2 juin 2017

Réponse à Fylouz, Gc et Guillaume

Bon, ok, je ne sais pas si ce billet est vraiment nécessaire et je ne sais pas s'il sera intéressant ou pertinent, alors s'il s'avère être un épouvantable somnifère, je m'en excuse.

J'ai récemment publié un billet intitulé BFF: Patrick et Melania dans lequel je réagissais à une chronique de Patrick Lagacé. Il ne me semblait pas particulièrement controversé quand je l'ai écrit, mais il a provoqué de fortes réactions chez trois habitués de ce blogue: Fylouz, Gc et Guillaume.

Ces gars-là commentent régulièrement sur ce blogue depuis des années, Fylouz est même devenu un estimé collaborateur, et j'estime beaucoup leur jugement. Ce n'est pas la première fois qu'on a des désaccords et des conversations un peu musclées. On n'est pas toujours d'accord et c'est ben correct de même. Si je n'avais pas envie de confronter mes idées, je ne tiendrais pas un blogue.

Je dirais même que la qualité de ce blogue est grandement améliorée par des gens comme eux qui prennent la peine d'écrire pour manifester des désaccords et des divergences d'opinions. Lorsqu'on refuse de confronter ses idées à celles des autres, on est condamné à monologuer dans une bulle, à se scléroser et à souffrir de paralysie intellectuelle.

C'est dans cet esprit que je souhaite leur répondre. Je souhaite le faire calmement, respectueusement et j'espère qu'ils n'y verront rien de revanchard ou de mesquin.

Leurs commentaires figurent à la suite de ce billet. Je ne vais pas tout citer parce que ce serait trop long, alors je vous invite à aller les lire par vous-mêmes si vous êtes curieux.

Le premier reproche qu'on m'a fait, c'est de manquer de recul et d'humour. Le texte de Lagacé ne serait que de la satire qui a pour but de faire rigoler, sans plus. 

Je dois vous avouer que j'ai beaucoup de mal à voir l'intérêt de cet argument pour plusieurs raisons.

1- Bien sûr, j'avais compris que le texte n'était pas à prendre au premier degré. Je ne suis pas con à ce point. Et de toute évidence, mon commentaire à propos de la santé mentale de Lagacé n'était pas formulé au premier degré non plus. Bref, je sais que le but du billet n'est pas d'affirmer sérieusement que le chroniqueur est capable de lire dans les pensées de la première dame des USA.

2- Je ne lis plus Lagacé régulièrement depuis de nombreuses années, mais je l'ai jadis beaucoup apprécié. Et à ce que je sache, le bonhomme n'est pas reconnu pour ses textes humoristiques. En fait, à part des petits clins d'oeil ici et là, ce que j'ai lu de lui était généralement très sérieux. Il n'est pas Jean-René Dufort. Alors venant de lui, un texte satirique n'est pas ce à quoi on s'attend. Et je trouve que cela entache sa crédibilité... du moins, ce qu'il en reste.

3- Ce texte n'est pas drôle. Je sais bien que l'humour est très personnel et qu'on ne rit pas tous des mêmes trucs. Et loin de moi le désir de censurer qui que ce soit, je ne souhaite pas jouer à la police de l'humour. Mais ce texte n'est tout simplement pas drôle. Ni ingénieux. Ni astucieux. Même pas un p'tit peu. L'objectif n'est pas de faire rire ou réfléchir, mais plutôt de ridiculiser, de vomir son mépris et de diffamer les Trump. À mon sens, cela n'est ni le rôle d'un journaliste sérieux, ni celui d'un média d'information. Autrement, quelle est la différence entre La Presse et Charlie Hebdo?

4- Je suis le premier à applaudir lorsqu'on se moque des puissants de ce monde. Toutefois, nous assistons présentement à un phénomène sans précédent. Les médias ne se contentent pas de simplement critiquer Trump, de démontrer la fausseté de ses propos ou d'offrir des contre-arguments réfléchis, ils se sont plutôt lancés dans une campagne de diabolisation tous azimuts. Le plus récent exemple est cette photo ahurissante de l'humoriste Kathy Griffith qui tient la tête décapitée et ensanglantée de Donald Trump. C'est sans commune mesure. Je ne sais pas très exactement où est la limite du bon goût et de l'acceptable et j'aime bien qu'on la transgresse intelligemment. Mais ceci est à des années-lumières.

Le texte de Lagacé est moins écoeurant, mais il s'inscrit dans la même mouvance. Or, ceci constitue à mes yeux un dérapage impardonnable de la part des médias. Ils sont en train de complètement anéantir leur crédibilité et ce qui reste de leurs apparences d'impartialité. C'est dramatique parce que nous avons besoin d'eux pour faire contre-poids aux politiciens. Ils sont le Fifth Estate, ils jouent un rôle de premier plan dans notre vie démocratique! Des milliers de gens lisent et écoutent ces hurluberlus! En écrivant des torchons comme celui de Lagacé, ils ne se montrent pas à la hauteur de leurs colossales responsabilités.

C'est Michelle Obama qui disait: "When they go low, we go high." Les journalistes, et plus précisément M. Lagacé, devraient s'inspirer de ce judicieux conseil.



5- Et finalement, même s'il s'agit de satire, même si Lagacé était un satiriste reconnu, même si plein de gens trouvaient son texte hilarant et même s'il ne s'inscrivait pas dans une infâme campagne de diabolisation sans retenue... même dans ce cas-là, j'aurais le droit de dire que je trouve son texte nul et j'aurais le droit de complètement le démolir sur ce blogue.

Et vous, chers lecteurs, auriez le droit d'être en désaccord avec mes propos.

