19 janvier 2018

Le mépris de la faiblesse

Avez-vous remarqué comment de nombreuses femmes méprisent ce qu'elles perçoivent être des signes de faiblesse chez les hommes et les garçons?

Je travaille dans un milieu féminin depuis des années et ça me saute aux yeux.

Exemple le plus récent: je suis malade depuis une semaine. Congestion, mal de gorge, difficulté à dormir, douleurs musculaires, fatigue chronique, etc. Je ne suis pas du genre à me plaindre, mais le fait que je suis malade comme un chien saute aux yeux. J'ai l'air d'un zombie.

Je ne compte plus le nombre de fois que des collègues m'ont fait la sempiternelle remarque de la "grippe d'homme", toujours accompagnée d'un sourire en coin méprisant ou d'un roulement oculaire d'exaspération.

On critique souvent les hommes parce qu'ils cachent leurs émotions, jouent les gros durs et craignent de se montrer sous un jour vulnérable. Il s'agit effectivement de comportements qui peuvent être malsains.

Je soupçonne que ces phénomènes sont en grande partie dus à ce mépris qu'expriment beaucoup de femmes face à toute manifestation de faiblesse ou de vulnérabilité de la part d'un homme. Et ça commence souvent dès l'enfance avec la mère, ce fut certainement mon cas.

Elles ne sont pas toutes comme ça, évidemment, quelques-unes sont capables d'exprimer de la compassion et de l'empathie, mais dans mon expérience, la plupart optent pour des remarques empreintes de mépris.

Et le plus ironique dans le cas qui nous intéresse, c'est que ce que les femmes appellent "grippe d'homme" avec tant de mépris existe vraiment.

Extrait de l'article:

Les symptômes de la grippe semblent plus intenses chez l'homme que chez la femme, révèle un examen de la littérature scientifique, ce qui démontrerait que la «grippe d'homme» n'a rien d'imaginaire.

Un article publié dans le prestigieux British Medical Journal par un médecin canadien épluche les études réalisées sur l'impact du sexe sur la grippe. Certaines de ces études datent du 17e siècle.

Le docteur Kyle Sue a déniché des études réalisées aussi bien auprès d'humains que de souris et qui démontrent que les symptômes de la grippe sont souvent plus aigus chez l'homme.

Une étude sur la grippe saisonnière réalisée à Hong Kong entre 2004 et 2010 a ainsi témoigné d'un taux d'hospitalisation plus élevé chez les hommes.

Une étude observationnelle menée pendant dix ans aux États-Unis, jusqu'en 2007, a quant à elle constaté que les hommes sont plus susceptibles de mourir de la grippe que les femmes, même en tenant compte de facteurs comme la maladie cardiaque, le cancer, les problèmes respiratoires chroniques et les maladies rénales.

Puisque les hommes composent la moitié de la population mondiale, explique le docteur Sue, le fait de conclure qu'ils «exagèrent» l'intensité de leurs symptômes «sans preuves scientifiques rigoureuses pourrait avoir des implications importantes pour les hommes, y compris des soins insuffisants».

L'étude du docteur Sue se penche sur une hypothèse selon laquelle la testostérone limiterait l'efficacité du système immunitaire, intensifiant du fait même les symptômes grippaux.

(...) «Les hommes n'exagèrent possiblement pas leurs symptômes. Ils peuvent avoir une réponse immunitaire plus faible aux virus respiratoires (...), provoquant une morbidité et une mortalité plus élevées que chez les femmes», écrit-il en conclusion.




Aucun commentaire: