9 septembre 2017

Art féministe


Le vandalisme peut-il être considéré de l'art?

Explorons la question à travers cette nouvelle:

Les passants de la rue Sainte-Catherine au centre-ville de Montréal ont sans doute remarqué que depuis deux semaines la façade d’un ancien cinéma pornographique est recouverte de femmes nues masquées, œuvre d’une artiste féministe montréalaise.

Je l'ai écrit à plusieurs reprises sur ce blogue, je défendrai toujours la liberté d'expression et la liberté artistique. Les artistes doivent avoir la possibilité d'être aussi choquants qu'ils le souhaitent. C'est fondamental dans une société libre.

Cela étant dit, ce qui pourrait choquer ici, ce n'est pas le contenu de l'oeuvre (qui est, lorsqu'on y réfléchit bien, d'une extraordinaire banalité), mais plutôt le canevas.

S'il s'agissait véritablement de vandalisme, ce serait inacceptable. Et illégal.

Or, comme nous l'apprend l'article un peu plus loin, l'artiste a reçu la permission du propriétaire de l'édifice. Il ne s'agit donc pas de vandalisme. Il est donc mensonger de la qualifier d'artiste vandale.

Et ce n'est pas un véritable symbole de liberté non plus.

Au contraire, cette oeuvre démontre bien l'hégémonie de l'idéologie féministe dans notre société. Imaginez si moi, j'allais recouvrir un édifice d'images d'hommes à moitié nus et de slogans antiféministes. Vous croyez vraiment que je serais applaudi? Vous croyez qu'on laisserait mon oeuvre intacte bien longtemps? Vous croyez qu'on me qualifierait "d'artiste vandale" et que je serais le sujet d'articles admiratifs et dithyrambiques?

Ou imaginez si mon oeuvre véhiculait des slogans pro-Trump. Ou pro-vie. Ou anti-immigration massive.

Non, cette oeuvre ne démontre pas que les artistes sont libres. Elle démontre plutôt qu'ils ne sont tolérés que lorsque leur message est bien ancré à gauche et qu'il ne contredit pas les idéologies dominantes qu'épousent la gauche et les fervents guerriers de la justice sociale.

Ce n'est pas de la vraie liberté, ça.

« On ne peut pas plaire à tout le monde dans la vie, mais ce n’est pas une raison pour se la fermer », lance avec assurance Miss Me, auteure de l’œuvre située sur la « Sainte-Cath » au coin de la rue Sainte-Élizabeth.

Le nom de l'artiste est très révélateur, vous ne trouvez pas? Mais pas étonnant. Le narcissisme et l'égoïsme sont endémiques chez ces chères féministes.

Pour ce qui est de cette citation de l'artiste, elle est sans intérêt. Elle tente de se dépeindre en victime alors qu'en réalité, le fait que son oeuvre soit applaudie et médiatisée démontre qu'elle possède un privilège qui ne serait pas accordé à des gens comme moi dont les opinions ne cadrent pas avec l'évangile de la gauche féministe multiculturaliste.

Le projet regroupe une dizaine de photos sur papier, en noir et blanc, de l’artiste cagoulée avec le chandail relevé dans chacune des fenêtres de l’ancien Video Erotica. Ses seins sont remplacés par d’autres créatures.

Je n'ai rien à redire à propos de la technique de l'artiste. Au contraire, le résultat est plutôt bien.

La seule critique que je pourrais formuler, c'est peut-être simplement son manque d'originalité. Les seins transformés en personnages, ça a déjà été fait. C'est par exemple le cas de l'excellent Ron English, dont j'ai déjà parlé ici il y a quelques années.

Mais voilà, lorsqu'une artiste se réduit à n'être que l'écho des autres, lorsqu'elle se prive de toute réflexion vraiment originale et lorsque sa démarche est dépourvue de tout sens critique face au discours dominant, alors elle se condamne inévitablement à n'être qu'une copie dénuée d'originalité.

L’enseigne arbore maintenant le nom de l’œuvre Pussylluminati et affiche des phrases explicatives du projet, telles que « Siffler une femme n’est pas un compliment » ou « Don’t tell me what to wear » (Ne me dites pas comment m’habiller).

Encore une fois, le nom de l'oeuvre est très révélateur. C'est étrange et fascinant qu'une artiste féministe l'ait choisi. L'Illuminati fait référence à des sociétés secrètes qui bénéficient d'une énorme influence occulte et qui tirent les ficelles des puissants tout en restant tapies dans l'ombre. C'est un symbole de corruption antidémocratique et de subversion. Le titre serait davantage approprié pour une oeuvre antiféministe qui souhaiterait dénoncer l'influence illégitime des diktats féministes dans notre société.

Pour ce qui est de l'utilisation du préfixe Pussy, elle ne reflète que l'éternelle obsession des féministes pour les parties génitales féminines qui s'exprime de mille façon, des Pussy hats aux Pussy this et Pussy that. Encore une fois, complètement dénué d'originalité.

Les phrases explicatives que l'on cite ici sont risibles.

Siffler une femme n'est pas un compliment? Premièrement, ce phénomène est rarissime au Québec, alors c'est une problématique essentiellement inexistante. Deuxièmement, est-il inconcevable que certaines femmes puissent aimer être sifflées? Le fait que de nombreuses femmes apprécient l'attention est bien connu. N'en auraient-elles pas le droit? Troisièmement, n'est-il pas concevable qu'un homme qui siffle une femme souhaite simplement manifester (de façon bien impolie, je le concède) son admiration pour l'apparence d'une femme, ce qui constitue clairement un compliment? Bref, on peut être d'accord ou pas avec ce comportement, je le trouve moi-même répréhensible, mais affirmer catégoriquement qu'il ne constitue pas un compliment et que toutes les femmes doivent s'en indigner est abusif.

Don't tell me what to wear? Encore une fois, on nage en plein délire féministe. De quelles façons les femmes québécoises se font-elles davantage dire quoi porter que les hommes? C'est n'importe quoi.

À moins de parler de certaines musulmanes, mais ça, il ne faut pas en parler. C'est pas bien.

« C’est symbolique pour moi comme emplacement parce que c’est un ancien vidéo et cinéma porno qui n’était pas des plus élégants. Ce n’était pas des gens qui respectaient le corps de la femme qui allaient là ou des gens qui avaient une sexualité saine », soutient-elle.

L'accusation de manque d'élégance est tout simplement risible. Vous avez vu l'oeuvre de l'artiste? Des femmes masquées qui relèvent leur chandail pour dévoiler leurs seins recouverts de dessins divers sous le titre "Pussyluminati"! Vous y voyez de l'élégance, vous? Quelle hypocrisie!

Pour le reste, on a ici une féministe qui diabolise la sexualité masculine! Ha! Quelle surprise!

Apparemment, Miss Me n'est pas seulement artiste, elle est également psychologue et sexologue! C'est extraordinaire!

Le porno ne m'intéresse pas personnellement, mais je suis qui, moi, pour affirmer que c'est malsain? Quelles sont mes qualifications pour dire une chose pareille? Je n'ai aucune autorité en la matière. Miss Me ne partage pas mon humilité.

L'accusation selon laquelle les gens qui consomment du porno ne "respectent pas le corps de la femme" est ridicule. À moins d'être dotée de pouvoirs psychiques ou de dons de télépathie, l'artiste ne peut pas raisonnablement affirmer une chose pareille. Est-il inconcevable que, pour certains consommateurs de porno, leur intérêt soit plutôt une manifestation de leur fascination et de leur idéalisation du corps des femmes, ce qui ne saurait être qualifié de manque de respect? De plus, inverser les rôles démontre la stupidité de l'argument. Imaginez si j'affirmais que les femmes qui consomment de la porno ne respectent pas le corps des hommes. Pourquoi serait-ce loufoque dans le cas des hommes mais plein de bon sens dans le cas des femmes?

L'accusation d'activité malsaine est, une fois de plus, complètement abusive. Tout le monde a des pulsions sexuelles qui demandent à être satisfaites, c'est une réalité de la vie. Évidemment, pour les femmes, le problème est minimal puisqu'il est très facile pour elles d'obtenir des relations sexuelles lorsqu'elle le désirent. Cela ne requiert presque aucun effort de leur part. Elles n'ont qu'à respirer et à attendre les avances des candidats intéressés. Mais pour les hommes, c'est une autre histoire. Je n'ai aucune difficulté à imaginer un homme très timide, ou pas très beau, ni très riche, dénué de charme et complètement incapable de séduire une femme. Ou encore un homme handicapé. Dans un cas comme celui-là, qu'y a-t-il de mal à ce que ce type aille se faire une petite branlette en regardant du porno et en s'imaginant dans cette situation intime à laquelle il aspire tant? Il libère des pulsions normales sans faire de mal à quiconque. À moins que cela se transforme en obsession incontrôlable, qu'est-ce qu'il y a de malsain là-dedans?

Les seules pratiques sexuelles catégoriquement malsaines sont celles qui impliquent des adultes et des mineurs ou encore des gens qui ne sont pas consentants. Dans ces cas-là, c'est non seulement malsain, mais également immoral et illégal. La pornographie qui était projetée dans ce cinéma n'aurait pas pu mettre en scène des participants mineurs ou non-consentants, elle ne peut donc pas raisonnablement être jugée malsaine de la sorte.

Je m'en voudrais de ne pas attirer votre attention sur un aspect fascinant de toute cette histoire. Remarquez-vous comment le féminisme est en train de devenir une idéologie aussi puritaine et moralisatrice que le catholicisme? Le féminisme est la nouvelle religion. C'est lui qui fait des interdits et qui met à l'index. C'est lui qui impose les nouveaux tabous et qui bénéficie de dogmes inattaquables et intouchables.

Les féministes sont les nouveaux curés.

C’est pourquoi l’artiste de 36 ans a décidé d’y installer des œuvres reliées à la sexualité féminine et à la reprise de contrôle de cette sexualité.

Le contrôle et l'autoritarisme sont effectivement au coeur même du féminisme. Mais contrairement à ce qu'affirme l'artiste, il ne s'agit pas ici de faire en sorte que les femmes reprennent le contrôle de leur sexualité. En fait, les femmes québécoises sont déjà pleinement en contrôle de leur sexualité. Affirmer le contraire tient de la lubie et de la paranoïa.

Ce que l'artiste tente de faire ici, ce n'est pas de permettre aux femmes de "reprendre" le contrôle de leur sexualité. En fait, les actrices porno sont des adultes consentants qui bénéficient de la libération totale de la sexualité féminine qui existe en Occident.

Non, ce que souhaite réellement faire l'artiste, c'est contrôler la sexualité des hommes en leur dictant une conduite et en leur disant ce qui est sain ou pas, ce qui est respectueux ou pas, ce qui est acceptable ou pas, ce qui est péché ou pas. Ce que souhaite l'artiste, c'est inspirer la honte de soi-même chez les hommes et la haine des hommes chez les femmes.

Voilà ce qui existe au coeur putréfié du féminisme moderne.

« Le contraste de mettre des femmes nues quand même, mais des femmes nues qui ne sont pas là pour séduire, qui ne sont pas là pour l’autre, mais qui sont là pour elles », explique Miss Me.

Hypocrisie patente.

Si ces femmes ne sont pas là pour l'autre et s'il s'agit d'une démarche qu'elles font uniquement pour elles-mêmes, alors pourquoi les afficher en public?

Ces femmes ne sont peut-être pas là pour séduire, mais elles sont clairement là pour véhiculer un message qui est destiné aux autres. L'affirmation de l'artiste est donc mensongère et malhonnête.

(...) « J’essaie toujours de mettre mes affaires où il y a des gens, je ne me cache pas dans des allées. Je veux commencer des conversations », mentionne-t-elle.

Mensonge.

On ne commence pas une conversation en disant à quelqu'un: "Tu es un être inélégant à la sexualité malsaine et immorale qui ne respecte pas le corps des femmes."

Les féministes ne veulent pas converser. Elles veulent imposer. Elles veulent couvrir les hommes de honte. Elles veulent dépeindre les hommes comme des monstres et les femmes comme des éternelles victimes éplorées. Elles veulent dominer, dicter, contrôler, censurer. Elles ne veulent pas entendre les opinions contraires.

Il n'y a aucune ouverture à la conversation dans le mouvement féministe. Les preuves abondent.

(...) « Montréal permet une plus grande liberté sexuelle aux femmes, bien plus qu’ailleurs dans le monde, mais il y a encore des choses qui restent à soigner. Les agressions sexuelles sont encore extrêmement fréquentes. On n’en parle pas encore assez. Il y a encore de la honte, encore du victim blaming entre les femmes elles-mêmes et dans ce qu’on enseigne à nos filles », stipule-t-elle.

Propagande féministe classique.

Les agressions sexuelles sont illégales et unanimement décriées. De plus, les femmes ne sont pas les seules qui en souffrent. Et elles ne sont pas aussi "extrêmement" fréquentes que le prétendent les féministes.

Pour ce qui est du "victim blaming" et de l'éducation faite aux filles, il n'y a pas de mal à dire aux gens d'être prudents et d'enseigner aux jeunes à être sur leurs gardes et à prendre certaines précautions élémentaires. J'en ai déjà parlé plus en détails dans cet autre billet. Je vous invite à aller le lire, c'est un de mes meilleurs.

Les œuvres de Miss Me ne passent pas inaperçues. Elles en choquent même plusieurs. À tel point que la plupart d’entre elles ne durent qu’à peine deux ou trois semaines avant d’être retirées ou vandalisées. « Les gens arrachent les yeux, ils écrivent des insultes, arrachent les seins ou le vagin, où ils mettent des pénis partout. [Cela permet] de montrer aussi que tu ne peux pas mettre une femme nue dans la rue sans que ça arrive. Pourquoi ? Ça veut dire que la première chose qui vient à l’esprit, c’est de mettre un pénis ou de l’insulter », se désole l’artiste.

Une artiste vandale qui est contre le vandalisme. C'est à n'y rien comprendre.

Pour le reste, c'est du délire.

Premièrement, relisez ce qu'elle dit. On dirait qu'elle pense que ses images sont vivantes. On dirait qu'elle décrit des agressions contre des vraies personnes. Elle pense que les vandales les "insultent". Comment fait-on pour insulter un objet inanimé exactement?

Deuxièmement, l'artiste saute immédiatement à la conclusion que ses oeuvres sont vandalisées PARCE QUE ce sont des représentations de femmes nues. J'invite Miss Me à "mettre des hommes nus dans la rue" pour voir combien de temps ils resteront intacts. Moi, j'ai vu des tas d'affiches vandalisées dans les rues au cour de ma vie et la vaste majorité d'entre elles ne représentaient pas des femmes nues.

Troisièmement, le fait de déchirer ces oeuvres ou d'y dessiner un pénis signifie-t-il nécessairement qu'il s'agit d'un souhait de violence envers les femmes? Et s'il s'agissait plutôt d'une dénonciation du message qui est véhiculé? Et s'il s'agissait plutôt d'une expression du même genre de puritanisme anti-porno qu'exprime l'artiste elle-même?

Et si le véritable geste subversif ici, ce n'était pas la banale oeuvre de Miss Me mais plutôt le vandalisme de certains passants?

Miss Me se décrit comme une artiste vandale puisqu’elle réalise souvent ses œuvres à des endroits où elle n’en a pas l’autorisation. Elle préserve son anonymat en cachant son visage sous sa cagoule ou derrière un foulard puisqu’elle ne veut pas que les gens se mettent à discuter ou à juger son apparence.

