23 janvier 2018

JE SUIS UNE « AGRESSEUSE »

De temps en temps, à travers les hurlements déjantés des hystériques victimaires, des femmes lucides trouvent le courage de prendre la parole.

Ces moments merveilleux, mais trop rares, m'emplissent toujours d'un grand espoir pour la suite des choses. C'est peut-être infondé, mais je n'y peux rien, je suis comme ça. Je me dis toujours qu'éventuellement, après être allé trop loin, le balancier va entamer un retour vers le centre si désespérément souhaitable. Et j'essaie de me convaincre que ces sursauts de lucidité en sont les signes avant-coureurs.

Ce doit être ça l'optimisme.

Extraits du texte de Caroline Morgan:

Les mouvements #moiaussi et #balancetonporc dénoncent l’utilisation abusive du pouvoir pour extorquer des faveurs sexuelles. Malheureusement, ils ont dérapé pour se transformer en bêtes affamées quêtant continuellement de nouvelles proies. Par exemple, selon une étude, pas moins de 40 % des étudiants de l’Université Laval auraient vécu de la « violence sexuelle ». Même les « contacts sexuels non désirés » y sont mis dans le même sac que les agressions sexuelles et le viol.

Dans ce cas, il faudra me dénoncer aussi, car d’après les critères définissant la violence sexuelle… je suis une truie à balancer.

Permettez-moi de confesser mon crime, commis en 2000. J’étais au bar avec des camarades d’études. Relativement éméchée, j’ai fait un brin de causette à l’un d’entre eux pour qui j’avais le béguin, puis je l’ai subitement embrassé. Il m’a gentiment, mais fermement repoussée. Le lendemain, de retour en classe, j’ai pris mon courage à deux mains et lui ai présenté mes excuses. Rougissant, il a souri et les a acceptées. Malgré l’incident, nous sommes demeurés bons amis le reste de notre formation et même après, jusqu’à ce que nous nous perdions de vue.

Si un jeune homme avait commis ce crime aujourd’hui, l’école aurait reçu une plainte.

Elle-même, coupable de ne pas surveiller ses étudiants dans tous les bars de la ville, aurait été sommée d’adopter une « politique » contre la violence sexuelle, assortie de « safe spaces », de « trigger warnings » et de tout ce que l’intersectionnalisme universitaire est capable d’inventer.

Tout cela n’existait pas lorsque j’ai dû moi-même gérer des importuns. Vers la fin des années 90, pendant un autre party étudiant, un jeune homme a posé sa main sur mon dos, puis l’a fait glisser jusqu’à mes fesses. Je lui ai lancé d’un ton glacial : « Tu me cherches-tu ? » Il s’est éloigné et est allé déprimer sur un divan le reste de la soirée. Quelques années plus tard, dans le métro, un homme a engagé la conversation avec moi, puis, sans avertissement, m’a plaqué un baiser sur les lèvres. Mon regard de Gorgone a aussitôt refroidi ses ardeurs : il a bredouillé des excuses et est parti sans insister.

TOUS SUR LE MÊME PIED ?

Le problème avec #moiaussi et #balancetonporc, c’est que n’importe quel nigaud un peu trop entreprenant est mis sur le même pied qu’Harvey Weinstein et Marcel Aubut. Tout incident se transforme en agression. Tout malaise devient un traumatisme. C’est ainsi qu’une étude peut arriver au taux hallucinant de 40 % de « victimes de violence sexuelle » sur un campus universitaire.

Quel message envoyons-nous ainsi à nos filles ? Qu’il leur est impossible, comme demoiselles en détresse, de répondre à la moindre sollicitation non désirée sans l’aide d’un appareil institutionnel ? Que ces pauvres oies blanches sont sans pouvoir devant les apprentis séducteurs ? Que le moindre frôlement doit les faire trembler de terreur ? Que dire à un homme d’aller se faire pendre ailleurs est une tâche insurmontable ? Que les femmes n’ont le droit de se faire respecter que collectivement, jamais individuellement ?

