16 mars 2018

La chasse aux racistes de Michel Mpambara

J'aimais bien Michel Mpambara... mais là, vraiment, il prend une maudite débarque dans mon estime.

Extraits de la pitoyable nouvelle:

Michel Mpambara s’est tourné vers les réseaux sociaux pour dénoncer une situation qu’il juge inacceptable: le manque de diversité culturelle dans les films du réalisateur québécois Xavier Dolan.

Bienvenue dans cette nouvelle ère de l'obsession raciale, mes amis, cette merveilleuse époque où on ne juge plus l'oeuvre d'un artiste selon des critères de qualité du scénario, du tournage, du montage ou de la performance des acteurs! Non! Le seul critère qui compte, c'est celui de la quantité de mélanine présente dans la peau des gens impliqués dans le projet.

Dans une publication Facebook, l’humoriste a rapporté une conversation avec Dolan, qu’il a questionné à propos du manque de personnes de couleur dans ses films. La réponse du réalisateur a vraisemblablement déplu à Mpambara.

Et apparemment, le fait que cette réponse lui ait déplu donne le droit à Mpambara de rendre publics des propos qui ont été tenus informellement dans une conversation privée. Soyez avertis, tout le monde: adresser la parole à ce type-là, c'est comme parler dans un micro. S'il n'aime pas ce que vous dites, tout le monde va le savoir!

«On a [demandé au] réalisateur/producteur Xavier Dolan pour quelle raison [on ne voit] dans [...] ses films pourtant si colorés [...] aucune personne de couleur. Il a rétorqué qu’il n’est tellement pas raciste qu’il ne voit pas de couleur. Dixit “Je choisis mes acteurs en fonction de leur talent.” Par conséquent, pour X. Dolan [...] les autres couleurs n’existent pas puisqu’il ne voit que les Blancs; de plus, il insinue que les gens de couleur n’ont pas assez de talent pour faire partie de ses œuvres», a-t-il écrit le mardi 13 mars. 

Quelle extraordinaire malhonnêteté.

Premièrement, lorsque Dolan dit qu'il ne voit pas les couleurs, ce qu'il veut dire, de toute évidence, c'est que la couleur de la peau des gens n'est pas un facteur important à ses yeux. Mpambara déforme complètement ses propos en affirmant que cela signifie qu'il ne voit que les Blancs. Quelle affirmation ridicule! C'est carrément de la diffamation!

Deuxièmement, lorsque Dolan dit qu'il choisit ses acteurs en fonction de leur talent, il exprime une fois de plus l'idée que la couleur de la peau des candidats n'est pas un facteur important à ses yeux, que ce qui compte pour lui par dessus toutes les autres considérations, c'est le talent de l'acteur. Mais pour Mpambara, cela signifie que Dolan considère que les Noirs n'ont pas de talent! Plus malhonnête que ça, tu meurs!

Dolan recrute ses acteurs en Occident, alors bien évidemment, la vaste majorité des artistes qu'il va rencontrer et passer en audition auront le teint pâle! Comme la plupart des candidats seront inévitablement blancs, les probabilités sont donc plus grandes que ceux qui seront choisis à la fin du processus seront aussi blancs. Il n'y a pas de racisme là-dedans! Si Dolan était un cinéaste sénégalais qui recrutait ses acteurs en Afrique subsaharienne, les probabilités qu'il recrute des noirs serait quasi-inévitable, cela ne voudrait pas dire qu'il est un raciste qui déteste les blancs!

Je ne peux pas croire qu'on soit à ce point aveuglés par des idéologies de merde pour qu'il soit nécessaire d'expliquer de telles évidences!

En bout de ligne, voilà où nous mène la logique des quotas qui est si chère aux multiculturalistes, aux féministes et aux autres tapons victimaires de tout acabit... quiconque ne s'y soumet pas et n'adopte pas les obsessions de ces gens devient automatiquement un raciste et/ou un sexiste. Le fait de refuser d'adopter leurs pitoyables obsessions superficielles devient un péché honteux qui doit être dénoncé sur la place publique.

L’humoriste dénonce ainsi le racisme systémique au cinéma, une situation maintes fois décriée chez nos voisins du Sud.