Elle cache son visage pour ne pas qu'on commente son apparence, mais elle nous montre à peu près tout le reste. Logique en esti son affaire.

Du reste, le vandalisme est illégal. Le fait que cette femme pose des gestes illégaux sans être punie et qu'on applaudisse sa démarche démontre bien le privilège dont elle bénéficie. Comme je l'écrivais plus haut, des oeuvres antiféministes ne seraient pas tolérées de la sorte.

Mais parlez-nous également de vos oeuvres légales, chère Miss Me:

L’artiste fait aussi des œuvres « légales ». Elle exposera d’ailleurs dès le 7 septembre à la Galerie COA, un projet réalisé en collaboration avec la photographe Nastia Cloutier Ignatie, qui met en scène 15 vagins de femmes.

Oui, évidemment. Des vagins. Ça va de soi.

Tous les aspects de la femme sont divins, tout le monde sait ça.

Seul le regard répugnant des hommes peut en ternir la beauté ou en pervertir la signification.

(...) « Il y a beaucoup de gens qui n’approuvent pas ou ne comprennent pas ma manière de discuter. Il y a des gens qui ont du mal à comprendre qu’une femme puisse se mettre nue visuellement dans la rue, revendiquer le fait de ne pas porter de soutien-gorge ou revendiquer le fait de s’habiller sexy, sans être vue comme un objet sexuel. La sexualité est une intention et pas juste un état de chair. Comprendre ça, ça ferait toute la différence pour les femmes », revendique-t-elle.

Les êtres humains adultes sont des êtres sexuels. Nous sommes programmés pour ça.

Vouloir séparer la nudité du désir sexuel est aussi utopique que vouloir dissocier la vue de plats délicieux du désir de manger.

Le fait d'éprouver du désir pour une personne ne signifie pas qu'on lui manque de respect ou qu'on la réduit à l'état d'objet sexuel.

Ça signifie simplement qu'on est un être humain mature normalement constitué, doté d'une libido et de désirs sexuels qui sont non seulement naturels et normaux, mais également sains et essentiels à la survie de l'espèce.

Nous sommes des êtres sociaux. Les vêtements que nous portons ou pas ont un impact sur la perception des gens qui nous entourent. C'est parfaitement normal et inévitable. Les femmes québécoises peuvent s'habiller comme elles le souhaitent et c'est très bien ainsi. Elles n'ont pas à tolérer le harcèlement ou les attouchements non-désirés et il y a des lois pour ça. Mais qu'elles ne se surprennent pas d'attirer les regards et d'attiser les désirs si elles portent des vêtements révélateurs.

Les féministes font beaucoup de mal avec leurs discours sexistes et misandres, mais elles ne réussiront jamais à anéantir la nature humaine.



28 commentaires:

fylouz a dit…

J'aimerais essayer d'analyser ton texte.

"Le vandalisme peut-il être considéré de l'art?"
Je dirais que oui. Ça porte même un nom : le "Street art". Le Street art est, de fait, illégal car l'artiste ne demande pas la permission de déposer son oeuvre sur le support. Ce droit, il se l'accorde et très souvent - du moins quand l'auteur possède un réel talent - le propriétaire du support approuve et préserve l'oeuvre en question. Ironiquement, la destruction ou le vol de l'oeuvre déchaîne les réactions.

http://www.lesinrocks.com/2013/02/20/actualite/vente-illegale-dun-banksy-a-qui-appartient-une-oeuvre-de-street-art-11363421/

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/08/04/97001-20170804FILWWW00274-vols-de-street-art-la-mairie-de-paris-porte-plainte.php

http://www.huffingtonpost.fr/2017/09/08/le-realisateur-de-mother-darren-aronofsky-furieux-apres-une-operation-de-promo-pour-son-film_a_23201704/?utm_hp_ref=fr-homepage

http://i2.wp.com/www.modernists.fr/wp-content/uploads/2016/05/saving-banksy-docu-street-art-modernists-2.jpg?resize=780%2C520

Je pense donc que quand tu parles de vandalisme "inacceptable et illégal", tu pousses un peu. Des graffitis de bites, oui, je trouve ça inacceptable. Ça revient à insulter tous les gens qui découvrent "l'oeuvre" en question.

fylouz a dit…

"Imaginez si moi, j'allais recouvrir un édifice d'images d'hommes à moitié nus et de slogans antiféministes."
Tu as raison dans les deux cas, sauf que dans le premier au moins ironiquement, je pense que tu serais défendu par la communauté LGBTQ.

"Ou imaginez si mon oeuvre véhiculait des slogans pro-Trump. Ou pro-vie. Ou anti-immigration massive."
Ben oui, mais dans les deux derniers cas au moins, cela pourrait être considéré comme de la propagande haineuse blatante. Le problème dans le cas de cette artiste, c'est de prouver qu'il s'agit de propagande haineuse. Mais si on y arrive, alors c'est la fin de la liberté d'expression car tout sera considéré comme de la propagande haineuse, comme ici : http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/02/04/le-street-artiste-combo-agresse-a-paris_4569284_1655012.html

Pour ce qui est du nom de l'oeuvre, je ne suis pas sûr qu'il faille y voir autre chose qu'un mauvais jeu de mot, tout comme le nom de l'artiste d'ailleurs : "Miss Me" = "Je te manque".

Et puis, les Illuminati, je précise que je n'y crois pas. Mais disons que j'ai comme un biais anti-droite quand à la manipulation :
https://www.youtube.com/watch?v=5IPyv4KgTAA
https://www.youtube.com/watch?v=6SFluCvPX5s

En ce qui concerne le problème du sifflement, ton argumentation ne tient pas debout, tout simplement. En fait, tu te tires toi-même dans le pied en écrivant : "de façon bien impolie, je le concède". Une insulte est une insulte, un manque de respect est un manque de respect, sauf à ce que les participants se connaissent - et encore -.

fylouz a dit…

"De quelles façons les femmes québécoises se font-elles davantage dire quoi porter que les hommes?"
Ben, ça m'est arrivé en été à Montréal de croiser des hommes torses nus - ce qui est interdit - jamais de femmes (sauf si on compte les Raëliennes qui squattent la Fierté gaie). C'est un peu comme la polémique sur le "manspreading" d'ailleurs. On fait comme si seules les femmes étaient dérangées par ce genre de comportement. Ben non, moi aussi ça me dérange, mais comme je ne sais jamais si le gares en question est un type courtois ou un connard total, ben je me la ferme. Sans compter que ça concerne aussi les femmes :
https://www.youtube.com/watch?v=0aEgTn6nd4w
https://www.youtube.com/watch?v=W3soVlZ3FZ8

Ensuite, je ne suis pas contre la pornographie. C'est plutôt déplaisant en général mais être contre, c'est aussi stupide qu'être contre les crottes de chien. Tout simplement parce que les deux sont nécessaires : les chiens doivent faire leur crotte et il n'est pas mauvais que des hommes regardent de la pornographie, soit parce que cela leur évitera de commettre des actes répréhensibles ou parce qu'ils n'ont pas la possibilité d'avoir une relation normale avec un autre être humain. Après, tout comme il est bon de ramasser les crottes de son chien, on peut essayer de faire preuve d'honnêteté, de respect, de décence envers les travailleurs-ses du sexe : https://www.youtube.com/watch?v=o2dQojRHX9Q

De même pour les poupées en latex, les gadgets sexuels, la prostitution (ben oui, il y a des gens qui préfèrent faire ça que bosser chez McTruc), les assistants sexuels (ça se fait aux USA, aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark, en Suisse.

"Les féministes sont les nouveaux curés."
Je crains que tu n'aies raison, en tout cas pour l'Amérique du Nord. Mais comme tout ce qui se fait là-bas finit tôt ou tard à franchir l'Atlantique...