Je ne doute pas que les services des ressources humaines, où se gèrent toutes sortes de relations de pouvoir, doivent perfectionner leurs interventions en matière de harcèlement sexuel. De même, l’appareil judiciaire et policier est encore dépassé par les cas de harcèlement et d’agression sexuelle, ces crimes souvent sans preuve matérielle, qui infiltrent la crainte jusque dans la moelle des os de leurs victimes. Ce n’est pas une raison pour détruire publiquement tous les oisons et les mal élevés qui ne méritent rien de plus que de se prendre un râteau. Au sens figuré, bien sûr.




3 commentaires:

fylouz a dit...

Tu lis "La Presse" ? Rooooooh...

fylouz a dit...

Tiens, as tu lu celui-là ? Pas piqué des vers.

http://www.lapresse.ca/actualites/enquetes/201801/24/01-5151217-les-mirages-de-la-jeune-millionnaire-eliane-gamache-latourelle.php

Extraits : "« J'écris ce livre pour les jeunes femmes talentueuses qui veulent un modèle de réussite autre que des... hommes d'un certain âge », affirme Éliane Gamache Latourelle dans son livre, un argument de vente qui lui a valu de se retrouver aux micros de Benoit Dutrizac et de Denis Lévesque et qui lui a ouvert la porte du monde lucratif des conférences d'affaires."

"La clientèle de la jeune millionnaire était constituée, entre autres, de jeunes femmes, en période de transition et souvent vulnérables. Selon sept d'entre elles, la pharmacienne jouait sur leurs faiblesses, leur répétant qu'elles étaient « capables », mais se fâchant si elles ne suivaient pas ses conseils."

"Entre-temps, la pharmacienne lui a demandé d'organiser l'ouverture du Shack Santé du DIX30 sous prétexte que ça l'aiderait à se faire un nom dans l'organisation d'évènements. La jeune femme était prête à travailler gratuitement. Elle ignorait qu'en plus, elle serait obligée de payer le champagne et le tapis rouge pour la centaine d'invités."

"« J'ai vendu ma maison, quitté mon emploi et "loadé" mes cartes de crédit, moi qui avais toujours payé mes cartes de crédit religieusement. C'était ma grande fierté, mais Éliane disait que pour réussir en affaires, il fallait tout payer à crédit. J'ai fait l'erreur de l'écouter », raconte Maude-Andrée D'Amours, qui a utilisé les services de coaching d'Éliane Gamache Latourelle."

Je m'arrête là, le reste est de plus en plus délirant. Je ne veux pas faire de mauvais esprit, mais le comportement, les pratiques et les vantardises de cette dame me font sérieusement penser à un certain bonhomme au visage orange.






fylouz a dit...

Mais encore une fois, ça va dans les deux sens.

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/01/24/a-londres-des-hotesses-harcelees-au-cours-d-un-diner-de-charite-secret-reserve-aux-hommes_5246329_3210.html

Extraits : « Au cours de ces six heures, de très nombreuses hôtesses ont été touchées contre leur gré, et reçu des commentaires grossiers ainsi que des invitations répétées à aller dîner dans des chambres privées du Dorchester. (…) Une hôtesse raconte qu’un des invités lui a montré son pénis. »

"Les prix aux enchères participaient également de cette ambiance : « Une nuit dans un strip-club de Soho, et un bon pour de la chirurgie esthétique appelant à “épicer vos femmes”. »

« Les femmes qui passaient trop de temps [aux toilettes] étaient signalées et ramenées dans la salle de bal. Un agent de sécurité était à la porte et décomptait le temps. » Elles étaient invitées à interagir davantage avec les invités par des salariés de l’agence de recrutement, Artista, si elles apparaissaient trop en retrait."

Sérieusement, c'est quoi notre problème en tant qu'êtres humains, quelque soit le sexe, la race, la religion, les idées politiques, etc ? Il y a des jours comme ça où je pense que nous ne méritons pas d'exister. Nous sommes le mal incarné.