Ne l'oublions pas.

L'autre argument de mes critiques était que, contrairement à ce que j'avais affirmé, l'article n'accordait pas toutes les vertus à Melania et tous les défauts à Trump.

Fylouz a même pris la peine de citer l'article afin d'illustrer son argument. Selon lui, le texte de Lagacé ne décrirait pas Melania comme une victime, mais comme une tarte aussi détestable que son mari.

Je comprends son argument et je suis capable de voir le texte de son point de vue, ce qu'il semble lui-même malheureusement incapable de faire, m'accusant plutôt de manque de recul et d'énervement flagrants qui perturbent mon jugement. Bref, je serais une espèce d'hystérique.

C'est d'ailleurs assez malheureux. Il me semble qu'un texte peut être interprété de différentes façons sans nécessairement que l'une de ces interprétations tienne de l'hystérie.

À mon avis, le texte décrit Melania d'abord et avant tout comme une victime de Donald. Cela me semble être clairement l'intention de l'auteur.

Et même si on accepte l'interprétation de Fylouz et qu'on extirpe des reproches sous-entendus du texte de Lagacé, les commentaires qui sont formulés à l'égard du mari sont beaucoup plus vitrioliques, beaucoup plus injurieux et beaucoup plus directs que ceux qui sont faits à propos de Melania. Ils ne laissent aucune place à l'interprétation ceux-là.

Lorsque je lis cet article, je vois une tentative assez évidente de dépeindre Melania essentiellement comme une femme malheureuse qu'il faut plaindre. C'est mon interprétation et je soupçonne que c'est également celle d'un grand nombre de gens qui ont lu cette chronique. 

Même si on accepte l'interprétation de Fylouz selon laquelle Lagacé plante Melania, on est malgré tout obligés de constater que la description de Melania est infiniment plus charitable que celle de son mari.

Voyez par vous-mêmes.

Selon Fylouz, Lagacé décrirait Melania comme une femme condescendante et méprisante qui voit son mariage plus comme une entente commerciale réalisée dans le seul but d'obtenir des avantages financiers. Une femme qui se complaît dans son rôle de Trophy Wife, une pitoune qui ne s'intéresse à personne à part elle-même, une femme égoïste, capricieuse et bornée complètement dépourvue de sincérité. 

Je le répète, ceci est l'interprétation de Fylouz avec laquelle je ne suis pas entièrement d'accord. 

Comparons maintenant ceci avec ce que Lagacé écrit très clairement à propos de Donald Trump. 

Il le décrit comme "une bête", une "bibitte vulgaire" entouré d'amis "dégoûtants" qui bandent en voyant sa femme. Un type manipulateur qui ment et qui achète l'obéissance de tout le monde, y compris de sa propre femme. La "bêtise" incarnée. Un "con". Un arnaqueur qui s'amuse à "emberlificoter des Américains désœuvrés." Une ordure qui tient "des propos indignes qui décrivent une agression sexuelle." Un type qui est "détesté" de sa femme et qui le sait. 

C'est infiniment plus vitriolique que l'interprétation qu'a Fylouz de la description de Melania. Qui est, à mon avis, très discutable.

Pour cette raison, je réitère que mon interprétation n'est pas invalidée. À mon humble avis, Lagacé anéantit Trump et décrit sa femme comme une victime éplorée et une prisonnière de son mariage à "une bête". Cette interprétation ne tient pas de l'hystérie.

On m'a ensuite reproché de ne pas consulter de médias assez variés.

Je trouve cette remarque assez étonnante venant de lecteurs réguliers de mon blogue. Quiconque lit ce blogue et clique sur les multiple liens que je donne en références dans tous mes billets se verra amené vers des centaines de sites différents, des journaux québécois, canadiens, français, américains, britanniques, des sites scientifiques, des blogues, des chaînes Youtube, des pages Facebook, etc. Je m'abreuve de toute évidence à de très nombreuses sources. 

C'est d'ailleurs en la comparant à toutes ces autres sources que je trouve La Presse si pitoyable et médiocre. L'article de Lagacé n'aurait jamais été publié dans la plupart des sources que je consulte. Parce que c'est un immonde torchon.

Si je persiste à lire La Presse, c'est parce que ce quotidien est la source principale d'information de la plupart des mes compatriotes. Je veux voir la bouillie qu'ils avalent afin de déceler la vision du monde qu'on tente de leur vendre. Je veux voir comment on les manipule. C'est dans cet état d'esprit que je lis La Presse. En me pinçant le nez comme si je m'apprêtais à aller patauger dans une montagne d'immondices.

Il me semble de plus en plus évident que La Presse est davantage un organe de propagande qu'une source d'information et j'ai tenté de le démontrer dans de nombreux billets. Très peu habilement, sans doute. Mais j'ai au moins essayé.

On m'a ensuite reproché d'avoir un jugement coloré par mes problèmes avec mes collègues féminines.

Fylouz a ajouté que c'est comme si je voyais tout à travers des lunettes aux verres sales et pas du tout accommodés à ma vision.

Je dois vous avouer qu'elle m'a assommé celle-là. Je sais que Fylouz n'avait aucune intention malveillante en écrivant cela, mais tout de même... ça a cogné.

Il a ajouté que je pète une coche pour rien et que c'est inquiétant. Que ça dénote un ressentiment profond. Que je devrais prendre mes distances avec ce sujet, pour un moment au moins.

Gc a renchéri, affirmant que je devrais prendre un peu de recul sur les chroniques féministes. Que casser du sucre juste pour casser du sucre me rendra amère.

