17 juin 2017

Vilain « Mascu » !

Voici un texte de Jean-François Guay qui redonne un peu d'espoir à un petit Prof Solitaire qui a parfois l'impression de prêcher tout seul dans le désert:

Rarement j’ai pu lire dans les médias tels que La Presse, Radio-Canada, Le Devoir, des voix fortes et réfléchies qui nous présentent un angle plus masculin sur divers enjeux sensibles de notre société. Pourtant chaque semaine on peut y lire nombre d’articles, chroniques et textes d’opinion sur la souffrance que vivent les femmes. Comme si la détresse ne pouvait être que féminine. Comme si, au Québec, les hommes d’aujourd’hui doivent se taire parce que jadis, c’était aux femmes de garder le silence.

Je suis étonné par la disproportion des publications féministes comparées à celles traitant de problématiques masculines dans ces trois grands médias. Même quand on parle de la violence des femmes, on termine le dossier en les présentant comme des victimes ayant eu des enfances difficiles.

Par exemple, Pascale Navarro, dans une récente chronique, pourfend The Red Pill, un film traitant justement de la souffrance des hommes. Francine Pelletier, quant à elle, traite abondamment de la culture du viol, ou même Judith Lussier fait fi des règles élémentaires de droit pour promouvoir le #OnVousCroit envers et contre toutes les apparences de mensonges. Des points de vue exclusivement de femmes sur des enjeux qui touchent tous les Québécois. Ou sont les voix masculines qui peuvent nuancer ce discours?

À titre d’exemple, les cancers du sein et de la prostate sont des champions tueurs selon les sexes alors que le premier occulte complètement le second dans les médias. Pourtant un homme sur sept contre une femme sur neuf aura ce type de cancer et il tue davantage d’hommes que de femmes ou à tout le moins dans des proportions similaires. La santé des hommes serait-elle de moindre importance? Il n’existe peu ou pas de ressources pour les hommes en difficulté ou victimes d’abus. D’ailleurs, la souffrance des hommes est décrite de façon anecdotique dans les pages d’opinion alors qu’elle y est présentée comme généralisée chez les femmes. Hormis Sophie Durocher, aucune d’entre elles ne parlera de la détresse des hommes sans dire que celle des femmes est supérieure et/ou infiniment plus dramatique. On se retrouve dans une espèce de course à la victimisation, perdue d’avance par les hommes.

De plus, affirmer ne pas être féministe revient pratiquement à avouer qu’on a voté Trump aux élections américaines. Pour que le discours d’un homme soit crédible, il lui faut faire une profession de foi envers le féminisme sans le critiquer, sinon il se verra étiqueté comme réactionnaire de droite et misogyne. Pourtant, comment puis-je me réclamer d’un mouvement qui ne fait pas de place à l’autre? Comment puis-je trouver une place dans un mouvement qui tend à nier ou à minimiser des problématiques touchant particulièrement les hommes comme le suicide, l’itinérance, mort violente, etc.?

Au Québec, on finance la détresse des femmes à coup de millions et c’est un exemple pour le monde entier, mais pour les hommes, ce ne sont que quelques centaines de milliers de dollars obtenus 12 ans après le rapport Rondeau sur la santé des hommes. À sa sortie, ce rapport a d’ailleurs été dénigré et décrit comme une menace à l’obtention éventuelle de fonds par la Fédération des femmes du Québec et 14 autres organismes, dont le CALACS.

Cette négation de la souffrance masculine conduit à de la détresse, faute de moyens et services. Ainsi, les CALACS refusent d’accueillir les hommes victimes de violence sexuelle. Pourtant, ils sont financés par la population québécoise sans distinction. Cette détresse peut se transformer en désespoir, voire en violence et… l’homme continue alors d’être perçu comme l’agresseur, la femme comme la victime et le cycle continue.

On a besoin d’un autre discours, un discours plus inclusif qui fait place aux hommes au Québec, car je me reconnais de moins en moins dans ces médias. Pourtant, je suis loin d’être un « mascu » de droite, comme le dirait Judith Lussier. Il faut simplement ouvrir le dialogue plutôt que de perpétuer la confrontation et l’opposition entre les genres.

Je souhaite que mes deux garçons aient une voix qui milite pour un accès aux mêmes services que pour ma fille lorsqu’ils en auront besoin. Je souhaite qu’ils soient présumés innocents lorsqu’une femme portera de fausses accusations contre eux et je souhaite qu’ils puissent trouver refuge dans une maison d’hébergement avec mes petits-enfants si leurs conjointes se montrent violentes avec eux. (...)



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