15 janvier 2018

Déferlement de haine



On a eu droit ces derniers jours à un véritable déferlement de haine.

Trois jours que cette tribune a été publiée, deux jours de commentaires malhonnêtes et hystériques de la part de gens qui donnent la forte impression de n'avoir tout simplement pas lu le texte en question. Oh, bien sûr, on en aura retenu certains passages maladroits particulièrement croustillant (le "frottage" dans le métro, "la misère sexuelle", le "droit d'importuner") tout cela savamment détourné de son contexte.

Rappelons comment débute ce texte : "Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste. A la suite de l’affaire Weinstein a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !"

Où sont les faussetés ici, où est le déni des violences faites aux femmes ? Il n'y a là que des vérités, mais des vérités qui dérangent, c'est tout le problème.

Depuis deux jours, les "cent" sont vilipendées, traînées dans la boue, accusées d'appartenir à une classe sociale supérieure. On ironise sur le fait que Catherine Deneuve n'a pas pris le métro depuis 1980. Et on fait tout bien sûr pour éviter de regarder l'éléphant dans la pièce : oui, les femmes subissent des violences (les hommes aussi, soit dit en passant, sans vouloir en faire une excuse) : aux USA, il suffit d'un tweet pour détruire une réputation, une carrière, tout cela sans la moindre preuve. Aux chiottes, l'Habeas Corpus ! C'est le remake féministe des "Sorcières de Salem", sauf que cette fois, ce sont les "sorciers" que l'on brûle.

Oh, mais attention, parmi les féministes, il y a des hommes. Il y a aussi des femmes capables de nuances : "Mon père est un amour, mon conjoint est merveilleux, mes fils sont tout cela".

Croyez-vous que cela vous protégera ou les protégera de ce genre de folle misandre?

Pour info, cette dame est rédactrice-en-chef au "Huffington Post" US. J'ai tenté de les contacter, pas de réponse. J'ai contacté le "Huffpost" France, voici leur réponse : ""Bonjour, Ce twitt a été depuis effacé de son compte. Bien à vous,"

Ah ben tout va bien alors puisqu'elle a effacé son tweet ! Et bien sûr, si un homme avait tweeté son intention d'éliminer toutes les femmes pour 2018 et aurait ensuite effacé le message, la réaction aurait été la même, cela va sans dire. On est pour l'égalité des sexes ou pas ?

Oh, ne croyez pas que je sois fan des "cent" pour autant, pardon des "99". Oui, parce que depuis que Brigitte Lahaie a OSE dire qu'une femme pouvait jouir durant un viol; ces dames ont courageusement lâché du lest. Haro sur le baudet ! Aux loups, Brigitte Lahaie (ou plutôt aux louves) ! Quelle honte, quelle lâcheté...

Pour ceux et celles que ça intéresse, voici ce qu'en dit la science.

Pour info, en tant qu'homme, j'ai aussi subi des attouchements, des frottements, des agressions, des insultes, des moqueries, des "Tu prends combien ?" etc. Et oui, aussi de la part de femmes.

J'aimerais terminer en vous proposant, pour ceux/celles que ça intéresse quelques liens qui pourraient remettre en question certains de vos présupposés (attention, ça peut faire mal) :

Enseigner aux jeunes femmes qu'elles sont des victimes exacerbe leur anxiété

Sexisme à l'embauche?

La victimisation sexuelle par les femmes est plus fréquente que vous le croyez

Violences conjugales : un homme meurt tous les 13 jours tué par sa compagne

"Être enseignant était mon rêve jusqu'à ce qu'on m'accuse faussement"


Empathie féminine II: Emily Lindin

"Méfiez-vous des hommes qui s'identifient comme tel"

A tous ceux/celles qui considèrent les "cent" comme des bobos déconnectées, je suggère fortement le dernier lien.

Et ma réponse à cette autre tribune:


Bonsoir Madame,

Je m'excuse de vous déranger. Je préfère vous l'avouer tout de suite au cas où vous ne souhaiteriez pas poursuivre : je suis un homme. Donc, membre de ces 50.4% de l'humanité qui "se sentent outrés" et dont "personne" n'a "pété la gueule".

Ah pardon, paragraphe suivant, vous écrivez : "Oui, des hommes sont victimes de violences perpétrées par des femmes". C'est fort aimable à vous de le remarquer (quoique contradictoire avec la précédente affirmation et même si vous y ajoutez un bémol). Mais merci quand même, c'est l'intention qui compte.