J'accuse réception, messieurs. Sans rancune. Je ne suis pas quelqu'un qui craint l'introspection et je n'ai pas peur de me remettre en question et de me poser des questions sévères. J'ai même déjà pondu un billet qui examinait sans détours le rôle que joue ma relation avec ma mère dans mon anti-féminisme. Bref, je ne me défile pas et je crois jeter sur moi-même un regard sévère, franc et réaliste.

Pour tout dire, vos suggestions rejoignent certaines de mes propres réflexions.

J'ai effectivement tenté de m'éloigner du sujet du féminisme. Je l'ai d'ailleurs écrit dans plusieurs billets. Principalement parce que je sentais que je me répétais et que je n'ajoutais rien de nouveau. Je suis également très conscient que je possède une personnalité obsessive, alors je fais des efforts conscients pour ne pas tomber dans l'obsession.

Toutefois, je reviens souvent au féminisme, un peu malgré moi. Et cela s'explique par plusieurs facteurs qui n'ont rien à voir avec un aveuglement idéologique, des ressentiments face à des conflits de travail ou mes tendances obsessives.

1- Vous devez comprendre que je vis en immersion permanente dans un milieu très féminin et très féministe. C'est mon quotidien depuis deux décennies. Le féminisme est omniprésent autour de moi. C'est l'idéologie dominante. Elle a une influence majeure sur les décisions de mes supérieures, de mon syndicat et de mes collègues. Elle a eu un impact dévastateur sur ma vie et a des effets délétères que j'observe à tous les jours sur les enfants, particulièrement les garçons. Je ne peux pas l'ignorer. Même lorsque j'essaie, je tombe sur une nouvelle gifle qui me pousse à réagir.

2- Le féminisme est une idéologie très puissante qui s'infiltre partout. Elle devient une véritable vision du monde qui colore les propos de ceux qui y souscrivent. Or, l'élément qui se retrouve chez la vaste majorité des féministes, c'est cette notion que les femmes sont des êtres plus précieux, plus admirables, plus vertueux et plus opprimés que les hommes. Cette notion se pointe partout. Une fois qu'on a appris à la voir, on ne peut plus s'empêcher de la remarquer.

Cela étant dit, je ne veux pas tomber dans l'obsession. Je ne veux pas en faire une fixation. Je ne veux pas devenir comme les féministes que je dénonce et qui voient du patriarcat dans leur soupe. Avant d'écrire un billet, j'ai un processus interne de réflexion. Et il est pas mal sévère. Si vous saviez le nombre de billets à propos du féminisme que j'ai entamés, puis jetés sans les publier. Pour toutes sortes de raisons. Habituellement, je les floche en me disant quelque chose du genre: "Ok, là, tu y vas un peu fort."

Le processus est sévère mais je ne prétends pas qu'il soit parfait. Ce billet à propos du texte de Lagacé était-il une erreur? Y ai-je vu poindre l'idéologie féministe alors qu'elle ne s'y trouve pas? Je ne le crois pas, mais c'est possible. Je concède qu'elle s'exprime peut-être plus subtilement que dans les textes que je critique habituellement.

Suis-je en train de sombrer dans une obsession malsaine à propos du féminisme? La question mérite d'être posée et je me la pose régulièrement.

Permettez-mois de vous retourner la question. Mes récents billets à propos du féminisme étaient-ils impertinents? Exagérés? Obsessifs? La critique qu'on m'adresse ici est-elle valide pour d'autres billets que celui-ci? Et si c'est le cas, lesquels? Je vous invite à cliquer l'onglet "sexisme" dans la barre de droite et à attirer mon attention sur tout récent billet qui constitue, à votre avis, une critique infondée ou l'injection du féminisme dans une situation qui n'a rien à voir.

Ou ce billet-ci est-il, selon vous, un cas isolé?

Bref, je suis ouvert à ce genre de critiques et je vous invite à me faire part de vos impressions.

Toutefois, ça se joue à deux. Et je me demande, messieurs, si ce qui vous dérange vraiment à propos de ce billet, ce n'est pas tant le fait que je vois dans l'intention de l'auteur une perversité féministe, mais plutôt le fait que je refuse de monter aveuglément à bord du train anti-Trump.

Ce n'est pas la première fois que je reçois des commentaires sévères après la publication d'un billet qui refusait de diaboliser Trump. Se pourrait-il, messieurs, que votre propre haine viscérale du bonhomme vienne teinter VOTRE vision? Se pourrait-il que c'est celle-ci qui explique votre forte réaction à un billet comme celui-là et pas vraiment l'aspect anti-féministe de l'affaire?

Je n'accuse personne, je soulève simplement la question. À vous de faire preuve d'introspection là-dessus si ça vous chante.

Moi, j'ai horreur de suivre aveuglément le troupeau. Si tout le monde grimpe à bord du train anti-Trump, j'aurai juste envie de faire le contraire et de soupçonner que ce qu'on dit à propos de lui n'est pas entièrement mérité.

J'ajouterai simplement que le danger de l'amertume est bien réel. J'en ai déjà parlé dans un billet, écrivant que le ton du blogue avait beaucoup changé suite à mon épisode de harcèlement et de ma dépression. J'en suis conscient. Et il m'arrive souvent de me dire que j'aimerais alléger un peu l'atmosphère ici. Cela fait partie de mes réflexions.

On m'a ensuite dit qu'avant, j'écrivais pour moi, pour me vider, pour partager et que maintenant, j'écris pour mes lecteurs.

La critique est intéressante. Et une fois de plus, elle rejoint un questionnement qui revient fréquemment dans mes réflexions.

Je me demande souvent pourquoi je fais ça. Pour qui je fais ça.

