8 juillet 2017

La cagnotte d'Omar Khadr

Voici le seul point de vue sensé que j'ai trouvé concernant l'affaire Khadr. Il est signé Andrew Lawton et publié sur le site de Global News:

Every terrorist in the country will soon be lining up at the trough for a $10.5 million cheque.

Such is apparently the fate awaiting enemies of Canada according to the country’s own government, as seen in the settlement of a lawsuit by Omar Khadr, the man who confessed that at age 15 he threw the grenade that killed American army medic Christopher Speer in Afghanistan.

Khadr’s actions in the 2002 firefight that killed Speer have not been tested in court in Canada, and his American appeal is not yet complete. He has not been exonerated — he’s simply out on bail.

Despite his Canadian citizenship, we must not forget that Khadr was an enemy combatant. Despite recanting his confession of killing Speer (he now says he doesn’t know whether he did it), Khadr was undeniably on the battlefield, and is also on video constructing improvised explosive devices (IEDs) — technology responsible for the deaths of 97 Canadians.

Whether Khadr’s devices killed any of them we’ll never know, but he was making deadly weapons. Surely he didn’t think it was simply an al-Qaida arts and crafts project.

For the last 15 years, Khadr has tried to hide behind protections of his Canadian identity despite fighting for the enemy in the most literal sense. If Canadians won’t accept the legitimacy of the American military tribunal, let’s litigate this on our own soil.

He should be treated as a defector and charged with treason — an offense without a statute of limitations, I’d remind Canada’s attorney general.

Canada’s criminal code says anyone who “assists an enemy at war with Canada, or any armed forces against whom Canadian Forces are engaged in hostilities, whether or not a state of war exists between Canada and the country whose forces they are” is guilty of high treason, which carries a life sentence.

Canada’s mission in Afghanistan began in October of 2001, making the United States’ enemies our own as well.

Yet Khadr received a red carpet welcome when he was released from custody in 2015.

He’s not a hero, nor is he a victim. But the misinformation about this case doesn’t stop there.

Contrary to claims circulating this week, the multimillion-dollar deal was not ordered by the Supreme Court or any other level. It was brokered behind closed doors by Khadr’s lawyers and government officials.

The Supreme Court did rule in 2010 that Khadr’s rights as a Canadian were violated at Guantanamo Bay, highlighting visits from Canadian representatives in 2003 and 2004, during the Chretien-Martin years.

“The deprivation of (Khadr’s) right to liberty and security of the person is not in accordance with the principles of fundamental justice,” the court ruled in its unanimous decision. The court also affirmed the government should “decide how best to respond to this judgment.”

I don’t question the legitimacy of the Supreme Court, but it’s important to note that its justices were not interpreting international law, which forms the nuances of the Khadr case.

Anyone touting the government’s $10-million payout to Maher Arar as precedent is wrong. The RCMP was directly involved in the circumstances leading to Arar’s detainment and torture in Syria. And unlike Khadr, Arar was cleared of wrongdoing.

Khadr’s supporters see him as a “child soldier” and liken the military tribunal that convicted him to a kangaroo court.

According to testimony from lawyer Howard Anglin, speaking before the House of Commons’ international human rights subcommittee in 2008, Khadr was not a child soldier under international law, and his military tribunal was conducted in accordance with Geneva Convention standards.

Anglin cited a claim from Khadr’s own former military lawyer, Lt.-Cmdr. William Kuebler, that no law or treaty prevents prosecution of minors for war crimes.

Former United Nations human rights prosecutor David Crane agreed, saying it was a matter of prosecutorial discretion.

However, these legal arguments appear to take backseat to the emotional ones driving the narrative that Khadr is a victim of tragedy, rather than a perpetrator of it.

“No one reading this can say, with certainty, that his or her life would have turned out different from Omar Khadr’s if he or she was raised as he was,” said Jonathan Kay in a CBC column.

I agree that upbringing shapes much of one’s existence, but we must still be accountable for our own actions. We didn’t afford the benefit of the doubt to Nazi war criminals whose conduct could be linked to indoctrination, nor should we have.

Khadr’s father, Ahmed, was in Osama bin Laden’s inner circle. His older sister,  Zaynab, has publicly praised bin Laden. His mother said in a CBC interview some years back that Canadians should wish their sons were as “brave” as hers.