"En fait, les femmes québécoises sont déjà pleinement en contrôle de leur sexualité."
Je doute que ce soit à 100%.

"En fait, les actrices porno sont des adultes consentants qui bénéficient de la libération totale de la sexualité féminine qui existe en Occident."
Euuuuhhh... Non, vraiment (voir plus haut) et puis ça : https://www.youtube.com/watch?v=IkXt-sfkuMA

fylouz a dit…

"Les féministes ne veulent pas converser. Elles veulent imposer. Elles veulent couvrir les hommes de honte."
Hélas, oui. Voir aussi ton commentaire plus haut : "Non, ce que souhaite réellement faire l'artiste, c'est contrôler la sexualité des hommes en leur dictant une conduite et en leur disant ce qui est sain ou pas, ce qui est respectueux ou pas, ce qui est acceptable ou pas, ce qui est péché ou pas. Ce que souhaite l'artiste, c'est inspirer la honte de soi-même chez les hommes et la haine des hommes chez les femmes."
C'est le nouveau catholicisme, mais inversé.

"Elle pense que les vandales les "insultent". Comment fait-on pour insulter un objet inanimé exactement?"
Effectivement, les termes sont mal choisis. Quand une oeuvre est vandalisée, c'est parce qu'elle choque... à une époque donnée. Des œuvres vilipendées au XIXe - par des critiques notamment - (les Impressionnistes par exemple, ou les Dadaïstes sont sacralisées aujourd'hui). Et une partie de l'utilité de l'art n'est elle pas de faire réfléchir ? Et choquer, n'est ce pas une façon de faire réfléchir ?

En ce qui concerne les œuvres antiféministes, je pense qu'on peut en trouver si on en cherche. Après, si les féministes décident que c'est choquant et qu'elles décident de faire campagne en ce sens...
https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSH0UmQ9NKxSlSzzhJlSK2OVHDevsvY-Yv_LvMuNCeSyjl5A2-E
http://www.lepoint.fr/images/2016/07/29/4925895lpw-4926130-jpg_3696174.jpg
http://trendly.fr/wp-content/uploads/sites/3/2016/10/abu-malik-al-shami-street-art-syrie-8.jpg
Et ce ne sont là que quelques exemples.

"Oui, évidemment. Des vagins. Ça va de soi.
Tous les aspects de la femme sont divins, tout le monde sait ça."
Ben, pas pour tout le monde, apparemment : http://sisyphe.org/spip.php?article5090

"Les féministes font beaucoup de mal avec leurs discours sexistes et misandres, mais elles ne réussiront jamais à anéantir la nature humaine."
Espérons le, mais la religion la pervertit.

Prof Solitaire a dit…

Salut Fylouz! Merci du long commentaire... et merci pour les liens. Il y en a beaucoup, je n'ai pas eu le temps de tous les consulter, mais permets-moi tout de même de réagir à quelques-uns de tes propos:

"Je dirais que oui. Ça porte même un nom : le "Street art"."

Oui, je connais et c'est vrai que quelques-uns sont excellents, N'empêche, si quelqu'un venait peindre du Street Art sur ma maison, tu aurais besoin de te lever de très bonne heure pour me convaincre de voir ça d'un bon oeil.

"Tu as raison dans les deux cas, sauf que dans le premier au moins ironiquement, je pense que tu serais défendu par la communauté LGBTQ."

J'en doute... ils semblent beaucoup plus alignés sur les féministes que sur des salopards de mâles blancs hétéros comme moi...

"Ben oui, mais dans les deux derniers cas au moins, cela pourrait être considéré comme de la propagande haineuse blatante. Le problème dans le cas de cette artiste, c'est de prouver qu'il s'agit de propagande haineuse."

Je ne dis pas que c'est de la propagande haineuse et je ne souhaite pas museler cette artiste ni aucune autre. Je souhaite seulement manifester mon désaccord avec son message et sa démarche. Et je dis que la gauche ne me ferait jamais preuve de la même courtoisie.

"En ce qui concerne le problème du sifflement, ton argumentation ne tient pas debout, tout simplement. En fait, tu te tires toi-même dans le pied en écrivant : "de façon bien impolie, je le concède". Une insulte est une insulte, un manque de respect est un manque de respect, sauf à ce que les participants se connaissent - et encore -."

Ne t'en déplaise mon cher, il y a des femmes qui adorent ça:

http://www.huffingtonpost.com/madeline-wahl/im-a-woman-and-i-love-being-catcalled_b_7941774.html

https://www.vice.com/en_uk/article/zn7b79/enjoying-catcalls-paris-lees-column

http://nypost.com/2014/08/18/enough-sanctimony-ladies-catcalls-are-flattering/






Prof Solitaire a dit…

"Ben, ça m'est arrivé en été à Montréal de croiser des hommes torses nus - ce qui est interdit - jamais de femmes"

Ok. C'est vrai. Je serais d'accord pour que les femmes puissent se balader torse nu. Mais je suis convaincu que la vaste majorité d'entre elles ne le feraient pas. Ce n,est pas comme si la seule chose qui empêche les femmes de balancer leurs chandails c'est une loi...

"C'est un peu comme la polémique sur le "manspreading" d'ailleurs. On fait comme si seules les femmes étaient dérangées par ce genre de comportement. Ben non, moi aussi ça me dérange, mais comme je ne sais jamais si le gares en question est un type courtois ou un connard total, ben je me la ferme. Sans compter que ça concerne aussi les femmes"

Si cette incivilité n'est pas exclusive aux hommes, alors pourquoi utiliser le terme "manspreading"? Encore une fois, diabolisation des hommes par le mouvement féministe...

"on peut essayer de faire preuve d'honnêteté, de respect, de décence envers les travailleurs-ses du sexe"

Entièrement d'accord, comme je l'ai déjà écrit sur ce blogue d'ailleurs.

Pour ce qui est des femmes qui font du porno, tu connais Mercedes Carrera? C'est une porn star ouvertement antiféministe, elle dit adorer son métier, ne se considère nullement victimisée et est reconnaissante des hommes qui payent son salaire:

https://ageofshitlords.com/meet-the-porn-star-triggering-feminist-online-mercedes-carrera

Je ne dis pas que toutes les porn stars sont comme elle, en fait j'avoue mon ignorance quasi-totale en la matière, mais si on veut que les femmes soient libres, alors on ne devrait pas les empêcher d'exercer ce métier si c'est leur choix.


fylouz a dit…

Les femmes pourraient se balader en soutien-gorge, cela dit, mais j'ai cru comprendre qu'il y avait une sorte de polémique féministe à ce sujet résultant dans le brûlot des dit objets. Bon, elles pourraient aussi faire quelque chose comme ça :
http://ekladata.com/0FuEXhybn9t7ZZC_EMO1YzU0dPI.jpg
ou ça : http://femmes-femmes.f.e.pic.centerblog.net/f2493c3e.jpg
Le problème, c'est que le temps passé dans la salle de bain s'en verrait sans doute légèrement augmenté.