Au début, c'était par pur plaisir égoïste. Pour le fun d'écrire. Et aussi pour archiver des liens que je trouvais intéressants et que je voulais être capable de retrouver facilement plus tard.

Cela a-t-il changé? J'sais pas. J'crois pas. Quand j'entame un billet, je ne me dis pas: "Ils vont aimer ça." Je me dis toujours: "J'ai le goût de réagir à ça."

Je sais que ce blogue est lu, mais cette réalisation est un peu floue dans ma tête. Qui sont ces gens qui me lisent? À part pour une poignée qui laisse des commentaires, je ne le sais pas trop. Ces derniers temps, mes billets sont lus entre 30 et 300 fois chacun, en moyenne:


Ce n'est pas énorme. J'ai déjà connu des chiffres beaucoup plus élevés. De ce nombre, une infime minorité de visiteurs laisse un commentaire. Je ne les blâme pas, je fais pareil. Je laisse rarement des commentaires sur les autres blogues que je lis.

Mais le résultat de cela, c'est que je ne sais pas trop qui me lit, ni pourquoi ils me lisent. Alors comme je ne connais pas leurs attentes, je n'essaie pas de m'y conformer.

Et sincèrement, même si je connaissais leurs attentes, je ne crois pas que je m'y soumettrais.

Lorsque j'ai commencé à planter le féminisme sur ce blogue, j'ai perdu un maudit paquet de lecteurs... ou plutôt, de lectrices. La fréquentation du blogue a chuté au moins de moitié, probablement beaucoup plus. Mais j'ai continué.

Pourquoi? Parce que d'abord et avant tout, ce que ce blogue me confère de plus précieux, c'est la liberté.

La liberté totale qui vient avec l'anonymat.

Ici, je peux exprimer tout ce qui me passe par la tête. Je peux gueuler, je peux tenir les propos les plus impopulaires, transgresser les tabous les plus solides, plonger dans les sujets les plus sensibles sans me soucier de ce que les gens penseront de moi. Sans me soucier des répercussions. Sans craindre les représailles.

Je peux juste être moi-même, avec toute ma fougue, toute ma passion, toute mon indignation, toute ma colère. D'une certaine façon, le Prof Solitaire, c'est le vrai moi. L'autre moi, celui que je suis à l'école à longueur de semaine, c'est lui le masque. C'est lui qui se tait, c'est lui qui endure, c'est lui qui encaisse, c'est lui qui se cache et qui baisse la tête, c'est lui qui plie l'échine, c'est lui qui ne dit pas le fond de sa pensée, c'est lui qui a peur.

Ici, je suis libre de tout ça. Ici, je me câlisse de ce que les gens penseront.

Ironiquement, les visiteurs qui me lisent me connaissent beaucoup mieux que les gens qui me voient la face à tous les jours.

C'est cette liberté qui me donne envie d'écrire.

Soumettre cette liberté à la tyrannie des attentes reviendrait à l'assassiner. Si je faisais cela, j'arrêterais d'écrire, tout simplement.

Bref, tout ça pour dire que je crois sincèrement qu'il est inexact d'affirmer que j'écris d'abord et avant tout pour mes lecteurs.

Je ne veux pas sembler chiant, je suis bien content que vous soyez là, mais ultimement, j'écris pour moi.

Tout ce que je fais, à longueur de journée, c'est pour les autres. Pour mes enfants. Pour ma femme. Pour mes élèves.

Pas ici.

Ici, j'écris pour moi.

C'est peut-être en partie pour cette raison que les réactions à mon dernier billet m'on autant étonné. Je n'avais même pas imaginé que ça pourrait heurter quelqu'un. À part Lagacé et je serais bien étonné d'apprendre qu'il vient lire ce que j'écris.

Un lecteur ajoute: "Je me souviens d'un texte touchant ou tu confiais que ton gamin était autiste et où tu annonçais que ton blogue allait te permettre d'explorer le sujet. Ce n'est pas vraiment arrivé."

C'est vrai.

Ce n'est pas un oubli de ma part.

Je suis généralement assez avare d'anecdotes sur ma vie privée. Je me livre assez peu sur ce blogue. Ou si je le fais, c'est à intervalles très peu régulières.

Je ne sais pas pourquoi.

Peut-être que, lorsque je viens écrire ici, c'est aussi par désir d'évasion.

Peut-être que je suis juste très protecteur de mes enfants et de ma femme. Que j'aurais l'impression de les trahir en livrant des détails sur eux à leur insu.

Peut-être que l'autisme de mon fils est encore à un stade de réflexion interne qui n'est pas prêt à être mis en mots.

Peut-être que, fondamentalement, je ne considère pas les détails de ma vie comme étant particulièrement intéressants et dignes de mention.

J'sais pas...

Peu importe. J'en parlerai probablement éventuellement. Lorsque je me sentirai prêt. Lorsque j'en ressentirai le besoin.

En terminant, je vous remercie pour vos commentaires, messieurs.

J'ai cru détecter une sincère inquiétude pour mon bien-être dans certains de vos propos. Ça me touche et je vous en suis reconnaissant.

Continuez. "Keep me honest" comme ils disent en latin.

Vos commentaires demeurent les bienvenus. Et j'espère que ce billet est une réponse semi-pertinente à vos commentaires et pas un interminable salmigondis incompréhensible qui vous convaincra encore davantage que je suis en train de perdre la carte! ;-)



14 commentaires:

fylouz a dit…

Salut Prof,
Bon, je vais essayer de répondre à ton texte point par point. Ça ne va pas être facile. J'espère ne pas faire une lourde erreur en jetant de l'huile sur le feu. Peut-être serait il plus sage que je ferme tout simplement ma yeule...