Le fait qu'une situation soit décriée par des fanatiques obsédés par la race ne signifie pas qu'elle soit réellement problématique. Les statistiques que j'ai vues démontrent que le nombre d'acteurs qui travaillent à Hollywood respecte essentiellement les proportions de noirs et de blancs dans la population américaine. Comme les USA sont un pays majoritairement blanc, il est bien évident et normal que la plupart des acteurs d'Hollywood soient blancs aussi. Il n'y a absolument pas de racisme là-dedans!

La publication a suscité plusieurs réactions. Certains sont d'accord avec Michel Mpambara, alors que d’autres croient que le réalisateur s’est simplement mal exprimé. 

Fausse dichotomie: je ne suis ni dans un groupe, ni dans l'autre.

Moi je dis que Dolan a exprimé très précisément ce qu'il pense et que c'est tout à son honneur. J'espère qu'il ne s'excusera pas! Et je dis que Mpambara est profondément malhonnête de déformer ses propos de la sorte, que c'est lui qui devrait avoir honte et qui devrait être vertement critiqué dans les médias, pas Dolan.

Ceux qui sont d'accord avec Mpambara sont des idiots. Leur obsession raciale est un poison et je les invite à relire ou à réentendre les propos du grand Martin Luther King:





5 commentaires:

PJ a dit...

Une petite bande dessinée sur le concept de "l'égalité des chances" dans une vision de méritocratie, que tu as, il me semble, déjà vu. Sans nécessairement tomber dans le racisme, plusieurs biais systémiques de sélection font que des minorités sont sous-représentées dans différents domaines et à différents échelons. Alors dire qu'on ne fait que choisir les "meilleurs pour la job" c'est faire fi de ces problèmes de biais. Donc ce sont toujours les mêmes qui obtiennent les rôles, et parce qu'ils obtiennent les rôles, ils gagnent de l'expérience et augmentent leurs chances pour la prochaine audition/entrevue, ce qui crée un cercle vicieux. La représentation ayant aussi un effet d'entraînement, il est bon d'avoir conscience de ces biais systémiques et cercles vicieux pour en sortir et non pas perpétuer un système qui n'est pas aussi méritocratique qu'on le croit. Et ce n'est pas toujours une question d'Hollywood et de couleur de peau. Un petit exemple médical, comme ça, où le Québec fait moins pire qu'ailleurs parce que le système lui-même est plus égalitaire. Et par déformation professionnelle, pour s'assurer d'avoir un échantillon représentatif, parfois il faut y aller par la stratification, et suréchantillonner les groupes sous-représentés. Il n'y a pas de raison d'avoir peur de cela.

Tout ça pour dire que lorsqu'on est conscient de l'existence d'un problème sytémique, on s'y attaque mieux que lorsqu'on ne pense qu'au niveau individuel. Tu es en éducation, tu es conscient des problèmes des garçons, alors sans surprise tu fais mieux que tes collègues qui ne voient que des troubles individuels plutôt que quelque chose de systémique. Si les profs et les infirmières, par exemple, ont de la misère à recruter, ce n'est pas nécessairement parce que les candidats ne sont pas bons ou une absence pure et simple de candidats autant qu'il y a d'autres choses qui ne tournent pas ronds dans le système.

Prof Solitaire a dit...

Merci pour tes liens, je vais consulter tout ça avec beaucoup d'intérêt dès que j'aurai une petite minute. Tu n'as jamais partagé de trucs impertinents, alors j'ai hâte de lire ça afin de raffiner mon point de vue sur la question.

Mais quoi qu'il en soit, je ne crois pas que cela rendra les propos de Mpambara plus pertinents, honnêtes ou intelligents.

PJ a dit...