Non, je ne connais pas Mercedes Carrera, mais je te promet d'étudier la question de très, très près et avec une rigueur toute scientifique (à ce propos, ton lien est non sécurisé, you naughty, naughty boy).
Connais tu par contre les actrices principales du film "Baise moi" de Virginie Despentes et Coraline Trinh-Thi ?
https://fr.wikipedia.org/wiki/Baise-moi_(film)
Karen Lancaume : suicide.
"Karen Bach/Lancaume est demeurée blessée par son expérience du milieu de la pornographie à propos duquel elle tient des propos très durs. Dans son édition du 1er février 2005 lui rendant hommage, le journal Libération en rapporte quelques-uns dans lesquels elle dénonce la mentalité égoïste et le machisme de ce milieu: « [Après une] double pénétration par 5 °C suivie d'une éjaculation faciale, couverte de foutre, trempée, morte de froid, personne ne m'a tendu une serviette. Une fois que t'as tourné ta scène, tu vaux plus rien ».
Raffaëla Anderson : "Une nuit, alors qu'elle est sortie acheter des cigarettes, elle est violée par deux hommes qui l'ont reconnue. Ses agresseurs sont identifiés mais, selon son témoignage, le procureur en charge de l'affaire la qualifie de « produit d'une mauvaise éducation » et affirme que lorsque l'on travaille comme actrice pornographique, « on ne doit pas se plaindre »

fylouz a dit…

Alors, tu vas me dire : "Oui, mais ça ne veut pas dire que ce genre de cas est systématique, qu'il existe une culture du viol, etc."
Mais tu vois, il y a quand même un gros problème. Lequel est-ce ? Problème de perception ? Passivité des autorités ? Les féministes font elles-mêmes l'amalgame entre pornographie et prostitution et victimisent et infantilisent celles qui les pratiquent (ceux, je ne sais pas). Raffaëla Anderson ne fait pas exception : "En 2001, elle publie Hard, un livre autobiographique dans lequel elle décrit le X comme un « milieu pourri » assimilable à celui de la prostitution, où les acteurs risquent leur vie du fait des tournages sans préservatifs." Mais elle en sait certainement plus que moi et son affirmation est appuyée par le témoignage d'Ovidie (si tu as jeté un coup d’œil au lien).
J'ajoute une expérience qui m'a été rapportée récemment : l'ex d'un collègue a subi une tentative d'agression sexuelle et lorsqu'elle est allée porter plainte, elle s'est faite demander sur un ton agressif ce qu'elle faisait dans cette tenue à cette heure de la nuit. Maintenant, j'ai lu certains articles de ton collègue Olivier Kaestlé et il faut reconnaître que la position (si j'ose dire) qu'il donne des féministes sur le "slut-shaming" est fascinante, mais justifie t-elle un tel comportement des autorités (NB : les femmes en uniforme n'ont souvent pas un meilleur comportement, au contraire, on dirait qu'elles s'efforcent de compenser leur "fragilité" par un comportement plus agressif. Ceci ne représente que mon opinion issu de mon expérience personnelle et ne saurait être assimilé à blah-blah-blah...).

fylouz a dit…

Je me souviens avoir lu un bouquin il y a des années (très mauvais par ailleurs, surtout composé de références à des articles de presse sans la moindre analyse) qui portait sur le cas des top-modèles et de la face cachée de la profession : viols, anorexie, drogue, etc.). Et on commence tout juste à se préoccuper de cela (du moins l'anorexie) alors que cela se passe sous nos yeux et celui de centaines de journalistes et de "fashion experts".

fylouz a dit…

A propos du débat sur la prostitution, j'ai trouvé ce texte (un peu long) (http://revueperiode.net/sur-le-travail-sexuel-une-perspective-feministe-revolutionnaire/) dont voici quelques extraits :
"Le débat actuel sur le travail sexuel parmi les féministes a davantage tendance à échauffer les esprits qu’à les éclairer. Les accusations de mauvaise foi fusent des deux côtés, les résultats de recherches sont mobilisés pour affaiblir la position adverse, même lorsque la validité de la recherche elle-même est limitée par ses méthodes et ses champs d’application. Les prises de position des travailleuses du sexe se voient accusées de chaque côté d’être naïves ou manipulées, selon la position respective que leur parole semble renforcer."
"Quand on se penche sur les discussions, on se trouve tiraillée entre des descriptions très contradictoires de la prostitution, qui toutes semblent exactes."
"Je suis interpellée par l’argument féministe selon lequel il y a quelque chose d’intrinsèquement sexiste dans le désir et la capacité des hommes à acheter des faveurs sexuelles – que ce soit un rendez-vous haut de gamme avec une escort ou une fellation rapide dans une voiture en stationnement. Cependant, je m’efforce également de trouver une manière d’utiliser cette critique du point de vue de politiques publiques ou sociales qui ne reproduisent pas la stigmatisation des personnes qui vendent des services sexuels."
"Recueillir des preuves crédibles pour soutenir ou réfuter de telles affirmations est d’autant plus difficile qu’une grande partie de ce travail est clandestin. Certaines, probablement pas un nombre insignifiant de prostituées, travaillent dans des conditions semblables à de l’esclavage et sont particulièrement difficiles à trouver ou à étudier."
"Les informateurs « bien informés » (par exemple la police, les travailleurs sociaux et médicaux, les travailleuses du sexe) ont souvent leur propre agenda et des informations très partielles, menant à des estimations très différentes sur toute question liée au travail du sexe."

fylouz a dit…

"Mais tout comme Marx a défendu que le travail aliéné ne dépend pas du travail en lui-même mais des rapports de pouvoir qui le contraignent, Hochschild affirme qu’une fois que les émotions deviennent dirigées par un pouvoir extérieur – par le management capitaliste – alors le travailleur est menacé de devenir étranger à lui-même. Il ne s’agit pas de mettre en opposition une sorte de Moi « essentiel » ou « authentique » au Moi qui est produit au cours du travail. Il s’agit plutôt de poser la question de savoir si la gestion de l’émotion dans certains métiers et certaines activités interfèrent avec la capacité d’un individu à gérer ses émotions dans son propre intérêt et pour ses propres fins lorsqu’il ou elle n’est pas au travail. Hochschild a étudié des hôtesses de l’air non syndiquées travaillant pour une compagnie aérienne basée dans le Sud [des États-Unis]. Cela, dit-elle, lui a permis de se concentrer sur un secteur du travail où les demandes de gestion émotionnelle sont des plus importantes. Avec la diffusion du féminisme, l’industrialisation, et la syndicalisation, le rôle des hôtesses de l’air a changé. Nous ne voyons plus de publicités « Je suis Sara, envoie-moi au septième ciel » pour les compagnies aériennes. Cet type d’évolution n’est simplement pas possible dans la prostitution."
Etc. Etc. C'est un très long texte.

fylouz a dit…

En ce qui concerne le dernier point, j'aimerais pointer le problème des compagnies dites "low cost". On a pu voir ces derniers temps plusieurs cas de passagers (parfois lourdement handicapés) traités comme des chiens.
Ceci s'explique en grande partie parce que le personnel de bord est lui-même traité de la même façon : "Tony Demonté, de la Centrale Nationale des Employés (CNE), dénonce les pratiques illégales de Ryanair au regard du droit belge : coût de l'uniforme déduit du salaire à raison de 30 euros par mois pendant 12 mois, mutations sans compensations, interdiction de vivre à plus d'une heure de trajet de l'aéroport, préavis de licenciements très courts et facturation de frais administratifs en cas de démission. (...)La compagnie ressort ainsi les mêmes arguments qui ont servi lors de sa mise en examen pour travail dissimulé et emploi illicite de personnels navigants à l'aéroport de Marseille. Elle employait alors 120 personnes sous statut irlandais, et allait à l'encontre d'un décret français de 2006 stipulant que le personnel navigant établi en France devait payer des charges sociales en France. Ryanair avait alors carrément fermé sa base marseillaise en janvier 2011, et son PDG Michael O'Leary avait déclaré que "les grands perdants dans cette affaire seraient l'aéroport de Marseille, le tourisme ainsi que l'emploi dans la région de La Provence", avant de rouvrir la plupart de ses lignes moins d'un mois après. Le personnel changeant chaque semaine, la compagnie a ainsi esquivé le décret français, contre lequel elle a fait appel devant les juridictions européennes."