Tout d'abord, revenons au texte de Lagacé. Comme je l'indiquais dans mes réactions, c'est une satire. Voyons la définition de ce mot selon Wikipedia :
"Une satire est une œuvre dont l'objectif est une critique moqueuse de son sujet (des individus, des organisations, des États, etc.), souvent dans l'intention de provoquer, prévenir un changement ou de porter à réfléchir. On attribue généralement la paternité de ce genre littéraire (satura, c'est-à-dire pot-pourri) au poète archaïque latin Lucilius."
Donc, ce que je retiens surtout, c'est la partie "critique moqueuse (...) dans l'intention de provoquer, porter à réfléchir..."
Autrement dit, une satire n'est pas un sketch humoristique dans le style de Jean-René Dufort (que je trouve en passant, assez bas de plafond).

Maintenant, je tiens à te dire une chose : je pense que la tribune de Lagacé est juste médiocre et superficielle. C'est vrai que quand on est un journaliste sérieux (ce qui, dans un monde idéal, devrait être un pléonasme), on ne publie pas ce genre de chose. Lagacé est il voyant, mentaliste, psychologue, psychiatre, connait-il personnellement les Trump ? Je pense que la réponse à toutes ces questions est non.

Mais revenons à Lagacé. Le titre : "Dans la tête de Mélania". Déjà, on sait de qui ça va parler : de Mélania Trump et on peut supposer par extension que cela parlera de son président de mari.

fylouz a dit…

Première phrase : "Désolée, mais ça ne faisait pas partie du deal." Il n'écrit pas, "J'aimais mon mari, j'étais folle de lui et de son corps, etc." Il parle de "deal". Autrement dit un accord, une transaction, un marché, et sans doute aussi une référence à la célèbre autobiographie de M. Trump. Je dirais donc que si Lagacé tient à présenter Mélania sous un bon jour, il s'y prend très mal et devrait vraiment changer de métier.
Ensuite, on a une référence assez évidente au conte de "La belle et la bête", sauf qu'on n'a pas affaire à la jolie histoire d'un pauvre bourgeois qui vole une rose et de son innocente cadette qui se sacrifie pour lui. On a affaire à une femme qui se présente comme une "belle (et) sculpturale slave qui fait tourner toutes les têtes et fait bander tous ses amis dégoûtants".
Donc c'est là l'objet du deal, je le maintiens, c'est pas brillant pour elle. Là où on peut considérer que Lagacé dérape une première fois, c'est en qualifiant les amis de Trump de "dégoûtants". C'est purement gratuit, il les met tous dans le même sac.
Les deux paragraphes suivants me confirment dans mon analyse. Lagacé présente Mélania comme une femme futile qui se complaît dans une cage dorée. En plus, elle parle "du deal typique et implicite qui unit toutes les top-modèles du monde qui choisissent d’épouser un milliardaire bedonnant qui a l’âge de leur père." Ouache ! Et tu trouves sérieusement que le portrait que fait d'elle Lagacé est complaisant ?
Seulement voilà, dans le paragraphe suivant on referme la cage. Ah ben mince alors !
Le reste de l'article présente un femme vénale, couverte de richesses et qui s'en moque, qui soutient son mari du bout des lèvres, le traite de con. Il y a là, un deuxième dérapage de Lagacé : la citation de Camus. J'avoue que je trouve ça totalement débile. Peut-être ais-je des préjudices anti-mannequins mais je vois mal Mélania lisant Camus (ou alors, elle a lu ça dans "Vogue", mais je doute que les "journalistes" de "Vogue" lisent Camus).
Suit le paragraphe sur la fameuse citation "Grab them by the..." Là, je maintiens mes propos, ce qui semble la gêner (selon Lagacé) est moins le fait que Trump ait dit cela qu'il l'ai dit alors qu'ils étaient déjà mariés ! Autrement dit, il a rompu le deal ! Total manque d'empathie.
En passant j'ai cherché ce qu'était la fameuse "passe du cochon slovène". Chou blanc.
Suit une suite de paragraphes sur le divorce, et là, ça va plutôt dans ton sens, d'accord, car ils présentent Mélania comme une femme exemplaire prête à vivre "dans une cabane de pêcheur sur le bord de l’Adriatique" avec un "poète grec".
Ce que je trouve complètement con. A croire que Lagacé a perdu l'esprit ou fumé des trucs. 1)Je ne vois pas du tout Mélania faire ça ; 2)Encore une fois, tout divorce serait pour elle une entreprise risquée (rien à voir avec le fait que son mari soit président) car il l'a certainement fait signer un contrat de mariage en sa défaveur.
Le reste de l'article est composé de déclarations de haine de Mélania envers son mari et une menace d'autobiographie (ce qui n'arrivera jamais, car 1) il faudrait qu'ils divorcent et 2) ils parviendraient à un accord très rémunérateur pour qu'elle range son livre sur une étagère.
Bref, j'ai beau lire et relire cette chronique, elle me semble très largement critiquer plus Mélania que Donald. Il est présenté après tout comme excessivement généreux envers elle, et en réponse elle n'est qu'ingratitude et mépris. Pour le reste, rien de nouveau Lagacé se contente de ressasser les mêmes ragots.