Mpambara y va un peu fort, effectivement. De sa perspective, il remarque beaucoup plus l'absence de diversité, et il y a certainement un ressentiment qui se crée. Quand on est dans une minorité, on remarque mieux les différences dans cette inégalité des chances. D'en haut de l'échelle, ces différences semblent minimes. Voici une autre caricature pour illustrer ce concept. Il y a un juste milieu à trouver entre les différentes perspectives, et ce n'est pas facile à résoudre. Mais il serait probablement plus facile pour Xavier Dolan de prendre la peine de mettre au moins un rôle dans son prochain film qui est expressément pour quelqu'un d'une minorité visible que pour quelqu'un d'une minorité visible puisse décrocher un rôle dans un film de Dolan a priori "sans couleur", sans pour autant réduire la qualité de l'histoire ou de la distribution. Maintenant, personne ne devrait imposer au réalisateur de faire ce choix, mais s'il le fait de son propre chef, il pourrait découvrir de nouveaux talents jusque là inconnus. Sinon, il va falloir attendre que l'argent vienne décider comment écrire ses films, et l'argent ne décide pas nécessairement mieux. Je prends ici une position "facile", dans le sens que j'observe le problème sans proposer de solution concrète. Mais je crois sincèrement que lorsque ceux qui ont le pouvoir prennent la peine d'avoir un peu plus d'empathie envers ceux avec moins de pouvoir, cela améliore les choses sans avoir besoin de faire appel à des solutions formelles/législatives/imposées.

Kevin Macarry a dit...

en parlant de minorité ethnique j'ai trouvé ce thread très drole d'ailleur dont le titre est
" Characters In True Story Films/Shows Invented For Diversity Reasons "
https://www.rooshvforum.com/thread-67580.html

finalement les minorités ethniques agissent comme les féministes et autre sjw pleurnichards juste bon à accuser les méchants blancs de pas créer des films diversifié,et alors? si un personnage de couleur n'apporte rien à l'histoire pourquoi un réal devrait il l'ajouter? juste pour faire plaisir aux écervelés ?On notera que d'une,ces fameuses minorités tt comme les féministes ne sont pas foutus de se sortir les doigts du cul une seule seconde et de créer elle même leur film et que de deux,cela s'adresse toujours au blanc.

pour PJ:
"Mais il serait probablement plus facile pour Xavier Dolan de prendre la peine de mettre au moins un rôle dans son prochain film qui est expressément pour quelqu'un d'une minorité visible " Bah oui c'est à Xabier Dolan de faire un effort parce que c'est un méchant blanc raciste peu empathique cf:"Mais je crois sincèrement que lorsque ceux qui ont le pouvoir prennent la peine d'avoir un peu plus d'empathie envers ceux avec moins de pouvoir"

C'est vrais que choisir soit même les couleurs des persos dans ses films c'est peu empathique c'est logique la liberté de artistique c'est probablement des conneries.

Sinon:"cela améliore les choses sans avoir besoin de faire appel à des solutions formelles/législatives/imposées." NON répondre oui à un caprice de gosses n'arrange rien ;)

"Je prends ici une position "facile", dans le sens que j'observe le problème sans proposer de solution concrète" dur de proposer une solution concrète à un problème inexistant en même temps :)

Guillaume a dit...

Mes deux Vennes sur la question. L'attaque de Michel Mpambara est stupide, hargneuse et gratuite. Je ne connais aucun des films de Xavier Dolan, mais je crois comprendre qu'il fait des œuvres intimistes avec peu de personnages et qu'il a des idées très très précises sur ce qu'il veut avoir comme acteur. C'est son droit comme réalisateur et ses films sont encensés par la critique.

Cela dit, de façon générale on peut se plaindre légitimement de certains biais de sélection tant dans l'industrie cinématographique et télévisuelle que chez les spectateurs. Ma série dramatique préférée est sans doute The Wire. Elle se passe à Baltimore dans le milieu criminel et policier et elle a une distribution en majorité noire (environ 60% comme la population de la ville elle-même). C'est une composante dramatique et réaliste essentielle à The Wire. Il y a aussi beaucoup d'acteurs inconnus. Or, si la série à ses fans (y compris Barack Obama) et a été encensée par la critique et les intellectuels (des facultés de sociologie l'utilisent comme matériel pédagogique), si elle a été comparée à Shakespeare et Dickens, elle a aussi été boudée par l'industrie de la télé et a risqué la cancellation à chaque saison. Ceci pour plusieurs raisons (hyper réalisme, rythme volontairement lent) mais aussi justement parce que sa distribution était composée de beaucoup, beaucoup de Noirs, dans des rôles souvent rébarbatifs et controversés (des vendeurs de drogue et des tueurs) et que ça avait un effet repoussoir sur les audiences. On a même dû donner beaucoup de place au personnage de Jimmy McNulty (magnifique Dominic West) dans la promotion afin d'attirer l'attention. Il n'y a pas de solution simple, mais il y a un certaine frilosité agaçante