1 mars 2018

Les aventures de Juju en Inde

Tout le monde a abondamment parlé de la visite de Juju Ier en Inde. Même les plus pitoyables médias, habituellement béats d'admiration devant l'insipide coquille vide, ont été bien obligés de constater l'ampleur de sa caricaturale stupidité.

Il était temps!

Lors de ce voyage, ce multiculturaliste dogmatique a laissé libre cour à son fanatisme idéologique, se couvrant ainsi de ridicule sur la scène internationale et devenant une véritable caricature de lui-même.

Parlant de multiculturaliste, allez voir ce billet que j'ai publié en 2017 et qui semble aujourd'hui être un portrait psychologique de Justin Trudeau.

Finalement, pour couronner le tout, sa déclaration à propos des souverainistes québécois, empreinte de malhonnêteté et de mépris, par laquelle Juju tentait de se dépeindre en héroïque combattant qui a consacré sa vie à écraser ces monstrueux et violents séparatistes québécois... on est alors carrément tombé dans le vaudeville le plus ahurissant.

Le temps est peut-être venu de remettre sérieusement en question la capacité intellectuelle, voire la santé mentale du premier ministre.

Voici quelques perles trouvées au gré de mes lectures.

Le 22 février, Maxime Huard et Christopher Nardi rapportent:

Déjà critiqué pour son manque de substance et plombé par un accueil tiède du gouvernement, le voyage de Justin Trudeau a dérapé encore davantage après qu’un ancien extrémiste sikh eut été invité à une réception officielle.

« Ce déplacement-là est un fiasco », a affirmé sans détour Louis Aucoin, stratège en communication et président de la firme de relations publiques Tesla RP.

(...) La presse internationale a largement rapporté comment le premier ministre indien Narendra Modi avait « snobé » Justin Trudeau en ne l’accueillant pas à l’aéroport. L’incident de l’invitation a soulevé un tollé dans les médias indiens jeudi, où cette proximité entre M. Trudeau avec Jaspal Atwal, ancien membre d’un groupe terroriste, a été sévèrement critiquée.

« C’est le signal que la lune de miel internationale de Justin Trudeau commence à s’estomper », a jugé M. Aucoin. 

(...) Le ministre Amarinder Singh accusait depuis quelque temps les ministres sikhs du gouvernement Trudeau de complaisance envers les nationalistes qui militent pour la création de l’État du Khalistan.

« Ça va faire du tort. Et ça nuit à la visite bien plus que les critiques sur les photos en costumes traditionnels », a commenté l’ancien haut-commissaire du Canada au Pakistan, Ferry de Kerckhove. 

(...) Selon le spécialiste en défense nationale Joe Varner, l’incident compromet le Canada tant au niveau de la communauté internationale qu’aux yeux de futurs partenaires économiques.

« C’est un cauchemar consulaire », a indiqué le conseiller de l’ex-ministre fédéral Peter MacKay.

(...) Mercredi soir, le Bureau du premier ministre (BPM) a annulé in extremis l’invitation de Jaspal Atwal à une soirée organisée par le Haut-commissariat canadien à New Delhi. Sa présence avait même été recommandée par le député libéral Randeep Sarai.

La journée précédente, M. Atwal avait participé à une soirée où il avait été pris en photo accompagné de Sophie Grégoire Trudeau. Or, cet homme était un séparatiste extrémiste sikh qui a été condamné à 20 ans de prison en 1986 pour la tentative d’assassinat d’un ministre indien lors d’une visite au Canada.

Trudeau s'est empressé de parler d'une simple erreur, mais le principal intéressé a une toute autre version des faits, comme le rapportait La Presse le 25 février:

L'homme par qui la controverse frappa Justin Trudeau en Inde dit avoir tissé des liens d'amitié avec le premier ministre et compte garder ses distances pour éviter de l'embarrasser encore plus.

(...) Jaspal Atwal dit avoir reçu directement du haut-commissariat du Canada en Inde son invitation pour la réception de M. Trudeau.

(...) «On se connaît tous les deux. Il connaît mon nom. S'il me voit, il s'approchera et m'apostrophera d'un: "Hey Jas, comment vas-tu ?". Nous avons une bonne relation. Je n'y vois aucun problème, a-t-il raconté. Et là, c'est: "Oh! Jaspal n'est pas censé être ici, et ainsi de suite". Cela m'a étonné.»

Le gouvernement Trudeau a alors concocté une théorie du complot pathétique pour tenter de sauver ses propres fesses:

http://www.journaldemontreal.com/2018/02/27/voyage-en-inde-trudeau-sous-le-feu-de-lopposition-a-la-chambre-des-communes

La semaine dernière, le gouvernement Trudeau avait d'abord expliqué qu'un député libéral était responsable de l'invitation, avant d'évoquer que des responsables indiens pourraient être derrière l'invitation de l'ancien terroriste sikh. Le premier ministre n'a pas répondu aux questions sur cette «théorie du complot» mardi.