Donc non Lagacé n'" assigne (pas) toutes les vertus à la femme et tous les vices à l'homme".

fylouz a dit…

Tu cites ensuite divers articles de Lagacé :
- "Les féministes extrémisss" : Je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il dit, mais l'essentiel se tient. Les avancées sociales bénéficiant aux femmes sont le résultat d'un combat collectif, rarement individuel. Lagacé fait d'ailleurs une comparaison intéressante entre l'amalgame entre "féminisme" et "féminisme extrémiste" : "C’est aussi con que de critiquer la gauche en disant son dégoût du maoïsme ! C’est aussi simpliste que de réduire le mouvement des droits civiques aux Black Panthers. Et les musulmans, à ben Laden."
-Ah, les maudites féministes ! : Bon, je comprend que ça t'énerve. Peut-être s'exprime t-il mal, peut-être que certaines réalités lui échappent. Jette un coup d’œil aux commentaires, ils devraient te réjouir pour la plupart.
- 5 questions : Là, je comprends que ça t'énerve. Vu les textes sur le sujet que tu as publié jusqu'ici, il ne saurait en être autrement. Plusieurs allégations de Lagacé sont douteuses, par exemple son commentaire sur "Star Wars" : ridicule, l'épisode IV mettait en scène un groupe de héros qui, pris isolément, n'auraient eu qu'un faible intérêt et le personnage de Leïa est pas mal "badass", d'ailleurs, tout comme dans l'épisode VII, il n'y avait guère qu'un seule personnage féminin important. Ou est la progression ?
- Patrick Lagacé s'exprime sur : Ici, donc, ce qui te choque le plus, c'est la phrase "la notion de consentement n'existait pas". C'est vrai, c'est idiot, on ne peut imaginer que 100% des femmes avaient des rapports sexuels sans consentement. Ça ne tient pas debout. Maintenant, si tu regardes le passé récent (ou pas si récent), les années 60 - 70 - 80, voire plus. On voit pas mal de cas de femmes obligées de vendre leur cul pour progresser professionnellement. Tu vois des trucs assez hallucinants, comme l'interdiction faite aux femmes de participer à un marathon jusqu'en 1972 et 1984 pour les JO ! Je t'invite à jeter un œil à ce site : http://www.genrimages.org/media/pdf/chronologie.pdf
en particulier à ça : "1990 : La Cour de cassation reconnaît le viol entre époux."
1990 !
Les choses évoluent. On ne s'en rend même pas compte, je pense. C'est pourquoi le comportement de Trump est tellement choquant pour beaucoup aujourd'hui, alors qu'il était peut-être acceptable il y a quelques années.
http://an-2000.blogs.liberation.fr/2017/06/02/et-si-lagression-de-cecile-de-menibus-avait-lieu-aujourdhui/

A part ça, dans ta réponse, tu indiques que " j'avais compris que le texte n'était pas à prendre au premier degré". D'accord, mais dans ce cas, pourquoi l'appelles tu "mon ti-Pat ? Pourquoi qualifie tu son article de "raclure" et de "hit-job" ? Pourquoi dis tu qu'il devrait avoir honte ? D'où mes commentaires sur ton "énervement", désolé.
Bon, d'accord, je ne sais pas combien il a été payé pour ça, ça ne les mérite pas, mais quand même.

fylouz a dit…

Je suis d'accord avec toi sur certaines dérives à propos de Trump, d'ailleurs j'avais inclus un lien avec un article sur Kathy Griffith dans l'une de mes réponses. Face à un tel comportement, on ne peut que se demander si cette dame n'a pas besoin de soins psychiatriques.

Je suis également d'accord avec toi sur l'importance des médias dans la société en tant que contre-pouvoir et de ce fait assez écœuré par leur frivolité (en particulier la TV).

Question diversité des médias, désolé, mais quand tu parles politique ou féminisme, il me semble que ton interprétation est beaucoup plus sévère envers les infos des médias "de gauche" que ceux "de droite". Ça n'est peut-être qu'une impression. Désolé alors, c'est peut-être à moi de prendre du recul.

Mon commentaire sur les lunettes était sans doute maladroit. Désolé (je me répète). Je voulais juste essayer de dire que peut-être, après tout ce que tu as subi, tu souffres de ce que l'on pourrait appeler un "syndrome post-traumatique". Mais, bon, c'est vrai que j'ai perdu de vue le fait que tu vivais toujours cette situation à tous les jours. Désolé, encore une fois.
https://www.youtube.com/watch?v=8b7sGGtIeZw

Tu écris ensuite : "La critique qu'on m'adresse ici est-elle valide pour d'autres billets que celui-ci? Et si c'est le cas, lesquels? Je vous invite à cliquer l'onglet "sexisme" dans la barre de droite et à attirer mon attention sur tout récent billet qui constitue, à votre avis, une critique infondée ou l'injection du féminisme dans une situation qui n'a rien à voir."
Désolé, j'ai essayé de m'y mettre, il y plus de 400 billets sur le sujet. Disons que si j'ai eu un commentaire (bon ou mauvais) à faire à l'occasion, tu l'auras vu je suppose.

En ce qui concerne les commentaires suivants : non, encore une fois, je ne ressens pas de haine pour Trump. Par contre, j'avoue avoir du mal à comprendre les gens qui en pensent du bien, même juste un petit peu. Pourquoi ? Parce que ça fait déjà quelques mois qu'il est au pouvoir et qu'est-ce qu'il a fait de concret ? Rien. Les informations sur les liens de ses proches avec le Kremlin se confirment (ce qui ne veut pas dire que la baloune ne se dégonflera pas, tout dépendra sans doute de la déposition de Comey), il a tendance à faire l'exact opposé de ce qu'il avait promis ("Drain the swamp", tu te souviens ? Et "Jail her !"), en plus, il a une grande gueule et des manières de bully (je suis désolé, mais le style de ses poignées de main est désormais célèbre). En fait, il ne semble avoir qu'un but, une véritable obsession, défaire tout ce qu'Obama a fait pour le renégocier selon ses propres termes. Tu ne trouves pas ça juste... bizarre ?