If Khadr isn’t his father’s son, why has he not distanced himself from the family that set him up for failure?

Khadr was mature enough to know the consequences of his actions. I just wish the same could be said of the federal government.




16 commentaires:

Le professeur masqué a dit…

Un point de vue sensé?

«Every terrorist in the country will soon be lining up at the trough for a $10.5 million cheque.» Argument démagogique. Tellement ridicule qu'il ne vaut même pas la peine de le contredire. J'ai arrêté là.

Le professeur masqué a dit…

En passant, cet homme a été recruté à l'âge de neuf ans dans ce mouvement terroriste. Neuf ans. Ça, ton auteur sensé ne le dit pas.

Prof Solitaire a dit…

@ prof masqué: OK, je te l'accorde, le premier paragraphe est exagéré. J'ai failli l'enlever en fait, mais j'ai décidé de tout garder en fin de compte.

Du reste, Khadr n'est pas accusé pour des gestes qu'il a commis à 9 ans, mais bien pour des gestes commis lorsqu'il avait 16 ans. À cet âge-là, on est responsable de ses actes.

Le professeur masqué a dit…

Donc, toute les jeunesse hitlériennes auraient dû être en prison? Le type a eu six ans d'endoctrinement familial et tu penses qu'il peut comme ça exercer un libre arbitre? Un adepte de la secte de Moon aurait pu en sortir simplement parce qu'il aurait 18 ans? En passant, c'est à 15 ans qu'il a posé ce geste. Méritait-il d'être torturé et battu? Est-ce cela la justice canadienne? S'il y'a eu entente entre les avocats du gouvernement et les siens, c'est pace qu'il y avait aussi une base légale pour ce faire.

Prof Solitaire a dit…

Prenons un exemple fictif. Un jeune de 15 ans qui tue quelqu'un de sang froid. C'était prémédité. On se rend compte que le jeune a été victime d'abus de sa mère et que son père était un psychopathe qui l'a élevé à lui dire que faire du mal aux autres, c'est l'fun. Es-tu en train de me dire que ce jeune-là doit être trouvé non-coupable et libéré sous prétexte que ce n'est pas de sa faute?

Évidemment, quand on regarde le passé des gens qui commettent des crimes violents, on trouve des éléments qui permettent de comprendre. Mais ça n'excuse pas. En bout de ligne, chaque personne est ultimement responsable de ses actes. À 15 ans, tu comprends que tes gestes ont des conséquences, tu sais à quoi servent les bombes que tu fabriques, tu sais ce qui arrive quand quelqu'un reçoit une grenade en pleine gueule et tu sais également que la mort, c'est final. Cela signifie qu'il savait ce qu'il faisait.

Si au moins il avait été trouvé non-coupable, ce serait déjà ça! Dans ce cas-là, les gens qui sont en faveur d'une réparation auraient un argument de poids. Mais il n'a jamais été trouvé non-coupable et pire, il aurait avoué! Et malgré cela, il mérite 10 millions d'argent public?

Méritait-il d'être torturé et battu? Bien sûr que non. Personne ne mérite cela, on n'est pas au Moyen Âge! Et je te signale qu'il ne l'a pas été dans une prison canadienne. Il me semble que ça compte pour quelque chose, ça... est-on collectivement responsables de ce que les Américains font aux prisonniers qu'ils détiennent?

Et le toubib qui a reçu sa grenade en pleine gueule méritait-il de crever, lui? Puisque son assassin a la citoyenneté canadienne, devrait-on verser un montant à sa famille? C'est n'importe quoi...

Khadr a pris les armes contre le Canada et ses alliés. Le code criminel est clair, non seulement il ne devrait pas recevoir 10 millions, mais en fait, il ne devrait même pas être libre. Trudeau as mis la charrue devant les boeufs.

Moi, je suis un jeune islamiste fanatisé, je vois ça et je me dis que non seulement je peux aller me battre pour Daech, tuer du monde et si je suis arrêté, à mon retour au pays, non seulement je serai libre, mais en plus, si j'ai été maltraité en prison, je vais recevoir une compensation financière du gouvernement avant même qu'un tribunal décide si je suis coupable ou pas.