A propos de la compagnie japonaise Skymark : "Le personnel n’a pas à aider les passagers à ranger leurs bagages en cabine, n’est pas obligé de rester poli, et qu’il n’a pas à enregistrer à bord les plaintes de passagers. Si ces derniers ne le comprennent pas, il y est même écrit qu’ils devront quitter l’avion afin que le vol puisse partir. S’ils veulent faire part de plaintes, ils doivent plus tard les adresser au service client de la compagnie, au centre public japonais des consommateurs voire à d’autres agences de même type."

fylouz a dit…

Bref, je pense que le problème est plus vaste qu'un simple problème "féministe" aussi criardes et turbulentes ces personnes peuvent-elles être. On est dans un problème plus vaste, peut-être du modèle capitaliste. Je ne dirais même pas du modèle "actuel" car on pourrait trouver à toutes les époques des exemples d'abus fréquents et profonds contre les travailleurs quel qu'ils soient, et par là-même l'humanité toute entière : esclavage, servage, travail dangereux/sous-payé/pénible, refus d'appliquer les lois en vigueur à coup de membres du barreau si besoin, emploi d'enfants en bas âge, etc.
On a tous entendu parler de scandales liés au traitement des employés dans divers secteurs comme la restauration rapide. Les employeurs continuent à faire preuve d'imagintation : https://www.humanite.fr/lesclavage-moderne-livre-domicile-605275

Tu parlais de polémique sur les statues confédérées récemment. Je n'ais pas pris le temps d'y répondre, mais savais-tu qu'il existe plus de prisonniers noirs aux USA aujourd'hui qu'il n'y avait d'esclaves noirs en 1850, que sur la population masculine noire entre 20 et 34 ans une personne sur neuf est derrière les barreaux, que 40% des prisonniers sont des noirs américains alors que les noirs américains ne représentaient que 14,82% de la population (tous sexes confondus) en 2015 ?

On sait également aujourd'hui que les actes de piraterie de Somaliens dans l'Océan Indien étaient dus à la pêche aussi massive qu'illégale de compagnies occidentales.

Je sais aussi très bien ce que tu penses de l'Islam, mais le djihadisme n'a t-il pas pour origine en partie au moins le colonialisme et l'exploitation des ressources de certains pays du Golfe Persique. Le djihadisme existait-il à l'époque où l'Empire Ottoman contrôlait la péninsule arabique ? On sait très bien que la plupart des pays touchés par le "muslim ban" ne sont pas à l'origine du terrorisme islamique. Ces origines sont à chercher du côté de pays comme l'Arabie Saoudite qui exporte son modèle d'Islam Salafiste à coups de pétro-dollars. Seulement, on ne fera jamais rien contre. Pourquoi ?
1) L'Arabie Saoudite a du pétrole, donc de l'argent, donc les moyens de faire tourner la machine capitaliste. Qu'est-ce que ça peut faire une fille qui se fait sauter dans un marché au Nigéria si ça peut permettre laisser ouverte une usine aux Etats-Unis ?
2) L'Arabie Saoudite possède à elle-seule de nombreux lieux saints reconnus par toute la communauté islamique (sunnite ou chiite) dont les deux principaux : La Mecque et Medine.

Bref, je m'arrête là, en tout cas, on n'est pas sorti du bois. On vit sur une p... de poudrière et je crois qu'il ne faut pas trop compter sur nos seigneurs et maîtres pour nous sortir de là. Je pense que la première chose qu'ils feront sera d'allumer une chandelle pour y voir plus clair.

Prof Solitaire a dit…

À propos des actrices porno, je ne me suis jamais intéressé de près à la question, mais je ne doute pas que certaines d'entre elles vivent un calvaire. Toutefois, il y en a d'autres, comme Carrera, qui n'ont que du bien à dire de leur métier. Il y en a une autre qui a parlé récemment, j'oublie son nom... elle parle de son métier comme de l'ultime libération... enfin bref. Je ne sais pas si ce domaine est aussi glauque et malsain qu'il l'a été jadis. De plus, il est intéressant de noter qu'on e s'intéresse qu'aux difficultés des actrices et jamais à celles des acteurs qui sont non seulement moins bien payés, mais qui doivent également se gaver de médicaments pour rester bandés pendant des heures, ce qui peut avoir de graves conséquences sur leur santé.

Prof Solitaire a dit…

La question de la prostitution est intéressante et complexe, merci pour les liens et les citations. Je dirais que, règle générale, je pécherais du côté de la liberté en mettant en place des ressources pour les personnes qui ont besoin d'aide. Mais des adultes mentalement aptes devraient pouvoir disposer de leur corps à leur discrétion.

Prof Solitaire a dit…

Pour ce qui est des noirs emprisonnés, je pense que la comparaison avec l'esclavage est malhonnête. Tout indique que les noirs américains commettent un nombre disproportionné de crimes, ce qui explique qu'ils sont si sur-représentés en prison.

Il est possible que les noirs reçoivent des peines plus sévères que les blancs, mais je ne suis pas convaincu. Je n'ai pas vu d'étude convaincante qui le démontre.

Plusieurs identifient des problèmes sociaux comme la désintégration de la famille, le nombre très élevés de garçons dont le père est absent et la culture qui glorifie les criminels et qui diabolise la police. Bref, il s'agit d'une communauté qui devrait peut-être se regarder dans le miroir avant de pointer du doigt le racisme des autres...

Prof Solitaire a dit…

Pour ce qui est de l'islam et du colonialisme, mon opinion est ici et elle demeure irréfutée:

http://profsolitaire.blogspot.ca/2015/01/sante-mentale-et-colonialisme.html

Prof Solitaire a dit…

Je me souviens du nom de la porn star dont je te parlais, c'est Belle Knox.

https://youtu.be/Qz8-i27CfUE

http://www.xojane.com/sex/duke-university-freshman-porn-star

fylouz a dit…

En ce qui concerne les acteurs porno, il est vrai qu'ils courent le même risque d'infections que leurs consœurs mais je pense qu'il est plutôt rare qu'un "agent" ou un producteur demande à "tester" l'acteur avant de faire quoi que ce soit, pas personnellement en tout cas. Les actrices sont mieux payées et ont la possibilité de travailler plus. L'inconvénient, c'est que le "turn-over" chez celles-ci est extrêmement important. Une actrice fera quelques films, travaillera pendant deux ou trois ans si elle a de la chance. Un homme fera carrière pendant des décennies. Son principal problème est de se faire engager et il aura plus de chance s'il accepte d’apparaître dans des films gays (cela dit, on ne laissera guère le choix à l'actrice de faire ce qu'elle veut).

fylouz a dit…

En ce qui concerne les noirs, ta réponse me laisse pantois. D'abord, les noirs ont été traités comme des sous-hommes dès le départ. Ensuite, il a fallu un siècle avant qu'on ne commence à les traiter comme des êtres humains à valeurs égales, les lynchages, les différences de salaires, les taches les plus pénibles réservées aux noirs, ça ne te dit rien ? Il me semble qu'un tel traitement pendant deux siècles et demi doit avoir eu des conséquences sociales importantes. Les noirs ont aussi été écartés pendant très longtemps du système éducatif, contraints de construire leur propre système basé sur des dons privés.