Pour ce qui est d'écrire pour te vider, je ne vois pas où serait le mal. Ça me parait logique. Sinon, quel intérêt ?

fylouz a dit…

Bon, voilà. Je ne sais pas si j'ai été très clair. Peut-être que j'aurais du laisser aller. J'imagine qu'il y a une leçon à retenir pour tous. J'espère que ce n'est pas d'être plus "politiquement correct". Ça serait dommage. C'est comme la fameuse phrase de Desproges : ""On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui", dont voici la citation complète :

"Alors le rire, parlons-en et parlons-en aujourd'hui, alors que notre invité est Jean-Marie Le Pen. Car la présence de Monsieur Le Pen en ces lieux voués le plus souvent à la gaudriole para-judiciaire pose problème. Les questions qui me hantent, avec un H comme dans Halimi sont celles-ci :

Premièrement, peut-on rire de tout ?

Deuxièmement, peut-on rire avec tout le monde ?

À la première question, je répondrai oui sans hésiter, et je répondrai même oui, sans les avoir consultés, pour mes coreligionnaires en subversions radiophoniques, Luis Rego et Claude Villers.

S'il est vrai que l'humour est la politesse du désespoir, s'il est vrai que le rire, sacrilège blasphématoire que les bigots de toutes les chapelles taxent de vulgarité et de mauvais goût, s'il est vrai que ce rire-là peut parfois désacraliser la bêtise, exorciser les chagrins véritables et fustiger les angoisses mortelles, alors, oui, on peut rire de tout, on doit rire de tout. De la guerre, de la misère et de la mort. [...]

Deuxième question : peut-on rire avec tout le monde ?

C'est dur… Personnellement, il m'arrive de renâcler à l'idée d'inciter mes zygomatiques à la tétanisation crispée. C'est quelquefois au-dessus de mes forces, dans certains environnements humains : la compagnie d'un stalinien pratiquant me met rarement en joie. Près d'un terroriste hystérique, je pouffe à peine et, la présence, à mes côtés, d'un militant d'extrême droite assombrit couramment la jovialité monacale de cette mine réjouie dont je déplore en passant, mesdames et messieurs les jurés, de vous imposer quotidiennement la présence inopportune au-dessus de la robe austère de la justice sous laquelle je ne vous raconte pas."

A méditer.

Prof Solitaire a dit…

Merci pour les commentaires fort pertinents.

Et non, tu n'aurais pas dû fermer ta yeule.

Et non, tu n'avais pas à t'excuser de quoi que ce soit.

J'adore la citation de Desproges...

Je comprends ton point de vue à propos du texte de Lagacé. J'y ai sans doute été trop fort en affirmant qu'il lui assignait toutes les vertus. Je me suis mal exprimé. Ce que j'aurais dû dire, c'est qu'il semblait la décrire comme une tragique victime d'un monstre. C'est mon interprétation, mais je comprends parfaitement la tienne et elle est tout à fait valable.

Mais tu vois, la preuve de l'influence de la pensée féministe n'est-elle pas là? Imagine si Lagacé décrivait Melani ou n'importe quelle femme avec les mots qu'il utilise pour décrire Trump.

Imagine s'il pondait (ou chiait) une chronique dans la quelle il décrivait une femme comme étant "une bête", une "bibitte vulgaire" entourée d'amies "dégoûtantes" qui mouille leurs petites culottes en voyant son mari. Une manipulatrice, la "bêtise" incarnée. Une "conne". Une arnaqueuse qui s'amuse à "emberlificoter des désœuvrés." Une ordure qui tient "des propos indignes qui décrivent une agression sexuelle." Un sotte qui est "détestée" de son mari et qui le sait.

Lagacé ne ferait jamais ça. Même pour les plus répugnantes des femmes.

Et s'il le faisiat, son texte ne serait pas publié. Et s'il l'était, personne n'applaudirait. Ce serait l'hécatombe. Et il serait viré.

C'est ça l'influence du féminisme.

Et ce n'est pas dans ma tête.

Le professeur masqué a dit…

1- «Suis-je en train de sombrer dans une obsession malsaine à propos du féminisme?» Réponse: oui.
2- «Vous devez comprendre que je vis en immersion permanente dans un milieu très féminin et très féministe. C'est mon quotidien depuis deux décennies.» Voir réponse 1.
3- «Cela étant dit, je ne veux pas tomber dans l'obsession. Je ne veux pas en faire une fixation. Je ne veux pas devenir comme les féministes que je dénonce et qui voient du patriarcat dans leur soupe.» Voir réponse 1.

Je pourrais continuer ainsi, mais à quoi bon.

J'ai cessé de venir te lire sur une base régulière et de commenter parce que tu as décidé de mener une croisade qui te rend surtout très malheureux.

Quant au texte de Lagacé, l'auteur fait référence à deux adultes égocentriques, superficiels et consentants qui ont convenu d'une entente il y a fort longtemps. Mais voilà que des signes semblent apparaitre quant à la fragilité de celui-ci. Quant à moi, on voit très bien le portrait de deux individus aussi méprisables l'un que l'autre.

PJ a dit…

Cher Prof Solitaire, j'ai un petit exercice à te suggérer: sauter/oublier le titre et lire ceci jusqu'au bout, je dirais presque en commençant par la fin, avant de se lancer dans une critique. En faisant abstraction du titre, à quel point es-tu en accord ou en désaccord avec ce qui est présenté?

