31 janvier 2018

Trudeau le gros nono

Il y a quelques jours, c’était le premier anniversaire de la monstrueuse tuerie perpétrée à la mosquée de Québec.

Nos grands politiciens multiculturalistes ont bien évidemment sauté sur l’occasion pour venir montrer à quel point ils sont vertueux et pour déverser leur éternel flot de sottises dans les oreilles de ce pauvre petit peuple xénophobe et ignare que nous sommes.

Au premier rang, évidemment, le grand Juju Ier.

Prenons le temps d’analyser un peu ses propos :

Un an jour pour jour après la tuerie de la grande mosquée de Québec, Justin Trudeau a appelé la société québécoise et canadienne à admettre ses propres peurs « irrationnelles » face à l’autre.

Ben voilà. Tout est là. Le peuple québécois (et canadien, soulignons-le au passage afin de marteler en bon fédéraliste que le peuple québécois est canadien, il ne faudrait pas l’oublier) est un peuple raciste et xénophobe. Le peuple doit ADMETTRE ses peurs IRRATIONNELLES face à L’AUTRE.

En une seule phrase, il y a déjà plein d’aspects à décortiquer. Attachez votre tuque avec d'la broche.

« ADMETTRE »

L’utilisation du verbe ADMETTRE est extrêmement éloquente et troublante. Ce qu’affirme Juju Ier ici, c’est que sa vision de la situation est la seule qui soit réelle et crédible. Le peuple est raciste, point final. La seule option qui s’offre donc à lui est de l’admettre, afin de pouvoir espérer faire acte de contrition et obtenir le pardon. C’est très catholique comme concept. Et si c’était toxique et malsain quand ça sortait de la bouche des curés en 1935, ça l’est encore plus aujourd’hui quand ça sort de la bouche du premier ministre du « pays » (je le mets entre guillemets afin de souligner au passage, en bon séparatiste, que cette putain de fédération colonialiste anglo-saxonne est une vue de l’esprit envers laquelle je ne ressens aucune appartenance).

Et qu’en est-il de ceux qui refuseront d’admettre qu’ils sont des salopards de racistes? Ben c’est tout simple, ce sont des xénophobes haineux qui refusent de se repentir. Ils refusent de voir le mal qui sommeille en eux. Ils refusent de voir la Lumière. Ils demeurent sourds au message d’amour du Fils du Seigneur. Ils font le choix de se prélasser dans le Mal. Ce sont des suppôts de Satan, des monstres, des hérétiques, des pécheurs invétérés. Aucune épithète n’est assez sinistre pour les décrire adéquatement.

Encore une fois, c’est très fanatiquement catholique comme discours. Les bons d’un côté, les méchants de l’autre. D’un bord on a ceux qui reconnaissent qu’ils sont des pécheurs et qui supplient le seigneur de les pardonner, et de l’autre bord on a ceux qui se complaisent dans le péché et qu’il faut mépriser et éviter de fréquenter. C’est le discours d’un idéologue manichéen fanatique.

Or, à la base, tout le raisonnement de Juju s’écroule lorsqu’on retourne à la source de l’affirmation pour se poser la question (HÉRÉTIQUE) : les Québécois sont-ils racistes? Clairement, la réponse est non. Évidemment que la société québécoise, comme toutes les sociétés humaines de la planète, compte un certain nombre d’individus racistes. Toutefois, il est parfaitement déraisonnable de généraliser la haine de cette poignée de zigotos à toute la société.

Évidemment que beaucoup de Québécois, comme tous les humains, possèdent un certain nombre d’idées préconçues stéréotypées à l’égard de certains autres groupes ethniques. Nous ne sommes pas tous aussi idéologiquement PURS que Juju, mais est-ce que cela signifie que le peuple québécois est raciste? Bien sûr que non. La preuve : la très vaste majorité des Québécois s’opposerait avec véhémence à tout projet législatif qui viserait à brimer les droits fondamentaux d’une minorité ethnique.

Prenons les musulmans par exemple, puisqu’il est clairement question d’eux ici. Existe-t-il des préjugés négatifs à l’égard des membres de la communauté musulmane? Bien sûr. Certains de ces préjugés sont fondés, d’autres pas. Mais si un gouvernement annonçait demain matin que tous les citoyens musulmans ne peuvent plus… je ne sais pas, moi… appliquer à des postes de la fonction publique, croyez-vous vraiment que les Québécois applaudiraient? Ben voyons! Le peuple québécois a collectivement démontré à maintes reprises qu’il est épris de justice et d’équité pour tous. Nos lois le reflètent admirablement.