"Autrement dit, si et quand des violences sont perpétrées envers un homme par une femme, c'est majoritairement en défense et en réaction à des violences perpétrées par ce dernier." Je vais tout de suite en informer mon frère aîné qui est marié à une espèce de folle qui a jeté à plusieurs reprises ses biens dans le jardin, l'a chassé jusque dans la rue, menacé de le poursuivre jusqu'à son travail, complètement dépouillé et tente actuellement de le faire passer pour fou. Ah, mais pardon, il fait partie d'une minorité.

Vous écrivez aussi qu'il n'y a "aucune symétrie envers la mysogynie, qui est un système, et "la haine des hommes" qui, dans le meilleur des cas (évitons d'évoquer le pire) est une réaction épidermique, souvent fugace." Heureusement que vous faites la précision, je me sens déjà soulagé pour toutes les fois où j'ai subi des insultes, des attouchements, etc. sans pouvoir répliquer car cela est immédiatement rapporté au "système" qui s'empresse de réagir contre la bête immonde que je suis.

Vous évoquez ensuite la blogueuse "Chaser Tiif" et son explication - totalement délirante, et oui, mysandre - de l'expression "les garçons sont des cons". Est-ce à dire que si je dis "les femmes sont des p..., des c..., des s...," ça passera, parce qu'en fait ce que je veux exprimer en aussi peu de mots est une argumentation plus élaborée ?

Seigneur, à ce stade, je me demande si vous vous êtes bien relue.

Je passe rapidemement sur le paragraphe où vous parler du concept "d'amour des homme" pour le dénigrer. Je garde juste cette phrase : "Vous réalisez comme c'est imbécile de de dire "J'aime les hommes" ? J'aime les chats, le bleu marine, et les pizzas. Mais LES hommes, en tant que groupe humain, bah non."

Là, je suis sans voix. Si la réincarnation existe, je tâcherais de me réincarner en pizza. Peut-être aurais-je droit à votre respect, peut-être même votre amour, à moins de me réincarner en "Hawaïenne".

Vous parlez ensuite de cette fille (que personnellement je n'ai jamais rencontrée en 51 ans d'existence) qui n'a que des copains garçons, en ajoutant que "la réciproque ne semble pas exister". Ben, peut-être, mais qu'entendez-vous par là ? Que c'est la faute du patriarcat ? Moi, j'aimerais bien avoir des amies, mais la réciproque ne semble pas être vraie. Peut-être leur fais-je peur ?

Vous terminez notamment en écrivant de fort aimables choses telles que : "La haine des hommes n'existe que dans la tête des masculinistes, etc."

J'aimerais joindre ici une capture d'écran récente d'un message Twitter :


Il se trouve que cette personne est rédactrice en chef au "Huffington Post US". J'ai tenté de les contacter, pas de réponse. J'ai réussi à en obtenir une du "Huffpost France". La voici : "Bonjour, Ce twitt a été depuis effacé de son compte. Bien à vous,"

Ah, ben tout va bien alors. Madame a effacé son tweet !

Pourquoi d'abord, on se le demande ? Dommage qu'elle n'ait pas échangé d'abord avec Chaser Tiif. Elle aurait pu apprendre une chose ou deux sur le sens caché des insultes et des menaces.

Je me demande au passage - excusez l'arrogance de l'homme blanc hétérosexuel que je suis - ce qu'aurais eu pour résultat le même message légèrement modifié (Kill all women) et signé par un homme - a fortiori un homme exerçant un poste à responsabilité ?

Messieurs Spacey, Damon, Franco et al. accusés sans la moindre preuve au pays de l'Habeas Corpus peuvent-ils répondre ? En ont-ils encore le droit ?

Et vous terminez en écrivant : "Vous, mesdames et les porcs que vous défendez n’aurez pas notre haine, mais pour le mépris, on peut s’arranger."

Ah, ça n'est pas de la haine, rien que du mépris. Et bien, merci de votre point de vue madame Daam, et vivent les chats et les pizzas !

Oh, et vous vous souvenez de cette vidéo ?



Ça paraissait plein de bon sens, non ?

Sauf qu'on en est rendu à dire qu'il est tout simplement inconvenant de "proposer une tasse de thé", même si on n'insiste pas ensuite. On peut aussi avoir des ennuis parce que la personne à qui vous avez proposé une tasse de thé et qui a accepté sur le moment, parfaitement consciente de ce qu'elle faisait, nullement intoxiquée, peut - des mois après - vous accuser de vous avoir imposé cette tasse de thé, même si elle a accepté entre temps d'en prendre d'autres avec vous et vous a même félicité sur les réseaux sociaux de la qualité de votre thé et de sa hâte d'y goûter à nouveau !

Et bien sûr, si vous voulez vous faire une tasse de thé, évitez de le faire en public, c'est indécent.



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