"Il est possible que les noirs reçoivent des peines plus sévères que les blancs, mais je ne suis pas convaincu. Je n'ai pas vu d'étude convaincante qui le démontre."
Non mais tu es sérieux là ? Mais prétendre une telle chose c'est comme de dire que la terre est plate. La documentation sur les cas de noirs jugés par des juges blancs, des jurys blancs et des avocats incompétents est innombrable. Il est vrai que l'absence de père joue un rôle (peut-être parfois parce que le père est en prison). Il y a aussi l'idée que l'esclave mâle a une plus grande valeur que la femelle en tant que force de travail et d'étalon. La femme est d'ailleurs souvent réduite à un objet sexuel par son propriétaire. Par ailleurs, de nombreuses nations esclavagistes - telle la France - ont établi un "code noir" qui leur donnait un statut et les protégeait en partie, rien de tel aux USA où ils étaient taillable et corvéable à merci, pouvaient être frappés, mutilés, assassinés en dernier recours (et là, seule leur valeur marchande retenait le propriétaire). Tout cela a eu des conséquences sur les rapports familiaux jusqu'à aujourd'hui.

fylouz a dit…

On peut aussi s'essayer à une comparaison avec le statut des Juifs. Les Juifs ont été réduits au statut d'usurier au Moyen-Age car ils n'avaient pas le droit d'exploiter la terre et le traitement de l'argent était vu comme "impur". Les noirs sont réduits à faire le commerce de la drogue. Et à ce propos :
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/guerre-anti-drogue-aux-usa-un-doc-denonce-une-vaste-manipulation-77659
Premières victimes : les Chinois, deuxième victimes : les Mexicains, troisième victimes : les noirs.
"Ce n'est pas un accident, c'est un système", affirme le documentariste. Un système qui évolue: il est aujourd'hui moins régi par une logique de race que par une logique de classe. Car "le principal dénominateur commun des personnes touchées par la guerre contre la drogue, c'est qu'elles sont pauvres", observe M. Jarecki."

http://www.liberation.fr/debats/2017/03/13/guerre-aux-drogues-guerre-aux-noirs_1555400
"En 2006, 1 homme noir sur 14 est en prison - contre 1 pour 106 pour les Blancs. Il y a plus de Noirs en prison qu’il y avait d’esclaves en 1850."
"Il y a eu l’esclavage. Il y a eu la ségrégation. Depuis 1964, la ségrégation est illégale. Hé bien, le système des castes raciales n’en a pas été aboli pour autant. Il a été reconstitué à travers la guerre contre la drogue et l’incarcération de masse."
"Dans certains Etats, les hommes africains-américains sont incarcérés pour ces délits vingt à cinquante fois plus que les Blancs."
«En tant que "criminel", vous avez à peine plus de droits, et êtes sans doute moins respecté, qu’un homme noir vivant dans l’Alabama au plus fort du système Jim Crow», écrit Alexander."

fylouz a dit…

https://www.contrepoints.org/2017/08/25/247762-la-guerre-contre-la-drogue-de-nixon-visait-les-noirs-et-les-hippies
« La campagne de Nixon en 1968, et sa Maison Blanche ensuite, avaient deux ennemis : la gauche pacifiste et les Noirs américains. Vous comprenez ce que je dis ? Nous savions que nous ne pouvions rendre illégal ni le fait d’être contre la guerre, ni d’être Noir, mais en poussant la population à associer les hippies avec le cannabis et les Noirs avec l’héroïne, et en criminalisant les deux fortement, nous pourrions perturber ces communautés. Nous pourrions arrêter leurs leaders, faire des descentes dans leurs maisons, briser leur réunions, et les vilipender nuit après nuit dans les journaux du soir. Savions-nous que nous mentions à propos des drogues ? Bien sûr que nous le savions. »

Ça ira comme ça ? C'est assez convaincant ? La dernière citation est de John Erlichman, un ancien conseiller de Nixon à l'époque du Watergate. Certainement un bolchevique infiltré.

Oh, et quand à la diabolisation de la police, je suppose que tu n'a jamais vu ça :
https://www.youtube.com/watch?v=4eKQJm4Oe_0
Les propos suivants sont d'un pasteur, ils pourraient donc te choquer profondément :
https://www.youtube.com/watch?v=uyddRttYRWI
https://www.youtube.com/watch?v=4HyKlFUMBiA
https://www.youtube.com/watch?v=rVlf1-_o8X4

Et puis, il y a ça : https://www.youtube.com/watch?v=yzj24uHKWv0
Putain, mais PUTAIN, là !!! Excuse moi, mais le gars s'en est TIRE. Il a tué un gamin et il est LIBRE. Et ça n'est qu'un exemple parmi bien d'autres ces dernières années.

Pour ce qui est du colonialisme. Je sais que le colonialisme a touché tous les continents. Oui, on peut même parler de l'Europe : les invasions barbares, les Vikings, etc. Mais tu sembles ignorer un argument IMPORTANT de ma démonstration, à savoir que le terrorisme islamique est alimenté par les Saoudiens qui propagent leur idées de merde à coups de pétro-dollars, et tout le monde se ferme la gueule face à ça parce que 1)cela signifierait perdre des contrats juteux (tu as toi-même évoqué le matériel militaire vendu par le Canada à l'Arabie Saoudite) et 2)L'Arabie Saoudite possède plusieurs importants lieux saints de l'Islam, y compris la putain de KAABA. Alors réfléchis juste une minute aux conséquences d'une action militaire contre ce pays. L'Irak puissance 1,6 milliards ! Je pense que la situation actuelle de terrorisme international serait comparable à une journée à La Ronde. Le fanatisme religieux musulman n'est pas le fruit du hasard, il a une origine et un mode de financement très clairs. Peut-être que si François possédait un territoire plus vaste et était assis sur la plus grand réserve de pétrole au monde, il tiendrait un discours un peu moins pacifiste. Le catholicisme ou d'autres religions n'est pas mieux. On y trouve son petit lot de fanatiques. Ce qui leur manque ce sont les moyens. Voila pourquoi le fanatisme islamiste est aussi efficace et redoutable.

Et nous voilà, il est passé deux heures et j'ai encore la preuve concrète que je suis un gros loser pas de vie.
Bonsoir.

Prof Solitaire a dit…

Désolé du silence, ce n'est pas un manque d'intérêt mais un manque de temps. J'avais ma rencontre de parents hier et après, je devais aller à l'urgence avec mon plus jeune qui avait l'oeil tout enflé... le marathon n'arrête pas une seconde. Ce soir, j'ai une réunion pour un groupe d'entraide pour les enfants autistes... demain c'est l'entrevue avec Olivier... j'suis crevé...

Bref, merci pour tout le travail et les liens, je vais regarder tout ça lorsque j'aurai un peu de temps. J'en ferai peut-être même un billet si ça m'inspire, alors merci.

En attendant, pour pallier à mon manque de temps, voici quelques vidéos intéressants qui donnent un point de vue rafraîchissant sur la question raciale aux USA:

https://youtu.be/phPXTWJhnYM

https://youtu.be/oww-4wdrvgI

https://youtu.be/i-fowgp4x14

https://youtu.be/pRjPE6DT1Dw

https://youtu.be/sSr22rGDIfo

fylouz a dit…

Salut Prof,
Je me doutais que tu en avais assez sur les bras avec l'école et ton émission de radio, et encore j'avais oublié la famille (la mienne doit encore m'attendre sur l'autoroute depuis 1998).
Je n'ai pas pu entendre ton émission. Elle passait à 1h du matin en France (et je sais, sachant que je suis resté jusqu'à 2h la veille à te répondre. So duh). Apparemment, je pourrais l'écouter vendredi. Elle devrait passer vers 15h, je crois. Sinon, elle sera archivée d'ici une semaine.
J'ai trouvé tes vidéos très intéressantes, en particulier la deuxième sur Larry Elder. Ça m'a rappelé des choses sur mes rapports avec mon père (aujourd'hui décédé) et mon frère aîné qui est prof, celui qui s'en est le mieux sorti dans la famille et avec lequel - dans toute la famille immédiate - je dois avoir le moins de rapports. Et puis, il y a aussi mes rapports avec les autres, la colère et le sentiment d'injustice que je ressens souvent au travail, etc. Bref, il ne me manque que la couleur de peau.
Je n'ai tout simplement pas pu regarder jusqu'au bout de la troisième. J'avais l'impression de regarder un concours de B.S. avec un gars qui s'efforce de prouver son point en décortiquant un commentaire comme on pèle un oignon en espérant trouvant la vérité au centre. Pfff... désolé, mais ce type m'a tout l'air d'être un gros épais, mais alors un beau, là. Peut-être qu'on pourrait ériger une statue de kangourou à la place de celle du général Lee à Charleston ? Non, pardon, pardon, pardon. Je suis sûr qu'au milieu de tout ça il y a des choses sensées et intelligentes, mais... c'est juste que je ne supporte pas son ton méprisant, sa mesquinerie, etc. J'ai vraiment mieux à faire que d'écouter ça (comme de lécher ce truc que j'ai ramassé sous mes fesses ce matin pour voir si ça a le gout de cancer).
Du coup, ça m'a permis de sauter les autres, vu qu'elles étaient du même type. Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa.

fylouz a dit…

A propos d'un possible lien entre sexe et capitalisme :
"A ses yeux (Eva Illouz), les experts en marketing et les pseudo-spécialistes de la chimie humaine marchent main dans la main : ils œuvrent au nom d’une société uniquement préoccupée de confort matériel et de «bien-être». Dans cette société-là, les individus ne sont que des consommateurs et leur quête existentielle peut facilement être ramenée aux dimensions d’une formule rassurante. «Lingerie sexy = production de phényléthylamine». Le bonheur à portée de bourse, donc."