Ça n'a ni queue, ni tête...

gerard lamontagne a dit…

Vous en fumez du bon! Les américains envahissent des pays , l'Afghanistan, l'Irak, etc.et quand les gens se défendent, ils sont déclarés «ennemis combattants», un statut qui n'existe pas ailleurs que dans leur cervelles crapuleuses de sorte qu'ils ne fassent plus parti d'aucune convention internationale.
On essaie de les tuer autant que possible et quand on les capture, on les torture jusqu'à ce qu'ils disent ce qu'on veut qu'ils disent. Entretemps, on en assassine plusieurs sur le gibet de la torture.
Et enfin quand on a terminé nos actes barbares à leur égard, on leur prépare un procès devant des tribunaux qui utilisent leur système de preuves qui doivent être tenues secrètes en raison de la sécurité nationale.
Omar Kadr a été pris dans un engrenage dans lequel toutes les lois internationales ont été bafouées, les protections accordées aux prisonniers qui se défendent en temps de guerre éliminées, engrenage avec lequel on a donné à l'armée américaine le droit de vie , de torture ou de mort sur tout individu.
Et le Canada se Steven Harper et de Vic Toew'S et de Blayney et de nos services secrets étaient d'accord avec ça. Mais pas la majorité des canadiens; ce ne sont pas nos valeurs.
À date, j'étais d'accord avec le professeur solitaire, mais sa considération de tous les faits dans cette affaire l'amène à poser un jugement que je trouve trèsquestionnable.

Le professeur masqué a dit…

Tu confonds pas mal de choses.

1- Ce que tu ne comprends pas est que cet individu a fait de la prison. La pire des prisons. À l'encontre de toutes les lois canadiennes. Il ne reçoit pas un dédommagement parce qu'il a tué, mais à cause du traitement qu'on lui a réservé par la suite et auquel le gouvernement canadien a consenti.
2- Les gestes posés par cet individu ont été posés dans un contexte de guerre, pas un contexte civil.
3- «En bout de ligne, chaque personne est ultimement responsable de ses actes.» Faux. Il existe en droit le staut de non criminellement responsable.
4- Le gouvernement canadien de l'époque a accepté tacitement (je suis poli) le sort qui lui a été réservé dans cette prison américaine. Il a une responsabilité légale à cet égard.

Et je reviens avec mon exemple: aurais-tu mis en prison toute la jeunesse hitlérienne?

Le professeur masqué a dit…

Et suivant ta logique, tout enfant élevé dans un contexte religieux strict a le libre arbitre de quitter celui-ci à 15 ans sans aucun problème puisqu'il est responsable de ses actes? Donc, tous ces jeunes, la plupart de tous ces enfants dont tu dénonces à longueur de blogue l'endoctrinement choisissent finalement un jour librement la religion dans laquelle ils ont été élevés?

Prof Solitaire a dit…

Merci de vos commentaires judicieux, Messieurs. Vous me donnez matière à réflexion.

Vos arguments sont intéressants. Bien que je sois en désaccord avec Gérard sur deux points majeurs: si l'invasion de l'Irak était effectivement injustifiée, celle de l'Afghanistan était justifiée. De plus, Khadr n'était pas un freedom fighter qui défendait son pays d'un envahisseur étranger, il était membre d'un groupe terroriste.

Toutefois, vous ne répondez pas directement à l'article de Lawton.

N'aurait-on pas dû au moins attendre que Khadr soit exonéré avant de nous excuser et de le payer?

La définition que fait le code criminel d'un homme coupable de haute trahison ne s'applique-t-elle pas parfaitement à lui?

N'est-il pas vrai que selon le droit international, Khadr ne répond pas aux critères qui définissent un enfant soldat?

N'est-il pas vrai que le tribunal militaire a été respectueux de la Convention de Genève?

Moi, sincèrement, je ne suis pas avocat et je n'ai pas les réponses à ces questions.

Plusieurs des détails de cette affaire m'étaient inconnus lors de la publication de ce billet et la situation me semble effectivement moins simple que je le pensais au départ. Je vous remercie d'apporter de l'eau au moulin de ma réflexion.