«On ne peut plus croire le premier ministre. Il refuse de prendre ses responsabilités. Inventer une théorie du complot visant un allié pour se sauver la face, ça dépasse l'entendement. S'il a les preuves qu'il les dépose ici», a lancé le député conservateur Alain Rayes.

Le refus de Trudeau de prendre ses responsabilité à propos de cette invitation indéfendable et sa propension à mentir pour tenter de cacher la réalité ne plaît pas du tout aux autorités indiennes, comme le rapporte Christopher Nardi le 28 février:

Le voyage de Justin Trudeau en Inde pourrait avoir fait plus de mal que de bien aux relations indo-canadiennes, alors que le gouvernement indien a publié un communiqué pour dénoncer les propos d’un conseiller du premier ministre.

« On dirait que le gouvernement canadien est arrivé à la conclusion que le gouvernement indien est capable de faire de la magie noire qui lui permet de contrôler le député libéral ou le haut-commissariat canadien en Inde qui ont invité Jaspal Atwal à la soirée », a lancé l’ex-haut-commissaire de l’Inde au Canada, Vishnu Prakash.

« C’est totalement ridicule et démoralisant à entendre, parce que ça augure mal pour les relations entre le Canada et l’Inde. Une relation internationale est bâtie sur la confiance, et celle-ci a clairement été ébranlée », a-t-il ajouté.

Ses commentaires ont aussi trouvé écho chez Achin Vanaik, ancien professeur de relations internationales à l’Université de Delhi.

Cette réaction lui a valu une réponse acerbe du porte-parole du ministère des Affaires étrangères indien mercredi, qui a affirmé que la théorie canadienne est « sans fondements et inacceptable ».

(...) Selon l’ex-employé du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) Michel Juneau-Katsuya, la théorie avancée par le gouvernement canadien relève de « l’amateurisme total » qui aura sans doute des répercussions sur les relations avec l’Inde.

« Justin Trudeau vient de pointer du doigt pour ses propres problèmes le pays qu’il vient tout juste de courtiser pendant son voyage. C’est grossier et drôlement maladroit », analyse-t-il.

Le 22 février, Mathieu Bock-Côté écrit:

Mais Justin Trudeau veut se faire célébrer pour sa modernité et son statut de citoyen du monde décomplexé. Il oublie qu’un homme capable d’emprunter toutes les identités révèle qu’il n’en a aucune.

Et c’est ici que sa manie de se déguiser devient révélatrice d’un trait inquiétant de la mentalité canadienne.

Justin Trudeau l’a déjà dit dans sa célèbre entrevue au New York Times, à l’automne 2015 : pour lui, il n’y a pas de culture fondatrice au Canada, non plus que de noyau identitaire.

Justin Trudeau, c’est le moins qu’on puisse dire, ne croit pas à la thèse des deux peuples fondateurs. Il l’a dit : ce qui caractérise fondamentalement le Canada, c’est sa diversité, qui lui sert d’identité.

Alors selon la cérémonie à laquelle il assiste ou le lieu où il se trouve, Justin Trudeau emprunte l’identité du moment. Le Canada aime croire qu’il est tout : en fait, il n’est rien. Il confond le néant avec l’immensité, et le vide avec la profondeur.
C’est le laboratoire du multiculturalisme radical. Et Justin Trudeau est le Canadien par excellence.

Le 22 février, Sophie Durocher écrit:

Mais l’aspect qui me fait le plus m’esclaffer de cette interminable mascarade, c’est le fait que Trudeau ait invité, à nos frais à tous, un chef canadien d’origine indienne pour aller préparer un repas au Haut Commissariat canadien. 

Si tu représentes le Canada, que tu veux vendre le Canada à l’étranger, tu valorises la gastronomie canadienne. Le saumon fumé, les huîtres de l'Île-du-Prince-Édouard, le sirop d’érable, le gibier, tu mises sur des chefs qui, peu importe leur pays d’origine, font une cuisine qui représente l’inventivité canadienne. L’innovation.

Tu n’invites pas en Inde un chef qui a fait fortune à Vancouver en préparant des samosas, du poulet au beurre et des oignons bhaji. Parce que tes interlocuteurs indiens connaissent déjà tout ça par cœur. Ce n’est pas exotique pour eux, c’est leur quotidien !

Le 23 février, Denise Bombardier écrit:

Nous ne sommes plus dans la poli­tique. Nous sommes au-delà des apparences dans une représentation fantasmagorique de ce qui habite Justin Trudeau, l’homme enfant qui cherche à séduire l’Autre en disparaissant lui-même. En devenant l’Autre à vrai dire.

