c'est lui qui les appelle en cas de besoin), bref, le sexe masculin en général. Mais la prof et la secrétaire du maire les rencontrent toutes les 3 pour leur discuter de la manière dont les féministes exagèrent dans leur discours. Je ne te volerai pas le punch, mais tu serais très satisfait du résultat.

Encore une fois, je serais vraiment heureux que tu en fasses un billet et je t'en remercie d'avance!

Un grand admirateur anonyme de ce blogue :)

Prof Solitaire a dit…

Salut cher grand admirateur! Merci d'avoir pris le temps d'écrire! C'est très cool que tu l'aies fait, n'hésite pas aussi longtemps la prochaine fois! :-)

C'est toujours un plaisir de lire les commentaires des visiteurs, surtout de ceux qui me lisent depuis si longtemps! Et tu as acheté mon livre en plus, merci beaucoup, j'espère qu'il t'a plu.

Je suis content que mes billets à propos du féminisme t'aient intéressé. Tu me rassures un peu parce que je me suis fait un peu varloper par d'autres lecteurs récemment. Je suis heureux de savoir qu'il y a d'autres gens qui apprécient. Je n'ai pas tourné le dos au sujet, je vais continuer à en parler c'est certain.

Merci pour le lien sur l'émission des Powerpuff Girls. Ta description m'intrigue au plus haut point, je vais essayer de trouver l'épisode et si j'y parviens, je vais en parler c'est sûr! Je te remercie à l'avance de ta patience...

C'est drôle que tu m'en parles, j'avais dans l'idée de faire un billet sur le féminisme dans les dessins animés pour enfants. Mes p'tits gars regardent Johnny Test de temps en temps et ça me renverse toujours de voir la mère et les filles dépeintes comme des génies et le père et son fils comme deux crétins finis...

Merci encore de ton commentaire et n'hésite pas à écrire quand l'envie te pogne!!