Le peuple québécois n’est ni raciste et ni xénophobe. Mais ne me croyez pas sur parole! Après tout, je ne suis qu’un autre de ces maudits Québécois masculins blancs qui refusent d’admettre leur péché! Allez lire ce qu’en disent ces gens plus intelligents et plus crédibles que moi:

"Le Québec n’est ni raciste ni islamophobe"

L'islamophobie n'existe pas

L'islamophobie: un racisme imaginaire

Le mythe de l'islamophobie

Le sauf-conduit islamique

"Islamophobie imaginaire"

Salman Rushdie et la gauche

ISLAMOPHOBIE???

« PEURS IRRATIONNELLES »

Pour Juju, les Québécois éprouvent collectivement une « peur irrationnelle » des musulmans. Encore une fois, il dit n’importe quoi.

Premièrement, les Québécois n’ont pas PEUR des musulmans. Le terme « peur » est beaucoup trop fort. Je n’ai jamais vu quelqu’un s’enfuir en courant ou hurler de terreur à la vue d’un musulman. Je pense que ce qui se rapproche davantage de la réalité, c’est le mot « inquiétude ». Les musulmans inquiètent beaucoup de Québécois. Mais cette inquiétude est-elle « irrationnelle »?

Pour être irrationnelle, il faut qu’une inquiétude soit dénuée de raison, c’est-à-dire qu’elle ne s’appuie d’aucune façon sur la réalité ou sur un danger concret. Elle se base plutôt sur un danger imaginaire qui n’existe pas. Exemple : la peur des araignées, alors qu’au Québec, ces petites bestioles sont complètement inoffensives. Ou ma propre peur irrationnelle des requins (qui découle du fait que j’ai vu le film Jaws à un âge trop précoce) qui me pousse à penser à une gueule béante remplie de dents, même lorsque je me baigne dans le lac situé au bout de ma rue, une étendue d’eau douce peuplée de gentils poissons effarouchés qui me fuient comme la peste. C’est ça une crainte irrationnelle.

Or, la crainte des musulmans est-elle irrationnelle?

Malheureusement non. Elle peut être déraisonnable et exagérée chez certains, mais elle n’est pas irrationnelle. Presqu’à tous les jours, des terroristes musulmans commettent des atrocités au nom de leur foi. Regardez ce qui s’est produit seulement depuis le début de l’année 2018.

En seulement un mois, on compte 133 attaques terroristes dans le monde qui ont fait plus de 750 victimes! Le nombre de blessés est encore plus élevé! Et la vaste majorité de ces groupes terroristes sont constitués de fanatiques musulmans.

Ça, c’est la réalité. Elle n’est pas jolie, on comprend que le grand Juju préférerait ne pas la voir, on comprend qu’il préfère vivre dans son monde parallèle peuplé de licornes et de gentils farfadets. Mais qu’on accepte de la voir ou pas n’a aucun impact sur la réalité. Cette dernière est là, indéniable et irrévocable.

Ce ne sont donc pas les gens qui sont inquiets de la religion musulmane qui sont coupables d’irrationalité. Ce sont plutôt les gens comme Juju qui nient la réalité, qui nient que l’Islam est une idéologie qui motive des actes de violence en très grand nombre et qui font des victimes pratiquement à tous les jours.

Cela étant dit, le fait de reconnaître que ce danger existe ne signifie pas qu’il faille avoir une peur déraisonnable des musulmans. Et cela ne signifie certainement pas qu’il puisse être justifié de s’en prendre à des musulmans de quelque façon que ce soit. N’en déplaise à Juju, il est parfaitement possible d’avoir une vision du monde qui soit beaucoup plus sophistiquée que sa propre philosophie manichéenne et puérile qui place les gentils d’un côté et les méchants de l’autre.