"Dans notre société obsédée par le champ sexuel, les hommes, mais surtout les femmes, se doivent d’être sexy, désirables, attirant(e)s, excitant(e)s. Pourquoi ? Parce que le désir sexuel est devenu la métaphore opérative de la consommation. La collusion des termes appartenant aux registres a priori très différents de l’amour et de l’économie marquent bien cette «confusion», typique de notre époque : pour être sexy, il faut augmenter son «capital érotique» (sic), faire son «marché en ligne» sur des sites de rencontre et monter des «plans séduction» à coup d’achats ciblés : produits de beauté, suppléments vitaminés, articles de fitness et même… prothèses de sein."

http://sexes.blogs.liberation.fr/2017/08/28/vous-cherchez-un-homme-soyez-sexxxxxxy/

fylouz a dit…

"Dans Pourquoi l’amour fait mal, la sociologue Eva Illouz s’interroge sur cette évolution des moeurs. Un chef d’entreprise lui explique un jour qu’il choisit des compagnes «sexy» de préférence. «Qu’entendez-vous par là ?», demande la chercheuse. «Eh bien je dois sentir qu’elle est chaude, qu’elle aime le sexe, qu’elle aime donner du plaisir et en recevoir.» Il ajoute qu’il est difficile de trouver une femme qui «véritablement vous excite» : cela se sent «quand la personne est devant vous» mais il est difficile de mettre des mots dessus."

«Le sex-appeal exprime le fait que, dans la modernité, l’identité de genre des hommes –et plus encore celle des femmes– s’est transformée pour devenir une identité sexuelle, c’est-à-dire un ensemble de codes corporels, linguistiques et vestimentaires très consciemment utilisés dans le but de susciter le désir sexuel de l’autre.»

"Tout commence avec la production industrielle du XIXe siècle, qui ouvre l’ère du consumérisme. Qui dit consommer, dit jouir. Encourager l’achat de produits, c’est forcément favoriser l’idée du plaisir, du fait de se faire plaisir et de la satisfaction personnelle. «Une perspective qui se transpose facilement dans l’univers de la sexualité», glose Eva Illouz, en notant que, comme par hasard, au moment-même où la société de consommation place le désir au coeur de son système, les tabous sur le corps et le plaisir sont levés, avec l’aide d’experts issus des rangs de la psychanalyse et de la psychologie. Ces deux sciences médicales nouvelles présentent d’ailleurs pour point commun d’organiser l’histoire psychique de l’individu autour de la sexualité. Ce faisant elles font de la jouissance le garant de l’équilibre individuel. Qui dit «bien baiser», dit «bonne santé». Autrement dit : jouir et consommer plus longtemps."

"Continuant l’historique, la sociologue ajoute qu’avec la révolution opérée par le féminisme des années 1960, la sexualité devint non seulement bonne pour la santé, mais politiquement correcte. «Le plaisir sexuel devint un moyen d’affirmer l’accès des femmes à une pleine égalité avec les hommes, faisant ainsi de la sexualité la dépositaire d’une affirmation positive –voire morale– du moi. Le mouvement homosexuel contribua encore plus à mettre en parallèle sexualité et droits politiques : le choix, l’auto-détermination et l’autonomie.»

"Mais la compétition fait rage et les inégalités frappent la frange des «mal-baisé(e)s», grands perdants de cette guerre sur le marché matrimonial. Les filles non-érotiques ne trouvent pas «preneurs». Les garçons non-chauds sont ostracisés. Le pire, c’est qu’il n’existe aucun refuge pour ces SDF du sexe : entrer en religion ? La vocation de nonne ou de moine n’est plus synonyme d’héroïsme, car notre époque a banni l’idéal même du non-jouir. Ne pas être sexuel, maintenant, semble si peu légitime que les laissés-pour-compte du système tentent –pour certains– de justifier leur «asexualité» en disant qu’il s’agit d’un équivalent de l’hétérosexualité ou de l’homosexualité : autrement dit d’une «autre» forme de sexualité. C’est bien le comble de l’ironie qu’on ne s’accorde même plus le droit d’être juste abstinent. L’abstinence n’est plus considérée comme une option de vie légitime. Quant à la virginité… Passé 25 ans, cela devient une maladie honteuse."

http://sexes.blogs.liberation.fr/2017/08/21/quest-ce-qui-vous-attire-le-plus-chez-quelquun/

Je ne sais pas ce que tu penseras de tout ça. En tout cas, tu es marié. As-tu un CV de porn-star ?

J'ai trouvé ça aussi : http://www.beautifulagony.com/public/main.php

Mais non, je ne suis pas un pervers ! Je suis un homme normal, donc... ah ben oui, un pervers.

Prof Solitaire a dit…

Tu me donnes beaucoup de matériel pour de futurs billets, merci pour l'inspiration!

fylouz a dit…

En voici encore un peu (désolé) :
D'abord cet article très intéressant (peut-être te renforcera t-il dans tes convictions, peut-être pas) et assez déprimant, je trouve :
https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2017/10/the-first-white-president-ta-nehisi-coates/537909/

Un autre sur la belle ville de Levittown, Pennsylvanie :
https://en.wikipedia.org/wiki/Levittown,_Pennsylvania

"Levitt & Sons would not sell homes to African Americans."
"However, the Federal Housing Administration (FHA) conditioned essential financing for this and similar projects on the restriction of home sales to those of "the Caucasian race", as stipulated in housing rent and sales agreements and deed covenants."
"Levittown's first black couple, William and Daisy Myers, bought a home in the Dogwood Hollow section in 1957. Their move to Levittown was marked with racist harassment and mob violence, which required intervention by state authorities."

Pas besoin de le présenter celui-là :
https://en.wikipedia.org/wiki/Emmett_Till
"According to Huie, the older Milam was more articulate and sure of himself than the younger Bryant. Milam admitted to shooting Till and neither of them believed they were guilty or that they had done anything wrong."
"With Bryant unaware that Till-Mobley was listening, he asserted that Till had ruined his life, expressed no remorse, and said, "Emmett Till is dead. I don't know why he can't just stay dead."
"In 2017, author Timothy Tyson released details of a 2008 interview with Carolyn Bryant, during which she disclosed that she had fabricated the most sensational part of her testimony. Tyson stated: "she said with respect to the physical assault on her, or anything menacing or sexual, that that part isn't true". She also said: "nothing that boy did could ever justify what happened to him".

Il y a aussi ça : https://en.wikipedia.org/wiki/Medgar_Evers
Et puis ça : https://fr.wikipedia.org/wiki/W._E._B._Du_Bois

Et puis, enfin et surtout ça : https://en.wikipedia.org/wiki/Jim_Crow_laws