Ce n’est pas Machiavel ou d’autres penseurs politiques qui peuvent nous éclairer sur les motivations politiques du premier ministre du Canada, mais plutôt Freud et sa théorie de l’inconscient­­­.

(...) Plutôt qu’une visite du chef du gouvernement canadien, c’est à un voyage initiatique de la famille Trudeau qu’on assiste. Personne n’a osé à ce jour commenter l’instrumentalisation que font les Trudeau de leurs enfants, retirés de l’école pour les circons­tances et que l’on voit non sans tristesse mimer des gestes religieux dans les temples visités. Comme s’il s’agissait de joindre les mains pour se transformer en hindous ou en sikhs.

(...) À lire les commentaires de la presse internationale sur notre famille « royale », l’on comprend que le premier ministre Trudeau a ouvert une brèche dans l’engouement qu’il suscitait. Trudeau le jeune, dynamique, ouvert d’esprit et mondialiste à souhait révèle plutôt un aspect plus discutable de lui-même. « Est-il un illuminé ? » se demandait mardi un journaliste français.

(...) La façon dont se sont déroulées les rencontres de cette semaine nous donne l’impression qu’on assiste à un pèlerinage plutôt qu’à un voyage officiel d’un premier ministre en titre.

Le 24 février, Denise Bombardier s'est intéressée de plus près à l'étrange fascination sikhe de Juju, celle-là même qui est au coeur de la pomme de discorde entre le Canada et l'Inde:

Pour des raisons plus ou moins obscures, celle de l’électoralisme étant la plus apparente, Justin Trudeau est fasciné par les sikhs. Ceux-ci, qui représentent le tiers des Indo-Canadiens, ont frappé le gros lot. Le premier ministre en a nommé quatre dans son cabinet. De ces quatre ministres, deux sont soupçonnés par les autorités de l’Inde d’être des sympathisants de la sécession de l’État du Pendjab, berceau du sikhisme. Ils le nient, bien évidemment.

Au cours de sa rencontre avec Justin Trudeau, le chef du gouvernement du Pendjab, Amarinder Singh lui a même donné une liste de neuf sikhs résidant au Canada que les autorités indiennes soupçonnent d’implication dans des crimes haineux en finançant des groupes subversifs et en leur fournissant des armes. 

Le 25 février, La Presse a rapporté les propos d'un politicien indien:

«Est-ce que c'est juste moi ou les (photos) mignonnes chorégraphiées, c'est un peu trop? Aussi, pour votre information, nous ne nous habillons pas comme ça chaque jour, monsieur, même pas à Bollywood», a écrit sur Twitter Omar Abdullah, ministre en chef du gouvernement du Jammu-et-Cachemire - une région de l'Inde.












Mais le bouquet a vraiment été ses propos à propos des séparatistes québécois.

Le 23 février, La Presse rapporte les propos scandaleux de Trudeau (modifiant subséquemment l'article en ligne afin mettre à l'avant le démenti très peu crédible de Juju):

Selon un compte rendu du gouvernement de l'État du Pendjab, Justin Trudeau a affirmé que le Canada appuie de manière sans équivoque une Inde unie. Pour rassurer ses hôtes que le Canada n'entretienne aucune sympathie envers le séparatisme sikh en Inde, le premier ministre Justin Trudeau a affirmé avoir lutté toute sa vie contre le mouvement souverainiste au Québec et qu'il est bien conscient des « dangers de violence » qu'un tel mouvement peut entraîner, toujours selon ce compte rendu.

« Citant le mouvement séparatiste au Québec, Trudeau a dit qu'il avait composé avec de telles menaces durant toute sa vie et qu'il était pleinement conscient des dangers de la violence, des dangers qu'il avait toujours combattus avec toute sa force », a indiqué dans son compte-rendu le conseiller principal pour les médias de M. Singh, Raveen Thukral, au terme de la rencontre.

Le culot extraordinaire de cet homme est vraiment sans borne.

Souvenez-vous, on parle du fils de celui qui a suspendu les libertés individuelles, déclenché les mesures de guerre et permis que des Québécois innocents soient perquisitionnés, arrêtés et emprisonnés sans mandat! Sans parler de la torture psychologique que plusieurs d'entre eux ont subi en prison!

Le 24 février, Mathieu Bock-Côté écrit:

Ajoutons une chose: du simple point de vue de la décence politique, Justin Trudeau s’est montré odieux dans ce voyage, en présentant aux autorités indiennes le mouvement souverainiste québécois comme un mouvement violent et globalement antidémocratique. 