La seule approche rationnelle face à ce problème est de reconnaître l’indéniable : la religion musulmane est une idéologie potentiellement dangereuse qui, dans certaines sourates et certaines hadiths, fait la promotion de la violence. Le fait de présenter ces textes à des personnes vulnérables et naïves en affirmant qu’il s’agit de la parole divine du créateur de l’univers, parole qui ne saurait être remise en question ou critiquée, est un très grave problème. Dans certains cas, ce processus crée des fanatiques et certains d’entre eux se croient justifiés de commettre des actes de violence au nom de leur dieu. Voilà le véritable problème qu’il est impératif « d’admettre » si on veut espérer trouver une solution.

Cela ne signifie pas qu’il soit justifié ou raisonnable de voir tous les musulmans comme des fanatiques dangereux assoiffés de sang! La vaste majorité d’entre eux ne feraient pas de mal à une mouche. Comme dans n’importe quelle religion, il y a les modérés et les zélotes. La plupart des musulmans que je connais sont des gens très biens et pas fanatiques une miette qui sont absolument horrifiés de voir tous ces actes de violence qui sont commis au nom de leur foi.

D’où l’importance de faire la disctinction entre les idées et les gens. Des gens formidables peuvent avoir des idées fausses, insensées et même dangereuses. Aucune idée ne doit être placée à l’abri de la critique et de la confrontation, certainement pas celles qui se cachent sous l’étiquette de la religion. Il faut être absolument impitoyable avec les idées, cela est d’une importance capitale. L’avenir de la civilisation en dépend et je pèse mes mots lorsque j’écris ceci.

Mais les gens, eux, méritent d’être traités avec dignité. Le fait qu’ils appartiennent à tel ou tel groupe a beaucoup moins d’importance que qui ils sont comme individus et ce qu’ils ont choisi de faire de leur vie. Si on me dit qu’une personne est musulmane, cela ne veut pas dire grand-chose en fin de compte. Ce qui m’intéresse bien davantage, c’est son vécu, son métier, ses intérêts, ses opinions, son ouverture d’esprit, ses valeurs, etc. L’étiquette « musulman » ne me dit essentiellement rien à propos de cette personne.

Des musulmans, il y en a des très pratiquants, d’autres beaucoup moins. Il y en a qui ne jurent que par le voile, d’autres qui ne veulent rien savoir. Il y en a qui sont mélomanes, d’autres qui croient que la musique est une invention de Satan. Il y en a qui ne boivent jamais d’alcool, d’autres qui trichent plus ou moins à la cachette. Il y en a qui sont intelligents, d’autres cons. Il y en a qui vivent dans des ghettos fermés, d’autres pas du tout. Il y en pour les fous pis les fins, comme aurait dit ma grand-mère.

Donc tout en étant impitoyable avec les idées, il faut faire preuve de compassion envers les gens et éviter de les déshumaniser, de les diaboliser ou de faire disparaître leur individualité au profit d’une identité communautaire au sein de laquelle existe une telle diversité qu’elle ne nous apprend rien d’intéressant à propos de ses membres.

Voilà ce qu’aurait pu dire le premier ministre dans son discours s’il était capable de réflexion sophistiquée et s’il n’était pas un idéologue aveugle affublé d’une vision du monde puérile et simpliste.

Et ce n’est que le début :

« C’est facile de condamner le racisme, l’intolérance, les discriminations contre la communauté musulmane. On sait c’est qui. C’est les racistes. C’est l’autre. C’est les nonos qui se promènent avec des pattes de chien sur le T-shirt », a lancé le premier ministre du Canada, lundi soir, dans une référence au groupe La Meute.

Quelle déclaration immensément stupide.

Peu importe ce qu’on pense de la Meute, rien ne justifie qu’ils soient utilisés de la sorte comme des épouvantails par le premier ministre.

Si on pense qu’il s’agit d’un groupe dangereux, alors c’est une erreur de parler d’eux de la sorte. C’est Léon Zitrone qui disait : « Qu'on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L'essentiel, c'est qu'on parle de moi! » Et il avait bien raison. La meilleure façon de vaincre un ennemi, c’est de le faire tomber dans l’oubli et de s’assurer que son message reste sans échos. Dès qu’on en parle, que ce soit en bien ou en mal, on lui accorde de l’importance, on attire l’attention sur lui et tout à coup, tout le monde voudra entendre leur message.