Le professeur masqué a dit…

En passant, Guantanamo à 15 ans. Même sous la torture, il clamait son innocence..

http://www.journaldemontreal.com/2017/07/09/qui-est-omar-khadr

Prof Solitaire a dit…

À propos de l'absence de remords et de la déresponsabilisation des parents:

http://www.journaldemontreal.com/2017/07/10/les-remords-domar-khadr

Le professeur masqué a dit…

Je soulignais qu'on ne peut reconnaitre la culpabilité de quelqu'un quand elle est obtenu sous la contrainte ou la torture. Il y a des auteurs qui ont oublié ce petit détail dans leur argumentaire...

Quant à M. Martineau, il cite M. Hébert... Ouf... pas le gars le plus rigoureux dans ses écrits.

Comment en est-on arrivé à 10 millions? Crisss... Le gars devrait s'informer un peu. Un jugement de la Cour suprême a ouvert la porte à un dédommagement. Les avocats de Khadir ont réclamé 20 millions. Les procureurs du gouvernement ont suggéré 10 millions. On évite le procès, les frais, etc. On peut ne pas être d'accord avec les idées de M. Khadir mais le gouvernement avait une obligation légale d'agir à l'époque et il ne l'a pas fait.

«Habituellement, dans un procès, quand l’accusé n’exprime pas de remords sincères pour le crime qu’il a commis, le juge en tient compte lorsque vient le temps d’imposer sa sentence. Dans le cas d’Omar Khadr, on lui a donné 10 millions de dollars.» M. Martineau confond le geste qu'a longtemps nié avoir posé M. Khadir et la somme qu'il a reçue parce que le gouvernement l'a laissé dans une prison où la torture régnait. Il confond les deux dossiers, comme bien des gens.

Prof Solitaire a dit…

Alors tu ne ressens pas l'ombre d'un petit malaise face à cette décision? Pour toi, justice a été faite? Il n'y a rien qui cloche à ton sens dans tout ça?


Hénèm a dit…

Il a été condamné par défaut en Utah à payer 131M$ à la veuve du soldat. Ils vont tout tenter pour faire homologuer cette décision au Canada et saisir le 10M$.

En espérant que le 10M$ (moins les avocats...) ne se retrouve pas dans des comptes en banque d'organisations radicales.

Prof Solitaire a dit…

Extraits du papier de Facal:

Sur le fond, le cas est extraordinairement complexe.

Ceux qui pensent qu’il a été la victime d’une effroyable injustice ont de bons arguments.
Ceux qui pensent le contraire et qui sont outrés qu’il reçoive, en plus, 10,5 millions $ exempts d’impôts ont aussi de bons arguments.

(...) Mais une chose semble échapper à beaucoup d’observateurs.

Justin Trudeau ne rate jamais une occasion de se faire du capital politique quand il peut beurrer épais sur les belles valeurs canadiennes de compassion et d’humanisme. Ici, au contraire, on a agi en catimini­­­.

Pire, au lieu de l’annoncer publiquement, de s’expliquer avec ouverture et transparence, on s’est empressé de payer Khadr pour prendre de vitesse la requête présentée devant une cour ontarienne par l’avocat de la veuve de Speer pour bloquer ce paiement.

C’est le journaliste Robert Fife qui a dévoilé ce fait accompli. En catastrophe, le gouvernement Trudeau envoie donc au front les ministres Goodale et Freeland pour justifier la décision. Hasard ?

http://www.journaldemontreal.com/2017/07/11/khadr-vieille-politique-petite-politique



Le professeur masqué a dit…

Que la façon de révéler cette décision soit politique, c'est un fait. Mais cette décision est fondée juridiquement. Ça ne l'invalide pas. Restons sur les faits.

Tes affirmations de 11h02 sont basées sur les avis d'un avocat opposé à Khadir. Encore une fois: on confond le geste qu'a longtemps nié avoir posé M. Khadir et la somme qu'il a reçue parce que le gouvernement l'a illégalement laissé dans une prison où la torture régnait. Deux dossiers différents.

Quant à la réclamation de la veuve, bonne chance. Khadir a reconnu sa culpabilité dans un contexte où il était torturé. Ça ne vaudra rien au Canada.

Un rappel historique des événements:
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1044481/omar-khadr-djihadisme-entrevue-2460-mise-garde-terrorisme-afghanistan?isAutoPlay=1

La version de l'avocat de Khadir (un peu larmoyante mais il faut bien avoir les deux côtés de l'histoire):
https://www.youtube.com/watch?v=Ya6Nl7ucnko