(...) La diabolisation du nationalisme québécois est le repoussoir nécessaire à la célébration du récit enchanté canadien.

(...) On ne doit jamais oublier que cette vision dégradante du Québec est au fondement même du régime canadien de 1982, qui a été pensé par son fondateur comme un cadre civilisateur capable de contenir, de contrôler et de refouler les pulsions antidémocratiques de son propre peuple. Trudeau père était convaincu que les Québécois, laissés à eux-mêmes, étaient étrangers à la démocratie et n’étaient qu’une petite tribu ethnocentrique. Le fils le croit aussi, même s’il n’a manifestement pas les capacités conceptuelles pour expliquer son point de vue. Alors il diabolise à gros traits.

On veut bien croire qu’un peuple n’a pas à surréagir dès qu’on l’insulte, mais les propos calomnieux de Justin Trudeau sont odieux, et c’est la moindre des choses de le dire. Le combat souverainiste est démocratique et la seule fois où une tendance de l’indépendantisme québécois s’est perdue dans l’activisme violent, elle a été condamnée sans nuance par le mouvement national. Pour le reste, de l’occupation militaire du Québec en octobre 1970 à l’attentat du Métropolis, ce ne sont pas les souverainistes qui ont cru aux vertus de la force armée. Il n’était pas inutile de le rappeler.

Denise Bombardier ajoute ceci:

Comme un enfant pris en flagrant délit, il a voulu rassurer son hôte sans doute. Toute sa vie, lui-même avait fait face à des menaces des séparatistes québécois. Il avait combattu cette violence « de toutes ses forces », a-t-il ajouté. 

(...) Le premier ministre du Canada aurait donc comparé en quelque sorte le terrorisme des sécessionnistes sikhs, 80 000 victimes dans un passé récent en Inde, aux souverainistes québécois dont les dirigeants ont toujours dénoncé sans nuance la violence meurtrière d’une poignée de terroristes du FLQ des années soixante et soixante-dix. À l’époque, René Lévesque en a été le plus implacable dénonciateur.

Les élucubrations de Justin Trudeau tentant de couvrir la gaffe de la présence d’un terroriste sikh canadien aux réceptions officielles du Canada en Inde en faisant référence au séparatisme québécois relèvent de l’outrance. 

(...) Rappelons-nous que le fils de celui qui a aboli les libertés civiles au Canada en 1970 n’a jamais, lui, le défenseur des libertés individuelles, émis aucune réserve sur cette période sombre du Canada liberticide.

(...) Souverainiste ou fédéraliste, on doit s’attrister du vide intellectuel et d’une tentative d’éradication de la mémoire collective à l’initiative de Justin Trudeau. 




7 commentaires:

Guillaume a dit...

Avant même qu'il ait invité un criminel et fait une accusation odieuse sur le mouvement souveraniste (et en passant il est né APRÈS la Crise d'Octobre, c'est pas comme si le FLQ l'avait visé lui à l'époque), ce sont ses déguisements qui m'ont choqués. Quel condescendance, quel manque de respect pour la culture indienne! J'ai déjà vu des touristes français avec des chapeaux Daniel Boone en plein milieu de juillet et c'était déjà assez ridicule de même, mais quand c'est un chef de gouvernement qui fait le plouc comme ça... Impardonnable, indigne de sa fonction, pire que de l'amateurisme: de l'enfantillage.

fylouz a dit...

Pas du tout, je m'excuse mais dans mon cas, c'était une mouffette qui avait son nid sur mon crane.

Prof Solitaire a dit...

Le cabinet de M. Trudeau a par exemple indiqué que Tata Consultancy Services (TCS) comptait embaucher 2738 personnes « en raison de l'expansion de ses activités au Canada au cours des trois à cinq prochaines années ». Cela représente presque la moitié des emplois annoncés par le premier ministre à Bombay la semaine dernière, pendant sa mission diplomatique en Inde.

Or, une source interne du géant indien, informée des discussions, affirme à La Presse que TCS ne s'est jamais engagée formellement sur un nombre aussi précis de nouveaux emplois.

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201803/01/01-5155848-mission-en-inde-des-questions-sur-lannonce-de-5800-emplois.php

Guillaume a dit...

C'est en train de lui coûter cherpolitiquement. Je pense que ça risque de lui coller à la peau longtemps, ses vacances, heu, je veux dire, son voyage officiel en Inde.

Prof Solitaire a dit...

J'en doute... les gens ont la mémoire courte et les élections sont encore loin...

Guillaume a dit...

C'est encore drôle. Là il a montré son vrai visage et c'est pas comme si il avait élu avec un si haut taux d'appuis au départ.

Guillaume a dit...

Et n'oublions pas que c'est peu de temps après le peoplekind. Il y a comme une accumulation de gaffes.