Si on pense au contraire qu’il s’agit d’un groupe inoffensif, alors il est complètement immoral de les diaboliser de la sorte et de les associer à une tuerie qui a été perpétrée par un zigoto qui n’avait aucune association connue avec eux. De plus, les dernières manifestations organisées par la Meute ont donné lieu à de la violence, de la casse et du vandalisme… pas de la part de la Meute, mais plutôt de leurs opposants, ces gauchistes radicaux qui se prétendent « antifascistes ». En diabolisant la Meute comme il vient de le faire, le PM donne tacitement son approbation à de futurs actes de violence et se rend donc indirectement responsable des dommages, des blessés ou même des morts qui pourraient en résulter.

Le rôle d’un premier ministre devrait être de favoriser l’harmonie de la société qu’il gouverne, pas d’encourager le chaos. Et c’est très exactement l’effet qu’aura cette déclaration stupide, quelle que soit l’opinion qu’on a de la Meute. Justin Trudeau nous démontre, une fois de plus, qu’il n’est qu’un sombre crétin, un idiot qui joue aux prophètes, un incompétent qui ne mériterait même pas qu’on lui confie les responsabilités les plus triviales.

Il est fichtrement mal placé pour traiter qui que ce soit de « nono » (un terme infantile qui en dit long sur la maturité intellectuelle du premier minisse du Canadâ).

Et il continue sa pénible diatribe :

Cela dit, la réflexion ne devrait pas s’arrêter là. « Pourquoi le mot islamophobie nous met mal à l’aise ? Nous avons tous peur des fois. On a peur de l’inconnu. On a peur de l’étranger. Il faut reconnaître nos propres faiblesses en tant que Québécois et en tant que Canadiens », a insisté M. Trudeau, fort applaudi par des centaines de citoyens qui participaient à la commémoration du premier anniversaire de la tragédie.

Je vais te répondre, moi, mon p’tit Juju. Le mot islamophobie nous met « mal à l’aise » pour plusieurs raisons. Premièrement, il sous-entend une phobie, c’est-à-dire une peur irrationnelle qui, comme je viens de l’expliquer, n’existe pas. Deuxièmement, il affirme, comme tu te plais à le faire, que toute la société a peur des musulmans, ce qui est complètement faux. Troisièmement, il est utilisé pour empêcher une conversation normale et saine à propos de plusieurs idées dangereuses qui sont véhiculées par la religion musulmane. Or, tout ce qui vient empêcher une conversation, surtout une conversation aussi fondamentale et importante que celle-là, est antidémocratique.

Mais compte tenu du fait que ton présent règne n’a été déclenché que par 39,47 % des voies exprimées aux dernières élections, je peux comprendre que ta compréhension du concept de démocratie soit un peu flou.



2 commentaires:

Alex a dit...

Islamophobie a aussi une connotation de racisme, or l'Islam n'est pas une race.
Le mot ne fait aucune différence entre l'Islam en tant idéologie et les musulmans qui la pratique, or il est impératif de pouvoir déclarer qu'une idéologie est violente, haineuse et répugnante tout en se gardant de traiter un groupe de personnes de cette même manière, surtout que la majorité des musulmans en occident sont à peu près aussi instruis sur les préceptes de leur religion que le sont les catholiques non-pratiquants Québécois qui ne mettent les pieds à l'église que pour les mariages, baptêmes (à la demande de la génération précédente), et funérailles.

Guillaume a dit...

Quant à moi, la Meute, en tant que groupe d'extrême-droite et comme tout groupe d'extrême-droite, est potentiellement très dangereux, mais jusqu'ici assez pathétique. Il ne faut surtout pas leur donner de l'importance en les attaquant! Trudeau a été mesquin et irresponsable: c'était le temps de se recueillir et pleurer les victimes d'un acte haineux, pas de partir en guerre et faire une attaque bébête en cherchant à amalgamer les épais de la Meute à ceux qui critiquent l'Islam. et, comme Trudeau avait justement crié au loup à Toronto il n'y a pas longtemps (il n'a d'ailleurs même pas eu la décence de s'excuser), il aurait pu faire preuve de mesure et de gravit.. Mais pour cela, il faudrait qu'il arrête de penser à lui-même. Parce que c'est au fond ça le problème avec Justin Trudeau: il ramène tout à sa petite personne. Ici, le crime haineux et la mémoire aux victimes prend le bord sur sa déclaration du PM à propos de la Meute.