Je penche du côté du professeur masqué, oui ça devient obsessif et c'est malsain. Un peu de recul ferait sûrement du bien. Je comprends que ta situation est unique, n'est pas facile et ton expérience a teinté ton point de vue mais quand les lunettes deviennent surajustées, il est temps de voir un ophtalmo pour ne pas ruiner sa vision en permanence. Tu es dans un milieu ou l'absence de diversité a mené à une polarisation malsaine, et pour combattre une telle polarisation, il faut éviter de s'autopolariser également. Je conviens que ce n'est pas facile, mais c'est un effort qu'il faut faire, justement, pour éviter d'être malheureux à broyer uniquement du noir.

Kevin Macarry a dit…

" On m'a ensuite reproché d'avoir un jugement coloré par mes problèmes avec mes collègues féminines." Ah mais votre blog étant perso il n'est pas anormal que vous ramenez certains fait divers du monde à vos problèmes,c'est mieux d'avoir un point de vu perso sur un blog,après tt vous n'êtes pas journaliste et n'avez pas pour but de faire de l'info de manière neutre ou objective

Guillaume a dit…

Sans revenir sur ce qu'ont dit Fylouz, Prof Masqué et PJ (transparence totale: PJ est mon frère) voici brièvement ce que je pense:

1)Le reproche que je fais, principalement, c'est d'avoir complètement déformé et mal interprété le texte de Lagacé, peu importe sa qualité intrinsèque. Concernant celui-ci, il s'agit d'une chronique d'opinion, pas le résultat d'une enquête exhaustive. Les chroniques d'opinion ont leur place dans la presse occidentale et elles peuvent utiliser la satire et l'ironie. Et on en retrouve treize à la douzaine par ailleurs. Quant à la crédibilité de Patrick Lagacé comme journaliste d'enquête, elle est assez solide pour que le SPVM l'ait mis en filature (ce qui ne fait pas de lui un grand chroniqueur on s'entend).

2)Tu as dit que le portrait de Melania par Lagacé était rien de moins que dythirambique. Fylouz a démontré assez clairement il me semble (si besoin était) que c'était en fait un portrait vitriolique. Même si ce n'était pas si méchant que ça envers elle (et ça l'est) on ne peut pas faire dire au texte exactement le contraire de ce qu'il dit. Ou alors relis la définition de dithyrambique et dis-nous en quoi ça peut décrire une femme entretenue superficielle, arriviste et dépourvue d'empathie. Dithyrambique, c'est élogieux et d'un enthousiasme excessif.

3)Je crois aussi que ta lecture était complètement (et j'insiste: COMPLÈTEMENT) déformée par ton expérience personnelle en ce qui concerne des rapports extrêmement éprouvants envers tes collègues féminins. Je suis par ailleurs en désaccord avec ta définition et ta vision du féminisme: à la base, le féminisme est une idéologie qui promeut l'émancipation des femmes. Point. Je suis d'accord qu'une certaine frange du mouvement existe maintenant qui va bien au delà de ça et de revendicateur est devenu oppressif, revanchard et j'ajouterais même puritain. Je vais même souscrire que cette frange en mène très large dans certains milieux, dont l'école primaire. Mais il faut faire une distinction d'une part entre féminisme revendicateur et féminisme revanchard et entre une virago "normale" et une idéologue intégriste d'autre part. J'ai eu des ennuis sans commune mesure aux tiens quand j'étais teaching assistant, mais mettons que certaines collègues m'ont rendu la vie assez pénible. Ça n'avait rien à voir avec une quelconque idéologie: l'école primaire étant un milieu en majorité composé de femmes, les personnes difficiles étaient forcément des femmes.

Prof Solitaire a dit…

Ça commence à ressembler à une intervention votre affaire, les boys:

https://youtu.be/EwGQZ-vyMIo

Sérieusement, merci pour les commentaires... ça nourrit ma réflexion.

fylouz a dit…

Weuuuuhhh... Ça existe un mec comme ça ? On dirait une mauvaise blague.
Plus sérieusement, peut-être devrais tu simplement cesser de lire "La Presse". A l'époque où je vivais à Montréal et que je lisais ça, j'étais vraiment effaré par la médiocrité profonde de nombreux articles. Et puis un jour, j'ai appris qu'un journaliste débutant était payé 1000 $ par semaine en travaillant pour ce torchon. 1000 $ par semaine ! C'était souvent plus que ce que gagnais en un mois, merde ! Et quand à écrire des conneries, j'aurais pu le faire aussi bien, mais voilà, je n'avais pas de diplôme de journaliste, moi.
Ben, c'est de ma faute, j'avais qu'à travailler à l'école.

Le professeur masqué a dit…

Cela étant, si tu fais un sondage pour demander à tes lecteurs s"ils trouvent que tu écris trop sur un sujet, tu accordes donc une importance à l'avis de ton lectorat. Et quant à moi, peu importe les résultats, tu as déjà une opinion en tête.

La véritable question est de savoir si ça te rend heureux de parler de tout cela, d'y consacrer autant de temps et d'énergie.

Prof Solitaire a dit…

@ Fylouz: Si j'arrête de lire La Presse, je referme encore plus ma bulle. Déjà que je ne regarde plus la télé, je ne vais presque plus au cinoche, que je ne porte aucune attention aux sports ou à la vie des stars... je vais devenir l'équivalent d'un naufragé sur une île déserte! ;-)

@ PM: Ne t'inquiète pas mon cher collègue masqué, ce sondage est uniquement pour assouvir ma curiosité. Comme je l'ai écrit, j'écris pour moi et je vais continuer à écrire ce que j'ai envie d'écrire. C'est ça l'idée.

Cela étant dit, vos commentaires ne tombent pas dans l'oreille d'un sourd, particulièrement lorsqu'ils sont aussi judicieux.